{"id":65009,"date":"2002-01-06T00:00:00","date_gmt":"2002-01-06T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/01\/06\/semaine-du-31-decembre-2001-au-6-janvier-2001\/"},"modified":"2002-01-06T00:00:00","modified_gmt":"2002-01-06T00:00:00","slug":"semaine-du-31-decembre-2001-au-6-janvier-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/01\/06\/semaine-du-31-decembre-2001-au-6-janvier-2001\/","title":{"rendered":"Semaine du 31 d\u00e9cembre 2001 au 6 janvier 2001"},"content":{"rendered":"<p><h3>Derri\u00e8re la question du terrorisme, le vrai d\u00e9bat culturel aux \u00c9tats-Unis<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis quelques semaines, le chroniqueur et ancien candidat \u00ab\u00a0dissident\u00a0\u00bb \u00e0 la pr\u00e9sidence Patrick Buchanan est \u00e0 nouveau dans l&rsquo;actualit\u00e9 avec son livre <em>The Death of the West &mdash; How Dying Populations and Immigration Invasion Imperil Our Country and Civilization<\/em>. Dans un article qui reprend divers \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;une interview de Patrick Buchanan sur les questions culturelles li\u00e9es \u00e0 la probl\u00e9matique du multiculturalisme <a href=\"http:\/\/www.washingtontimes.com\/national\/20020110-94 470329.htm\" class=\"gen\">le Washington Times du 10 janvier<\/a> nous donne une bonne mesure du probl\u00e8me et indique son actualit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;indication pr\u00e9cieuse que nombre d&rsquo;observateurs aux USA estiment que la question du multiculturalisme aux USA est une question qui a sa place dans la crise ouverte par l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe journal \u00e9crit : \u00ab <em>The former co-host of CNN&rsquo;s \u00a0\u00bbCrossfire\u00a0\u00bb [Buchanan] said he has no TV plans and, prior to September 11, \u00a0\u00bbI was going to stay with writing books. But Creators [Syndicate] called me, and said the debate is on again about intervention, the Middle East, immigration and about the cultural war and assimilation. They&rsquo;re all issues. I want back into the debate.\u00a0\u00bb He rejoins the debate at what he describes as a time of crisis. He warns that new immigrants are no longer adopting American values.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa plaidoirie de Buchanan porte sur les effets pour la coh\u00e9sion de l&rsquo;Occident des courants migratoires, selon des arguments extr\u00eamement pessimistes (Buchanan estime notamment que les USA sont sur la voie d&rsquo;une \u00ab\u00a0tiers-mondisation\u00a0\u00bb, qui serait effective selon lui en 2050). Cette sorte de r\u00e9flexion trouve un terrain fertile dans l&rsquo;atmosph\u00e8re cr\u00e9\u00e9e par la crise du terrorisme et les probl\u00e8mes que celle-ci soul\u00e8ve (notamment autour de th\u00e8ses comme \u00ab <em>le choc des civilisation<\/em> \u00bb du professeur Huntington). Les arguments de Buchanan, que certains peuvent sans aucun doute juger excessifs, ont pour effet de troubler les esprits et de porter l&rsquo;attention vers des probl\u00e8mes culturels de fond qui avaient sembl\u00e9 \u00e9cart\u00e9s ces derniers temps. On trouve un exemple de cette attitude dans l&rsquo;article <a href=\"http:\/\/www.washingtontimes.com\/op-ed\/20020109-49203 370.htm\" class=\"gen\">de Tony Blankley, dans le Washington Times du 9 janvier.<\/a> Cette remarque de Blankley est caract\u00e9ristique pour nous montrer l&rsquo;effet potentiel des arguments de Buchanan :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Although the politically correct will be lavish with their condemnation of this book, for traditional conservative and moderate Americans of all ethnic backgrounds, this book makes it considerably harder to resist the logic of the Buchanan thesis. I will continue to resist &#8211; but with decreasing expectations of success.