{"id":65026,"date":"2002-01-03T00:00:00","date_gmt":"2002-01-03T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/01\/03\/b-2-versus-f-22-avec-le-jsf-derriere\/"},"modified":"2002-01-03T00:00:00","modified_gmt":"2002-01-03T00:00:00","slug":"b-2-versus-f-22-avec-le-jsf-derriere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/01\/03\/b-2-versus-f-22-avec-le-jsf-derriere\/","title":{"rendered":"B-2 <em>versus<\/em> F-22, avec le JSF derri\u00e8re &#8230;"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">B-2 <strong><em>versus<\/em><\/strong> F-22, avec le JSF derri\u00e8re &#8230;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tLe 26 Decembre 2001, <a href=\"http:\/\/www.washtimes.com\/national\/20011226-15843558.htm\" class=\"gen\">d ans The Washington Times,<\/a> le journaliste Rowan Scarborough \u00e9crivait : \u00ab <em>The battle lines fall this way: Civilian budgeteers, led by Douglas J. Feith, undersecretary of defense for policy, want the Air Force to restart production of the Northrop Grumman Corp. B-2. The nation&rsquo;s first, and only, long-range stealth bomber has found new fans after missions over Kosovo and Afghanistan.<\/em> \u00bb Contre Feith et les civils, il y a l&rsquo;Air Force avec en t\u00eate le secr\u00e9tary \u00e0 l&rsquo;USAF James G. Roche, qui s&rsquo;oppose vigoureusement, et m\u00eame avec ce qu&rsquo;on qualifierait d&rsquo;\u00e9nergie du d\u00e9sespoir, \u00e0 la r\u00e9ouverture de la production du B-2, parce que l&rsquo;appr\u00e9ciation qu&rsquo;ils font est que cette d\u00e9cision am\u00e9nerait des ponctions budg\u00e9taires dans le programme F-22.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[On appr\u00e9ciera l&rsquo;ironie de la situation : Roche \u00e9tait Vice-Pr\u00e9sident chez Northrop Grumman, qui construit le B-2, avant de venir au Pentagone. Cette situation contredit-elle ce qu&rsquo;on dit d&rsquo;habitude des liens entre le Pentagone et le complexe militaro-industriel (la logique devant \u00eatre, dans ce cas, que Roche soutienne la relance du B-2 pour favoriser Northrop Grumman). Mais on sait \u00e9galement que Northrop Grumman n&rsquo;est que tr\u00e8s moyennement int\u00e9ress\u00e9 par la r\u00e9ouverture des cha\u00eenes de production du B-2, qui a \u00e9t\u00e9 promis, dans cette hypoth\u00e8se, \u00e0 un prix inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la s\u00e9rie initiale ($29 milliards pour 40 exemplaires alors que la s\u00e9rie initiale de 21 bombardiers a co\u00fbt\u00e9 $44 milliards er sans doute plus). Northrop Grumman est plus int\u00e9ress\u00e9 par le d\u00e9veloppement d&rsquo;une nouvelle famille de syst\u00e8mes d&rsquo;arme, \u00e9galement mis en \u00e9vidence par le conflit d&rsquo;Afghanistan, les UCAV ou Unmanned Combat Air Vehicle.]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn comprend bien que cette analyse du Washington <em>Times<\/em> compl\u00e8te et prolonge <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=139\" class=\"gen\">celle que nous publiions sur le m\u00eame sujet<\/a>, le 12 d\u00e9cembre. Des pr\u00e9cisions sont apport\u00e9es sur la panique \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que des B-2 suppl\u00e9mentaires pourraient \u00eatre financ\u00e9s en partie par une r\u00e9duction de la commande de chasseurs strat\u00e9giques F-22 Raptor. Une hypoth\u00e8se chiffr\u00e9e circule au Pentagone, comme le signale l&rsquo;article : on passerait de 339 exemplaire \u00e0 150, d\u00e9gageant avec l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9alis\u00e9e suffisamment de fonds pour les B-2 suppl\u00e9mentaires. La panique de l&rsquo;USAF vient du fait qu&rsquo;elle n&rsquo;ignore rien de la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une telle mesure : le programme F-22 serait r\u00e9duit \u00e0 une importance op\u00e9rationnelle marginale tandis que des augmentations de prix, du fait de la perte de rentabilit\u00e9 avec la r\u00e9duction de la production, menaceraient tout simplement son existence. On se trouverait avec le ph\u00e9nom\u00e8ne dit du \u00ab <em>son of the B-2<\/em> \u00bb : la s\u00e9rie passant de 339 \u00e0 150 exemplaires, le co\u00fbt unitaire du F-22 (actuellement autour de $180 millions) pourrait grimper \u00e0$350 millions et plus. