{"id":64924,"date":"2000-11-10T00:00:00","date_gmt":"2000-11-09T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2000\/11\/10\/de-defensa-volume-16-n05-du-10-novembre-2000-pour-saluer-gore-vidal\/"},"modified":"2000-11-10T00:00:00","modified_gmt":"2000-11-09T22:00:00","slug":"de-defensa-volume-16-n05-du-10-novembre-2000-pour-saluer-gore-vidal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2000\/11\/10\/de-defensa-volume-16-n05-du-10-novembre-2000-pour-saluer-gore-vidal\/","title":{"rendered":"de defensa Volume 16, n\u00b005 du 10 novembre 2000 &#8211; <strong><em>Pour saluer Gore (Vidal)<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Pour saluer Gore (Vidal)<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tAvec <em>The Golden Age<\/em> (1), l&rsquo;\u00e9crivain am\u00e9ricain Gore Vidal cl\u00f4t une suite de romans historiques offrant une histoire de l&rsquo;Am\u00e9rique qui laisse \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re, pour la justesse et le go\u00fbt de la nuance, pour la finesse de l&rsquo;analyse, enfin pour la libert\u00e9 du jugement, l&rsquo;essentiel de ce qui a \u00e9t\u00e9 fait en mati\u00e8re d&rsquo;histoire de l&rsquo;Am\u00e9rique par le monde universitaire et scientifique. En effet, Gore Vidal ne s&#8217;embarrasse pas du conformisme de jugement qui caract\u00e9rise l&rsquo;<em>establishment<\/em>. En un mot, cet oeuvre et cet \u00e9crivain confirment de la fa\u00e7on la plus convaincante la th\u00e8se que nous rappelons dans ces pages : seuls les \u00e9crivains am\u00e9ricains, et les intellectuels et artistes qui s&rsquo;en rapprochent, peuvent pr\u00e9tendre former une opposition politique acceptable en Am\u00e9rique ; et, vue sa radicalit\u00e9, on doit alors parler de dissidence. Gore Vidal l&rsquo;\u00e9crivain est donc \u00e9galement historien et dissident. Sa notori\u00e9t\u00e9 et son succ\u00e8s sont consid\u00e9rables ; c&rsquo;est-\u00e0-dire que l&rsquo;\u00e9crivain qui se fait historien-dissident profite des largesses du syst\u00e8me pour exposer ses th\u00e8ses si compl\u00e8tement accusatrices du syst\u00e8mes. (Il s&rsquo;agit finalement d&rsquo;un travers habituel du syst\u00e8me, qui devrait \u00eatre bien connu aujourd&rsquo;hui. Le syst\u00e8me n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 favoriser ceux qui l&rsquo;attaquent \u00e0 partir du moment o\u00f9 ceux-l\u00e0 font des dollars. Il est bien entendu que le syst\u00e8me n&rsquo;a jamais \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l&rsquo;attrait du dollar et que le dollar est la seule r\u00e9f\u00e9rence qui importe.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar ailleurs, Gore Vidal est un personnage inclassable. Lui-m\u00eame le laisse entendre plus qu&rsquo;\u00e0 son tour : il a \u00e9cart\u00e9 depuis longtemps les \u00e9tiquettes classiques (droite-gauche) qui n&rsquo;ont d&rsquo;utilit\u00e9 que pour renforcer l&rsquo;apparente l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique du syst\u00e8me en faisant croire qu&rsquo;il existe une opposition lorsqu&rsquo;une faction du syst\u00e8me est en place. La position politique de Gore Vidal, elle, est r\u00e9sum\u00e9e par une citation de ses m\u00e9moires (\u00ab <em>Palimpsest<\/em> \u00bb), d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9e, et qui concerne les luttes de tendance entre staliniens et trotskystes, dans les ann\u00e9es 1930 aux USA : \u00ab <em>Je jugeais ces durs affrontements entre trostskystes et stalinistes compl\u00e8tement anachroniques dans ce pays o\u00f9 la v\u00e9ritable division est entre Hamilton et Jefferson, et j&rsquo;\u00e9tais du c\u00f4t\u00e9 de Jefferson<\/em> \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tGore Vidal est donc un \u00e9crivain \u00e0 succ\u00e8s dont la critique bien-pensante se d\u00e9fie ; c&rsquo;est aussi un auteur de th\u00e9\u00e2tre, et sc\u00e9nariste et occasionnellement un acteur ; un homosexuel affich\u00e9, dans une \u00e9poque (d\u00e8s ses d\u00e9buts, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1940) o\u00f9 une telle affirmation constituait un risque social consid\u00e9rable, et plus encore pour un personnage qui entendait mener une vie publique active ; parfois homme politique, proche des Kennedy au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960 et candidat malheureux au Congr\u00e8s en 1964 puis, \u00e0 nouveau, en 1980. Gore Vidal raconte les soir\u00e9es \u00e9chevel\u00e9es qu&rsquo;il passait avec le couple Paul Newman-Joanne Woodward, \u00e0 imaginer comme il ferait r\u00e9crire la Constitution des \u00c9tats-Unis pour faire de la R\u00e9publique une v\u00e9ritable d\u00e9mocratie, lorsqu&rsquo;il serait devenu pr\u00e9sident.