{"id":64980,"date":"2002-03-03T00:00:00","date_gmt":"2002-03-03T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/03\/03\/letat-reel-de-lhyperpuissance-americaine-des-indications-interessantes\/"},"modified":"2002-03-03T00:00:00","modified_gmt":"2002-03-03T00:00:00","slug":"letat-reel-de-lhyperpuissance-americaine-des-indications-interessantes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/03\/03\/letat-reel-de-lhyperpuissance-americaine-des-indications-interessantes\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9tat r\u00e9el de l&rsquo;hyperpuissance am\u00e9ricaine, \u2013 des indications int\u00e9ressantes"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;\u00e9tat r\u00e9el de l&rsquo;hyperpuissance am\u00e9ricaine,  des indications int\u00e9ressantes<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est depuis la mi-novembre 2001 et la victoire-\u00e9clair (plus rapide que pr\u00e9vu) en Afghanistan que les Am\u00e9ricains annoncent une attaque d\u00e9vastatrice en Irak. Depuis cette date, la sp\u00e9culation va bon train quant au moment choisi pour cette attaque. Mais il s&rsquo;av\u00e8re de plus en plus qu&rsquo;il faudrait parler de \u00ab\u00a0moment possible\u00a0\u00bb plus que de moment choisi. L&rsquo;appr\u00e9ciation ne cesse de se renforcer selon laquelle il appara\u00eet que les Am\u00e9ricains n&rsquo;ont pas, aujourd&rsquo;hui, la capacit\u00e9 de lancer une attaque en Irak. On d\u00e9couvre m\u00eame la possibilit\u00e9, dans certaines \u00e9valuations,  <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/49179.html\" class=\"gen\">qu&rsquo;un d\u00e9lai de plusieurs mois serait n\u00e9cessaire<\/a> pour lancer une telle attaque, pouvant reporter l&rsquo;attaque \u00e0 2003. Cet article dans le Washington <em>Post<\/em> du 25 f\u00e9vrier indique notamment ceci :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>According to testimony and interviews with senior administration and Pentagon officials, foreign diplomats and non-government analysts, depleted arms stocks, demands on ships and aircraft in the Afghan campaign, severe strains on active-duty and reserve forces over the last five months, and the need to obtain regional basing and command-center agreements have imposed an unavoidably lengthy delay. Pentagon planners say it will take six months to produce enough joint direct attack munitions, the precision systems that guided 1,000-pound (450-kilogram) bombs to Taliban and Al Qaeda targets, to contemplate an attack on Saddam&rsquo;s Iraq.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDiverses indications, encore parcellaires, avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es \u00e0 diverses occasions, pour alimenter cette th\u00e8se. Le 30 d\u00e9cembre 2001, Sean Rayment, du <em>Telegraf<\/em>, indiquait que les forces am\u00e9ricaines \u00e9taient \u00e0 cours de cruise missiles. D\u00e8s cette \u00e9poque, Rayment affirmait que les plans d&rsquo;attaque de l&rsquo;Irak se trouvaient de ce fait largement compromis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>A shortage of cruise missiles has thrown plans for a full-scale strike onto Iaq into disarray. America&rsquo;s supply of the air launched version, one of the US air force&rsquo;s most sophisticated and deadly weapons, has become so depleted that military chiefs are pressing Boeing, the manufacturer, to speed up their production. Even so, the first of the new batch of missiles ordered last year is not expected for months, and it may take longer rib rebuild stocks to a level that would make such an attack viable.<\/em> \u00bb   <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe 16 f\u00e9vrier, <a href=\"\/%3CLIEN=http:\/\/www.nandotimes.com\/opinions\/story\/255638p-2396712c.html\" class=\"gen\">Arnaud de Borchgrave, d&rsquo;UPI,<\/a> expliquait l&rsquo;\u00e9tat de p\u00e9nurie o\u00f9 se trouvent les forces am\u00e9ricaines :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The only reason for not going after the Iraqi leader as an addendum to Afghanistan, another media insider explained, is that the Pentagon had to replenish its almost exhausted arsenal of smart bombs and other precision-guided munitions.