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(R\u00e9f\u00e9rence au B-2 : passant d&rsquo;une s\u00e9rie de 132 \u00e0 21, le B-2 est pass\u00e9 d&rsquo;un co\u00fbt unitaire de $590 millions \u00e0$2.2 milliards, et, finalement, les $44 milliards pour 21 avions ne sont plus tr\u00e8s loin des $70 milliards pour 132. Dans le cas du F-22, au mieux, on passerait des $70 milliards pour 339 exemplaires \u00e0 pr\u00e8s de $55 milliards pour 150 exemplaires. Et encore n&rsquo;aurait-on d\u00e9gag\u00e9 que la moiti\u00e9 des $29 milliards n\u00e9cessaires pour les 40 nouveaux B-2. Tous ces chiffres doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme tr\u00e8s mesur\u00e9s. L&rsquo;op\u00e9ration qu&rsquo;on d\u00e9crit est une op\u00e9ration o\u00f9 la bureaucratie comptable a perdu le contr\u00f4le de l&rsquo;\u00e9volution des co\u00fbts. Dans ce cas, le pire est toujours possible. L&rsquo;USAF ne l&rsquo;ignore pas.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn sait bien la r\u00e9alit\u00e9 des choses \u00e0 cet \u00e9gard. Cela  r\u00e9duirait le programme F-22 \u00e0 un poids marginal au point de vue op\u00e9rationnel et menacerait de faire exploser son prix d\u00e9j\u00e0 presque insupportable, \u00e0 cause de l&rsquo;effet de r\u00e9duction de la production (des hypoth\u00e8ses d&rsquo;augmentation de co\u00fbt, pour la s\u00e9rie r\u00e9duite \u00e0 150, serait de $180 \u00e0 $300 millions et m\u00eame plus l&rsquo;exemplaires, ce qui mena\u00e7ant de faire du F-22 \u00ab<em>a new B-2<\/em>\u00bb -r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette \u00e9volution, lorsque le bombardier, pour diverses raisons, et notamment avec la r\u00e9duction de la commande passant de 132 \u00e0 21 exemplaires, vit son prix unitaire passer de $500 millions \u00e0$2.2 billions). Si ce <em>worst-case scenario<\/em> se r\u00e9alisait, la r\u00e9duction de production n&rsquo;aurait servi \u00e0 rien, le programme F-22 s&rsquo;av\u00e9rerait pas loin d&rsquo;\u00eatre aussi cher \u00e0 150 exemplaires qu&rsquo;\u00e0 339 et risquerait toujours de se retrouver hors-budget avec la pr\u00e9f\u00e9rence donn\u00e9e au B-2. En d&rsquo;autres mots, aucune illusion ne doit \u00eatre entretenue: ce serait la mort du F-22. Cela, l&rsquo;USAF ne l&rsquo;acceptera jamais. (S&rsquo;il y a une seule pr\u00e9diction qu&rsquo;on puisse avancer aujourd&rsquo;hui avec certitude aujourd&rsquo;hui concernant le Pentagone en \u00e9bullition, c&rsquo;est bien celle-ci: l&rsquo;USAF n&rsquo;acceptera jamais la mort du F-22.)<\/p>\n<h3>Le JSF au coeur de l&rsquo;in\u00e9vitable ouragan qui se l\u00e8ve au Pentagone<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans son article, Scarborough ne parle gu\u00e8re du JSF sinon pour deux mentions sans r\u00e9el int\u00e9r\u00eat. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il ne le place pas au coeur de la pol\u00e9mique puisque celle-ci semble se limiter au F-22. Il s&rsquo;y trouve pourtant, indirectement d&rsquo;abord mais avec la possibilit\u00e9 tr\u00e8s s\u00e9rieuse d&rsquo;un rapport beaucoup plus direct.