{"id":64982,"date":"2001-07-08T00:00:00","date_gmt":"2001-07-08T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2001\/07\/08\/semaine-du-2-juillet-au-8-juillet-2001\/"},"modified":"2001-07-08T00:00:00","modified_gmt":"2001-07-08T00:00:00","slug":"semaine-du-2-juillet-au-8-juillet-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2001\/07\/08\/semaine-du-2-juillet-au-8-juillet-2001\/","title":{"rendered":"Semaine du 2 juillet au 8 juillet 2001"},"content":{"rendered":"<p><h3>Le Washington de GW Bush : inflexible pour les transferts de technologies<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tEn trois mois, les USA viennent d&rsquo;opposer trois refus pour des transferts de technologie majeurs dans des programmes militaires \u00e0la Turquie. Le dernier en date, annonc\u00e9 le 5 juillet, portant sur le transfert de technologies Boeing pour la r\u00e9alisation <a href=\"http:\/\/www.worldtribune.com\/wta\/Archive-2001\/ss_turkey_07_0 5.htm l\" class=\"gen\">d&rsquo;un programme AEW.<\/a>  Cette d\u00e9cision (apr\u00e8s les deux autres) est un signe convainquant de l&rsquo;attitude de l&rsquo;administration GW Bush pour ce qui concerne le transfert de technologie. Un tel refus, une telle succession de refus, pour un alli\u00e9 aussi proche que la Turquie, strat\u00e9giquement aussi important pour les USA, constituent vraiment des indications d&rsquo;une r\u00e9elle signification quant \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame duret\u00e9 de la nouvelle administration sur ces questions, et l&rsquo;intention des Am\u00e9ricains de ne tenir compte que de pr\u00e9occupations int\u00e9rieures. L&rsquo;administration GW Bush n&rsquo;a pas encore formul\u00e9 de politique coordonn\u00e9e sur la question, et il n&rsquo;est pas impossible qu&rsquo;elle ne le fasse pas, sinon, dans certains cas, d&rsquo;une fa\u00e7on partielle et pour des raisons de relations publiques, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans cons\u00e9quences. Une indication concr\u00e8te, qui vaut plus que l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 d&rsquo;une strat\u00e9gie politique, c&rsquo;est la nomination de Edward C. Aldridge comme n<198>3 du Pentagone, charg\u00e9 des questions d&rsquo;acquisition et de coop\u00e9ration. Aldridge est connu comme s&rsquo;int\u00e9ressant beaucoup plus aux questions de gestion des processus d&rsquo;acquisition qu&rsquo;aux questions de coop\u00e9ration, et il aura \u00e9norm\u00e9ment de travail dans la mesure o\u00f9 la grande r\u00e9forme de Rumsfeld porte notamment sur ces questions d&rsquo;acquisition. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, le Pentagone va effectivement \u00eatre compl\u00e8tement accapar\u00e9 par cette r\u00e9forme int\u00e9rieure. La question de la coop\u00e9ration devient largement secondaire. Dans une telle conjoncture, la bureaucratie resserre les rangs, applique d&rsquo;une main de fer ses r\u00e8glements dans le sens le plus restrictif, \u00e9carte toute initiative. Les Turcs viennent de s&rsquo;en apercevoir. Les Europ\u00e9ens ne tarderont pas \u00e0 s&rsquo;en apercevoir, \u00e0 leur tour.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[Voyez aussi, pour plus de pr\u00e9cisions sur cette question, la rubrique <em>de defensa<\/em>, dans notre publication <em>dd&#038;e<\/em>, Volume 16, n<198>20, du 10 juillet 2001.]