<\/p>\n<h3>Une approche litt\u00e9raire de l&rsquo;histoire qui va aux sources de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Am\u00e9rique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa s\u00e9rie historique de Gore Vidal commence avec <em>Burr<\/em>, puis encha\u00eene avec <em>Lincoln<\/em>, <em>1876<\/em>, <em>Empire<\/em>, <em>Hollywood<\/em>. Le dernier ouvrage, <em>The Golden Age<\/em>, d\u00e9crit la p\u00e9riode contemporaine \u00e0 partir de Franklin Delano Roosevelt. L&rsquo;un des personnages du livre, Gore Vidal lui-m\u00eame (il a bien s\u00fbr un r\u00f4le public et un r\u00f4le politique), est particuli\u00e8rement repr\u00e9sentatif des plus vieilles racines patriciennes de la grande R\u00e9publique. Son anc\u00eatre, le vice-pr\u00e9sident de Jefferson, Aaron Burr (il donne son titre au premier livre de la s\u00e9rie), tua en duel, en 1804, Alexander Hamilton, l&rsquo;inspirateur du syst\u00e8me actuel, de la transformation perverse (selon Gore Vidal) de la grande R\u00e9publique am\u00e9ricaine en un empire arrogant, corrompu et corrupteur. La famille Gore est c\u00e9l\u00e8bre, avec notamment un s\u00e9nateur qui fut un des piliers de l&rsquo;isolationnisme am\u00e9ricain et qui effectua ses derniers mandats alors qu&rsquo;il \u00e9tait devenu aveugle. On trouve des Gore partout en Am\u00e9rique, et on ne s&rsquo;\u00e9tonne pas d&rsquo;apprendre qu&rsquo;Al Gore est un cousin de Gore Vidal. La proximit\u00e9 s&rsquo;arr\u00eate l\u00e0 et le cousinage, on s&rsquo;en doute, n&rsquo;engage en rien l&rsquo;\u00e9crivain-historien dans la voie du parti d\u00e9mocrate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 donc un regard inhabituel sur l&rsquo;histoire des USA, regard d&rsquo;un homme class\u00e9 tant\u00f4t lib\u00e9ral (progressiste), et donc fortement \u00e0gauche selon nos crit\u00e8res de rangement, et qui s&rsquo;affirme \u00e9galement isolationniste, et donc fortement \u00e0 droite selon ces m\u00eames crit\u00e8res de rangement compl\u00e8tement d\u00e9pass\u00e9s. Plus encore, et surtout devrait-on dire car c&rsquo;est le plus important, Gore Vidal porte sur l&rsquo;histoire de l&rsquo;Am\u00e9rique un regard d\u00e9gag\u00e9 des contraintes du scientisme et du rationalisme revus par la formidable machine de la communication. Ce regard utilise de cette fa\u00e7on une approche critique la plus fondamentale possible des m\u00e9thodes issues de ces m\u00eames scientisme et rationalisme, renforc\u00e9s par la communication. Il a d\u00e9crit ce ph\u00e9nom\u00e8ne du syst\u00e8me en action gr\u00e2ce \u00e0 la communication dans <em>Screening History<\/em>, o\u00f9 il montre l&rsquo;offensive de communication du cin\u00e9ma et des <em>lobbies<\/em> d&rsquo;influence britannique dans les ann\u00e9es 1930, pour pr\u00e9parer la transformation de l&rsquo;Am\u00e9rique isolationniste en une Am\u00e9rique interventionniste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSelon ces premiers d\u00e9tails qu&rsquo;on donne ici, on comprend que l&rsquo;apport du travail d&rsquo;historien de Gore Vidal est consid\u00e9rable au niveau m\u00e9thodologique. Il alimente du dehors, hors des normes des milieux scientifico-historiques, une approche critique particuli\u00e8rement efficace des m\u00e9thodes de ces milieux. Il proc\u00e8de \u00e0la fois par exp\u00e9rience, par \u00e9rudition et par intuition artistique, retrouvant cet \u00ab <em>esprit de finesse<\/em> \u00bb que Pascal pr\u00e9sentait comme si n\u00e9cessaire pour contenir le danger d&#8217;embrasser trop aveugl\u00e9ment et exclusivement l&rsquo;usage de l&rsquo;\u00ab <em>esprit scientifique<\/em> \u00bb dont les \u00e9l\u00e8ves de Descartes concluaient qu&rsquo;il constitue l&rsquo;<em>alpha<\/em> et l&rsquo;<em>omega<\/em> du savoir et de la pens\u00e9e humaine. Pour l&rsquo;essentiel, son travail montre ais\u00e9ment \u00e0quel degr\u00e9 de d\u00e9formation et de transformation id\u00e9ologiques conduit l'\u00a0\u00bbhistoire officielle\u00a0\u00bb (non pas seulement l&rsquo;histoire sugg\u00e9r\u00e9e par le pouvoir en place mais l&rsquo;histoire offerte par les courants de pens\u00e9e rationaliste et scientiste en place dans l&rsquo;<em>establishment<\/em> universitaire &mdash; mais l&rsquo;un revient \u00e0l&rsquo;autre finalement, en plein accord, en pleine complicit\u00e9).