{"id":65047,"date":"2002-04-03T00:00:00","date_gmt":"2002-04-03T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/04\/03\/la-vraie-question-de-lempire-aux-usa\/"},"modified":"2002-04-03T00:00:00","modified_gmt":"2002-04-03T00:00:00","slug":"la-vraie-question-de-lempire-aux-usa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/04\/03\/la-vraie-question-de-lempire-aux-usa\/","title":{"rendered":"La vraie \u00a0\u00bbquestion de l&#8217;empire\u00a0\u00bb (aux USA)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La vraie question de l&#8217;empire aux USA<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis plusieurs ann\u00e9es se poursuit un d\u00e9bat, aux USA et hors des USA, autour du statut de cette puissance. Ce d\u00e9bat est notamment synth\u00e9tis\u00e9, r\u00e9sum\u00e9, par ce que nous pourrions d\u00e9signer comme \u00a0\u00bbla question de l&#8217;empire\u00a0\u00bb : les USA sont-ils ou ne sont-ils pas un empire? La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Rome (l&#8217;empire romain) est constante et, jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant, la forme de la question, ou disons l&rsquo;esprit qui inspirait la question, impliquait une approche historique et g\u00e9opolitique du probl\u00e8me. Par cons\u00e9quent, on parlait de la puissance ext\u00e9rieure et l &lsquo;influence \u00ab\u00a0imp\u00e9riale\u00a0\u00bb qu&rsquo;auraient ou que n&rsquo;auraient pas les USA, sans r\u00e9f\u00e9rence id\u00e9ologique. Un article int\u00e9ressant d\u00e9place le d\u00e9bat ou, plut\u00f4t, signale que le d\u00e9bat s&rsquo;est largement d\u00e9plac\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn ignore si l&rsquo;auteur autant que les experts et historiens interrog\u00e9es pour cet article ont conscience de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;ils ont ainsi \u00e9veill\u00e9 et des perspectives qu&rsquo;ils ont ouvertes. On supposerait avec insistance que non parce que c&rsquo;est l&rsquo;approche habituelle de la psychologie am\u00e9ricaine, cette ignorance des perspectives et des cons\u00e9quences indirectes au profit des constats de court-terme, au risque de la d\u00e9stabilisation ; si c&rsquo;est le cas, cela permet de consid\u00e9rer l&rsquo;\u00e9volution de la pens\u00e9e am\u00e9ricaine telle qu&rsquo;en elle-m\u00eame, on pourrait dire sans arri\u00e8re-pens\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;article a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans le New York <em>Times<\/em> et <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/53203.html\" class=\"gen\">repris dans l&rsquo;International Herald Tribune du 2 avril.<\/a> Il s&rsquo;agit de \u00ab <em>&lsquo;It takes an empire,&rsquo; say several U.S. thinkers<\/em> \u00bb, de Emily Eakin. On trouve dans cet article la r\u00e9affirmation que l&rsquo;Am\u00e9rique est un empire (plus que jamais) et, plus important parce qu&rsquo;in\u00e9dit, l&rsquo;affirmation nouvelle qu&rsquo;elle doit agir comme un empire, politiquement et, au-del\u00e0 dans la pens\u00e9e, id\u00e9ologiquement dans sa forme expansionniste et agressive. La grande trouvaille de l&rsquo;article, celle que l&rsquo;auteur met en avant, c&rsquo;est bien le mot \u00ab\u00a0imp\u00e9rialisme\u00a0\u00bb. Le mot n&rsquo;est plus tabou. Les comparaisons avec Rome, de g\u00e9n\u00e9rales et th\u00e9oriques qu&rsquo;elles \u00e9taient, deviennent pr\u00e9cises et portent sur des situations romaines dont le rapprochement avec celle des USA e\u00fbt paru choquant il y a un ou deux ans.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;ensemble est appuy\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9rudition factuelle dont sont friands les experts-historiens am\u00e9ricains lorsqu&rsquo;ils d\u00e9battent de ce probl\u00e8me. On ne sait pas si l&rsquo;Am\u00e9rique est une nouvelle Rome mais on apprend sans aucun doute qu&rsquo;elle se croit de plus en plus \u00eatre une nouvelle Rome, jusque dans les ambitions les plus contestables, et que la sensation para\u00eet lui \u00eatre tr\u00e8s excitante. (Excitation intellectuelle, cela va sans dire, \u00a0mais cela laisse \u00e0 penser lorsqu&rsquo;on le dit.