<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>La justice internationale comme nouveau facteur de crise<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tApr\u00e8s l&rsquo;extradition de Milosevic de son propre pays, c&rsquo;est la Croatie qui a r\u00e9agi \u00e0 la sollicitation du TPI en extradant deux de ses nationaux, officiers g\u00e9n\u00e9raux accus\u00e9s de crimes de guerre durant l&rsquo;exode des Serbes de Croatie provoqu\u00e9 en 1995 par les forces croates. La d\u00e9cision du gouvernement croate a aussit\u00f4t \u00e9t\u00e9 suivie <a href=\"http:\/\/news.bbc.co.uk\/hi\/english\/world\/europe\/newsid_142800 0\/1428248.stm\" class=\"gen\">d&rsquo;une crise au sein du cabinet<\/a>, avec la d\u00e9mission de quatre ministres. Cette \u00e9volution du TPI \u00e9tait in\u00e9vitable, dans la mesure o\u00f9 le sentiment g\u00e9n\u00e9ral dispens\u00e9 par l&rsquo;appareil m\u00e9diatique, est qu&rsquo;il y avait une tendance anti-serbe tr\u00e8s nette dans ce qui avait \u00e9t\u00e9 fait jusqu&rsquo;ici. Bien entendu, il s&rsquo;agit ici d&rsquo;une analyse qui tient compte essentiellement de la perception d&rsquo;un courant difficilement mesurable, difficilement quantifiable ; simplement, on notera que les magistrats sont \u00e9galement des personnages publics, qu&rsquo;ils sont, comme les hommes politiques, tr\u00e8s attentifs \u00e0 leur image, et que cette image apr\u00e8s l&rsquo;extradition de Milosevic risquait d&rsquo;appara\u00eetre de plus en plus partiale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe dilemme a \u00e9t\u00e9 bien compris dans ce sens par la \u00a0\u00bbcommunaut\u00e9 internationale\u00a0\u00bb, et des pressions se sont exerc\u00e9es sur le gouvernement croate ; celui-ci, nouvellement investi apr\u00e8s l&rsquo;\u00e8re Tudjman et en r\u00e9action contre celle-ci, avec la b\u00e9n\u00e9diction d\u00e9mocratique de la \u00a0\u00bbcommunaut\u00e9 internationale\u00a0\u00bb, ne pouvait r\u00e9sister longtemps : ces \u00e9quipes, constitu\u00e9es pour r\u00e9pondre aux crit\u00e8res ext\u00e9rieurs (OTAN, UE, etc), n&rsquo;ont pas la l\u00e9gitimit\u00e9 pour r\u00e9sister aux pressions et d\u00e9pendent effectivement de leurs mentors ext\u00e9rieurs, auxquels ils peuvent refuser une demande si pressante. Les inculp\u00e9s croates ont donc \u00e9t\u00e9 extrad\u00e9s, mesure qui a imm\u00e9diatement entra\u00een\u00e9 une crise au sein du cabinet, de la part des ministres les plus nationalistes (les accus\u00e9s sont des \u00a0\u00bbh\u00e9ros\u00a0\u00bb des nationalistes croates). Les perspectives deviennent plus d\u00e9licates en Croatie, avec un gouvernement rendu ainsi plus fragile, et des lendemains difficiles (l&rsquo;actuel gouvernement pourra-t-il rester en place?). Apr\u00e8s la Serbie, c&rsquo;est le second pays de l&rsquo;ex-Yougoslavie touch\u00e9 par cette nouvelle sorte de d\u00e9stabilisation. En effet, la justice internationale, institu\u00e9e dans le cas de l&rsquo;ex-Yougoslavie en 1993 sous des pressions m\u00e9diatiques exerc\u00e9es sur les dirigeants occidentaux extraordinairement sensibles \u00e0 cet environnement, acquiert aujourd&rsquo;hui de plus en plus d&rsquo;autonomie d&rsquo;action. Elle se sent soutenue par l&rsquo;essentiel de l&rsquo;appareil m\u00e9diatico-virtualiste contre lequel les dirigeants occidentaux sont totalement d\u00e9sarm\u00e9s. Le r\u00e9sultat se marque en situations politiques locales de plus en plus fragiles, de plus en plus pr\u00e9caires, c&rsquo;est-\u00e0-dire une pression d\u00e9stabilisatrice constante que personne n&rsquo;arrive plus \u00e0freiner efficacement, et qui devrait appara\u00eetre de plus en plus irr\u00e9sistible. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00e9volution pour le moins \u00e9trange, par rapport \u00e0 ce que pr\u00e9voyaient les experts en strat\u00e9gie au d\u00e9but du conflit. Ce ne sont ni les forces arm\u00e9es, ni les batailles, ni les massacres, qui conduisent \u00e0 la d\u00e9stabilisation, mais toutes les mesures, par ailleurs appr\u00e9ci\u00e9es comme logiques et raisonnables, sinon justes en th\u00e9orie, qui sont prises pour tenter d&rsquo;am\u00e9nager la paix et la stabilit\u00e9 en ex-Yougoslavie. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une morale quasiment orw\u00e9lienne, mais dans le sens ubuesque : les instruments de stabilisation g\u00e9n\u00e9rateurs syst\u00e9matiques de d\u00e9stabilisation. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Pendant ce temps, Milosevic devant ses juges &#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tLe sentiment du journaliste de Sarajevo, Zltko Dizdarevic, observant le 3 juillet Milosevic devant ses juges, au Tribunal de La Haye, \u00e9tait bien celui-ci : \u00ab <em>On peut se demander qui est le vainqueur ici.<\/em> \u00bb On commence aujourd&rsquo;hui \u00e0 mesurer toute la complexit\u00e9, la confusion, les contradictions du <a href=\" http:\/\/www.antiwar.com\/bock\/bockcol.html\" class=\"gen\">proc\u00e8s Milosevic.<\/a> Et tout cela aura le temps de se d\u00e9velopper, si l&rsquo;on se r\u00e9f\u00e8re aux perspectives de dur\u00e9e du proc\u00e8s : de 2 \u00e0 10 ans selon l&rsquo;optimisme ou le pessimisme de la source cit\u00e9e. La Haye va devenir un centre international d&rsquo;\u00e9tude, de planification et de sp\u00e9culation juridiques, avec des arm\u00e9es d&rsquo;avocats bataillant pour tenter d&rsquo;imposer des arguments, voire m\u00eame tenter d&rsquo;obtenir des r\u00e9visions ou d&rsquo;autres implications (beaucoup de rumeurs du c\u00f4t\u00e9 de Milosevic sur l&rsquo;hypoth\u00e8se de possibles inculpations de dirigeants occidentaux). N&rsquo;essayons pas de tracer ici une prospective nette, mais bien de mesurer l&rsquo;importance du climat et l&rsquo;effet aussi bien sur les psychologies, voire, dans certains cas, sur les politiques elles-m\u00eames. Comme on a vu une d\u00e9stabilisation s&rsquo;installer dans les pays qui extradent leurs nationaux accus\u00e9s par le TPI, on voit \u00e0 La Haye s&rsquo;installer une autre sorte de d\u00e9stabilisation, juridique, avec des affrontements transnationaux qui impliquent aussi bien les gouvernements, des organisations non gouvernementales, des groupes de pression et les magistrats eux-m\u00eames. L\u00e0 encore, comme dans l&rsquo;interpr\u00e9tation pr\u00e9c\u00e9dente, il s&rsquo;agit d&rsquo;une sorte de d\u00e9stabilisation qui \u00e9tait totalement impr\u00e9visible lorsque le drame yougoslave a \u00e9clat\u00e9, une d\u00e9stabilisation <em>soft<\/em>, par le haut. Elle n&rsquo;en est pas moins \u00a0\u00bbefficace\u00a0\u00bb.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Washington de GW Bush : inflexible pour les transferts de technologies En trois mois, les USA viennent d&rsquo;opposer trois refus pour des transferts de technologie majeurs dans des programmes militaires \u00e0la Turquie. Le dernier en date, annonc\u00e9 le 5 juillet, portant sur le transfert de technologies Boeing pour la r\u00e9alisation d&rsquo;un programme AEW. Cette&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-64982","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64982","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=64982"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64982\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64982"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=64982"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=64982"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}