{"id":64927,"date":"2001-04-08T00:00:00","date_gmt":"2001-04-07T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2001\/04\/08\/semaine-du-2-au-8-avril-2001\/"},"modified":"2001-04-08T00:00:00","modified_gmt":"2001-04-07T22:00:00","slug":"semaine-du-2-au-8-avril-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2001\/04\/08\/semaine-du-2-au-8-avril-2001\/","title":{"rendered":"Semaine du 2 au 8 avril 2001"},"content":{"rendered":"<p><h3>Le discours annuel de Poutine : pas un mot sur les USA<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tDans son discours annuel sur \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9tat de la nation\u00a0\u00bb, le 3 avril \u00e0 Moscou, Vladimir Poutine a mis en \u00e9vidence l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la Russie de voir l&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;Europe se poursuivre et s&rsquo;accentuer, pour que cette m\u00eame Russie puisse \u00e9tablir un partenariat de coop\u00e9ration avec l&rsquo;Europe. Par contre, le pr\u00e9sident russe n&rsquo;a pas dit un mot des USA, ni du besoin \u00e9ventuel de coop\u00e9ration de la Russie avec l&rsquo;Europe. Depuis au moins les ann\u00e9es 1960, ce th\u00e8me \u00e9tait l&rsquo;essentiel du catalogue de politique \u00e9trang\u00e8re de l&rsquo;URSS puis de la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est une indication s\u00e9rieuse sur l&rsquo;\u00e9volution actuelle des conceptions russes, entam\u00e9e \u00e0 l&rsquo;occasion de la guerre du Kosovo (Poutine a, \u00e0 nouveau, condamn\u00e9 le comportement g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;OTAN, \u00ab <em>qui ignore les vues de la communaut\u00e9 internationale<\/em> \u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes conceptions russes nouvelles font des USA (et de l&rsquo;OTAN, prise dans ce cas comme instrument am\u00e9ricain) le principal facteur de d\u00e9stabilisation des relations internationales ; cette analyse n&rsquo;est pas une surprise : depuis le Kosovo, on l&rsquo;a vu, elle est quasiment officielle, et elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement renforc\u00e9e depuis, et elle est plus que jamais d&rsquo;actualit\u00e9 avec la nouvelle administration GW Bush. (Les analystes russes estiment que les USA sont entr\u00e9s dans une p\u00e9riode d\u00e9cisive d&rsquo;instabilit\u00e9, un peu comme l&rsquo;URSS de la fin des ann\u00e9es 1970.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRien que les Russes ne d\u00e9testent plus que la d\u00e9stabilisation, et l&rsquo;impr\u00e9visibilit\u00e9 qui l&rsquo;accompagne (Poutine pr\u00e9sente la Russie comme une puissance qui sera toujours \u00ab <em>un partenaire pr\u00e9visible et en lequel on peut avoir confiance<\/em> \u00bb). La d\u00e9marche de Poutine prend tout cela en compte, identifie l&rsquo;Europe comme une puissance potentielle dont la politique fondamentale est \u00e9videmment la recherche de la stabilisation des situations. Le discours de Poutine n&rsquo;est que le constat que ce que l&rsquo;Europe, outre sa position g\u00e9ographique \u00e9vidente, est, par ses conceptions et ses traditions, un partenaire strat\u00e9gique naturel pour la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA la Commission europ\u00e9enne, il s&rsquo;est dit aussit\u00f4t, dans les couloirs, qu&rsquo;il faut accorder une grande importance \u00e0 ce discours. Celui-ci est effectivement per\u00e7u comme une ouverture tr\u00e8s nette pour une plus grande coop\u00e9ration. Les organisations europ\u00e9ennes vont pousser \u00e0 cette interpr\u00e9tation, convaincue qu&rsquo;il y a l\u00e0, pour elle et pour l&rsquo;Europe, la possibilit\u00e9 de jouer un autre r\u00f4le que celui de pourvoyeur et de gestionnaire d&rsquo;aides sans fin \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie russe.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3><strong><em>The Great Divide<\/em><\/strong> transatlantique ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tS&rsquo;il fallait choisir un article de journal qui symbolise bien le climat (!) politique,<a target=''_blank''href=''guardian.co.uk\/Archive\/Article\/0,4273,4164743,00.html''><em>The Great Divide<\/em><\/a>, de Henry Porter, chef de la r\u00e9daction londonienne de <em>Vanity Fair<\/em>, ferait l&rsquo;affaire. Porter nous dit, non pas l&rsquo;importance du rejet par GW Bush du protocole de Kyoto, mais plut\u00f4t tout ce qui appara\u00eet \u00e0 cette occasion, qui cristallise, plus que l&rsquo;opposition, la distance, voire l&rsquo;incommunicabilit\u00e9 entre deux mondes qui ne cessent de proclamer leur quasi-similitude : l&rsquo;Europe et les \u00c9tats-Unis. Que ce soit un Britannique qui \u00e9crive cela est un point de grand int\u00e9r\u00eat. (Il y a une diff\u00e9rence de ton significative entre la presse britannique et, par exemple, parce que l&rsquo;exemple fran\u00e7ais est souvent avanc\u00e9 pour caract\u00e9riser la position anti-am\u00e9ricaine, la presse fran\u00e7aise ; en r\u00e9alit\u00e9, dans cette affaire de Kyoto comme dans beaucoup d&rsquo;autres, les Britanniques sont bien plus lucides, et souvent bien plus f\u00e9roces que les Fran\u00e7ais.