{"id":64979,"date":"2002-02-24T00:00:00","date_gmt":"2002-02-24T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/02\/24\/le-b-2-poubelle\/"},"modified":"2002-02-24T00:00:00","modified_gmt":"2002-02-24T00:00:00","slug":"le-b-2-poubelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/02\/24\/le-b-2-poubelle\/","title":{"rendered":"Le B-2 ? Poubelle &#8230;"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Le B-2 ? Poubelle &#8230; <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>On n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 sans remarquer l&rsquo;extr\u00eame discr\u00e9tion, dans tous les sens du mot, du bombardier B-2 durant la campagne contre l&rsquo;Afghanistan. Quelques missions au d\u00e9but de la campagne, annonc\u00e9es sobrement, puis plus rien. Cela contraste avec l&rsquo;extr\u00eame publicit\u00e9 qui avait accompagn\u00e9 la moindre des missions du B-2 durant l&rsquo;attaque contre le Kosovo, en mars-juin 1999. C&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un \u00e9l\u00e9ment inhabituel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>[Un autre facteur ne cesse de se confirmer, qui est l&rsquo;hostilit\u00e9 achev\u00e9e de l&rsquo;USAF pour une autre s\u00e9rie de 20 exemplaires du B-2. Malgr\u00e9 la ferme intention de l&rsquo;administration GW Bush d\u00e8s son arriv\u00e9e, confirm\u00e9e apr\u00e8s les op\u00e9ration en Afghanistan, l&rsquo;USAF est rest\u00e9e in\u00e9branlable.]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces deux facteurs conduisent \u00e0 suivre avec une certaine vigilance une \u00e9ventuelle politique nouvelle de l&rsquo;USAF vis-\u00e0-vis du bombardier B-2 et de ce qu&rsquo;il repr\u00e9sente, notamment le fait que ce bombardier int\u00e8gre de fa\u00e7on extr\u00eamement importante la technologie furtive. Un \u00e9l\u00e9ment nouveau nous est apparu sous la forme d&rsquo;une d\u00e9claration de James Roche, Secretary of the air Force, dans <em>Defense News<\/em>, 11-17 f\u00e9vrier 2002. Voici le passage qui nous int\u00e9resse :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <strong><em>Q. Do you have any long-term plans to design a long-range bomber?<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>A. We&rsquo;ll look at this over time. Right now, in the next era, we&rsquo;re going to concentrate on the weapons. But if we needed to very quickly decide what would be our idea of a bomber, we have that. We know that a future has to be stealthy and fast. It has to be able to defend itself. When the B-2 was designed, it was an incredible achievement. But it was designed before there were personal computers in offices, before cell phones. Nowadays, we know that supercruise and stealth can work together.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Il y a des choses \u00e9tonnantes dans cette r\u00e9ponse qui, \u00e0 premi\u00e8re vue, semble assez anodine et ne rien r\u00e9v\u00e9ler de r\u00e9volutionnaire. Le B-2 (alors Advanced Technological Bomber [ATB]) fut d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 partir de 1978-79, essentiellement dans les ann\u00e9es 1980, dans la forme o&ugrave; il est actuellement, sans aucune d\u00e9fense individuelle, avec une vitesse subsonique (autour de 900\/950 km\/h, soit mach 0,95), sans capacit\u00e9 de vitesse dite <em>supercruise<\/em> (c&rsquo;est-\u00e0-dire la capacit\u00e9 d&rsquo;une vitesse supersonique sans post-combustion des r\u00e9acteurs, utilisable sur une longue distance, en r\u00e9gime de croisi\u00e8re). Le B-2 \u00e9tait pr\u00e9vu pour des missions extr\u00eamement dangereuses, soit la p\u00e9n\u00e9tration en solitaire du