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;abord, il faut pr\u00e9ciser que le d\u00e9bat est s\u00e9rieux. Feith, qui y a une position en pointe, fait partie des super-faucons du Pentagone, ceux qui ont le vent en poupe. Ses positions sont souvent soutenues par le Under Secretary Paul Wolfowitz, autre super-faucon, \u00e9galement en position de force apr\u00e8s la campagne victorieuse en Afghanistan. Rumsfeld, lui, est plut\u00f4t dans une position d&rsquo;arbitre, mais avec comme point de vue qu&rsquo;une r\u00e9forme et une restructuration des forces arm\u00e9es, avec des r\u00e9orientations de programme, sont absolument n\u00e9cessaires, et cela \u00e0 la lumi\u00e8re de certains enseignements du conflit en Afghanistan. (\u00ab<em>We will clearly learn some things that we did well and some things that we&rsquo;d like to be able to do better and some things that we ought to have that we don&rsquo;t have, said Rumsfeld of the war&rsquo;s lessons. That will go forward, as it does after every conflict, and the process is now under way.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tM\u00eame si l&rsquo;on est r\u00e9duit aux hypoth\u00e8ses quant \u00e0 l&rsquo;issue de cette bataille bureaucratique, on ne peut pour autant \u00e9carter les enseignements bien connus des grandes batailles bureaucratiques en g\u00e9n\u00e9ral. Si l&rsquo;on applique cette grille d&rsquo;interpr\u00e9tation, on en arrive \u00e0 quelques points :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Le courant r\u00e9formiste, d\u00e9j\u00e0 fort avant le 11 September, ressort renforc\u00e9 aujourd&rsquo;hui, apr\u00e8s l&rsquo;Afghanistan et avec la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale o\u00f9 l&rsquo;on se trouve, et avec la position de force acquise par Rumsfeld qui est un partisan acharn\u00e9 des r\u00e9formes. En d&rsquo;autres termes, des d\u00e9cisions seront prises.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Il est vrai que la campagne en Afghanistan repr\u00e9sente une incontestable victoire pour les bombardiers \u00e0 long rayon d&rsquo;action et les avions strat\u00e9giques en g\u00e9n\u00e9ral. L&rsquo;USAF s&rsquo;est trouv\u00e9e priv\u00e9e de bases proches du th\u00e9\u00e2tre utilisable pour ses avions d&rsquo;armes (ses avions tactiques, type F-15E, F-16), pour des raisons politiques. L&rsquo;aviation tactique s&rsquo;est trouv\u00e9e r\u00e9duite \u00e0 l&rsquo;aviation embarqu\u00e9e des porte-avions, limit\u00e9e en nombre et en autonomie. L&rsquo;essentiel des missions d&rsquo;appui, et surtout les missions d&rsquo;appui d\u00e9cisives, sont revenus aux bombardiers B-1, B-2 et B-52. Ce fait constitue un formidable argument pour les partisans du \u00a0\u00bbplus de B-2\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, il est aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s difficilement envisageable que l&rsquo;USAF puisse voir r\u00e9duire son programme F-22 \u00e0un point o\u00f9 il pourrait \u00eatre abandonn\u00e9. C&rsquo;est une question de statut et de puissance de ce service, une question sur laquelle l&rsquo;USAF se battra \u00a0\u00bb<em>to the death<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa conclusion \u00e0 ce point est qu&rsquo;il para\u00eet difficile, devant ces points qui sont autant de cas de blocage, que le d\u00e9bat en reste \u00e0 ce niveau, avec ces seuls acteurs, alors qu&rsquo;il semble par ailleurs impossible de l&rsquo;\u00e9carter. Il para\u00eet alors probable que le d\u00e9bat devrait s&rsquo;\u00e9largir et faire entrer dans la r\u00e9flexion d&rsquo;autres acteurs et l&rsquo;ensemble des structures des forces, et leur avenir d&rsquo;une fa\u00e7on globale. C&rsquo;est alors, bien entendu, qu&rsquo;on ne manquera pas de voir resurgir la probl\u00e9matique du JSF.