{"id":64882,"date":"2000-12-16T00:00:00","date_gmt":"2000-12-15T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2000\/12\/16\/de-defensa-volume-16-n06-du-25-novembre-2000-les-machoires-du-piege\/"},"modified":"2026-02-27T15:51:48","modified_gmt":"2026-02-27T13:51:48","slug":"de-defensa-volume-16-n06-du-25-novembre-2000-les-machoires-du-piege","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2000\/12\/16\/de-defensa-volume-16-n06-du-25-novembre-2000-les-machoires-du-piege\/","title":{"rendered":"de defensa Volume 16, n\u00b006 du 25 novembre 2000 &#8211; <strong><em>Les m\u00e2choires du pi\u00e8ge<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Les m\u00e2choires du pi\u00e8ge<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tUn journal mod\u00e9r\u00e9 et mesur\u00e9 \u00e9crivait le 9 novembre, \u00e0 propos de l&rsquo;\u00e9lection am\u00e9ricaine et de ses cons\u00e9quences : \u00ab <em>Un divertissement am\u00e9ricain qui pose question<\/em> \u00bb. Aux premi\u00e8res heures de la crise du 7 novembre 2000, un qualificatif \u00e9mergeait, sourire en coin : \u00ab <em>hollywoodien<\/em> \u00bb. Peu \u00e0 peu, le ton changea, au long des <em>ballot<\/em> qu&rsquo;on d\u00e9ballait pour comptage et recomptage, et r\u00e9guli\u00e8rement trouver des r\u00e9sultats diff\u00e9rents du pr\u00e9c\u00e9dent comptage, parfois m\u00eame contraire. En trois-quatre jours, une semaine, on est devenu plus s\u00e9rieux. L&rsquo;expression \u00ab <em>crise institutionnelle<\/em> \u00bb revenait plus souvent, on ne parlait plus du tout de \u00ab <em>divertissement hollywoodien<\/em> \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est une crise multiple, une crise avec plusieurs crises \u00e0l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;elle-m\u00eame (\u00ab <em>On assiste \u00e0 un spectacle \u00e0multiples facettes !<\/em> \u00bb, s&rsquo;\u00e9crie Richard Hudson, du Wall Street <em>Journal<\/em> Europe). Dans l&rsquo;analyse que nous proposons ici, nous nous arr\u00eatons aux aspects plus techniques, m\u00e9caniques, juridiques, etc, pour, \u00e0 partir de l\u00e0, esquisser une r\u00e9flexion plus large qui doit \u00e9videmment \u00eatre politique, et m\u00eame, au-del\u00e0, fondamentale et ontologique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous commen\u00e7ons par placer cette crise du 7 novembre 2000 \u00e0 la lumi\u00e8re de trois autres \u00e9v\u00e9nements am\u00e9ricains, qui sont eux aussi autant de \u00ab\u00a0crises\u00a0\u00bb, pour notre compte dans tous les cas (on pourrait en trouver d&rsquo;autres parce qu&rsquo;il n&rsquo;en manque pas dans l&rsquo;histoire am\u00e9ricaine r\u00e9cente ; celles que nous choisissons sont l\u00e0 \u00e0 titre d&rsquo;exemples) : le proc\u00e8s O.J. Simpson (1995), les JO d&rsquo;Atlanta (juillet 1996), le scandale Clinton-Lewinsky (1998-99). Voici un rapide rappel de ces trois \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le proc\u00e8s O.J. Simpson se conclut en 1995. Noir, vedette de football am\u00e9ricain \u00e0 Los Angeles, \u00e9poux parfois brutal disait&#64979;on, O.J. est accus\u00e9 de l&rsquo;assassinat de sa femme, blanche, blonde, mannequin, etc. Le proc\u00e8s est un labyrinthe juridique hyper&#64979;m\u00e9diatis\u00e9 (couverture TV directe). O.J. s&rsquo;est offert des t\u00e9nors du barreau qui parviennent \u00e0 r\u00e9tablir une situation qui paraissait si compromise. O.J. est acquitt\u00e9, c&rsquo;est du d\u00e9lire dans la communaut\u00e9 noire (africaine-am\u00e9ricaine) et un regain tr\u00e8s net de tension entre Blancs et Noirs s&rsquo;ensuit (ou, disons, la tension constante est mise en lumi\u00e8re par ces r\u00e9actions au verdict).