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIci, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat est moins dans le jugement de l&rsquo;un ou de l&rsquo;autre, l&rsquo;analyse de tel ou tel comportement, que dans le constat de la diff\u00e9rence aggrav\u00e9e de l&rsquo;incommunicabilit\u00e9. (C&rsquo;est-\u00e0-dire, la diff\u00e9rence trompeuse : la diff\u00e9rence dans l&rsquo;interpr\u00e9tation des m\u00eames choses, des m\u00eames mots, ce qui fait croire qu&rsquo;on est semblables parce qu&rsquo;on emploie les m\u00eames mots alors que ces mots recouvrent  des choses diff\u00e9rentes.) Porter montre bien combien l&rsquo;affaire de Kyoto est l&rsquo;occasion, pour les Europ\u00e9ens, d&rsquo;exprimer une irritation et une insatisfaction g\u00e9n\u00e9rales, qui couvrent tant d&rsquo;autres sujets de discorde entre Europ\u00e9ens et Am\u00e9ricains. \u00ab [L&rsquo;]<em>\u00e9tat d&rsquo;esprit <\/em>[en Europe], \u00e9crit Porter, <em>\u00e9tait en fermentation depuis longtemps, mais la d\u00e9cision <\/em>[am\u00e9ricaine] <em>d&rsquo;abandonner Kyoto a cristallis\u00e9 la d\u00e9marche dans l&rsquo;esprit des gens. Soudain, l&rsquo;Europe est exc\u00e9d\u00e9e de cette domination am\u00e9ricaine dans pratiquement chaque d\u00e9tail de notre vie, ce qui explique que les Fran\u00e7ais aient fait un h\u00e9ros du casseur de McDo, Jos\u00e9 Bov\u00e9.<\/em> [&#8230;] <em>Tout le ressentiment contre la vie nationale am\u00e9ricaine &mdash; la peine de mort, les armes en vente libre, l&rsquo;\u00e9crasante domination de l&rsquo;industrie du spectacle, le refus de ratifier <\/em>[nombre de] <em>conventions internationales &mdash; s&rsquo;est cristallis\u00e9 en une seule accusation qui implique la condamnation de l&rsquo;Am\u00e9rique pour son arrogance et son indiff\u00e9rence aux grands probl\u00e8mes mondiaux.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>L&rsquo;UE \u00e0 Moscou pour demander de l&rsquo;aide aux Russes<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Union europ\u00e9enne, notamment dans la personne du ministre su\u00e9dois de l&rsquo;environnement (la Su\u00e8de pr\u00e9side l&rsquo;UE), arrive \u00e0 Moscou le 6 avril, <a target=''_blank''href=''sg.news.yahoo.com\/010406\/1\/m6co.html''>pour demander l&rsquo;aide de la Russie<\/a>, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment pour tenter de sauver le Protocole de Kyoto sans les USA. (Encore Kyoto ? Comme le dit Porter, ce d\u00e9saccord r\u00e9sume tous les autres.) L&rsquo;accueil est chaleureux, compr\u00e9hensif. Les Russes ne peuvent qu&rsquo;appuyer la d\u00e9marche de l&rsquo;UE. Simplement, il faut comprendre qu&rsquo;on quitte ici le domaine de l&rsquo;environnement, quelque importance (\u00e9vidente) qu&rsquo;il ait. Nous sommes en pleine strat\u00e9gie. Les grands th\u00e8mes de la soci\u00e9t\u00e9 civile acqui\u00e8rent une telle importance qu&rsquo;ils d\u00e9passent les enjeux de la seule soci\u00e9t\u00e9 civile. La soci\u00e9t\u00e9 civile devient strat\u00e9gique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, on peut avancer une conclusion. Cet accueil de la d\u00e9l\u00e9gation de l&rsquo;UE, trois jours apr\u00e8s son discours du 3 avril, marque bien l&rsquo;orientation de la politique de Poutine : \u00e0 toute vapeur vers la coop\u00e9ration avec l&rsquo;UE, si n\u00e9cessaire, et m\u00eame avec avantage, contre les actions qualifi\u00e9es d&rsquo;\u00ab <em>irresponsables<\/em> \u00bb de Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes \u00e9v\u00e9nements s&rsquo;encha\u00eenent bien : les remous autour du rejet du Protocole de Kyoto, le discours de Poutine, la visite du 6 avril. Il n&rsquo;est pas impossible, comme on le chuchote ici et l\u00e0, que le pr\u00e9sident russe ait apport\u00e9 quelques modifications dans son discours du 3 avril, en fonction de la col\u00e8re anti-am\u00e9ricaine qu&rsquo;il percevait chez les Europ\u00e9ens, apr\u00e8s le rejet du Protocole.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le discours annuel de Poutine : pas un mot sur les USA Dans son discours annuel sur \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9tat de la nation\u00a0\u00bb, le 3 avril \u00e0 Moscou, Vladimir Poutine a mis en \u00e9vidence l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la Russie de voir l&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;Europe se poursuivre et s&rsquo;accentuer, pour que cette m\u00eame Russie puisse \u00e9tablir un partenariat de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-64927","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64927","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=64927"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64927\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64927"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=64927"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=64927"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}