{"id":65013,"date":"2002-02-11T00:00:00","date_gmt":"2002-02-11T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/02\/11\/semaine-du-4-au-10-fevrier-2002\/"},"modified":"2002-02-11T00:00:00","modified_gmt":"2002-02-11T00:00:00","slug":"semaine-du-4-au-10-fevrier-2002","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/02\/11\/semaine-du-4-au-10-fevrier-2002\/","title":{"rendered":"Semaine du 4 au 10 f\u00e9vrier 2002"},"content":{"rendered":"<p><h3>Les r\u00e9actions apr\u00e8s le budget de la d\u00e9fense-mammouth de GW : scepticisme, insatisfaction, critique et fin des perspectives de r\u00e9forme<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est int\u00e9ressant de noter qu&rsquo;un expert aussi r\u00e9put\u00e9 que William D. Hartung, Senior Fellow au World Policy Forum, prend la peine de publier sur un site (<em>Commun Dreams<\/em>), populaire certes, mais g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9tiquet\u00e9 comme \u00e9tant nettement hors des circuits habituels de l&rsquo;<em>establishment<\/em> (on peut classer <em>Common Dreams<\/em> comme un site dissident, orient\u00e9 nettement \u00e0 gauche, extr\u00eamement critique de la politique officielle US). <a href=\"http:\/\/www.commondreams.org\/views02\/0206-02.htm\" class=\"gen\">Dans cet article, dat\u00e9 du 6 f\u00e9vrier,<\/a> Hartung attaque avec une violence remarquable le budget du DoD pour l&rsquo;ann\u00e9e fiscale $2003 et ses fameux $48 milliards d&rsquo;augmentation. Hartung cite une autre plume \u00e0 suivre, celle de Paul Krugman, qui publie le 5 f\u00e9vrier <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2002\/02\/05\/opinion\/05KRUG.html\" class=\"gen\"> un article extr\u00eamement critique du budget g\u00e9n\u00e9ral<\/a> et des m\u00e9thodes employ\u00e9es par l&rsquo;administration GW Bush.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe budget am\u00e9ricain FY2003, notamment dans sa partie d\u00e9fense, a provoqu\u00e9 et continue de provoquer des r\u00e9actions extr\u00eamement vives par son caract\u00e8re de renforcement syst\u00e9matique du <em>big business<\/em> (notamment au niveau des imp\u00f4ts) et son caract\u00e8re quasi-officiel de subvention \u00e0l&rsquo;industrie d&rsquo;armement. (On parle ici des r\u00e9actions aux USA, r\u00e9actions inform\u00e9es. En Europe, le ton qui a d&rsquo;abord domin\u00e9 a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9 par la prudence et la pusillanimit\u00e9 ambiantes, comme c&rsquo;est courant d\u00e8s qu&rsquo;il s&rsquo;agit de juger un acte am\u00e9ricain, avec ce principe syst\u00e9matiquement observ\u00e9 : plus c&rsquo;est gros, plus c&rsquo;est lourd et mieux c&rsquo;est, puisque c&rsquo;est am\u00e9ricain. Personne ne semble comprendre qu&rsquo;il y a peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, pour l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;une machine militaire de la dimension et de la lourdeur de la machine am\u00e9ricaine, de jeter une pinc\u00e9e de milliards, les fameux $48 milliards, dans un syst\u00e8me bureaucratique dont l&rsquo;efficacit\u00e9 de gestion se mesure au fait, d\u00e9nonc\u00e9 par Rumsfeld lui-m\u00eame, qu&rsquo;il ne sait pas comment il a employ\u00e9, dans la comptabilit\u00e9 de ses ann\u00e9es pass\u00e9es, la somme de $2.300 milliards, et qui explique la n\u00e9cessit\u00e9, pour continuer \u00e0 fonctionner de fa\u00e7on normale, d&rsquo;une augmentation annuelle d&rsquo;une somme autour de $100 milliards. La seule certitude existante dans cette augmentation de $48 milliards reste donc les versements qui seront faits aux compagnie de l&rsquo;industrie d&rsquo;armement.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;impression g\u00e9n\u00e9rale devant l&rsquo;accumulation de textes de commentaires am\u00e9ricains critiques sur le sens de cette politique budg\u00e9taire, et notamment militaro-budg\u00e9taire, de l&rsquo;administration Bush, c&rsquo;est que le Pentagone est aujourd&rsquo;hui devant la perspective d&rsquo;une crise extr\u00eamement grave. Sous Clinton, le Pentagone connaissait une crise larv\u00e9e, maintenue pour une bonne part sous contr\u00f4le par certaines consignes imp\u00e9ratives de mod\u00e9ration de l&rsquo;administration (sauf sur la fin, o\u00f9 l&rsquo;autorit\u00e9 du pouvoir civil ne cessa de d\u00e9cro\u00eetre). La situation a chang\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;administration Bush suit un chemin inattendu par rapport \u00e0 ses ambitions proclam\u00e9es en d\u00e9but de mandat. Son attitude initiale avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s ferme, avec l&rsquo;annonce d&rsquo;une r\u00e9forme fondamentale et la reprise en main de certains chefs militaires (notamment les commandants de th\u00e9\u00e2tre, ou CinCom, qui avaient pris une r\u00e9elle autonomie