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Les JO d&rsquo;Atlanta de juillet 1996 sont caract\u00e9ris\u00e9s par deux sortes de chaos : un chaos policier, avec la recherche effr\u00e9n\u00e9e de terroristes, et surtout un chaos organisationnel, avec une infrastructure \u00e9lectronique du niveau de Mexico-1968 selon les vieux routiers des JO. Les Am\u00e9ricains sont raill\u00e9s partout pour cette inorganisation et cet archa\u00efsme si contraires \u00e0 l&rsquo;image qu&rsquo;ils entretiennent d&rsquo;eux-m\u00eames. La r\u00e9action ne se fait pas attendre : tout au long des comp\u00e9titions, les Am\u00e9ricains, officiels et public m\u00eal\u00e9s, montrent un chauvinisme qu&rsquo;un journaliste sportif du <em>Monde<\/em> (journal peu suspect d&rsquo;anti&#64979;am\u00e9ricanisme) commente de la sorte le 27 juillet 1996 : \u00ab <em>Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;olympisme ici, tout juste une kermesse \u00e9tats-unienne, ahurissante d&rsquo;ind\u00e9cence<\/em> \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le scandale Clinton-Lewinsky est encore frais dans nos m\u00e9moires. Pour r\u00e9sumer : une pi\u00e8tre histoire de fesses du pr\u00e9sident tremp\u00e9e aux habitudes magouilleuses et complexes des pratiques juridiques (y compris du pr\u00e9sident lui-m\u00eame) et \u00e0 la concurrence de la presse aboutissent \u00e0 une crise constitutionnelle assortie d&rsquo;un proc\u00e8s d&rsquo;<em>impeachment<\/em>. La crise  d\u00e9clenche une polarisation des deux partis vers les extr\u00eames, appuy\u00e9e sur une accusation de complot d&rsquo;extr\u00eame-droite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tConclusion \u00e0 ce point : les caract\u00e9ristiques essentielles du syst\u00e8me am\u00e9ricain &mdash; le juridisme, la technologie et ses avatars et le m\u00e9diatisme &mdash; d\u00e9bouchent quasi-syst\u00e9matiquement dans le domaine de la politique, et m\u00eame de la pol\u00e9mique politique la plus vive.<\/p>\n<h3>La crise du 7 novembre 2000 : le <strong><em>Moment<\/em><\/strong> du syst\u00e8me am\u00e9ricain<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDe ce point de vue de l&rsquo;\u00e9volution et des effets des caract\u00e9ristiques du syst\u00e8me am\u00e9ricain, la crise du 7 novembre 2000 appara\u00eet comme un concentr\u00e9 surprenant par sa force explosive, un <em>cocktail<\/em> de ces diverses \u00ab\u00a0crises\u00a0\u00bb qu&rsquo;on a rappel\u00e9es ci-dessus. On assiste \u00e0 une conjonction exceptionnelle d&rsquo;effets, provoqu\u00e9s par une circonstance politique courante, mais qui se place dans un moment tr\u00e8s sp\u00e9cifique, tr\u00e8s caract\u00e9ristique, du syst\u00e8me. Il s&rsquo;agit de ce moment o\u00f9 l&rsquo;aspect niveleur du syst\u00e8me parvient \u00e0 son rendement maximal, c&rsquo;est le <em>Moment<\/em> du syst\u00e8me (d&rsquo;apr\u00e8s le terme employ\u00e9 en psychologie pour indiquer une circonstance paroxystique de la combinaison de tous les constituants d&rsquo;un caract\u00e8re, ou d&rsquo;un syst\u00e8me dans ce cas) ; il r\u00e9duit le choix politique \u00e0 l&rsquo;alternative terminale, qu&rsquo;on caricaturerait comme celle du \u00ab\u00a0bonnet blanc-blanc