<\/p>\n<h3>Les correspondances entre le travail de Gore Vidal et la candidature de Ralph Nader<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, cet \u00e9clairage port\u00e9 sur Gore Vidal et son oeuvre au moment o\u00f9 se d\u00e9roule l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle met en lumi\u00e8re certains reclassements en cours aux USA. Cette campagne a montr\u00e9 qu&rsquo;un candidat absolument rejet\u00e9 par l&rsquo;<em>establishment<\/em>, totalement exclu du syst\u00e8me de communication, sans acc\u00e8s au syst\u00e8me m\u00e9diatique g\u00e9n\u00e9ral, pouvait parvenir \u00e0 faire entendre sa voix jusqu&rsquo;\u00e0 inqui\u00e9ter tr\u00e8s s\u00e9rieusement le camp d\u00e9mocrate d&rsquo;Al Gore. Il s&rsquo;agit bien s\u00fbr de Ralph Nader. Le rapport avec Gore Vidal est que Nader, d\u00e9marrant comme candidat des Verts, soit \u00e0 la gauche d&rsquo;Al Gore, se soit trouv\u00e9 \u00e0 la fin de la campagne soutenu par certaines forces de l&rsquo;extr\u00eame-droite isolationniste et anti-guerre (mouvement perceptible notamment chez des commentateurs comme Justin Raimundo et George Szamuely, sur <em>Antiwar.com<\/em>). Du coup, Nader est pass\u00e9 du statut de candidat marginal \u00e0 celui de repr\u00e9sentant <em>de facto<\/em> de la dissidence am\u00e9ricaine. On trouve ainsi concr\u00e9tis\u00e9 ce rassemblement en apparence paradoxale dont toute la carri\u00e8re et les \u00e9crits de Gore Vidal t\u00e9moignent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, on pourrait admettre que la vision historique de Gore Vidal se concr\u00e9tise dans la campagne de Ralph Nader, dans la persistance de la conjonction droite-gauche anti-interventionniste et anti-guerre qui s&rsquo;est form\u00e9e naturellement au moment de la guerre du Kosovo, aussi bien d&rsquo;ailleurs que dans la soudaine intervention de la politique \u00e9trang\u00e8re dans cette campagne avec les  interventions de Bush Jr et de sa conseill\u00e8re Condoleeza Rice sur cette m\u00eame question du Kosovo ; c&rsquo;est-\u00e0-dire, au bout du compte, dans ce que nous d\u00e9signerions comme la \u00ab\u00a0question de l&#8217;empire\u00a0\u00bb, qui sous-tend la d\u00e9marche historico-litt\u00e9raire de Gore Vidal, qui va aux racines m\u00eame de l&rsquo;Am\u00e9rique, dans l&rsquo;affrontement entre les d\u00e9mocrates localistes jeffersoniens et les mercantilo-imp\u00e9rialistes hamiltoniens. Voil\u00e0, bien mieux exprim\u00e9e, bien plus justement et plus fondamentalement, la question que nous pose aujourd&rsquo;hui l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie am\u00e9ricaine, &mdash; bien mieux exprim\u00e9e que les tonnes d&rsquo;analyses d\u00e9vers\u00e9es sur le soi-disant lib\u00e9ral Gore et le soi-disant conservateur Bush Jr, deux faces \u00e0peine diff\u00e9rentes d&rsquo;une m\u00eame tendance hamiltonienne de l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[N\u00e9anmoins, durant la campagne, certaines d\u00e9clarations, et notamment celles de Condoleeza Rice, et l&rsquo;interpr\u00e9tation qui en a \u00e9t\u00e9 faite, ont montr\u00e9 combien m\u00eame les r\u00e9publicains de la campagne officielle restaient susceptibles d&rsquo;\u00eatre rattrap\u00e9s par les tendances anti-interventionnistes et au d\u00e9sengagement qu&rsquo;on retrouve dans leur extr\u00eame-droite isolationniste et anti-guerre. Cela conforte encore plus l&rsquo;explication de l&rsquo;attitude de cette extr\u00eame-droite, soutenant Ralph Nader qui prenait des voix \u00e0 Al Gore, c&rsquo;est-\u00e0-dire un Nader favorisant \u00ab\u00a0objectivement\u00a0\u00bb Bush contre Gore. Ainsi voit-on bien combien les \u00e9tiquettes et les engagements sont, aux USA, sujets \u00e0 l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 et aux contradictions, combien par cons\u00e9quent la situation reste fluide et incertaine derri\u00e8re les apparences d&rsquo;un verrouillage du syst\u00e8me. Dans ce contexte, les atypiques type-Gore Vidal et Nader ont leur place.]