{"id":65021,"date":"2002-01-14T00:00:00","date_gmt":"2002-01-14T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/01\/14\/les-etrennes-du-pentagone-vrai-ou-faux-cadeau\/"},"modified":"2002-01-14T00:00:00","modified_gmt":"2002-01-14T00:00:00","slug":"les-etrennes-du-pentagone-vrai-ou-faux-cadeau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/01\/14\/les-etrennes-du-pentagone-vrai-ou-faux-cadeau\/","title":{"rendered":"<strong><em>Les \u00e9trennes du Pentagone : vrai ou faux cadeau ?<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Les \u00e9trennes du Pentagone : vrai ou faux cadeau ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tLe processus budg\u00e9taire am\u00e9ricain annuel est entr\u00e9 dans sa derni\u00e8re phase. Le projet de budget FY2003 va \u00eatre envoy\u00e9 au Congr\u00e8s le 4 f\u00e9vrier prochain. Les d\u00e9bats commenceront alors pour arriver \u00e0 une finalisation du budget \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. D&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, des hypoth\u00e8ses circulent. La question budg\u00e9taire est importante, notamment, et essentiellement pour ce qui nous occupe, pour le Pentagone. Depuis le 11 septembre 2001, on s&rsquo;interroge \u00e0la fois sur l&rsquo;\u00e9volution du budget militaire et sur les orientations des programmes en fonction des nouveaux conflits qui sont apparus, et avec \u00e0 l&rsquo;esprit que l&rsquo;un des buts de cette administration est, depuis le d\u00e9but, de mener \u00e0 bien une r\u00e9forme de structure importante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis quelques jours, les premiers \u00e9chos sur ce budget ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans la presse. Ils annoncent en gros une augmentation importante, autour de $20 milliards, sur un budget qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u des augmentations suppl\u00e9mentaires en cours d&rsquo;ann\u00e9e et qui se situe aujourd&rsquo;hui \u00e0 $327 milliards. On devrait atteindre pour FY2002 une proposition budg\u00e9taire autour de $350 milliards, laquelle ne tient pas compte des d\u00e9penses des conflits en cours qui sont d\u00e9compt\u00e9es hors-budget, selon un processus de centralisation entre plusieurs services qui risque d&rsquo;apporter bien des d\u00e9boires (les processus de centralisation \u00e0 partir de plusieurs services\/agences\/minist\u00e8res sont souvent l&rsquo;occasion de d\u00e9rives bureaucratiques incontr\u00f4lables, de gaspillages, etc).<\/p>\n<h3>La marche vers le d\u00e9sordre bureaucratique et une comptabilit\u00e9 hors de contr\u00f4le<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t[Actuellement le co\u00fbt des op\u00e9rations anti-terroristes depuis le 11 septembre 2001 atteint le chiffre d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9rable de $70 milliards. Il s&rsquo;agit du type de budget typique promis \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 tout contr\u00f4le, dans la mesure o\u00f9 une part non-n\u00e9gligeable du budget est <em>covert<\/em>, voire m\u00eame <em>black<\/em>, avec des programmes secrets, des actions secr\u00e8tes, des locations de services \u00e0 des agences fonctionnant hors-contr\u00f4le comptable comme la NSA, etc. Cette tendance est \u00e9galement renforc\u00e9e (toujours depuis le 11 septembre 2001) avec le processus de classification lanc\u00e9 \u00e0 grande vitesse. Des dizaines de programmes, de proc\u00e9dures, d&rsquo;\u00e9tudes, etc, sont classifi\u00e9s chaque semaine et entrent dans des domaines qu&rsquo;il est tr\u00e8s difficile de contr\u00f4ler, \u00e0 diff\u00e9rents niveaux dont le niveau comptable. Cette tendance va se r\u00e9percuter sur le co\u00fbt des op\u00e9rations. Le caract\u00e8re tr\u00e8s difficilement d\u00e9finissable de la guerre contre le terrorisme, le fait qu&rsquo;elle se d\u00e9roule sur le territoire am\u00e9ricain autant qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, qu&rsquo;elle renvoie \u00e0 des d\u00e9partements aussi diff\u00e9rents que la justice et la d\u00e9fense, \u00e0 des agences aussi diff\u00e9rentes que la CIA, le FBI, l&rsquo;ATF, accentue encore la perte de contr\u00f4le. Le service centralisateur de la lutte contre le terrorisme cr\u00e9\u00e9 \u00e0 la Maison-Blanche interf\u00e8re sur les autres proc\u00e9dures bureaucratiques des structures en place (d\u00e9partements et agences), ajoutant au d\u00e9sordre. Aujourd&rsquo;hui, on est sur la voie d&rsquo;un imbroglio bureaucratique o\u00f9 1) le budget de la d\u00e9fense lui-m\u00eame va affecter un volume grandissant \u00e0 des programmes et des proc\u00e9dures <em>black<\/em> par d\u00e9finition incontr\u00f4lables ; o\u00f9 2) les questions et les programmes de d\u00e9fense vont largement d\u00e9passer les comp\u00e9tences et les pouvoirs du Pentagone, avec