bonnet\u00a0\u00bb, &mdash; \u00e9quivalence des programmes, \u00e9quivalence de la m\u00e9diocrit\u00e9 des candidats, \u00e9quivalence de la banalit\u00e9 initiale des campagnes, \u00e9quivalence de l&rsquo;appel massif aux soutiens financiers, \u00e9quivalence, \u00e9quivalence &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 la situation de d\u00e9part, le <em>Moment<\/em> qui d\u00e9bouche sur la crise du 7 novembre 2000. Elle implique d\u00e9j\u00e0, m\u00e9caniquement pourrait-on dire, par l&rsquo;\u00e9quivalence des deux termes de l&rsquo;alternative offerte aux \u00e9lecteurs, une \u00e9volution qui se caract\u00e9rise \u00e9galement par une \u00e9quivalence (\u00e9quivalence des votes, des tendances, etc). Cette \u00e9quivalence n&rsquo;est nullement r\u00e9ductrice des risques de radicalisation, au contraire elle les exacerbe. [Nous ne sommes pas dans un jeu \u00e0 somme nulle (un bulletin de vote r\u00e9publicain \u00e9quivaut \u00e0 et annule un bulletin de vote d\u00e9mocrate) mais dans un jeu \u00e0 somme explosive (un bulletin r\u00e9publicain est confront\u00e9 \u00e0 un bulletin d\u00e9mocrate pour mettre le feu aux poudres).]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette neutralit\u00e9 grise des m\u00e9canismes d&rsquo;un syst\u00e8me totalement corrompu (on veut dire que sa m\u00e9canique est totalement corrompue, sans augurer du reste), dans la d\u00e9politisation absolue qui en r\u00e9sulte <em>de facto<\/em> (on a assez dit que les \u00ab\u00a0messages\u00a0\u00bb politiques de Bush et de Gore \u00e9taient interchangeables par manque d&rsquo;asp\u00e9rit\u00e9 politique), on observe la disparition des garde-fous qui encadrent d&rsquo;habitude les r\u00e9actions politiques des \u00e9lecteurs en leur assignant un champ de r\u00e9flexion. Il n&rsquo;y a pas de \u00ab\u00a0message\u00a0\u00bb politique pour ce qui reste un acte politique (le vote) ; on peut donc mettre, dans cet acte politique, tout ce qu&rsquo;on veut en fait de r\u00e9flexions ; mais surtout, dans la fi\u00e8vre de l&rsquo;\u00e9lection qui s&rsquo;installe en raison de l&rsquo;incertitude ontologique du processus, c&rsquo;est surtout tout ce qu&rsquo;on veut en mati\u00e8re de surench\u00e8re politique. De ce point de vue, tout s&rsquo;ouvre compl\u00e8tement, quasiment \u00e0 perte de vue. (D&rsquo;o\u00f9 les dramatisations qui vont fleurir sur la fin de la campagne comme autant de coquelicots sur un vaste champ, Bush pr\u00e9sent\u00e9 comme porteur d&rsquo;un projet fasciste, Gore comme hyper-rooseveltien voulant r\u00e9installer une sorte de  new deal-high tech<D> et massacrer les valeurs conservatrices traditionnelles, et ainsi de suite.) Dans ce paysage \u00e9voluent les trois situations m\u00e9caniques, non-politiques, qu&rsquo;on a identifi\u00e9es ci-dessus : le juridisme, la technologie et le m\u00e9diatisme. Elles p\u00e8sent de tout leur poids au cours de l&rsquo;\u00e9lection et accentuent dramatiquement son caract\u00e8re de blocage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le juridisme implique au d\u00e9part une extr\u00eame complexit\u00e9 inh\u00e9rente au  syst\u00e8me am\u00e9ricain, lui-m\u00eame h\u00e9rit\u00e9 par la pratique et le tissu l\u00e9gal d&rsquo;un compromis entre un ensemble conf\u00e9d\u00e9ral avec les droits des \u00c9tats et un ensemble f\u00e9d\u00e9ral avec la pr\u00e9pond\u00e9rance du centre washingtonien. L&rsquo;\u00e9lection est \u00e0 la fois nationale et locale. Les