territoire sovi\u00e9tique, la recherche, l&rsquo;identification, l&rsquo;attaque et la destruction des missiles sovi\u00e9tiques ICBM mobiles SS-25 (par d\u00e9finition impossibles \u00e0 rep\u00e9rer par avance puisque mobiles). &Ccedil;&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 la pr\u00e9sentation qui \u00e9tait faite de l&rsquo;avantage exceptionnel de la technologie furtive : puisque les radars sovi\u00e9tiques ne pouvaient d\u00e9tecter le B-2, le bombardier pourrait p\u00e9n\u00e9trer dans l&rsquo;espace a\u00e9rien sovi\u00e9tique sans entrave et sans danger.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce que nous dit Roche, c&rsquo;est que toute cette argumentation ne vaut plus rien. D\u00e9sormais, il faut qu&rsquo;un avion compl\u00e8tement <em>stealth<\/em> soit, en plus rapide, et capable de se battre contre des ennemis. Cela signifie qu&rsquo;on n&rsquo;esp\u00e8re plus que la technologie furtive le mettra \u00e0 l&rsquo;abri des radars adverses, &mdash; cette id\u00e9e, connue comme une v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e dans les ann\u00e9es 1980, fait sourire aujourd&rsquo;hui, dans les arcanes de la bureaucratie du Pentagone. Cet extraordinaire retournement d&rsquo;une conception qui guida pendant un quart de si\u00e8cle l&rsquo;appr\u00e9ciation de la bureaucratie du Pentagone et de l&rsquo;USAF (l&rsquo;efficacit\u00e9 quasi-absolue de la technologie furtive pour mettre en \u00e9chec la d\u00e9fense a\u00e9rienne) se fait alors que n&rsquo;existe plus dans le monde grouillant des ennemis rep\u00e9r\u00e9s et potentiels de l&rsquo;Am\u00e9rique la moindre capacit\u00e9 pouvant approcher, m\u00eame de tr\u00e8s loin, les capacit\u00e9s d\u00e9fensives a\u00e9riennes de l&rsquo;URSS telles qu&rsquo;elles \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9es dans les ann\u00e9es 1980. Citons \u00e0 cet \u00e9gard un extrait du texte &laquo; <em>Nos contre-le\u00e7ons<\/em> &raquo; publi\u00e9 dans la rubrique <em>Analyse<\/em> du Vol17, n&deg;11, rubrique <em>Analyse<\/em>, de notre Lettre d&rsquo;Analyse <em>de defensa<\/em> :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Lorsqu&rsquo;on se rappelle du probl\u00e8me de la d\u00e9fense a\u00e9rienne dans les ann\u00e9es 1960 (\u00e0 partir de la guerre du Viet-n\u00e2m) jusque dans les ann\u00e9es 1980 ; lorsqu&rsquo;on sait que l&rsquo;un des arguments, outre celui de la r\u00e9ciprocit\u00e9 face aux SS-20, pour l&rsquo;installation des euromissiles type Pershing II en Europe en 1983, \u00e9tait l&rsquo;affirmation de l&rsquo;impossibilit\u00e9 pour des avions occidentaux type F-111, Tornado, B-52 et B-1B, de franchir les d\u00e9fenses a\u00e9riennes sovi\u00e9tiques malgr\u00e9 l&rsquo;arsenal de la guerre \u00e9lectronique (EF-111A, EA-6B, avions de suppression type Wild Weasel, AWACS, etc), on reste stup\u00e9faits devant les \u00e9v\u00e9nements des ann\u00e9es 1991-2001, et plus stup\u00e9faits encore que nul ne songe \u00e0 les relever dans ce sens pour en faire une le\u00e7on majeure de la guerre moderne. (On parle de la guerre r\u00e9elle, non pas de la guerre hypoth\u00e9tique contre une puissance hypoth\u00e9tique : cette id\u00e9e existe constamment derri\u00e8re notre propos.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Aujourd&rsquo;hui, comme on l&rsquo;a vu avec la guerre du Golfe, celle du Kosovo, et encore plus, r\u00e9cemment, en Afghanistan, le probl\u00e8me de la d\u00e9fense a\u00e9rienne, et par cons\u00e9quent l&rsquo;hypoth\u00e8que de la bataille pour la sup\u00e9riorit\u00e9 a\u00e9rienne n&rsquo;existe plus. D\u00e9sormais, il y a ceux qui peuvent tout dans ce domaine et les autres, qui ne sont pas int\u00e9ress\u00e9s d&rsquo;y figurer. Ceux qui peuvent tout sont en nombre tr\u00e8s limit\u00e9 et ils font partie du m\u00eame monde, aux int\u00e9r\u00eats entrecrois\u00e9s et dont les querelles entre eux se vident, dans tous les cas jusqu&rsquo;\u00e0 nouvel ordre, sans faire usage des armes.