politique \u00e0 la fin de l&rsquo;administration Clinton). L&rsquo;administration change de voie et choisit d\u00e9sormais une philosophie budg\u00e9taire de complet laissez-faire en donnant une augmentation spectaculaire mais insuffisante qui conduit \u00e0 autoriser toutes les exigences internes et bureaucratiques \u00e0 s&rsquo;exprimer sans le moindre frein et, du coup, rend l&rsquo;augmentation particuli\u00e8rement insuffisante. On en arrive \u00e0 ce qui est le plus inqui\u00e9tant dans ce budget, qui donne de l&rsquo;argent \u00e0 toutes les factions, \u00e0 tous les programmes : il s&rsquo;agit du type de budget dont l&rsquo;effet le plus probable sera de bloquer voire d&rsquo;enterrer le projet essentiel de l&rsquo;\u00e9quipe Bush-Rumsfeld, qui est la r\u00e9forme du Pentagone. C&rsquo;est ce qu&rsquo;explique James Dao dans un article publi\u00e9 le 10 f\u00e9vrier dans le New York <em>Times<\/em> (\u00ab <em>Big Bucks Strips the New Lean Army<\/em> \u00bb). On y lit notamment :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Advocates of radical change in the military see other problems in the Bush budget. The best way to force new thinking, they say, is by imposing fiscal restraint on the Pentagon bureaucracy and forcing it to choose the new over the old, something Secretary of Defense Donald H. Rumsfeld was trying to do before Sept. 11. John Hillen, a former Army officer who helped formulate Mr. Bush&rsquo;s national security platform during the 2000 campaign, argues that in an atmosphere of plenty, senior military commanders will focus resources on the things they are most comfortable with: traditional weapons like manned fighter jets, tanks and aircraft carriers. And they will continue to build strategies around those older weapons, even as the threats change, he contends. \u00a0\u00bbThere were hawks among us who secretly welcomed the coming train wreck,\u00a0\u00bb he said. \u00a0\u00bbWe thought it might bring, without lessening our security, a sense of urgency to the Pentagon not to spend itself into obsolescence. Now they&rsquo;ve pushed that imperative a few years down the road.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The advocates of change also argue that a budget that makes few tough decisions sends mixed signals to the armed services and military contractors, telling them that it&rsquo;s fine to continue directing money and brainpower into cold war-style ships, jets and vehicles. \u00a0\u00bbAs long as all those energies and resources are used in these incremental steps beyond the cold war, you won&rsquo;t get the kind of serious, entrepreneurial pattern of experiment, re-experiment, doctrinal innovation and organizational creativity &#8211; all those things that have an impact on transformation,\u00a0\u00bb Mr. Hillen said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<D><em>&#8230; advocates of rethinking the military say the impossible-to-predict wars of 2010 and beyond are the ones they worry about, and are the ones the budget fails to address. \u00a0\u00bbIf you are looking to hedge against an uncertain future, this seems a very unbalanced budget, tilted toward traditional capabilities as opposed to chasing new ones,\u00a0\u00bb said Andrew Krepinevich, executive director of the Center for Strategic and Budgetary Assessments, a military policy group. \u00a0\u00bbIt&rsquo;s dollars for tradition and pennies for transformation.\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe dernier paragraphe de la citation de Dao est int\u00e9ressant, symbolique et, surtout, significatif de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;\u00e9quipe Bush-Rumsfeld. Krepinevich, un des experts r\u00e9formistes du Pentagone les plus s\u00e9rieux, avait \u00e9t\u00e9 un soutien enthousiaste et influent de la voie r\u00e9formiste initialement choisi par Bush-Rumsfeld. Son jugement mesure de fa\u00e7on significative la d\u00e9ception des r\u00e9formistes devant ce budget, et la d\u00e9faite des partisans de la modernisation du Pentagone. C&rsquo;est pourquoi, tenant compte par ailleurs des conditions de blocage de la gestion budg\u00e9taire de la machine militaire, on peut estimer que le Pentagone s&rsquo;achemine vers une crise grave. <\/p>\n<h3>Apr\u00e8s le discours de GW, on est pass\u00e9 de \u00ab <strong><em>Why they hate us<\/em><\/strong> \u00bb (question des Am\u00e9ricains) \u00e0 \u00ab <strong><em>les Am\u00e9ricains sont-ils devenus fous ?