<\/p>\n<h3>L&rsquo;affirmation des UCAV<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est autour de l&rsquo;USAF que la bataille se concentre effectivement. Ce service sort grand vainqueur de la campagne d&rsquo;Afghanistan mais on ignore encore exactement de quelle fa\u00e7on. On ne peut certes pas dire que cette victoire est, pour l&rsquo;USAF, une victoire \u00e0 la Pyrrhus. Ce service est au contraire dans une position d&rsquo;affirmation de puissance par rapport aux autres qui est sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l&rsquo;histoire du Pentagone. La campagne d&rsquo;Afghanistan a d\u00e9sign\u00e9 l&rsquo;USAF, ou plut\u00f4t elle a confirm\u00e9 l&rsquo;USAF (apr\u00e8s les conflits des ann\u00e9es &rsquo;90, du Golfe au Kosovo) dans la position de principal service arm\u00e9 pour l&rsquo;intervention dans les nouveaux types de conflits. Mais ce sera une victoire \u00e0 la Pyrrhus pour certaines tendances, certains \u00a0\u00bbpartis\u00a0\u00bb \u00e0l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;USAF, dans la mesure o\u00f9 ces m\u00eames conflits, et l&rsquo;Afghanistan en derni\u00e8re instance, ont montr\u00e9 des conditions tr\u00e8s diff\u00e9rentes de celles qui existaient du temps de la Guerre froide, donc des n\u00e9cessit\u00e9s de r\u00e9formes de structure et de changements dans les priorit\u00e9s des mat\u00e9riels. Pour ne citer que cet exemple, si fort qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 explicitement cit\u00e9 par le pr\u00e9sident Bush dans un r\u00e9cent discours sur la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9former les forces arm\u00e9es, l&rsquo;affirmation des UCAV (Unmanned Combat Air Vehicle) tels que le Predator repr\u00e9sente une avanc\u00e9e r\u00e9volutionnaire pour l&rsquo;USAF, pour un mat\u00e9riel d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 disponible, et dont les missions vont directement interf\u00e9rer sur les syst\u00e8mes pilot\u00e9s tactiques existants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;exemple du Predator est int\u00e9ressant parce qu&rsquo;il nous ram\u00e8ne sur le terrain de notre r\u00e9flexion. Cet UCAV et d&rsquo;autres (le Global Hawk, par exemple) ont jou\u00e9 des r\u00f4les int\u00e9ressants, bien entendu au niveau tactique, par les limites naturelles de leurs capacit\u00e9s. Dans certains domaines, encore limit\u00e9s puisque cette sorte de syst\u00e8me en est encore \u00e0 ses d\u00e9buts, l&rsquo;UCAV a suppl\u00e9\u00e9 \u00e0l&rsquo;absence des avions tactiques de l&rsquo;USAF ou, dans tous les cas, aux limitations d&#8217;emploi qui leur ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9s. Par contre, ils peuvent difficilement pr\u00e9tendre concurrencer les syst\u00e8mes strat\u00e9giques, les bombardiers qui ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s avec le succ\u00e8s qu&rsquo;on sait. Cela signifie que, pour l&rsquo;USAF, le d\u00e9bat de la r\u00e9forme, le d\u00e9bat post-Afghanistan va essentiellement affecter sa composante tactique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn pourrait avancer que c&rsquo;est le cas avec la bataille entre le B-2 et le F-22. Ce n&rsquo;est pas notre analyse. Cette bataille est une bataille de circonstance et elle est particuli\u00e8rement vive parce que les arguments budg\u00e9taires sont pressants et que le F-22 est \u00e0 un moment crucial de son d\u00e9veloppement, au moment o\u00f9 sa production commence et o\u00f9 la commande g\u00e9n\u00e9rale (les 339 que veut l&rsquo;USAF) n&rsquo;est pas encore verrouill\u00e9e. Ce qui nous importe est le d\u00e9bat de fond, celui qui va se d\u00e9velopper sur le long terme.