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>La situation nouvelle que nous identifions implique dans sa logique l&rsquo;hypoth\u00e8se que le B-2 est mis de c\u00f4t\u00e9, avant d&rsquo;\u00eatre envoy\u00e9 au mus\u00e9e, au bout d&rsquo;une aventure qui a c\u00f4t\u00e9 un peu plus de $45 milliards pour 21 exemplaires produits, pour une mise en service qui a commenc\u00e9 en 1997 pour les premiers B-2. Dans un contexte o&ugrave; la v\u00e9ritable menace (la d\u00e9fense a\u00e9rienne), au niveau technologique et du d\u00e9ploiement effectif, est \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re de celle de l&rsquo;URSS et n&rsquo;\u00e9volue que tr\u00e8s lentement, on est conduit \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter notre conviction que le Pentagone ne vit plus, et de tr\u00e8s loin, dans la r\u00e9alit\u00e9 ; que ses \u00e9valuations ne se r\u00e9f\u00e8rent plus \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 mais \u00e0 ses conceptions technologiques et bureaucratiques figurant sur les disques durs de ses ordinateurs centraux et dans les comptes vertigineux de budgets qui, eux aussi, ont perdu tout contact avec la r\u00e9alit\u00e9 ; que la programmation, les d\u00e9cisions de strat\u00e9gie, la strat\u00e9gie des affaires militaro-politiques, n&rsquo;ont strictement plus aucun rapport, m\u00eame tr\u00e8s lointain, avec cette m\u00eame r\u00e9alit\u00e9. L&rsquo;Am\u00e9rique, Washington, le Pentagone, ne sont plus unilat\u00e9ralistes ou isolationnistes ; ils sont, litt\u00e9ralement, extra-terrestres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour le cas qui nous occupe, nous conclurons par deux points, qui concernent bien s&ucirc;r l&rsquo;\u00e9valuation ferm\u00e9e du monde ferm\u00e9 qu&rsquo;est le Pentagone :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; D\u00e9sormais, la technologie furtive n&rsquo;est plus le (seul) Saint Graal du monde de la programmation du Pentagone. Apr\u00e8s une aventure qui, en un quart de si\u00e8cle, a du co&ucirc;ter au tr\u00e9sor US entre $100 et $200 milliards (difficile d&rsquo;\u00e9valuer ce que la technologie furtive a co&ucirc;t\u00e9 en tout), apr\u00e8s un d\u00e9veloppement g\u00e9n\u00e9ral des forces (USAF) fond\u00e9 sur l&rsquo;id\u00e9e que la technologie furtive \u00e9tait, \u00e0 elle seule, l&rsquo;alpha et l&rsquo;omega de la bataille a\u00e9rienne, voil\u00e0 que cette technologie est ramen\u00e9e dans l&rsquo;espace relatif des vivants et des imperfections humaines.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le F-22 est aujourd&rsquo;hui la r\u00e9f\u00e9rence passionn\u00e9e de l&rsquo;USAF, car c&rsquo;est \u00e0 partir de lui qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e la nouvelle \u00e9quation de la sup\u00e9riorit\u00e9 absolue : technologie furtive + vitesse <em>supercruise<\/em> + armement de combat individuel (notamment d\u00e9fensif). C&rsquo;est \u00e0 partir de cette \u00e9quation que seront d\u00e9sormais envisag\u00e9s tous les projets, y compris une version de combat strat\u00e9gique du F-22 (le F-22 transform\u00e9 en mini-bombardier) et un futur bombardier. En quelque sorte, le B-2 sera sacrifi\u00e9 \u00e0 la promotion publicitaire du B-2, et cause de sa mise au rancart acc\u00e9l\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La grande victime dans cette affaire, c&rsquo;est la technologie furtive, la <em>stealth technology<\/em>, dans son statut quasi-surnaturel qui fut le sien depuis 1975-76. Ci-dessous, nous publions le texte <em>Contexte<\/em> de nos \u00e9ditions du 10 f\u00e9vrier 2001 (Volume 17, n&deg;10) de notre Lettre d&rsquo;Analyse <em>de defensa<\/em>, qui traite de cette question de la critique de la <em>stealth technology<\/em> dans une perspective historique.