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe d\u00e9bat sur \u00ab\u00a0le d\u00e9clin de l&rsquo;Occident\u00a0\u00bb, qui semblerait rapprocher les deux principaux piliers de cet Occident, les USA et l&rsquo;Europe, puisqu&rsquo;il semble leur d\u00e9signer un danger commun et, par cons\u00e9quent, un sort commun, est en r\u00e9alit\u00e9 profond\u00e9ment ambigu. Am\u00e9ricains et Europ\u00e9ens s&rsquo;entendent pour affirmer qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un d\u00e9bat culturel mais la r\u00e9alit\u00e9 montre qu&rsquo;il a des racines ethniques, voire li\u00e9es aux races, et que le d\u00e9bat est par cons\u00e9quent beaucoup moins unitaire qu&rsquo;il y para\u00eet, et qu&rsquo;il est m\u00eame le contraire. Le point principal \u00e0 cet \u00e9gard est que Buchanan identifie comme un des premiers dangers pour les USA l&rsquo;immigration hispanique, notamment et principalement venue du Mexique. Ce th\u00e8me ne rapproche nullement les USA de l&rsquo;Europe parce que le Mexique est d&rsquo;une part li\u00e9 culturellement et ethniquement \u00e0 l&rsquo;Espagne et qu&rsquo;il est aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s proche de l&rsquo;Espagne, donc de l&rsquo;Europe ; parce que, d&rsquo;autre part, le Mexique, pays catholique et d&rsquo;un catholicisme d&rsquo;un tr\u00e8s grand dynamisme, est tr\u00e8s proche du Vatican, qui est \u00e9videmment un des centres de la culture europ\u00e9enne. Ainsi, les th\u00e8ses de Buchanan sur le <em>The Death of the West<\/em> conduisent \u00e0 des situations qui mettent en \u00e9vidence le contraire, c&rsquo;est-\u00e0-dire la division de l&rsquo;Occident. On n&rsquo;ignore pas qu&rsquo;on trouvera de plus en plus d&rsquo;Europ\u00e9ens pour \u00eatre, dans l&rsquo;occurrence envisag\u00e9e ici, plus proche culturellement des Mexicains que des Am\u00e9ricains.<\/p>\n<h3>\u00ab <strong><em>The perfect storm<\/em><\/strong> \u00bb va-t-il balayer Washington ? Dans tous les cas, le temps b\u00e9ni du scandale est revenu<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans un article <a href=\"http:\/\/news.independent.co.uk\/world\/americas\/story. jsp?story=1 14090\" class=\"gen\">qui nous restitue bien l&rsquo;atmosph\u00e8re et l&rsquo;ambiance washingtoniennes,<\/a> depuis quelques jours, Rupert Cornwell \u00e9crit dans<em>The Independent<\/em>, le 12 janvier :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>\u00a0\u00bbAs Washington scandals go, this is the perfect storm,\u00a0\u00bb enthused a top aide of Henry Waxman, the Democrat congressman from California who leads one of half a dozen committees on Capitol Hill gearing up for hearings on the matter. You could almost sense the glee among the capital&rsquo;s army of scandal trackers, vastly underemployed since the departure of Bill Clinton. Democrats in particular relish the moment. Washington is a city where revenge is an industry. Is Enron going to be payback time for the Republican hounding of the previous Democratic administration? You bet.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, l&rsquo;effondrement de la soci\u00e9t\u00e9 Enron, le 3 d\u00e9cembre 2001, commence \u00e0 avoir des cons\u00e9quences politiques significatives. Le pr\u00e9sident Bush a fait une d\u00e9claration publique pour prendre ses distances de son ami, le PDG d&rsquo;Enron. Des indications pr\u00e9cises sont apparues, sur les demandes d&rsquo;intervention d&rsquo;Enron au gouvernement f\u00e9d\u00e9ral et sur des documents disparus. Des auditions vont \u00eatre lanc\u00e9es au Congr\u00e8s. Tout se met en place pour constituer le cadre habituel des scandales politiques \u00e0 Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn est-on pour autant au stade proprement dit du scandale ? Pas encore, m\u00eame si on juge la situation prometteuse. Disons simplement que l&rsquo;explosif est partout en place, qu&rsquo;il reste \u00e0allumer la m\u00e8che. Pour l&rsquo;instant, la situation reste dans la l\u00e9galit\u00e9, pour ce qui concerne le pr\u00e9sident et son personnel le plus proche. Le jeune Bush a r\u00e9agi avec une certaine habilet\u00e9 en prenant le taureau par les cornes (au contraire de Bill Clinton, qui avait laiss\u00e9 le scandale de Whitewater, pourtant sans commune mesure avec Enron, miner peu \u00e0 peu sa position sans qu&rsquo;il prenne une mesure d\u00e9cisive contre lui). Certes, il est acquis qu&rsquo;Enron a \u00e9t\u00e9 un formidable bailleur de fond pour l&rsquo;\u00e9lite r\u00e9publicaine (et quelques d\u00e9mocrates en passant) du Texas, donc pour la famille Bush. D&rsquo;ailleurs, sur les cent s\u00e9nateurs en fonction aujourd&rsquo;hui, 76 ont re\u00e7u des contributions d&rsquo;Enron. Une \u00e2me vertueuse nommerait cela \u00ab\u00a0corruption\u00a0\u00bb, et \u00e0 une \u00e9chelle colossale. Mais, aux \u00c9tats-Unis o\u00f9 la loi organise ce qu&rsquo;ailleurs on nomme corruption, et qui est nomm\u00e9 vertueusement \u00ab\u00a0contribution \u00e9lectorale\u00a0\u00bb, l&rsquo;essentiel est de pratiquer cette activit\u00e9 (la corruption) en restant dans le cadre des r\u00e8gles du jeu (les lois). Le cas devient scandale lorsqu&rsquo;on en sort.