{"id":64987,"date":"2001-08-12T00:00:00","date_gmt":"2001-08-12T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2001\/08\/12\/semaine-du-6-aout-au-12-aout-2001\/"},"modified":"2001-08-12T00:00:00","modified_gmt":"2001-08-12T00:00:00","slug":"semaine-du-6-aout-au-12-aout-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2001\/08\/12\/semaine-du-6-aout-au-12-aout-2001\/","title":{"rendered":"Semaine du 6 ao\u00fbt au 12 ao\u00fbt  2001"},"content":{"rendered":"<p><h3>La r\u00e9forme du Pentagone ne d\u00e9sarme pas et ses perspectives se pr\u00e9cisent<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette semaine, le 8 ao\u00fbt, un pas suppl\u00e9mentaire a \u00e9t\u00e9 franchi sur la route d\u00e9licate que suit l&rsquo;administration GW Bush depuis janvier 2001, dans la voie de <LIEN=http:\/\/www.nytimes.com\/2001\/08\/09\/politics\/09MILI.html< N>?ex=998020800&#038;en=2ed8ab53413349ff&#038;ei=5040&#038;partner=MOREOVER> la r\u00e9forme du Pentagone et des forces arm\u00e9es<D>. Pour la premi\u00e8re fois, des d\u00e9clarations publiques officielles, dont celle de Paul Wolfowitz, adjoint direct du secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Donald Rumsfeld, ont \u00e9voqu\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment la r\u00e9forme et les mesures qui pourraient \u00eatre prises. Le g\u00e9n\u00e9ral Myers, qui accompagnait Wolfowitz dans sa conf\u00e9rence de presse, a r\u00e9sum\u00e9 l&rsquo;un des points principaux qui commence \u00e0 appara\u00eetre : \u00ab <em>there is consensus we have to change.<\/em> \u00bb (Cela, c&rsquo;est d\u00e9sormais un des th\u00e8mes favoris que l&rsquo;administration oppose \u00e0 ceux qui pr\u00e9disent que ses efforts sont sans espoir, et qui \u00e9voquent \u00e0 l&rsquo;appui de leur th\u00e8se les tensions consid\u00e9rables qui se manifestent, notamment au sein du Pentagone ; au contraire, dit l&rsquo;administration, ces tensions sont le signe, d&rsquo;abord que tout le monde d\u00e9fend pied \u00e0 pied des positions diff\u00e9rentes quant au contenu de la r\u00e9forme qu&rsquo;il faut faire, ensuite et, par cons\u00e9quent, que tout le monde est persuad\u00e9 qu&rsquo;il faut une r\u00e9forme.) Dans ses d\u00e9clarations, Paul Wolfowitz a \u00e9voqu\u00e9 implicitement la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9duire les effectifs des forces arm\u00e9es (\u00ab<D><em>Au bout du compte, il faudra en venir au probl\u00e8me du volume des forces<\/em> \u00bb). Ces interventions pourraient para\u00eetre surprenantes, \u00e0 la lumi\u00e8re de ce qu&rsquo;on a observ\u00e9 et entendu ces derni\u00e8res semaines. Les commentaires n&rsquo;ont pas manqu\u00e9 pour d\u00e9clarer la r\u00e9forme mort-n\u00e9e, tant sont grandes les difficult\u00e9s d&rsquo;imposer le changement \u00e0 la bureaucratie du Pentagone, et tant, selon nombre de ces observateurs qu&rsquo;on \u00e9voque ici, l&rsquo;administration GW Bush aurait manqu\u00e9 d&rsquo;habilet\u00e9 dans sa fa\u00e7on d&rsquo;aborder cette question avec les forces impliqu\u00e9es dans ce processus (le Congr\u00e8s, la bureaucratie, la hi\u00e9rarchie militaire, etc). Ces prises de position officielles du 8 ao\u00fbt (Wolfowitz et compagnie) constituent donc un nouveau tournant, ou\/et un mini-coup de th\u00e9\u00e2tre. Bref, la partie semble loin d&rsquo;\u00eatre jou\u00e9e, comme l&rsquo;estimaient les commentateurs pessimistes. Voil\u00e0 pour la chronique ; il y aussi le fond des choses, et l&rsquo;on doit faire plusieurs constats \u00e0 cet \u00e9gard : &bull; le premier est que les mesures envisag\u00e9es commencent \u00e0 se concr\u00e9tiser. En m\u00eame temps que Wolfowitz parlait, des pr\u00e9cisions \u00e9taient publi\u00e9es sans susciter de d\u00e9mentis (le Wall Street <em>Journal<\/em>, puis le New York <em>Times<\/em>), et dont tout porte \u00e0 croire qu&rsquo;elles refl\u00e8tent la r\u00e9alit\u00e9. Ces pr\u00e9cisions chiffrent ou pr\u00e9cisent les deux options qui seraient