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La <em>Stealth<\/em> au peigne fin<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>R\u00e9cemment publi\u00e9, un livre conte en d\u00e9tails le destin du programme General Dynamics\/McDonnell Douglas A-12 (ex-ATA), abandonn\u00e9 en 1991 et ensuite objet d&rsquo;un grave diff\u00e9rend juridique entre les constructeurs et la Navy. Le livre est <em>The $5 Billion Misunderstanding<\/em>, de James P. Stevenson (Naval Institute Press) remarquable document d&rsquo;enqu\u00eate, \u00e0 la mani\u00e8re am\u00e9ricaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s quelques pr\u00e9cisions g\u00e9n\u00e9rales sur le programme ATA\/A-12, nous allons nous attacher \u00e0 examiner le r\u00f4le de la technologie furtive (<em>stealth technology<\/em>) dans ce programme, d&rsquo;un point de vue critique voire pol\u00e9mique, \u00e0 partir des informations tr\u00e8s int\u00e9ressantes que nous livre Stevenson, en pr\u00e9cisant ces informations elles-m\u00eames qui nous invitent \u00e0 \u00eatre pol\u00e9miques. (Nous parlons ici exclusivement de la technologie furtive int\u00e9gr\u00e9e sur les a\u00e9ronefs, des avions d&rsquo;armes comme le F-117A, le B-2, le F-22, le JSF\/F-35. La question de la technologie furtive int\u00e9gr\u00e9e dans les unit\u00e9s navales, les sous-marins, etc, est compl\u00e8tement diff\u00e9rente. Aucune pol\u00e9mique ne s&rsquo;attache \u00e0 cet aspect de la technologie furtive, tant la dimension navale, \u00e0 cause du cadre de son \u00e9volution et des basses vitesses de cette \u00e9volution, int\u00e8gre comme un avantage majeur toute technique qui permet une plus grande dissimulation, et tant la technologie furtive pour la dimension navale constitue un facteur bien plus ais\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer et \u00e0 contr\u00f4ler \u00e0 tous les points de vue. Pour les a\u00e9ronefs, qui ont la caract\u00e9ristique de l&rsquo;extr\u00eame vitesse et du d\u00e9placement dans un univers \u00e0 trois dimensions, les techniques de dissimulation, notamment par les p\u00e9nalit\u00e9s a\u00e9rodynamiques impliqu\u00e9es, ont toujours constitu\u00e9 un apport beaucoup plus probl\u00e9matique.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pourquoi notre int\u00e9r\u00eat pour la technologie furtive ? Parce que celle-ci est, avec la technologie de guidage de pr\u00e9cision et les technologies des communications, l&rsquo;un des trois piliers de la puissance militaire moderne telle que la d\u00e9finit l&rsquo;Am\u00e9rique, telle qu&rsquo;elle est d\u00e9sign\u00e9e comme arch\u00e9typique de toute conception de la puissance, telle qu&rsquo;elle nous est impos\u00e9e en un sens, telle qu&rsquo;elle influence \u00e0 la fois nos politiques, notre vision du monde, nos conceptions. Il est du plus haut int\u00e9r\u00eat de peser ce que disent certains acteurs de l&rsquo;envol et de l&rsquo;int\u00e9gration de cette technologie (les ann\u00e9es 1980, o&ugrave; se situe l&rsquo;affaire ATA\/A-12, virent en effet l&rsquo;expansion et l&rsquo;int\u00e9gration de la technologie furtive). On mesurera