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes indications sont concordantes. Elles recoupent, par ailleurs, ce qu&rsquo;on a su de la situation de l&rsquo;U.S. Navy pendant le conflit, lorsque les marins ont du qu\u00e9mander des bombes \u00e0 guidage de pr\u00e9cision \u00e0 l&rsquo;USAF. On sait, comme on a pu le lire dans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=139\" class=\"gen\">une analyse o\u00f9 nous d\u00e9taillions notamment cet incident,<\/a> que l&rsquo;USAF a beaucoup h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 ce propos, pour des raisons bureaucratiques \u00e9videntes. Surtout, on pouvait mesurer la rapidit\u00e9 avec laquelle les forces am\u00e9ricaines se trouvaient \u00e0 cours de munitions sophistiqu\u00e9es dans le coeur d&rsquo;une offensive a\u00e9rienne o\u00f9 l&rsquo;essentiel de la pression n\u00e9cessaire reposait sur ces munitions sophistiqu\u00e9es, selon la tactique choisie par les forces am\u00e9ricaines elles-m\u00eames. D&rsquo;autres exemples ou situations qui tendent largement \u00e0 mettre en question cette image d&rsquo;une super-puissance militaire d&rsquo;une autre substance que le commun des forces militaires ont pu appara\u00eetre ici et l\u00e0, et on en a signal\u00e9 certaines dans une autre analyse que nous avons publi\u00e9e, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=164\" class=\"gen\">sur un sujet assez approchant.<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertains commentateurs am\u00e9ricains ont une vision extr\u00eamement nuanc\u00e9e des capacit\u00e9s militaires am\u00e9ricaines en g\u00e9n\u00e9ral, comme Patrick J. Buchanan qui, <a href=\"http:\/\/www.worldnetdaily.com\/news\/article.asp?ARTICLE_ID=26518\" class=\"gen\">dans un texte sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;un second Desert Storm contre l&rsquo;Irak,<\/a> rappelle une r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;on trouve rarement mentionn\u00e9e chez nos commentateurs habituels, \u00e0 savoir que \u00ab <em>the U.S. armed forces are only half of what they were in 1990-91<\/em> \u00bb. Cette \u00e9valuation semble se retrouver dans ce qu&rsquo;on sait des projets \u00e9ventuels d&rsquo;attaque de l&rsquo;Iran, o\u00f9 le chiffre de 200.000 hommes (soldats am\u00e9ricains) est souvent cit\u00e9. En g\u00e9n\u00e9ral, ce chiffre est per\u00e7u comme une option interm\u00e9diaire, celle d&rsquo;une offensive combin\u00e9e forces am\u00e9ricaines\/forces de l&rsquo;opposition irakiennes, et la remarque compl\u00e9mentaire allant de soi que s&rsquo;ils le voulaient les Am\u00e9ricains pourraient monter tr\u00e8s au-del\u00e0 de 200.000. Si l&rsquo;on retient l&rsquo;affirmation de Buchanan, on devrait conclure au contraire que ces 200.000 hommes constituent la force maximale que les \u00c9tats-Unis peuvent d\u00e9ployer pour une attaque contre l&rsquo;Irak dans l&rsquo;\u00e9tat actuel des choses.<\/p>\n<h3>Hypoth\u00e8se de la puissance militaire am\u00e9ricaine connaissant des limites d\u00e9cisives<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tConfort\u00e9 par cet accumulation d&rsquo;indications allant toutes dans le m\u00eame sens, notre int\u00e9r\u00eat est de poser la question de savoir ce que va pouvoir faire la puissance militaire US, jusqu&rsquo;o\u00f9 elle va aller, quelles sont ses possibilit\u00e9s extr\u00eames et ainsi de suite ; et, d&rsquo;un autre point de vue, \u00e0 partir de quel niveau de projet op\u00e9rationnel, de quelles op\u00e9rations, cette m\u00eame puissance va percevoir ses limites, si elles les percevra suffisamment \u00e0 temps et dans les bonnes limites, si m\u00eame elle est capable de les percevoir ; et, d&rsquo;un troisi\u00e8me point de vue, si cette m\u00eame puissance ne va pas \u00eatre au contraire trop consciente qu&rsquo;elle a des limites, et si cette perception tr\u00e8s exag\u00e9r\u00e9e ne va pas encore plus la paralyser en l&rsquo;amenant \u00e0 ne s&rsquo;engager qu&rsquo;une fois toutes les pr\u00e9cautions prises, toutes les situations pr\u00e9vues et ainsi de suite. On se rend compte qu&rsquo;aborder le probl\u00e8me de cette fa\u00e7on modifie compl\u00e8tement la perspective conventionnelle et conformiste, paradoxalement appuy\u00e9e sur une perception radicale de la puissance