des financements hors-budget du Pentagone ; o\u00f9 3) la concurrence des agences et des d\u00e9partements va conduire \u00e0 des redondances consid\u00e9rables &#8230; C&rsquo;est dire que le budget de la d\u00e9fense FY2002 d&rsquo;autour de $350 milliards ne repr\u00e9sente \u00e9videmment qu&rsquo;un chiffre partiel des r\u00e9elles d\u00e9penses qu&rsquo;on peut d\u00e9finir comme des d\u00e9penses de d\u00e9fense dans le cadre de la nouvelle Guerre contre la Terreur. Compte tenu de tout ce que nous avons d\u00e9crit autour et en-dehors de la stricte autorit\u00e9 du Pentagone, on pourrait avancer des hypoth\u00e8ses mod\u00e9r\u00e9es allant de $420 \u00e0 $450 milliards, sans compter les d\u00e9penses op\u00e9rationnelles elles-m\u00eames pour 2002, impossibles \u00e0comptabiliser par avance, et qu&rsquo;il serait raisonnable de situer entre $50 et $100 milliards, &mdash; tout cela constituant le v\u00e9ritable total des d\u00e9penses de d\u00e9fense. Cette d\u00e9rive pourrait conduire \u00e0 des surprises extr\u00eamement d\u00e9sagr\u00e9ables au niveau g\u00e9n\u00e9ral du budget f\u00e9d\u00e9ral.]<\/p>\n<h3>Les questions budg\u00e9taires risquent de ramener la guerre de l&rsquo;ext\u00e9rieur vers les champs de bataille int\u00e9rieurs de la bureaucratie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPour s&rsquo;en tenir au budget du Pentagone <em>stricto sensu<\/em>, le volume annonc\u00e9 proche des $350 milliards avec une augmentation de $20 milliards peut sembler important. Cette vision optimiste est <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2002\/01\/07\/national\/07PENT.html? todaysh ead lines\" class=\"gen\">pr\u00e9sent\u00e9e dans un article du New York Times du 7 janvier<\/a>. Effectivement, les $350 milliards approchent les sommes des gros budgets du DoD du temps de la Guerre Froide et l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;augmentation pourrait faire croire qu&rsquo;on ressuscite l&rsquo;\u00e9poque Reagan d&rsquo;augmentation busdg\u00e9taire. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une pr\u00e9sentation plut\u00f4t rapide et qui s&rsquo;en tient \u00e0 la comptabilit\u00e9 d&rsquo;apparence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa r\u00e9alit\u00e9 serait bien plus mitig\u00e9e que cela parce qu&rsquo;elle doit prendre en compte nombre de facteurs n\u00e9gatifs. Elle est mieux expos\u00e9e dans un article du 8 janvier de <em>USA Today<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.usatoday.com\/news\/washdc\/jan02\/2002-01-07-pentago n. htm\" class=\"gen\">donnant une vision beaucoup plus mesur\u00e9e<\/a> des perspectives. D&rsquo;abord, il y a le constat qu&rsquo;on n&rsquo;a rien tranch\u00e9 sur l&rsquo;essentiel, qui est l&rsquo;orientation r\u00e9formiste qu&rsquo;aurait voulu donner Rumsfeld. Rien n&rsquo;\u00e9tant tranch\u00e9, il est probable qu&rsquo;on poursuivra d&rsquo;une part l&rsquo;\u00e9volution des structures conventionnelles et d\u00e9pass\u00e9es de la Guerre froide et qu&rsquo;on tentera parall\u00e8lement de d\u00e9velopper des structures nouvelles, de type r\u00e9formiste. Cela implique des co\u00fbts importants. D&rsquo;autre part, il y a la r\u00e9alit\u00e9 que nous partons d&rsquo;une situation extr\u00eamement d\u00e9grad\u00e9e, qui exige, pour le seul maintien des capacit\u00e9s actuelles, des sommes consid\u00e9rables. (Pour avoir une id\u00e9e de cette situation, il faut se reporter au fameux \u00ab\u00a0d\u00e9bat des 4% du PNB\u00a0\u00bb tel qu&rsquo;il eut lieu \u00e0 l&rsquo;automne 2000, que nous \u00e9voquions <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=84\" class=\"gen\">en d\u00e9tails sur ce site, dans une analyse en date du 7 juillet 2001<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe budget de $350 milliards et cette augmentation de $20 milliards, &mdash; certes, si tous ces chiffres se confirment, &mdash; constituent une recette pour de grandes difficult\u00e9s, voire un d\u00e9sastre bureaucratiques. Ces mesures, ou plut\u00f4t l'\u00a0\u00bbesprit\u00a0\u00bb de ces mesures en m\u00eame temps que l&rsquo;air du temps semblent annoncer que le temps des restrictions est finie : tout le monde, tous les services, tous les programmes vont vouloir leur part, chacun avec les soutiens qu&rsquo;il faut au Pentagone. Des programmes comme le convertible Bell V-22, comme la pi\u00e8ce d&rsquo;artillerie <em>Crusader<\/em>, jug\u00e9s morts et enterr\u00e9s il y a un an, retrouvent aujourd&rsquo;hui de la vigueur et des partisans. L&rsquo;addition de ces exigences diverses nous conduirait bien au-del\u00e0 des $350 milliards, mais plut\u00f4t quelque part entre $400 et $450 milliards. Une somme bien \u00e9videmment impensable, malgr\u00e9 les affirmations de la Maison-Blanche selon lesquelles l&rsquo;\u00e9conomie (la discipline budg\u00e9taire) devra le c\u00e9der \u00e0 la priorit\u00e9 de la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Ces orientations font appr\u00e9cier comme fond\u00e9e l&rsquo;analyse selon laquelle les tensions ext\u00e9rieures vont avoir tendance \u00e0 se convertir en tensions bureaucratiques int\u00e9rieures, au travers des exigences des uns et des autres, qui se r\u00e9f\u00e9reront pourtant aux imp\u00e9ratifs de la situation ext\u00e9rieure.