d&rsquo;autant mieux l&rsquo;historique de la <em>stealth technology<\/em>. Une telle recherche est d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaire pour fixer la valeur r\u00e9elle de la technologie furtive qu&rsquo;il n&rsquo;existe aujourd&rsquo;hui aucune d\u00e9monstration probante, ni encore moins convaincante, que la technologie furtive soit la panac\u00e9e \u00e0 la fois op\u00e9rationnelle et strat\u00e9gique que dit le Pentagone. C&rsquo;est, dans tous les cas, ce que disent l&rsquo;USAF et l&rsquo;OSD (Office of Secretary of Defense) au sein de ce m\u00eame Pentagone.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Maintenant, quelques faits rapides sur le programme ATA\/A-12 pour mettre \u00ab\u00a0en situation\u00a0\u00bb l&rsquo;approche de la question de la technologie furtive telle qu&rsquo;elle appara&icirc;t dans ce livre. Au tout d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, alors que l&rsquo;administration Reagan se mettait en place, le nouveau secr\u00e9taire \u00e0 la Navy, John Lehman, une forte personnalit\u00e9, commen\u00e7a \u00e0 \u00e9tudier le probl\u00e8me de la mission \u00e0 grande p\u00e9n\u00e9tration de la Navy. Les A-6E <em>Intruder<\/em>, charg\u00e9s de cette mission, commen\u00e7aient \u00e0 vieillir, et l&rsquo;\u00e9tude de leur remplacement s&rsquo;imposait. Lehman devint rapidement partisan d&rsquo;une version avanc\u00e9e de l&rsquo;<em>Intruder<\/em>, le A-6F, aux normes duquel certains A-6E pouvaient \u00eatre transform\u00e9s, et d&rsquo;autres A-6F pouvant \u00eatre livr\u00e9s sous forme de mod\u00e8les neufs. Il lui apparut rapidement qu&rsquo;il faudrait composer avec ce qui \u00e9tait la \u00ab\u00a0mafia de la <em>stealth<\/em>\u00a0\u00bb au Pentagone. D\u00e8s le d\u00e9but du d\u00e9veloppement des technologies de la furtivit\u00e9, en 1974-75, s&rsquo;\u00e9tait impos\u00e9e dans certaines parties du Pentagone et \u00e0 l&rsquo;OSD tout-puissant, l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;aucun nouvel avion d&rsquo;arme ne pouvait \u00eatre con\u00e7u sans la technologie furtive. Lehman fut oblig\u00e9 de biaiser : il lancerait un nouveau programme (Advanced Tactical Aircraft, ou ATA) int\u00e9grant la technologie furtive, mais suffisamment loin dans le temps pour justifier le d\u00e9veloppement int\u00e9rimaire du A-6F.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L&rsquo;exclusivit\u00e9 USAF de la <em>stealth technology<\/em> <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;un des premiers aspects de cette appr\u00e9ciation de la technologie furtive dans le livre, et un aspect extr\u00eamement spectaculaire (et que nous avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 dans notre <em>Journal<\/em>, Vol17 n&lt;198&gt;08 de <em>dd&#038;e<\/em>), c&rsquo;est l&rsquo;attitude de l&rsquo;USAF vis-\u00e0-vis de cette technologie. L&rsquo;USAF avait \u00e9t\u00e9 le service principalement int\u00e9ress\u00e9 par la technologie furtive, en 1975, alors que l&rsquo;agence de recherche et de d\u00e9veloppement du Pentagone (la DARPA) s&rsquo;y int\u00e9ressait depuis 1973 sous l&rsquo;impulsion de quelques hommes. Chose normale puisqu&rsquo;il s&rsquo;agissait de la technologie furtive pour v\u00e9hicules a\u00e9riens, l&rsquo;USAF avait d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 contact\u00e9e. Elle avait \u00e9t\u00e9 d&rsquo;abord r\u00e9ticente parce qu&rsquo;elle craignait que la technologie furtive perm&icirc;t de d\u00e9velopper des avions de combat tr\u00e8s l\u00e9ger et la bureaucratie de l&rsquo;USAF ne craint rien tant que l&rsquo;abandon de la formule d&rsquo;avions lourds, charg\u00e9s de plus en plus de syst\u00e8mes (et, bien s&ucirc;r, avions de plus en plus complexes, co&ucirc;teux, etc), qu&rsquo;elle d\u00e9veloppe depuis plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle. Quoiqu&rsquo;il en soit, \u00e0 partir de 1975, l&rsquo;USAF fut le service \u00ab\u00a0parrain\u00a0\u00bb de la technologie furtive, qu&rsquo;elle commen\u00e7a aussit\u00f4t \u00e0 int\u00e9grer dans des programmes op\u00e9rationnels (F-117A et ATB, bombardier strat\u00e9gique et futur B-2).