{"id":64996,"date":"2001-10-07T00:00:00","date_gmt":"2001-10-07T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2001\/10\/07\/semaine-du-1-octobre-au-7-octobre-2001\/"},"modified":"2001-10-07T00:00:00","modified_gmt":"2001-10-07T00:00:00","slug":"semaine-du-1-octobre-au-7-octobre-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2001\/10\/07\/semaine-du-1-octobre-au-7-octobre-2001\/","title":{"rendered":"Semaine du 1 octobre au 7 octobre 2001"},"content":{"rendered":"<p><h3>Une semaine plus tard &#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;offensive a\u00e9rienne am\u00e9ricaine contre l&rsquo;Afghanistan se poursuit et le malaise grandit. La tactique am\u00e9ricaine habituelle de l&rsquo;offensive a\u00e9rienne pr\u00e9liminaire \u00e0 toute action terrestre ou autre, ne donne que les r\u00e9sultats qu&rsquo;elle peut donner, qui sont assez limit\u00e9s dans le cas de l&rsquo;Afghanistan, mais qui s&rsquo;accompagnent in\u00e9vitablement des pol\u00e9miques concernant les \u00ab\u00a0bavures\u00a0\u00bb. Les Talibans, qui ne sont de m\u00eame pas tomb\u00e9s de la derni\u00e8re pluie, ont donc ouvert ce week-end leurs fronti\u00e8res \u00e0 la presse internationale, histoire que celle-ci v\u00e9rifie sur place les effets des bombardements am\u00e9ricains sur les civils.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPlus pr\u00e9occupantes encore, les premi\u00e8res indications que signale le <em>Guardian<\/em> de Londres sur de graves m\u00e9sententes techniques et tactiques <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/waronterror\/story\/0,1361,574258,00.html\" class=\"gen\">au sein du Pentagone, <\/a>entre le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Rumsfeld et ses g\u00e9n\u00e9raux. Pr\u00e9occupantes, parce que ces indications, si elles concernent effectivement des probl\u00e8mes techniques et tactiques, mettent en \u00e9vidence des probl\u00e8mes fondamentaux, d&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit, de conceptions m\u00eame de la guerre. Rumsfeld ne cesse de r\u00e9p\u00e9ter (et de faire r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 GW Bush) qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une nouvelle forme de guerre, et il laisse sous-entendre qu&rsquo;il doit \u00e9videmment y avoir des engagements terrestres pour la poursuivre \u00e0son terme. Sans plus de pr\u00e9cisions, on comprend tout de m\u00eame qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une conception o\u00f9 des op\u00e9rations secr\u00e8tes, ou des op\u00e9rations effectu\u00e9es par des forces de type commando, doivent constituer l&rsquo;essentiel de l&rsquo;action. D\u00e9j\u00e0, la tactique choisie par les g\u00e9n\u00e9raux am\u00e9ricains pourrait \u00eatre mise en question : commencer par un pilonnage a\u00e9rien conduit essentiellement \u00e0 avertir l&rsquo;adversaire qu&rsquo;on va lancer ces op\u00e9rations suppos\u00e9es \u00eatre secr\u00e8tes, pour un avantage d&rsquo;autant plus probl\u00e9matique que les objectifs militaires sont peu nombreux. Mais la situation au Pentagone semble plus probl\u00e9matique encore : malgr\u00e9 l&rsquo;insistance de Rumsfeld, il semble que les g\u00e9n\u00e9raux am\u00e9ricains montrent beaucoup d&rsquo;h\u00e9sitation \u00e0r\u00e9aliser cet engagement terrestre, dans tous les cas pas avant un d\u00e9lai substantiel de poursuite de la campagne a\u00e9rienne sur l&rsquo;Afghanistan. Les g\u00e9n\u00e9raux semblent prisonniers de ces conceptions am\u00e9ricaines classiques d&#8217;emploi massif des forces a\u00e9riennes et de limitation maximale d&#8217;emploi des forces terrestres, \u00e0 cause du risque de pertes. Comme cette campagne a\u00e9rienne ne semble donner que des r\u00e9sultats militaires limit\u00e9s notamment parce que les objectifs militaires sont d\u00e9risoires, on se trouve dans la situation de toucher des infrastructures civiles et de risquer de tuer des civils pour pr\u00e9parer une op\u00e9ration militaire qu&rsquo;on recule autant que faire se peut. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa situation est d\u00e9crite par le <em>Guardian<\/em> comme si tendue au Pentagone qu&rsquo;on \u00e9voque m\u00eame la possibilit\u00e9 d&rsquo;un transfert de la direction des op\u00e9rations, de Tampa (Floride) \u00e0 Washington, le g\u00e9n\u00e9ral Tommy Franks, de l&rsquo;U.S. Army et commandant le Central Command \u00e0 Tampa, \u00e9tant d\u00e9crit comme l&rsquo;un de ceux qui reculent par tous les moyens le moment de l&rsquo;engagement terrestre. (Ce dernier point, pr\u00e9sent\u00e9 comme un d\u00e9tail, est particuli\u00e8rement r\u00e9v\u00e9lateur : que le poste de commandement soit install\u00e9 \u00e0 Tampa confirme que les Saoudiens ont refus\u00e9 que les Am\u00e9ricains dirigent l&rsquo;op\u00e9ration \u00e0 partir de leur poste de commandement normal, en Arabie, comme ils l&rsquo;avaient fait pour la guerre du Golfe en 1990-91. Ce refus marque \u00e9videmment la fragilit\u00e9 du soutien saoudien. D&rsquo;autre part, la localisation du commandant en chef \u00e0 Tampa, \u00e0 plus de 10.000 kilom\u00e8tres des op\u00e9rations, est sans aucun doute un r\u00e9el handicap pour les Am\u00e9ricains. Il \u00e9loigne d\u00e9cisivement le commandant de la r\u00e9alit\u00e9 des probl\u00e8mes de ses forces et rend encore plus d\u00e9licat le contr\u00f4le de ces forces et le d\u00e9roulement des op\u00e9rations. Bien entendu, un d\u00e9placement de ce commandement \u00e0 Washington aggraverait encore tous les probl\u00e8mes pos\u00e9s avec la localisation \u00e0 Tampa.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Am\u00e9ricains se trouvent plac\u00e9s face \u00e0 un grave probl\u00e8me strat\u00e9gique. En un sens, la campagne donne compl\u00e8tement raison \u00e0 Rumsfeld, mais dans des conditions dramatiques : les forces am\u00e9ricaines montrent un \u00e9tat d&rsquo;esprit et des conceptions d\u00e9pass\u00e9es, et, dans tous les cas, inadapt\u00e9es au conflit qui a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait la th\u00e8se de Rumsfeld lorsqu&rsquo;il pr\u00f4nait une r\u00e9forme des forces arm\u00e9es, d\u00e8s son arriv\u00e9e au Pentagone. Bien entendu, cette r\u00e9forme n&rsquo;a pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e avant le 11 septembre. Si les \u00e9v\u00e9nements semblent compl\u00e8tement donner raison \u00e0 Rumsfeld, c&rsquo;est dans des conditions particuli\u00e8rement d\u00e9licates, puisqu&rsquo;au coeur d&rsquo;une campagne militaire difficile, et qui est men\u00e9e dans des conditions encore plus difficiles au niveau de la coh\u00e9sion du commandement et de la planification.<\/p>\n<h3>Les \u00ab\u00a0effets collat\u00e9raux\u00a0\u00bb (politiques) des bombardements commencent \u00e0 \u00eatre s\u00e9rieux<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Certes, le malaise grandit. On commence \u00e0 le ressentir dans certains milieux, en Occident, particuli\u00e8rement dans certains pays europ\u00e9ens. Il y a une perception diffuse que l&rsquo;absence de but, l&rsquo;absence de strat\u00e9gie, et, beaucoup plus grave dans le jugement de certains, la st\u00e9rilit\u00e9 intellectuelle qui semble pr\u00e9sider \u00e0 ces bombardement et conduit \u00e0 leur nihilisme destructeur, finissent par entamer gravement la cause qu&rsquo;ils pr\u00e9tendent repr\u00e9senter et d\u00e9fendre. Le malaise sur le terrain s&rsquo;\u00e9largit \u00e0mesure que s&rsquo;accumulent les signes des effets destructeurs, dits collat\u00e9raux, <a href=\"http:\/\/www.smh.com.au\/news\/0110\/15\/world\/world8.html\" class=\"gen\">de ces bombardements<\/a>. Les effets dans divers milieux qui comptent sont d\u00e9sormais visibles. Par exemple, les milieux intellectuels, essentiellement en Europe mais aussi dans d&rsquo;autres r\u00e9gions, sont en train