<\/p>\n<h3>Un commentaire de Rumsfeld sur l&rsquo;augmentation du budget<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCi-dessous, voici un extrait d&rsquo;une interview de Donald Rumsfeld diffus\u00e9e sur le r\u00e9seau C-SPAN, le 8 janvier. L&rsquo;extrait concerne une question du pr\u00e9sentateur sur le budget de la d\u00e9fense et l&rsquo;augmentation annonc\u00e9e. C&rsquo;est l&rsquo;un des seuls commentaires de Rumsfeld sur l&rsquo;information diffus\u00e9e par la presse. Ce qui nous para\u00eet remarquable dans cet extrait, c&rsquo;est l&rsquo;approche choisie par Rumsfeld, qui est une approche d\u00e9fensive, qui ne correspond pas du tout \u00e0 l&rsquo;atmosph\u00e8re guerri\u00e8re de ces derni\u00e8res semaines\/derniers mois \u00e0 Washington. Dans son interpr\u00e9tation, Rumsfeld r\u00e9duit l&rsquo;augmentation \u00e0 une quantit\u00e9 quasiment n\u00e9gligeable. Sur la fin de sa r\u00e9ponse, sans s&rsquo;exprimer directement sur le sujet, il parle du budget comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un budget de temps de paix alors qu&rsquo;on nous dit partout que l&rsquo;Am\u00e9rique est en guerre.(Ces deux phrases, pour illustrer cette derni\u00e8re remarque : \u00ab [The budget]<em>is a very small fraction of the gross national product of the United States of America. And what we find is, if we underspend, we weaken the deterrent, and a conflict occurs, then we have to increase a great deal, and it&rsquo;s too late, and we have to do it wastefully.<\/em> \u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC-SPAN, 8 janvier 2002<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBrod: Twenty billion dollars is what&rsquo;s being reported as what additional you&rsquo;re going to be asking the president and Congress for. Is that correct? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRumsfeld: I have a practice of not saying what I&rsquo;m recommending to the president, and allowing the president to decide what he wants to decide and make that recommendation to Congress, which he will on February 4 I believe is the date when the president submits his budget. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tI will, however, say this about the speculation that&rsquo;s been in the press. On the defense budget, $10 billion is roughly what inflation would amount to. So, if it were to be something like $20 billion, it would be roughly $10 billion would cover the cost of inflation, and another $10 billion, which is a relatively small percentage increase on the defense budget. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tThe thing that&rsquo;s important for all of us to remember is that throughout our history, the United States has had a tendency that at the end of a conflict, we would bring the defense budget down. Today, it&rsquo;s at one of the lowest levels as a percentage of our gross national product, or a percentage of the federal budget that it&rsquo;s been in my lifetime. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tWhen I came to Washington, it was roughly 10 percent of the gross national product of the United States during the Eisenhower and Kennedy administrations. It then moved down to about 5 percent of the gross national product in the United States. Today, it&rsquo;s less than 3 percent. It is a very small fraction of the gross national product of the United States of America. And what we find is, if we underspend, we weaken the deterrent, and a conflict occurs, then we have to increase a great deal, and it&rsquo;s too late, and we have to do it wastefully. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tThe wise thing to do is to find an appropriate level of expenditure, spend it in peacetime and wartime to see that this country is capable of contributing to peace and stability in the world, rather than risking war, risking conflict, risking lives, and wasting money.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9trennes du Pentagone : vrai ou faux cadeau ? Le processus budg\u00e9taire am\u00e9ricain annuel est entr\u00e9 dans sa derni\u00e8re phase. Le projet de budget FY2003 va \u00eatre envoy\u00e9 au Congr\u00e8s le 4 f\u00e9vrier prochain. Les d\u00e9bats commenceront alors pour arriver \u00e0 une finalisation du budget \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. 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