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lorsque l&rsquo;U.S. Navy lan\u00e7a le programme ATA, en 1984, elle se tourna vers l&rsquo;USAF pour obtenir de l&rsquo;aide dans le d\u00e9veloppement du programme puisque celui-ci allait int\u00e9grer un certain nombre de technologies participant \u00e0 la furtivit\u00e9. La position de l&rsquo;USAF fut totalement n\u00e9gative et elle n&rsquo;en changea plus. Son attitude est expliqu\u00e9e par une volont\u00e9 bureaucratique d&rsquo;accentuer sa pr\u00e9\u00e9minence op\u00e9rationnelle sur l&rsquo;U.S. Navy.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>Stevenson : &laquo; <em>Une des raisons pour lesquelles l&rsquo;U.S. Navy d\u00e9pensa tant d&rsquo;argent et subit des d\u00e9lais importants qui repouss\u00e8rent le premier vol du A-12 fut le refus cat\u00e9gorique de l&rsquo;Air Force de partager les enseignements tir\u00e9es du d\u00e9veloppement du F-117A et du B-2. L&rsquo;obstination de l&rsquo;USAF \u00e0 refuser le transfert de technologies \u00e9tait explicable par sa volont\u00e9 de prouver son affirmation, datant de la fin de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, que les porte-avions \u00e9taient inutiles dans la mesure o&ugrave; ses bombardiers pouvaient accomplir les m\u00eames missions. Du fait que l&rsquo;Air Force, comme toutes les autres armes, estime que sa vocation est d&rsquo;abord de r\u00e9aliser une compl\u00e8te domination au Pentagone en faisant augmenter sa part budg\u00e9taire, elle r\u00e9ussit \u00e0 enlever la mission d&rsquo;attaque \u00e0 grande p\u00e9n\u00e9tration des missions de la Navy et on n&rsquo;est pas pr\u00eat de voir la Navy la r\u00e9cup\u00e9rer.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Cet \u00e9pisode donne une id\u00e9e de l&rsquo;intensit\u00e9 des batailles bureaucratiques et de la force du corporatisme r\u00e9gnant parmi ces forces bureaucratiques qui n&rsquo;agissent pas autrement que comme des groupes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat priv\u00e9s, sans se soumettre \u00e0 un \u00e9ventuel but commun de s\u00e9curit\u00e9 nationale. Il s&rsquo;agit de la situation r\u00e9gnant \u00e0 Washington, dans les services f\u00e9d\u00e9raux, et qui interdit \u00e9videmment toute coop\u00e9ration inter-services ou inter-agences s\u00e9rieuse, sans parler de l&rsquo;hypoth\u00e9tique et utopique coop\u00e9ration internationale. (On peut extrapoler \u00e0 partir de l&rsquo;exemple ce qu&rsquo;on doit attendre d&rsquo;une coop\u00e9ration dans le grand programme actuel programme JSF, o&ugrave; certains pays non-US esp\u00e8rent des transferts de technologies am\u00e9ricaines.