interf\u00e9rences sont constantes et majeures. Les \u00c9tats ont tous les droits dans l&rsquo;administration de l&rsquo;\u00e9lection nationale comme on s&rsquo;en aper\u00e7oit avec le feuilleton de la contestation des r\u00e9sultats en Floride. Il s&rsquo;ensuit une confusion extr\u00eame que les uns et les autres entendent capitaliser \u00e0 leur avantage par l&rsquo;appel massif \u00e0 des arm\u00e9es d&rsquo;avocats lanc\u00e9es pour exploiter toutes les failles des lois. La confusion ne fait que grandir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La technologie joue son r\u00f4le. Comme \u00e0 Atlanta en 1996, on d\u00e9couvre une Am\u00e9rique archa\u00efque, \u00e9quip\u00e9e d&rsquo;une infrastructure technologique d\u00e9pass\u00e9e ou compl\u00e8tement in\u00e9gale pour ma\u00eetriser cette \u00e9norme op\u00e9ration du vote \u00e0 la fois national et local. Les erreurs foisonnent et c&rsquo;est la porte ouverte, en tous les cas \u00e0tous les soup\u00e7ons de fraude, et peut-\u00eatre \u00e0 des fraudes r\u00e9elles. Les sarcasmes abondent sur cette d\u00e9mocratie nonchalante, un peu \u00e0&#64979;la-corse (les Fran\u00e7ais connaissent), qui rappelle les pratiques \u00e9lectorales des pays du Tiers-Monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le m\u00e9diatisme hyper-performant, sans aucun frein l\u00e9gal, est r\u00e9pandu l\u00e0-dessus comme de l&rsquo;huile sur le feu. Il alterne les fausses nouvelles, les projections erron\u00e9es, les informations pr\u00e9matur\u00e9es, interf\u00e9rant sur les votes dans un pays immense, \u00e0cinq fuseaux horaires, o\u00f9 un r\u00e9sultat annonc\u00e9 en marge de la fermeture d&rsquo;un bureau de vote ici (c\u00f4te est) touche l\u00e0 (c\u00f4te ouest) une situation o\u00f9 il reste 5 heures pour voter, et o\u00f9 les \u00e9lecteurs restants se d\u00e9cident en fonction des nouvelles qu&rsquo;ils entendent. Le m\u00e9diatisme installe une situation d&rsquo;information instantan\u00e9e au niveau national alors que l&rsquo;\u00e9lection se fait au niveau local.<\/p>\n<h3>Une crise du syst\u00e8me qui est une crise de l&rsquo;\u00c9tat de Droit<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 les composants de la crise. Ce sont aussi les composants d&rsquo;un \u00c9tat de Droit moderne, et l&rsquo;Am\u00e9rique en est l&rsquo;arch\u00e9type, <em>de jure<\/em> et dans l&rsquo;esprit ; et un \u00c9tat de Droit dont on voit qu&rsquo;il est \u00e0 ce <em>Moment<\/em> de son syst\u00e8me politique o\u00f9 le d\u00e9bat politique atteint un degr\u00e9 z\u00e9ro ; et \u00e0 un moment de l&rsquo;\u00e9volution politique (l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle) o\u00f9 ce qui n&rsquo;est plus qu&rsquo;un simulacre de d\u00e9bat politique en vient in\u00e9vitablement (ou bien c&rsquo;est reconna\u00eetre la mort de la d\u00e9mocratie) \u00e0 \u00eatre partout acclam\u00e9 comme si le d\u00e9bat existait vraiment, poussant ainsi effectivement de fa\u00e7on anarchique et bient\u00f4t radicale \u00e0 des affirmations politiques radicales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est une situation monstrueuse, au sens r\u00e9el du mot. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, des affirmations g\u00e9n\u00e9rales et th\u00e9oriques du type p\u00e9remptoire bien caract\u00e9ristique de la d\u00e9magogie du syst\u00e8me. De l&rsquo;autre, ce que les Am\u00e9ricains nomment un <em>micromanagement<\/em> des diverses conditions, aboutissant aux comptages et recomptages de Floride, d\u00e9bat sur 100 voix, sur 10 voix, alors qu&rsquo;on parle d&rsquo;un scrutin \u00e0pr\u00e8s de 100 millions de votants. C&rsquo;est une situation de blocage de l&rsquo;\u00c9tat de Droit, entre des situations hyper-r\u00e9glement\u00e9es, d&rsquo;autres hyper-modernes, et d&rsquo;autre part des situations de d\u00e9sordre complet et des situations d&rsquo;archa\u00efsme stup\u00e9fiant. Dans ce chaos n\u00e9 de d\u00e9s\u00e9quilibres en cha\u00eene, la loi n&rsquo;ouvre aucune porte de sortie, elle ne fait qu&rsquo;aggraver la complexit\u00e9 de la situation en y d\u00e9versant des avalanches de plaideurs divers. C&rsquo;est la crise de l&rsquo;\u00c9tat de Droit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe grand absent, c&rsquo;est bien s\u00fbr la vraie politique avec ce qu&rsquo;elle comporte de sens des responsabilit\u00e9s, et c&rsquo;est la pr\u00e9sence d&rsquo;une autorit\u00e9 ou d&rsquo;une r\u00e9f\u00e9rence transcendantale \u00e0 laquelle se r\u00e9f\u00e9rer pour obtenir l&rsquo;apaisement et le raffermissement du pouvoir ; \u00e0d\u00e9faut et au-del\u00e0, c&rsquo;est l&rsquo;absence de la perception d&rsquo;un bien commun qui soit aussi un bien public, la recherche d&rsquo;un apaisement qui permettrait de cr\u00e9er le climat non-partisan n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;harmonie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise que les Am\u00e9ricains baptisent du nom symbolique de <em>Indecision-2000<\/em> &mdash; excellent r\u00e9sum\u00e9 de la crise de l&rsquo;\u00c9tat de Droit &mdash; est illustr\u00e9e par les conditions du vote telles qu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9 mises en lumi\u00e8re, qui sont des conditions am\u00e9ricaines normales et courantes. On cite \u00e0 nouveau ce professeur de l&rsquo;universit\u00e9 Emory d&rsquo;Atlanta, Robert A. Pastor, sp\u00e9cialiste de la surveillance du processus \u00e9lectoral : \u00ab <em>Les \u00c9tats-Unis sont au niveau le plus primitif <\/em>[pour ce qui concerne le processus \u00e9lectoral]. <em>Je veux dire qu&rsquo;ils sont en-dessous du Nicaragua ou de Ha\u00efti dans le sens qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas de commission nationale des \u00e9lections et que la composition de la Federal Election Commission implique seulement des membres des partis.<\/em> \u00bb On ne trouve pas meilleure illustration, non seulement de la pi\u00e8tre situation de la d\u00e9mocratie en Am\u00e9rique, mais surtout de la situation path\u00e9tique d&rsquo;un \u00c9tat de Droit lorsqu&rsquo;il pousse sa logique \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame qui est de supprimer toute force politique capable de se poser en position d&rsquo;arbitre, comme repr\u00e9sentante du bien public, pour le seul avantage d&rsquo;un bien commun divis\u00e9 entre les partis. Parce que, simplement, il n&rsquo;y a plus de bien public.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les m\u00e2choires du pi\u00e8ge Un journal mod\u00e9r\u00e9 et mesur\u00e9 \u00e9crivait le 9 novembre, \u00e0 propos de l&rsquo;\u00e9lection am\u00e9ricaine et de ses cons\u00e9quences : \u00ab Un divertissement am\u00e9ricain qui pose question \u00bb. Aux premi\u00e8res heures de la crise du 7 novembre 2000, un qualificatif \u00e9mergeait, sourire en coin : \u00ab hollywoodien \u00bb. 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