<\/em><\/strong> \u00bb (question du reste du monde)<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe discours de GW Bush sur l&rsquo;\u00c9tat de l&rsquo;Union a constitu\u00e9 un d\u00e9tonateur qui est en train de provoquer un changement radical de la perception de la situation de la crise (et du comportement des \u00c9tats-Unis, ceci expliquant cela) par le reste du monde. Il y a certes des \u00e9l\u00e9ments objectifs, comme le renforcement militaire syst\u00e9matique, <a href=\"http:\/\/atimes.com\/front\/DB09Aa01.html\" class=\"gen\">par exemple l&rsquo;extension des liens militaires US dans le monde<\/a>. Mais il y a surtout une modification psychologique dans l&rsquo;appr\u00e9ciation de la politique am\u00e9ricaine, avec d\u00e9sormais une inqui\u00e9tude non dissimul\u00e9e. Il y a eu des interventions officielles dans ce sens, et venues surtout d&rsquo;Europe, ce qui indique combien l&rsquo;affaire est s\u00e9rieuse. Apr\u00e8s Hubert V\u00e9drine le 6 f\u00e9vrier, <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Print\/0,3858,4352881,00.ht ml\" class=\"gen\">c&rsquo;est une interview du Commissaire europ\u00e9en, le Britannique Chris Patten<\/a>, qui est publi\u00e9e le 9. Les termes employ\u00e9s par Patten sont extr\u00eamement durs et sa qualit\u00e9 de Britannique, avec les traditions qui vont avec, fait bien comprendre que, par sa voix, c&rsquo;est \u00e9galement Londres qui parle officieusement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;important \u00e0 noter est bien le changement psychologique de la situation. Jusqu&rsquo;alors, la situation caract\u00e9ris\u00e9e par la question pos\u00e9e par nombre d&rsquo;Am\u00e9ricains, \u00ab <em>Why they hate us ?<\/em> \u00bb, avait domin\u00e9. L&rsquo;Am\u00e9rique se posait en victime apr\u00e8s le 11 septembre et b\u00e9n\u00e9ficiait d&rsquo;une certaine consid\u00e9ration dans ce sens. D\u00e9sormais, la question la plus souvent pos\u00e9e est radicalement diff\u00e9rente, qu&rsquo;on retrouve un peu partout, <LIEBN=http:\/\/www.lemonde.fr\/article\/0,5987,3232--262298-,00 .html>chez un Fran\u00e7ais comme Nicolas Baverez,<D> voire m\u00eame chez quelques Am\u00e9ricains, comme <a href=\"http:\/\/antiwar.com\/mcconnell\/pf\/p-mc021202.html\" class=\"gen\">chez le chroniqueur Scott McConnell.<\/a> Baverez choisit comme titre de son article du <em>Monde<\/em> du 12 f\u00e9vrier \u00ab <em> Les Am\u00e9ricains sont-ils devenus fous ?<\/em> \u00bb, et McConnell, dans son article publi\u00e9 sur <em>antiwar.com<\/em>le m\u00eame jour , \u00ab <em>Have the Yanks Gone Mad ?<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa perception est bien que la politique am\u00e9ricaine, belliciste, excessive, unilat\u00e9raliste, conduite selon des humeurs sans retenue, semble n&rsquo;\u00eatre plus sous contr\u00f4le de personne, ou bien d&rsquo;une direction dont on commence \u00e0 douter de l&rsquo;\u00e9quilibre du jugement. La politique am\u00e9ricaine para\u00eet d\u00e9sormais irrationnelle, d\u00e9stabilisatrice, profond\u00e9ment dangereuse. M\u00eame des commentateurs notoirement pro-am\u00e9ricains, <a href=\"http:\/\/www.thetimes.co.uk\/article\/0,,248-2002062638,00 .ht ml\" class=\"gen\">comme le commentateur \u00e9conomique du Times Alexander Kaletsky,<\/a> s&rsquo;effraie du comportement am\u00e9ricain et, surtout, du d\u00e9s\u00e9quilibre psychologique qu&rsquo;on peut percevoir comme la source de cette politique (le titre de l&rsquo;article de Kaletsky auquel il est fait r\u00e9f\u00e9rence, du 7 f\u00e9vrier, dit tout \u00e0 cet \u00e9gard : \u00ab <em>Arrogance and Fear : the American Paradox\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est un tr\u00e8s grand tournant de la crise, qu&rsquo;on devinait depuis longtemps et qui parvient \u00e0 maturit\u00e9, qui est d\u00e9sormais r\u00e9alis\u00e9 de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale. La pr\u00e9occupation fondamentale et le coeur m\u00eame de cette crise sont pass\u00e9s de l&rsquo;activisme mondial du terrorisme au comportement mondial de la puissance am\u00e9ricaine.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les r\u00e9actions apr\u00e8s le budget de la d\u00e9fense-mammouth de GW : scepticisme, insatisfaction, critique et fin des perspectives de r\u00e9forme Il est int\u00e9ressant de noter qu&rsquo;un expert aussi r\u00e9put\u00e9 que William D. Hartung, Senior Fellow au World Policy Forum, prend la peine de publier sur un site (Commun Dreams), populaire certes, mais g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9tiquet\u00e9 comme&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[3127,868,3194,569],"class_list":["post-65013","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal","tag-budget","tag-bush","tag-pentagone","tag-rumsfeld"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65013","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65013"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65013\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65013"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65013"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65013"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}