sur le point d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es par le secr\u00e9taire \u00e0la d\u00e9fense Rumsfeld au pr\u00e9sident. L&rsquo;une des deux options impliquerait une r\u00e9duction de 10% du volume des forces (un peu plus de deux divisions de l&rsquo;U.S. Army, deux porte-avions de l&rsquo;U.S. Navy, seize escadrons pour l&rsquo;USAF, etc)., ce qui constituerait un choc absolument consid\u00e9rable pour l&rsquo;<em>establishment<\/em>. (Une soixantaine de parlementaires au Congr\u00e8s ont averti, dans le cadre d&rsquo;une plate-forme commune, qu&rsquo;ils n&rsquo;accepteraient aucune r\u00e9duction du volume des forces de l&rsquo;U.S. Army.) &bull; le second constat est que la question budg\u00e9taire joue un r\u00f4le de plus en plus consid\u00e9rable. Il est d\u00e9sormais manifeste que la MD (Missile Defense) tient elle-m\u00eame un r\u00f4le d\u00e9stabilisant consid\u00e9rable, en attirant \u00e0 elle une part significative du budget (pr\u00e8s de 3% en 2002, \u00e0 comparer avec le 0,3% du dernier budget Clinton). Il y a donc une pression budg\u00e9taire qui s&rsquo;ajoute \u00e0la pression r\u00e9formiste (lancer le d\u00e9veloppement de nouvelles technologies\/nouveaux programmes). La deuxi\u00e8me option offerte par Rumsfeld au pr\u00e9sident implique le choix d&rsquo;aucune r\u00e9duction du volume des forces. Il faudrait alors envisager des coupes extr\u00eamement s\u00e9v\u00e8res dans les programmes en cours (qui seraient tout de m\u00eame touch\u00e9s avec la premi\u00e8re option, ne serait-ce que parce que l&rsquo;\u00e9quipement en mat\u00e9riels serait r\u00e9duit). &bull; Le troisi\u00e8me constat est que la question de la r\u00e9forme, avec ces engagements officiels (Wolfowitz), devient de plus en plus politique, en impliquant de plus en plus nettement le gouvernement au travers de prises de position officielles. En d&rsquo;autres termes, la r\u00e9forme devient <em>de facto<\/em> une partie du programme du gouvernement et, par cons\u00e9quent, une affaire de gouvernement qu&rsquo;il sera de plus en plus difficile d&rsquo;\u00e9vacuer par des mesures inconsistantes, voire d&rsquo;abandonner. Dans ce cas \u00e9galement, la perspective d&rsquo;un affrontement politique s\u00e9v\u00e8re \u00e0 Washington, sur fond de campagne \u00e9lectorale (les \u00e9lections <em>mid-term<\/em> de l&rsquo;automne 2002), ne cesse de se pr\u00e9ciser et de grandir. &bull; Enfin, le quatri\u00e8me constat est que l&rsquo;option de r\u00e9duction du volume des forces est accompagn\u00e9e, dans les commentaires qui sont faits, d&rsquo;hypoth\u00e8ses sur les secteurs op\u00e9rationnels qui seraient d\u00e9garnies. L&rsquo;hypoth\u00e8se essentielle, par \u00e9limination, revient avec une insistance significative et accompagne la possible r\u00e9duction des effectifs de l&rsquo;U.S. Army : il est hors de question de d\u00e9garnir le Continental Command (les USA), le Southern Command (l&rsquo;Am\u00e9rique Latine), le Central Command (le Golfe) et le Pacific Command (l&rsquo;Asie), ce sera donc le European Command (l&rsquo;Europe, bien s\u00fbr) qui \u00e9copera. Si la r\u00e9forme va \u00e0 son terme, nous devons nous pr\u00e9parer \u00e0 voir les deux divisions restantes de l&rsquo;U.S. Army en Europe \u00eatre retir\u00e9es (mais les contingents bosniaques et kosovars resteront, dans leurs Fort-Apaches respectifs). C&rsquo;est pour le coup que les Am\u00e9ricains deviendront des partisans forcen\u00e9s de la PESD et diront aux Europ\u00e9ens : puisque vous avez votre force europ\u00e9enne, vous prenez en charge la d\u00e9fense europ\u00e9enne.