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La technologie furtive sert-elle vraiment \u00e0 quelque chose ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La position de la Navy \u00e9tait d&rsquo;autant plus difficile qu&rsquo;\u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, la technologie furtive \u00e9tait devenue un article de foi \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Pentagone. Le t\u00e9moignage de John Lehman, recueilli par Stevenson en 1997-98, permet d&rsquo;avoir une appr\u00e9ciation int\u00e9ressante sur la technologie furtive. Lehman est un ancien pilote de A-6 et une personnalit\u00e9 originale, au franc-parler c\u00e9l\u00e8bre dans l&rsquo;\u00e9quipe Reagan. Pour expliquer le cas du A-12, projet enti\u00e8rement construit autour de la technologie furtive, Lehman rapporte que s&rsquo;il avait pr\u00e9sent\u00e9 un projet normal \u00e0 l&rsquo;OSD, il aurait &laquo; <em>\u00e9t\u00e9 accueilli par un \u00e9clat de rire<\/em> &raquo;. Pour Lehman, &laquo; <em>l&rsquo;affirmation selon laquelle vous deviez avoir la technologie furtive pour battre les Russes a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e de toutes pi\u00e8ces par OSD<\/em> &raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lehman montre le plus grand scepticisme \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des vertus op\u00e9rationnelles de la technologie furtive. Ses arguments n&rsquo;ont pas pris une ride, surtout dans un univers caract\u00e9ris\u00e9 par la d\u00e9gradation syst\u00e9matique des capacit\u00e9s de d\u00e9fense a\u00e9rienne de nombre de pays, et, dans tous les cas, des pays potentiellement hostiles aux USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Parlant du raid d&rsquo;avril 1986 contre la Libye et de la guerre du Golfe, Lehman constate :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>La Libye et l&rsquo;Irak avaient les meilleures d\u00e9fenses a\u00e9riennes que les Fran\u00e7ais et les Sovi\u00e9tiques pouvaient fournir. La ville de Tripoli \u00e9tait mieux d\u00e9fendue que n&rsquo;importe quel objectif en URSS, et nous y avons \u00e9t\u00e9 sans avoir un seul de nos avions abattu. Nous aurions fait la m\u00eame chose en Russie. Alors, o&ugrave; est la preuve que nous avons besoin de la technologie furtive ?<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Les r\u00e9alit\u00e9s n&rsquo;ont jamais d\u00e9menti le scepticisme de Lehman. Les pilotes de F-117A demand\u00e8rent, durant leurs missions de la guerre du Golfe, la protection \u00e9lectronique des avions-brouilleurs EF-111A et EA-6B.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>En fait, <\/em>explique Stevenson, <em>c&rsquo;est plus qu&rsquo;un d\u00e9sir, les consignes de vol inscrites dans le manuel de vol du F-117A exigent le vol seulement de nuit et avec des brouilleurs.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Durant cette m\u00eame op\u00e9ration Desert Storm, les \u00ab\u00a0performances\u00a0\u00bb du F-117A furent ainsi d\u00e9crites par un analyste (M. Sprey) du Pentagone t\u00e9moignant devant le Congr\u00e8s en 1991 :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>A haute altitude, les canons ne peuvent pas vous atteindre et les missiles guid\u00e9s par radar sont tr\u00e8s faciles \u00e0 \u00e9viter, avec ou sans furtivit\u00e9. En g\u00e9n\u00e9ral, dans les guerres pr\u00e9c\u00e9dentes, il fallait entre 100 \u00e0 500 tirs de missiles pour toucher un avion. Il n&rsquo;y a pas de grave menace quand vous les voyez arriver et si vous volez haut. Aussi, les F-117 ont r\u00e9ussi la m\u00eame chose que les F-15 et les F-16 : quand vous volez haut, vous n&rsquo;\u00eates pas touch\u00e9. Il n&rsquo;y a pas de miracle.