<\/p>\n<h3>Le \u00a0\u00bbpoids de l&rsquo;Afghanistan\u00a0\u00bb va peser  plus sur le JSF que sur le F-22<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre analyse est que le B-2 et le F-22 sont deux domaines trop vitaux pour les forces en pr\u00e9sence au Pentagone pour que l&rsquo;un ou l&rsquo;autre en souffre de fa\u00e7on d\u00e9finitive. Fondamentalement, l&rsquo;USAF n&rsquo;est contre une nouvelle s\u00e9rie de B-2 que dans la mesure o\u00f9 le financement de cette s\u00e9rie pourrait empi\u00e9ter sur le F-22. Si les enseignements de l&rsquo;Afghanistan sont pris en compte, il y aura des bombardiers strat\u00e9giques suppl\u00e9mentaires (une nouvelle s\u00e9rie de B-2 ou un hypoth\u00e9tique nouveau bombardier strat\u00e9gie, un hypoth\u00e9tique \u00a0\u00bbB-3\u00a0\u00bb). D&rsquo;autre part, le F-22 semble trop important pour l&rsquo;\u00e9quilibre et les statuts de l&rsquo;USAF pour que ce programme soit abandonn\u00e9 (et, par cons\u00e9quent, pour qu&rsquo;il soit r\u00e9duit de fa\u00e7on drastique, car cette r\u00e9duction risquerait de conduire \u00e0sa mort). Pour le renforcer, l&rsquo;USAF va accentuer le c\u00f4t\u00e9 strat\u00e9gique du F-22 et va \u00e9ventuellement revenir sur l&rsquo;id\u00e9e de proposer des versions d&rsquo;attaque, avec munitions air-sol, pour dans ces versions nouvelles en \u00a0\u00bbmini-bombardier strat\u00e9gique\u00a0\u00bb. Mais le d\u00e9bat ne sera pas clos pour autant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe d\u00e9bat en viendrait alors \u00e0 l&rsquo;essentiel, qui n&rsquo;est pas l&rsquo;affrontement B-2 versus F-22. L&rsquo;essentiel, c&rsquo;est la r\u00e9duction dramatique de l&rsquo;importance de la mission d&rsquo;appui tactique pour les chasseurs tactiques conventionnels, au profit, d&rsquo;une part, des bombardiers strat\u00e9giques intervenant \u00e9galement dans les missions tactiques de haut de gamme et, d&rsquo;autre part, des UCAV de plus en plus sp\u00e9cialis\u00e9s dans les missions tactiques de bas de gamme. On comprend alors combien cette logique r\u00e9formiste conduit \u00e0 examiner le statut futur du JSF\/F-35, c&rsquo;est-\u00e0-dire le volume de commande nationales (particuli\u00e8rement USAF) de ce programme. Il devient hautement pr\u00e9visible que, dans un environnement budg\u00e9taire sollicit\u00e9 par de nombreux programmes nouveaux, par le d\u00e9veloppement de forces nouvelles (type-Special Forces), par le d\u00e9veloppement de la d\u00e9fense du territoire sous toutes ses formes, le JSF apparaisse de plus en plus comme un programme d&rsquo;importance secondaire, ou \u00e0 priorit\u00e9 secondaire pour les allocations budg\u00e9taires, voire m\u00eame pour les structures des forces. On se trouverait dans ce cas dans un processus de \u00a0\u00bbbanalisation\u00a0\u00bb du JSF\/F-35, alors que ce programme a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es par l&rsquo;affirmation implicite qu&rsquo;il constituait la priorit\u00e9 des priorit\u00e9s, le programme auquel tout devrait \u00eatre sacrifi\u00e9. Certes, la logique du programme JSF continue \u00e0exister, notamment l&rsquo;\u00e9norme puissance qu&rsquo;il devrait avoir \u00e0l&rsquo;exportation. Mais c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9quation g\u00e9n\u00e9rale de la d\u00e9fense am\u00e9ricaine qui a chang\u00e9, pr\u00e9cis\u00e9ment depuis le 11 septembre. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;exportation n&rsquo;est plus une des toutes premi\u00e8res priorit\u00e9s du Pentagone. L&rsquo;analyse est devenue beaucoup plus op\u00e9rationnelles, puisque nous nous trouvons devant la perspectives de nombreux et divers conflits. Dans cette analyse op\u00e9rationnelle, le JSF n&rsquo;a plus la place de choix qu&rsquo;il avait. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(&#8230;. L&rsquo;exemple n\u00e9erlandais semblerait pouvoir figurer comme une illustration de cette situation. A la fin 2001, il se confirmait en effet que les N\u00e9erlandais, sollicit\u00e9s d&rsquo;investir autour de $1 billion dans le programme pour confirmer leur engagement irr\u00e9versible dans la phase-II du programme, se montraient clairement h\u00e9sitants, avec des forces politiques partag\u00e9es \u00e0 cet \u00e9gard alors que, six mois ou un an auparavant il semblait y avoir une certaine entente g\u00e9n\u00e9rale en faveur d&rsquo;une solution JSF. Certaines incertitudes inh\u00e9rentes au programme JSF lui-m\u00eame (et normales, en un sens, \u00e0 ce niveau de d\u00e9veloppement) et certaines incertitudes de l&rsquo;offre am\u00e9ricaine aux N\u00e9erlandais sont pour beaucoup dans cette attitude. Le 20 December 2001, le secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat \u00e0 la D\u00e9fense n\u00e9erlandais (Deputy of the Liberal Defense Minister De Grave, a strong pro-JSF proponent) fit un d\u00e9placement d&rsquo;urgence de 24 heures au Pentagone, pour consulter les Am\u00e9ricains. C&rsquo;\u00e9tait la veille d&rsquo;un conseil des ministres que certains jugeaient crucial pour un \u00e9ventuel engagement. A Washington, selon certaines sources n\u00e9erlandaises, le N\u00e9erlandais aurait demand\u00e9 \u00e0 ses interlocuteurs am\u00e9ricains de \u00a0\u00bbraffiner\u00a0\u00bb leur offre, de la pr\u00e9ciser, de l&rsquo;am\u00e9nager dans un sens plus engageant pour les Pays-Bas. La r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 nette : le programme JSF est une \u00e9norme machine \u00e0 laquelle les non-US doivent tenter de s&rsquo;adapter, selon les conditions qui leur sont faites. D&rsquo;une part, certes, Washington n&rsquo;est pas, aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;humeur \u00e0transiger ; d&rsquo;autre part, il est certain qu&rsquo;\u00e0 ce niveau du programme, il est difficile de pr\u00e9ciser des am\u00e9nagements pour un partenaire qui reste mineur. Le r\u00e9sultat pourrait \u00eatre que l&rsquo;appr\u00e9ciation du programme et de l&rsquo;offre JSF, devant des difficult\u00e9s \u00e0concr\u00e9tiser les avantages initiaux en en restant au seul domaine technique et \u00e9conomique du d\u00e9veloppement, pourrait passer sur le terrain politique. En Europe, cela signifierait qu&rsquo;une opposition nouvelle et puissante \u00e0 la p\u00e9n\u00e9tration du JSF pourrait appara\u00eetre, appuy\u00e9e sur des arguments beaucoup plus s\u00e9rieux de la d\u00e9fense de l&rsquo;industrie a\u00e9ronautique europ\u00e9enne. Ce serait aussi, pour le JSF, une fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre confront\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;il a jusqu&rsquo;ici \u00e9vit\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 la question pos\u00e9e aux Am\u00e9ricains, et qui est particuli\u00e8rement exprim\u00e9e \u00e0 propos du JSF, dans les deux cas envisag\u00e9s : comment se comporter lorsqu&rsquo;on est confront\u00e9 aux r\u00e9alit\u00e9s de ROW ? &#8230; ).<\/p>\n<h3><strong><em>De Air Force Magazine, January 2002<\/em><\/strong><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Aldridge noted Boeing&rsquo;s ongoing work on the F-22 and Super Hornet and also pointed out \u00a0\u00bbthere&rsquo;s still design work going on [with] unmanned aircraft and unmanned combat aircraft.