{"id":64945,"date":"2001-05-27T00:00:00","date_gmt":"2001-05-26T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2001\/05\/27\/semaine-du-21-au-27-mai-2001\/"},"modified":"2001-05-27T00:00:00","modified_gmt":"2001-05-26T22:00:00","slug":"semaine-du-21-au-27-mai-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2001\/05\/27\/semaine-du-21-au-27-mai-2001\/","title":{"rendered":"Semaine du 21 au 27 mai 2001"},"content":{"rendered":"<p><h3>Doute et confusion autour de la <strong><em>Strategic Review<\/em><\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tDepuis quelques jours, \u00e0 Washington, s&rsquo;accumulent les signes de contestation, de critique, de mise en question du processus dit de la <em>Strategic Review<\/em>, devant mener \u00e0 une restructuration et une nouvelle strat\u00e9gie des forces arm\u00e9es am\u00e9ricaines. Il y a d&rsquo;abord un probl\u00e8me personnel pour Donald Rumsfeld, accus\u00e9 de toutes parts de travailler sur cette r\u00e9forme sans consulter les responsables (les chefs militaires, les parlementaires concern\u00e9s). Tr\u00e8s vite, \u00e0 partir du 15-17 mai, Rumsfeld entreprend un effort majeur de relations publiques pour tenter de r\u00e9duire ces querelles. Assez vite, cette contre-offensive de Rumsfeld semble donner des r\u00e9sultats, dans tous les cas <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/articles\/A73198-2001May24.html\" class=\"gen\">selon ce qu&rsquo;en dit la presse.<\/a> Sur le fond, la malaise n&rsquo;est pas dissip\u00e9. Ce malaise concerne la question de savoir si Rumsfeld pourra mener sa r\u00e9forme \u00e0 bien, avec les r\u00e9sistances diverses qui ne cessent de s&rsquo;affirmer avec puissance. Certains estiment que cette \u00ab\u00a0r\u00e9forme\u00a0\u00bb finira par s&rsquo;av\u00e9rer comme un exercice de rh\u00e9torique, et que le Pentagone en sortira \u00e0 peu pr\u00e8s <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/articles\/A40861-2001May17.html\" class=\"gen\">semblable \u00e0 ce qu&rsquo;il est<\/a>. D&rsquo;autres sources affirment que les principales d\u00e9cisions sont d\u00e9j\u00e0 prises et que, effectivement, les changements sont mineurs, \u00e0 part une consid\u00e9rable augmentation budg\u00e9taire. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRumsfeld, lui, continue \u00e0 affirmer qu&rsquo;il n&rsquo;a pris aucune d\u00e9cision et que tout ce qui est imprim\u00e9 ou colport\u00e9 ne recouvre aucune r\u00e9alit\u00e9. L&rsquo;appr\u00e9ciation que nous serions amen\u00e9s \u00e0 faire est un peu diff\u00e9rente, surtout en fonction de la nouvelle majeure de la semaine (le passage du S\u00e9nat aux d\u00e9mocrates): la situation politique \u00e0 Washington devient d\u00e9sormais tr\u00e8s incertaine, et la <em>Strategic Review<\/em> va subir elle aussi les effets de cette incertitude; cela ne signifie pas n\u00e9cessairement ne rien faire pour l&rsquo;administration GW Bush, qui peut, au contraire, selon les circonstances, juger politiquement avantageux de forcer une voie vers une r\u00e9forme profonde (sans aucune garantie, dans ce cas, qu&rsquo;elle puisse \u00eatre men\u00e9e \u00e0 bien); ou bien, effectivement, il peut s&rsquo;av\u00e9rer plus int\u00e9ressant de ne rien faire. Dans tous les cas envisageables, une seule certitude: le d\u00e9sordre budg\u00e9taire et conceptuel qui existait au Pentagone au d\u00e9part de Clinton va encore s&rsquo;accentuer, et il s&rsquo;accentuera encore plus si la r\u00e9forme de la <em>strategic Review<\/em> avorte.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3><strong><em>Special Relationships<\/em><\/strong> en action sur le terrain<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tLe g\u00e9n\u00e9ral Wesley Clark publie ses m\u00e9moires, <em>Waging Modern War<\/em>. Clark termina sa carri\u00e8re dans l&rsquo;U.S. Army comme SACEUR (commandant supr\u00eame alli\u00e9 en Europe) et, dans cette position, il mena la guerre contre la Serbie. (Apr\u00e8s la guerre, en avril 2000, Clark fut lib\u00e9r\u00e9 de ses fonctions, quatre mois avant sa date l\u00e9gale de d\u00e9part \u00e0 la retraite: sorte de limogeage \u00ab\u00a0\u00e0 la Clinton\u00a0\u00bb, ou limogeage-<em>soft<\/em>, d&rsquo;un officier g\u00e9n\u00e9ral qui eut \u00e9galement des rapports tr\u00e8s difficiles avec le Pentagone, avec son secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Cohen, et avec le gouvernement \u00e0 Washington en g\u00e9n\u00e9ral.) Parmi les p\u00e9rip\u00e9ties de son commandement et de la guerre au Kosovo, la querelle de Clark et du g\u00e9n\u00e9ral britannique Jackson du 12 juin 1999 (refus de Jackson le Britannique d&rsquo;ob\u00e9ir \u00e0 un ordre de l&rsquo;Am\u00e9ricain Clark, deux jours apr\u00e8s que le KFOR,command\u00e9e par Jackson, ait commenc\u00e9 \u00e0 investir le Kosovo) est d\u00e9j\u00e0 connue et c\u00e9l\u00e8bre. Clark en donne le d\u00e9tail dans son livre et cela est particuli\u00e8rement r\u00e9v\u00e9lateur. <a href=\"http:\/\/www.thetimes.co.uk\/article\/0,,3-2001170556,00.html\" class=\"gen\">Le Times de Londres<\/a> publie des extraits de cet incident, qu&rsquo;il qualifie de \u00ab<em>sharpest clash between American and British military commanders since Eisenhower and Montgomery disputed strategy in the Second World War<\/em>\u00bb. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, l&rsquo;incident entre les deux hommes est d&rsquo;une intensit\u00e9 exceptionnelle. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation d&rsquo;affrontement si violente qu&rsquo;on a beaucoup de mal \u00e0 l&rsquo;imaginer qu&rsquo;elle puisse \u00eatre possible entre un chef am\u00e9ricain et un chef d&rsquo;un pays alli\u00e9 de l&rsquo;OTAN (fran\u00e7ais y compris, sans la moindre h\u00e9sitation), &mdash; mis \u00e0 part les Britanniques, comme le d\u00e9montre l&rsquo;incident. On trouve ici une d\u00e9monstration int\u00e9ressante de la r\u00e9alit\u00e9 des fameuses <em>special relationships<\/em> entre Am\u00e9ricains et Britanniques. Les rapports entre Am\u00e9ricains et Britanniques sont beaucoup moins bons qu&rsquo;on les imagine lorsqu&rsquo;on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la version officielle et idyllique de ces relations. Des sources fran\u00e7aises (les Fran\u00e7ais, par le biais de la PESD, sont aujourd&rsquo;hui beaucoup plus proches des Britanniques) nous ont confirm\u00e9 cet \u00e9tat de fait, par exemple, pour ce qui concerne les conversations sur la coop\u00e9ration des armements, les achats d&rsquo;armes, etc: les contacts entre Am\u00e9ricains et Britanniques sont beaucoup plus tendus qu&rsquo;on ne croit, avec les Britanniques tenant souvent un r\u00f4le contestataire. L&rsquo;incident Clark-Jackson, et surtout dans le d\u00e9tail donn\u00e9 par Clark, fait mesurer \u00e9galement l&rsquo;appr\u00e9ciation o\u00f9 sont tenus les commandements interalli\u00e9s de l&rsquo;OTAN par les chefs nationaux (voir les remarques que fait Jackson \u00e0 celui qui est officiellement son sup\u00e9rieur direct).<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>La r\u00e9alit\u00e9 allemande, loin des montages de relations publiques<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tDepuis d\u00e9cembre 2000 et le sommet de Nice, l&rsquo;Allemagne et ceux qui ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 faire sa promotion comme puissance centrale de l&rsquo;Europe ont lanc\u00e9 une formidable op\u00e9ration de relations publiques tendant effectivement \u00e0 accr\u00e9diter cette image. Quand on agit dans ce sens, on le comprend, c&rsquo;est que la r\u00e9alit\u00e9 ne suffit pas \u00e0 convaincre les autres, les observateurs et les commentateurs, de la v\u00e9racit\u00e9 de cette affirmation. La r\u00e9alit\u00e9 allemande est notablement, voire diam\u00e9tralement diff\u00e9rente, elle est m\u00eame par certains c\u00f4t\u00e9s inqui\u00e9tante. C&rsquo;est celle de l&rsquo;Allemagne \u00ab<em>lanterne rouge de l&rsquo;Europe<\/em>\u00bb comme le montre dans <em>Le Monde<\/em> <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/rech_art\/0,5987,186691,00.html\" class=\"gen\">Arnaud Leparmentier<\/a>. Apr\u00e8s d&rsquo;autres, et sans rien avancer de v\u00e9ritablement r\u00e9volutionnaire, mais en pr\u00e9sentant simplement quelques