US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Notre perception conformiste de la puissance US pourrait se r\u00e9sumer selon une question effray\u00e9e que se posent nombre de dirigeants non-US, qu&rsquo;on pourrait exprimer \u00e0 peu pr\u00e8s comme ceci : qu&rsquo;est-ce que les Am\u00e9ricains accepteront de ne pas faire, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;ils auront l&rsquo;extraordinaire magnanimit\u00e9 de ne pas faire puisqu&rsquo;ils peuvent tout faire ? Nous sommes dans une situation, extraordinaire pour l&rsquo;esprit, o\u00f9 le jugement le plus anodin, le plus conventionnel, le plus vulgaire et le plus commun, le plus \u00ab\u00a0plat\u00a0\u00bb en un sens, &mdash; ce jugement-l\u00e0 est que rien ne peut r\u00e9sister \u00e0 la puissance militaire am\u00e9ricaine, que celle-ci est \u00e0 peu pr\u00e8s surnaturelle, ou bien qu&rsquo;elle serait quelque chose comme magique. Notre pens\u00e9e en vient passivement \u00e0 ces concepts, non exprim\u00e9s de fa\u00e7on intelligible car notre rationalit\u00e9 veille, mais accept\u00e9s implicitement.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa r\u00e9alit\u00e9 est bien que, depuis la fin octobre 2001, les Am\u00e9ricains r\u00e9p\u00e8tent partout : n&rsquo;essayez m\u00eame pas de nous retenir car nous avons d\u00e9cid\u00e9 de faire un malheur, et que, pourtant, leurs engagements sont parcimonieux, tr\u00e8s mesur\u00e9s, tr\u00e8s retenus. La situation permet alors le d\u00e9veloppement sans cesse grandissant de d\u00e9m\u00eal\u00e9s, presque vaudevillesques, entre <em>neo-cons<\/em>, exalt\u00e9s sans frein (Wolfowitz et Perle), mod\u00e9r\u00e9s h\u00e9ro\u00efques type-Powell tentant soi-disant de freiner le rouleau-compresseur, patrons efficaces et sans \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me type-Rumsfeld qui tentent de g\u00e8rer la machine militaire, et enfin mystiques lunatiques ou bureaucratiques (GW Bush et John Ashcroft), tout cela renforc\u00e9 des bagarres bureaucratiques et anonymes entre la CIA, le FBI, le DoD, l&rsquo;USAF et la Navy \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du DoD, le Congr\u00e8s paralys\u00e9 par-dessus tout cela. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa r\u00e9alit\u00e9 semble \u00eatre que toute cette agitation peut se d\u00e9velopper \u00e0 suffisance parce que, pour l&rsquo;instant, les planificateurs du Pentagone estiment qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas les moyens suffisants pour relancer de fa\u00e7on significative la guerre commenc\u00e9e avec l&rsquo;Afghanistan. La question au-del\u00e0 de cette r\u00e9alit\u00e9 est de savoir dans quelle mesure cette agitation, de son c\u00f4t\u00e9, ne contribue pas \u00e0 alimenter la prudence des militaires, qui deviendrait ainsi plut\u00f4t de l&rsquo;h\u00e9sitation, \u00e0 cause de leur perception de disposer de moyens trop limit\u00e9s et de leur crainte d&rsquo;\u00eatre emport\u00e9s dans une aventure trop risqu\u00e9e que leur imposeraient les civils les plus extr\u00e9mistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans tous les cas, il semble bien qu&rsquo;il faille tenir compte de ce facteur inattendu, par rapport aux commentaires faits jusqu&rsquo;ici : les limites tr\u00e8s importantes des capacit\u00e9s militaires am\u00e9ricaines. Les augmentations budg\u00e9taires pour le DoD ne changeront les choses avant longtemps : d&rsquo;abord parce qu&rsquo;elles sont insuffisantes ; ensuite parce qu&rsquo;elles ne feraient sentir leurs effets, si effets il y a, que dans un laps de temps relativement long (au minimum deux \u00e0 trois ann\u00e9es) ; enfin, parce qu&rsquo;elles peuvent tout aussi bien alimenter le gaspillage, l&rsquo;inefficacit\u00e9, et la prudence timor\u00e9e du Pentagone.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9tat r\u00e9el de l&rsquo;hyperpuissance am\u00e9ricaine, des indications int\u00e9ressantes C&rsquo;est depuis la mi-novembre 2001 et la victoire-\u00e9clair (plus rapide que pr\u00e9vu) en Afghanistan que les Am\u00e9ricains annoncent une attaque d\u00e9vastatrice en Irak. Depuis cette date, la sp\u00e9culation va bon train quant au moment choisi pour cette attaque. 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