\u00a0\u00bb Boeing&rsquo;s design teams would be \u00a0\u00bbappropriate\u00a0\u00bb to work on these, he said. Furthermore, DOD has put into the Fiscal 2002 budget some money to begin work on \u00a0\u00bba new long-range strike platform that could have capabilities far out into the future,\u00a0\u00bb Aldridge said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In the case of prime contractors, \u00a0\u00bbthere&rsquo;s plenty of work,\u00a0\u00bb he concluded. He added that Unmanned Combat Air Vehicles and other unmanned systems hold much promise. \u00a0\u00bbWhen you get to the period of 2025 or 2040,\u00a0\u00bb said Aldridge, \u00a0\u00bbit&rsquo;s not clear that manned aircraft competition will exist at all,\u00a0\u00bb possibly rendering the question of preserving more than one manufacturer moot. In fact, some industry and Pentagon officials have speculated that if Boeing&rsquo;s defense-suppression UCAV performs well, more of them could be purchased at the expense of some cuts to the JSF buy.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Daniels admitted that UCAVs offer a distinct opportunity for Boeing but that the long-range strike platform will not enter a design phase until near the end of this decade, too far out to help cushion the loss of the JSF program.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In the run-up to the Quadrennial Defense Review, several area study teams noted that the Navy is still without a stealth airplane and, under the JSF schedule, will not get one for another decade. Several panels suggested the JSF be accelerated, for at least the Navy version.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Aldridge said that \u00a0\u00bbwe&rsquo;d love to have this airplane today\u00a0\u00bb but the Pentagon will not rush the program.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>\u00a0\u00bbWe&rsquo;re going to make sure we do it right,\u00a0\u00bb he explained, adding that the JSF will follow a \u00a0\u00bbspiral development\u00a0\u00bb plan in which early models will not have \u00a0\u00bb100 percent\u00a0\u00bb of the ultimate capability planned for the type. The JSFs will be improved in block upgrades, and early models will be retrofitted as more advanced avionics, software, and weapons become available.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Hudson, too, acknowledged that the development program has been laid out in a well-paced, \u00a0\u00bblogical\u00a0\u00bb fashion and that tinkering with it would likely not produce airplanes much faster but would certainly raise the cost \u00a0\u00bband the levels of risk that we associate with this program.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Prior to the JSF go-ahead, the General Accounting Office advised Congress to slow the program, arguing that, while good progress had been made in reducing technological risk, the program was still not a \u00a0\u00bblow risk\u00a0\u00bb venture. The GAO warned that cost overruns and schedule delays could loom in the future if certain of the program&rsquo;s business, manufacturing, and weapons initiatives don&rsquo;t pan out. The Pentagon rejected the assertion and insisted that the risks in JSF are well-understood and well within reason.<\/em>\u00bb<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>B-2 versus F-22, avec le JSF derri\u00e8re &#8230; Le 26 Decembre 2001, d ans The Washington Times, le journaliste Rowan Scarborough \u00e9crivait : \u00ab The battle lines fall this way: Civilian budgeteers, led by Douglas J. Feith, undersecretary of defense for policy, want the Air Force to restart production of the Northrop Grumman Corp. B-2.&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[3233,249,250],"class_list":["post-65026","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-b-2","tag-f-22","tag-jsf"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65026","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65026"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65026\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65026"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65026"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65026"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}