<\/p>\n<h3>Le style Berlusconi est un v\u00e9ritable syst\u00e8me, \u00e0 faire p\u00e2lir d&rsquo;envie une r\u00e9publique banani\u00e8re et \u00e0 r\u00e9duire en poussi\u00e8re les structures de civilisation<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>The Economist<\/em> persiste et signe. Apr\u00e8s sa virulente attaque d&rsquo;avril dernier, il attaque \u00e0 nouveau, et s\u00e9v\u00e8rement, l&rsquo;action de Silvio Berlusconi. L&rsquo;hebdomadaire britannique estime que l&rsquo;activit\u00e9 du nouveau Premier ministre italien, avec la mise en place d&rsquo;un loi qui doit lui permettre d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la justice (loi mise en point par une commission parlementaire pr\u00e9sid\u00e9e par un d\u00e9put\u00e9 qui est aussi l&rsquo;avocat de Berlusconi), d\u00e9passe en impudence <LIEN=http:\/\/www.economist.com\/world\/europe\/displayStory.cfm< N>?Story _ID=733366>l&rsquo;activit\u00e9 courante d&rsquo;une r\u00e9publique banani\u00e8re<D>. Il n&rsquo;est peut-\u00eatre pas non fond\u00e9 de dire que le syst\u00e8me Berlusconi est en train d&rsquo;installer au coeur de l&rsquo;Europe quelque chose qui ne ressemble en rien \u00e0 ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, ni en rien \u00e0 ce qui existe dans le monde aujourd&rsquo;hui ; un syst\u00e8me d&rsquo;\u00c9tat transform\u00e9 pour \u00eatre mis au service des int\u00e9r\u00eats particuliers d&rsquo;un homme et transformant l&rsquo;\u00c9tat en une entreprise priv\u00e9e, et pr\u00e9par\u00e9 par de nombreuses ann\u00e9es de quasi-monopole exerc\u00e9 dans le domaine de la communication et de l&rsquo;information. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une v\u00e9ritable r\u00e9volution dans les syst\u00e8mes de subversion du syst\u00e8me de gouvernement classique, voire de la structure politique centrale de notre civilisation. Le 3 mai dernier, Jean Daniel \u00e9crivait justement dans <em>Le Nouvel Observateur<\/em>  que \u00ab <em>le vide provoqu\u00e9 par le discr\u00e9dit des politiques n&rsquo;est aujourd&rsquo;hui combl\u00e9, en Italie, ni par le fascisme, ni par le populisme mais par une forme moderne de despotisme : la t\u00e9l\u00e9cratie<\/em> \u00bb Quel que soit le nom qu&rsquo;on lui donne, le syst\u00e8me subversif central des structures de civilisation est bien l\u00e0, et l&rsquo;affaire Berlusconi rend d\u00e9risoires et ridicules les alarmes europ\u00e9ennes \u00e0 propos de l&rsquo;Autriche et d&rsquo;Haider, et d\u00e9risoire aussi la sempiternelle mobilisation antifasciste de nos milieux politiques. L&rsquo;affaire Berlusconi a peut-\u00eatre l&rsquo;avantage de r\u00e9aliser, dans la r\u00e9alit\u00e9 la plus voyante et dans notre quotidien, une sorte d&rsquo;avertissement sans trop de frais (l&rsquo;Italie en a vu d&rsquo;autre et pourrait se sortir de Berlusconi aussi vite qu&rsquo;elle y a \u00e9t\u00e9 plong\u00e9e) sur le r\u00e9el danger de notre temps, un danger sans pr\u00e9c\u00e9dent connu, qui est un asservissement par des forces m\u00e9caniques de communication et d&rsquo;information, sans but id\u00e9ologique, et une position d&rsquo;acceptation, de \u00ab <em>servitude volontaire<\/em> \u00bb (toujours La Bo\u00e9tie) du c\u00f4t\u00e9 du public et du syst\u00e8me politique d\u00e9mocratique. La cerise sur le g\u00e2teau, mais une cerise au go\u00fbt \u00e9trange, est que le principal d\u00e9nonciateur de ce danger, l&rsquo;hebdomadaire <em>The Economist<\/em>, est par ailleurs le promoteur infatigable de tous les moyens (lib\u00e9ralisme, libre-\u00e9change, march\u00e9 libre, d\u00e9r\u00e9gulation, refus de l&rsquo;interventionnisme, etc) qui ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s au maximum par Berlusconi pour r\u00e9ussir son coup, et sans lesquels il n&rsquo;aurait pu r\u00e9ussir son coup. Cela laisse \u00e0 penser.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9forme du Pentagone ne d\u00e9sarme pas et ses perspectives se pr\u00e9cisent Cette semaine, le 8 ao\u00fbt, un pas suppl\u00e9mentaire a \u00e9t\u00e9 franchi sur la route d\u00e9licate que suit l&rsquo;administration GW Bush depuis janvier 2001, dans la voie de ?ex=998020800&#038;en=2ed8ab53413349ff&#038;ei=5040&#038;partner=MOREOVER> la r\u00e9forme du Pentagone et des forces arm\u00e9es. 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