chiffres et quelques observations, Leparmentier confirme le caract\u00e8re retardataire, voire scl\u00e9ros\u00e9e de la situation allemande. Un constat s&rsquo;impose: au lieu d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 transfigur\u00e9e par la r\u00e9unification, jusqu&rsquo;\u00e0 passer au rang de premi\u00e8re des puissances europ\u00e9ennes comme elle l&rsquo;esp\u00e9rait, l&rsquo;Allemagne n&rsquo;a pas pu se relever de cette op\u00e9ration. Au lieu de continuer \u00e0 lutter pour tenter tout de m\u00eame d&rsquo;y parvenir, comme fit Kohl jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de son mandat, Schr\u00f6der a choisi la m\u00e9thode Clinton: dire qu&rsquo;il est parvenu au succ\u00e8s, que l&rsquo;Allemagne est effectivement cette puissance que tout le monde annonce depuis dix ans et qui ne parvient pas \u00e0 l&rsquo;\u00eatre. Du pur virtualisme, caract\u00e9ris\u00e9 par le \u00ab<em>sourire de son chancelier<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Un tournant \u00e0 la Clinton: le S\u00e9nat passe aux d\u00e9mocrates<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tLa d\u00e9cision, le 24 mai, du s\u00e9nateur r\u00e9publicain Jeffords, du Vermont, de devenir ind\u00e9pendant et de voter avec les d\u00e9mocrates donne \u00e0 ces derniers le contr\u00f4le du S\u00e9nat des \u00c9tats-Unis. C&rsquo;est une d\u00e9cision d&rsquo;une importance consid\u00e9rable. Pour certains, c&rsquo;est un \u00e9v\u00e9nement qui renverse le r\u00e9sultat de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, et c&rsquo;est par exemple l&rsquo;avis du <a href=\"http:\/\/www.opinionjounral.com\/editorial\/feature.html?id=95000-521\" class=\"gen\">Wall Street Journal<\/a>. Quel va \u00eatre l&rsquo;effet de cette d\u00e9cision? Certains jugent qu&rsquo;elle va forcer GW Bush \u00e0 gouverner un peu plus au centre, en att\u00e9nuant ses tendances droitistes. C&rsquo;est une possibilit\u00e9 logique, mais il n&rsquo;est pas s\u00fbr que ce soit la logique qui domine aujourd&rsquo;hui la politique washingtonienne. En fait, la situation commence \u00e0 ressembler curieusement, mais \u00e0 fronts renvers\u00e9s, \u00e0 celle de novembre 1994: Clinton, \u00e9lu fin 1992, trouvant devant lui une majorit\u00e9 r\u00e9publicaine apr\u00e8s les \u00e9lections dites <em>mid-term<\/em> de novembre 1994 et constatant d\u00e8s lors une situation de paralysie et d&rsquo;affrontement. (Certains poussent l&rsquo;analogie jusqu&rsquo;\u00e0 consid\u00e9rer que l&rsquo;\u00e9chec possible de la <em>Strategic Review<\/em> ressemblerait alors \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec de la r\u00e9forme de la s\u00e9curit\u00e9 sociale de Hillary Clinton en 1993-94.) La seule diff\u00e9rence est \u00e9videmment dans la rapidit\u00e9 de la d\u00e9t\u00e9rioration de la situation pour GW Bush, d&rsquo;ailleurs inscrite dans le r\u00e9sultat des \u00e9lections de novembre-d\u00e9cembre 2000. En fonction du climat r\u00e9gnant \u00e0 Washington, de la proximit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9lection (la <em>mid-term<\/em> de novembre 2002), importante parce qu&rsquo;elle pourrait d\u00e9terminer de nouvelles situations l\u00e9gislatives, il y a de bonnes raisons de penser que nous nous dirigeons vers une nouvelle p\u00e9riode de paralysie et de confrontation entre ex\u00e9cutif et l\u00e9gislatif. Il n&rsquo;est pas s\u00fbr, d&rsquo;autre part, que la nouvelle situation conduise GW Bush \u00e0 se montrer plus mod\u00e9r\u00e9; il pourrait estimer devoir, au contraire, donner le plus de satisfaction possible \u00e0 son \u00e9lectorat de droite, ce qui le conduirait \u00e0 maintenir fermement sa tendance \u00ab\u00a0dure\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Doute et confusion autour de la Strategic Review Depuis quelques jours, \u00e0 Washington, s&rsquo;accumulent les signes de contestation, de critique, de mise en question du processus dit de la Strategic Review, devant mener \u00e0 une restructuration et une nouvelle strat\u00e9gie des forces arm\u00e9es am\u00e9ricaines. 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