d&rsquo;\u00e9voluer vers  l&rsquo;opposition aux bombardements, au rythme de quelques remarques acides (\u00ab <em>On va bombarder les femmes afghanes pour les lib\u00e9rer<\/em> \u00bb, selon Bernard-Henri Levy ; ou bien, de l&rsquo;\u00e9crivain indien Arundhati Roy : \u00ab <em>Contemplons-l\u00e0, la \u00ab\u00a0Justice sans limites\u00a0\u00bb au XXI\u00e8 si\u00e8cle : des civils mourant de faim en attendant d&rsquo;\u00eatre tu\u00e9s<\/em> \u00bb). Les milieux humanitaires et des ONG sont furieux devant les actions am\u00e9ricaines, et notamment les d\u00e9sormais tr\u00e8s contest\u00e9s largages de rations de nourriture (\u00ab <em>Du Barnum humanitaire<\/em> \u00bb, selon Roni Brauman). Les manifestations pacifistes, en Europe, commencent \u00e0 prendre de l&rsquo;ampleur (20.000 personnes en Allemagne, 50.000 au Royaume-Uni ce week-end).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela fait augurer, \u00e0 moins d&rsquo;\u00e9v\u00e9nement majeur qui r\u00e9oriente le cours g\u00e9n\u00e9ral, une \u00e9volution politique, peut-\u00eatre l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 d&rsquo;un tournant politique, notamment et essentiellement en Europe occidentale. L&rsquo;exemple cit\u00e9 des milieux intellectuels et humanitaires est important : le monde politique ne peut survivre sans le soutien des intellectuels humanitaires et de leurs puissants relais m\u00e9diatiques, de ce qu&rsquo;on appelle la \u00ab\u00a0conscience morale\u00a0\u00bb des d\u00e9mocraties virtualistes. Le Kosovo avait march\u00e9 jusqu&rsquo;au bout parce que la conscience morale avait appuy\u00e9 les bombardements. Aujourd&rsquo;hui o\u00f9 elle s&rsquo;interroge et tend \u00e0 en devenir le critique de plus en plus virulent, le soutien politique aux bombardements risque de suivre et de s&rsquo;\u00e9roder \u00e0 son tour. Cette perspective est d&rsquo;autant plus \u00e0 envisager que l&rsquo;exemple cit\u00e9, justement, n&rsquo;est pas unique, et que, dans le m\u00eame \u00e9lan, l&rsquo;attitude de l&rsquo;opinion publique pourrait, elle aussi, \u00e9voluer grandement. L\u00e0 aussi, il faut s&rsquo;attendre \u00e0 la possibilit\u00e9 d&rsquo;un effet au niveau politique, o\u00f9 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit est \u00e9galement en pleine \u00e9volution. D&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, des craquements sont entendus dans certains milieux politiques qui participent \u00e0 des gouvernements europ\u00e9ens, \u00e9videmment du c\u00f4t\u00e9 des Verts (en Allemagne, en Belgique, en France), du c\u00f4t\u00e9 de certains partis socialistes aussi (en Belgique).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn verra un peu mieux, vendredi prochain \u00e0 Bruges, au Conseil europ\u00e9en des chefs d&rsquo;\u00c9tat et de gouvernement, l&rsquo;\u00e9tat du soutien des pays europ\u00e9ens \u00e0 la politique am\u00e9ricaine, et la possibilit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9mergence d&rsquo;une alternative ou d&rsquo;une position politique europ\u00e9enne plus sp\u00e9cifique. Les indications les plus s\u00e9rieuses montrent l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour envisager une op\u00e9ration de transfert de la responsabilit\u00e9 de la coalition mondiale vers l&rsquo;ONU, pour la d\u00e9gager de l&#8217;emprise des tensions militaristes am\u00e9ricaines. On devrait avoir une indication \u00e0 ce propos, dans tous les cas au niveau du \u00ab\u00a0climat\u00a0\u00bb europ\u00e9en, lors de ces r\u00e9unions europ\u00e9ennes de cette semaine (mercredi \u00e0 Bruxelles, les ministres des affaires \u00e9trang\u00e8res, vendredi \u00e0 Bruges).<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une semaine plus tard &#8230; L&rsquo;offensive a\u00e9rienne am\u00e9ricaine contre l&rsquo;Afghanistan se poursuit et le malaise grandit. 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