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Les affirmations des partisans de la technologie furtive sont d\u00e9crites par Stevenson comme caract\u00e9ristiques de &laquo; <em>l&rsquo;arrogance intellectuelle du type \u00ab\u00a0nous savons et vous pas\u00a0\u00bb<\/em> &raquo;. Chuck Bernard, le directeur du Naval Weapons Center compare cette attitude \u00e0 celle des partisans de la SDI, \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Pendant des ann\u00e9es, j&rsquo;ai eu des conversations avec des coll\u00e8gues \u00e0 partir de principes de physique sur lesquels nous \u00e9tions d&rsquo;accord. Du jour o&ugrave; ils entr\u00e8rent dans le cercle de Star War, leur position changea, pas les lois de la physique mais eux. <\/em>[&#8230;] <em>Pour la technologie furtive, c&rsquo;est \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame chose.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Le grand promoteur de la technologie furtive, c&rsquo;est William Perry. Il la lan\u00e7a \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 et r\u00e9ussit \u00e0 l&rsquo;imposer aux bureaucraties du Pentagone et la renfor\u00e7a gr\u00e2ce aux canaux de relations publiques correspondant (l&rsquo;imagerie populaire de l'\u00a0\u00bbavion invisible\u00a0\u00bb). Homme charmant et appr\u00e9ci\u00e9 de tous, Bill Perry \u00e9tait \u00e9galement un remarquable manipulateur de bureaucrates. Revenu aux affaires en 1993, comme sous-secr\u00e9taire puis secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense, il acheva de verrouiller la technologie furtive gr\u00e2ce \u00e0 la bureaucratie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lehman quitta le Pentagone en 1987. Il en garde une certaine amertume, celle de la d\u00e9ception devant l&rsquo;erreur et l&rsquo;inaccomplissement.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>Ce qui m&rsquo;a toujours pr\u00e9occup\u00e9, c&rsquo;est cette impression que les futures augmentations de co&ucirc;t des programmes avaient un aspect si d\u00e9terministe. Le probl\u00e8me, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;approche impersonnelle qu&rsquo;impose la bureaucratie. Je croyais qu&rsquo;en lib\u00e9rant les gens, ils se mettraient \u00e0 travailler juste et de fa\u00e7on cr\u00e9ative et je me suis employ\u00e9 \u00e0 les prot\u00e9ger du syst\u00e8me pour que le bon sens puisse pr\u00e9valoir. Dans la mesure o&ugrave; je croyais que je changerai leur culture, j&rsquo;\u00e9tais simplement na\u00eff et dans l&rsquo;erreur.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Lehman avait voulu faire sa <em>glasnost<\/em>, comme Gorbatchev. &Eacute;chec, l\u00e0 aussi &#8230; Il est parti et la technologie furtive est plus que jamais l\u00e0, envelopp\u00e9 de son <em>aura<\/em> un peu magique, et jamais d\u00e9montr\u00e9 dans la r\u00e9alit\u00e9 du monde.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le B-2 ? Poubelle &#8230; On n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 sans remarquer l&rsquo;extr\u00eame discr\u00e9tion, dans tous les sens du mot, du bombardier B-2 durant la campagne contre l&rsquo;Afghanistan. Quelques missions au d\u00e9but de la campagne, annonc\u00e9es sobrement, puis plus rien. Cela contraste avec l&rsquo;extr\u00eame publicit\u00e9 qui avait accompagn\u00e9 la moindre des missions du B-2 durant l&rsquo;attaque&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[3233,249,3235,3194,3234],"class_list":["post-64979","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-b-2","tag-f-22","tag-lehman","tag-pentagone","tag-roche"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64979","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=64979"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64979\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64979"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=64979"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=64979"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}