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tReste donc les cas juridiques en suspens : d&rsquo;abord, les interventions d&rsquo;Enron aupr\u00e8s des amis de l&rsquo;administration, notamment le pr\u00e9sident et son ministre de la justice ; \u00e9taient-elles anodines ou sont-elles condamnables ? Ensuite, il y a les centaines, voire les milliers de documents d&rsquo;Enron d\u00e9truits ces derniers mois, qui \u00e9clairaient sans doute les conditions de ce qui est probablement une colossale faillite frauduleuse. Enfin, il y a les interf\u00e9rences possibles, et certainement sollicit\u00e9es si c&rsquo;est le cas, d&rsquo;Enron dans l&rsquo;\u00e9laboration de la politique \u00e9nerg\u00e9tique de l&rsquo;administration Bush, par une commission sp\u00e9ciale contr\u00f4l\u00e9e par le vice-pr\u00e9sident Cheney.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, il y a scandale pour une brochette de dirigeants d&rsquo;Enron, qui ont fait des b\u00e9n\u00e9fices ill\u00e9gaux (plus de $1 milliard pour 27 dirigeants) sur le dos de la soci\u00e9t\u00e9 en perdition. Ces personnes sont d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 inculp\u00e9es. Les milliers d&#8217;employ\u00e9s d&rsquo;Enron sont sur le carreau, apr\u00e8s avoir perdu leurs pensions, leurs participations boursi\u00e8re \u00e0 leur soci\u00e9t\u00e9 et ainsi de suite, ce qui fait de l&rsquo;affaire Enron (chiffre d&rsquo;affaire de $101 milliards en 2000) un arch\u00e9type de la caricature de l&rsquo;activit\u00e9 capitalistique, le double absolument n\u00e9gatif du mod\u00e8le capitaliste que pr\u00f4ne la globalisation. Il faut avouer que si, l\u00e0-dessus, Enron devenait un scandale politique \u00e0 Washington, la boucle serait boucl\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe scandale Enron et ses implications possibles \u00e0 Washington marquent (confirment) une sorte de \u00ab\u00a0retour \u00e0 la normale\u00a0\u00bb apr\u00e8s les mois de tension et d&rsquo;unanimisme politique oblig\u00e9 qui ont suivi l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001. La politique washingtonienne, o\u00f9 \u00ab <em>la vengeance est une industrie<\/em> \u00bb, commence \u00e0 reprendre ses droits. La proximit\u00e9 des \u00e9lections <em>mid-term<\/em>, en novembre prochain, renforce la d\u00e9termination des adversaires de Bush, les d\u00e9mocrates certes, de transformer l&rsquo;essai et de faire d&rsquo;Enron une machine politique pour gagner ces \u00e9lections. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, cette p\u00e9rip\u00e9tie washingtonienne pourrait contribuer d\u00e9cisivement \u00e0 banaliser la Grande Guerre contre la Terreur, d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 en voie de s&#8217;embourber dans les concurrences bureaucratiques, et cela malgr\u00e9 les pr\u00e9visions de l&rsquo;\u00e9tat-major qui, \u00e0 la demande du gouvernement, a estim\u00e9 que ce conflit durerait six ans, &mdash; jusqu&rsquo;en 2008, ce qui serait, aimable co\u00efncidence de la planification militaire, le terme d&rsquo;une administration Bush si elle \u00e9tait r\u00e9\u00e9lue en 2004.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Derri\u00e8re la question du terrorisme, le vrai d\u00e9bat culturel aux \u00c9tats-Unis Depuis quelques semaines, le chroniqueur et ancien candidat \u00ab\u00a0dissident\u00a0\u00bb \u00e0 la pr\u00e9sidence Patrick Buchanan est \u00e0 nouveau dans l&rsquo;actualit\u00e9 avec son livre The Death of the West &mdash; How Dying Populations and Immigration Invasion Imperil Our Country and Civilization. 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