<\/p>\n<h3>Les le\u00e7ons de d\u00e9finition de Gore Vidal sur l&rsquo;anti&#64979;am\u00e9ricanisme<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la situation est \u00e9videmment dans cette rencontre inattendue entre l&rsquo;histoire, si justement pr\u00e9sent\u00e9e par Gore Vidal avec sa m\u00e9thode d&rsquo;\u00e9crivain, et l&rsquo;actualit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire cette campagne \u00e9lectorale promise \u00e0 l&rsquo;ennui et \u00e0 la m\u00e9diocrit\u00e9, qui a tenu en partie ses promesses, mais qui a montr\u00e9 \u00e9galement les tensions cach\u00e9es \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame de l&rsquo;<em>establishment<\/em>. Le travail de Gore Vidal nous donne quelques cl\u00e9s pour aujourd&rsquo;hui. Il nous permet d&rsquo;\u00e9carter les clich\u00e9s sur les pro- et les anti&#64979;am\u00e9ricains concoct\u00e9s par les intellectuels europ\u00e9ens, avec une mention pour les parisiens rive gauche, \u00e0 partir de leurs obsessions id\u00e9ologiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa critique de Gore Vidal porte sur une entreprise &mdash; nommons-l\u00e0 hamiltonienne, imp\u00e9riale mercantiliste, h\u00e9g\u00e9monique, qu&rsquo;importe &mdash; qui aurait trahi les id\u00e9aux de la R\u00e9publique am\u00e9ricaine de l&rsquo;origine, avec sa r\u00e9f\u00e9rence jeffersonienne. Il \u00e9claire la s\u00e9paration qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00e9tablir \u00e0 partir des indications de cette approche critique : d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 un syst\u00e8me jug\u00e9 pr\u00e9dateur, dont les effets destructeurs de toute structure civilis\u00e9e ont peu de pr\u00e9c\u00e9dent dans l&rsquo;histoire, \u00e0 cause de sa puissance, de ses moyens technologiques, de la complicit\u00e9 de ses victimes ; d&rsquo;autre part, les citoyens am\u00e9ricains, \u00e0 la fois complices et victimes du syst\u00e8me selon leur lucidit\u00e9, et qui \u00e9chappent naturellement \u00e0 la vigueur de l&rsquo;anti&#64979;am\u00e9ricanisme profess\u00e9 par Gore Vidal (anti-am\u00e9ricanisme, c&rsquo;est-\u00e0&#64979;dire opposition \u00e0 l&rsquo;id\u00e9ologie de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, qui ne doit se confondre ni avec l&rsquo;Am\u00e9rique, ni avec les Am\u00e9ricains).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa th\u00e8se n&rsquo;est pas nouvelle pour ceux qui s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 la d\u00e9couverte des r\u00e9alit\u00e9s am\u00e9ricaines derri\u00e8re la pr\u00e9sentation m\u00e9diatique et virtualiste qui en est faite en g\u00e9n\u00e9ral. Mais Gore Vidal am\u00e8ne un apport d\u00e9cisif dans sa pr\u00e9sentation, son exploration, sa d\u00e9finition. Il lui donne la dimension humaine qui permet d&rsquo;\u00e9clairer les zones d&rsquo;ombre que l&rsquo;historien habituel d\u00e9daigne en g\u00e9n\u00e9ral. Contre les tendances du temps, Gore Vidal nous propose l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;historien, pour \u00eatre complet, a plus besoin de l&rsquo;aide de l&rsquo;artiste que de celle du savant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t (1) The Golden Age, Doubleday, New York, septembre 2000.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour saluer Gore (Vidal) Avec The Golden Age (1), l&rsquo;\u00e9crivain am\u00e9ricain Gore Vidal cl\u00f4t une suite de romans historiques offrant une histoire de l&rsquo;Am\u00e9rique qui laisse \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re, pour la justesse et le go\u00fbt de la nuance, pour la finesse de l&rsquo;analyse, enfin pour la libert\u00e9 du jugement, l&rsquo;essentiel de ce qui a \u00e9t\u00e9&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-64924","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-de-defensa"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64924","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=64924"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64924\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64924"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=64924"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=64924"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}