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuelques phrases reproduites de l&rsquo;article pour illustrer nos constats :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Americans are used to being told &#8211; typically by resentful foreigners &#8211; that they are imperialists. But lately some of the nation&rsquo;s own eminent thinkers are embracing the idea. More astonishing, they are using the term with approval. From the isolationist right to the imperialist-bashing left, a growing number of experts are issuing stirring paeans to American empire.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The Weekly Standard kicked off the parade early last fall with \u00a0\u00bbThe Case for American Empire,\u00a0\u00bb by The Wall Street Journal&rsquo;s editorial features editor, Max Boot. Quoting the title of Patrick Buchanan&rsquo;s last book, \u00a0\u00bbAmerica: A Republic, not an Empire,\u00a0\u00bb Boot said, \u00a0\u00bbThis analysis is exactly backward: the Sept. 11 attack was a result of insufficient American involvement and ambition; the solution is to be more expansive in our goals and more assertive in their implementation.\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa situation intellectuelle que d\u00e9crit Eakin semble si marquante qu&rsquo;elle touche les historiens les plus fameux. Ainsi de Paul Kennedy, fameux en 1987-88 pour sa th\u00e8se sur le d\u00e9clin de l&#8217;empire am\u00e9ricain (th\u00e8se du \u00a0\u00bbd\u00e9clinisme\u00a0\u00bb), qui, aujourd&rsquo;hui, semble tent\u00e9 de prendre le parti inverse. En 1987-88, Kennedy avait d\u00e9velopp\u00e9 l&rsquo;argument que la \u00ab\u00a0sur-extension\u00a0\u00bb des engagements militaires des \u00c9tats-Unis menait in\u00e9luctablement \u00e0 une charge insupportable et, \u00e0 cause de cela, d\u00e9clenchait parall\u00e8lement un d\u00e9clin de cette nation transform\u00e9 en empire. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;appr\u00e9ciation de Kennedy sur l&#8217;empire est notablement plus enthousiaste, plus optimiste sans aucun doute, selon ce qu&rsquo;en rapporte Eakin :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>\u00a0\u00bbNothing has ever existed like this disparity of power,  [between USA and the rest]\u00a0\u00bb Kennedy wrote in the Financial Times of London. \u00a0\u00bbThe Pax Britannica was run on the cheap, Britain&rsquo;s army was much smaller than European armies and even the Royal Navy was equal only to the next two navies &#8211; right now all the other navies in the world combined could not dent American maritime supremacy. Napoleon&rsquo;s France and Philip II&rsquo;s Spain had powerful foes and were part of a multipolar system. Charlemagne&rsquo;s empire was merely western European in its stretch. The Roman Empire stretched further afield, but there was another great empire in Persia and a larger one in China. There is no comparison.\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;argument est significatif. Ce que Kennedy pr\u00e9sentait comme la cause du d\u00e9clin am\u00e9ricain n&rsquo;\u00e9tait pas une absence de puissance des USA, mais, comme on l&rsquo;a dit, une \u00ab\u00a0sur-extension\u00a0\u00bb de cette puissance. Les USA ne sont pas plus puissants qu&rsquo;ils \u00e9taient hier, et m\u00eame ils le sont beaucoup moins, et la \u00ab\u00a0sur-extension\u00a0\u00bb a toutes les chances de s&rsquo;en trouver encore grandie (<a href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=158\" class=\"gen\">comme le pensent les commandants de th\u00e9\u00e2tre des forces arm\u00e9es US eux-m\u00eames<\/a>). Ce qui a chang\u00e9 depuis 1987-88, et fondamentalement depuis le 11 septembre 2001, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit. Kennedy n&rsquo;y \u00e9chappe pas, parce qu&rsquo;il se trouve dans un milieu o\u00f9 il faut beaucoup de courage pour soutenir des opinions qui d\u00e9fient le conformisme ambiant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn effet, ce que nous d\u00e9crit Eakin, c&rsquo;est une \u00e9volution g\u00e9n\u00e9rale de la pens\u00e9e strat\u00e9gique US. Il serait sommaire, voire m\u00eame primaire, de penser que les faits imposent cette \u00e9volution. On conna\u00eet le climat US actuel et les caract\u00e9ristiques des intellectuels officiels. Le conformisme officiel ne permet nulle \u00e9chappatoire. C&rsquo;est la pens\u00e9e extr\u00e9miste <em>neo-con<\/em> qui tient le haut du pav\u00e9, c&rsquo;est donc toute la pens\u00e9e strat\u00e9gique US qui va dans ce sens. Mais, ce faisant, cette pens\u00e9e extr\u00e9miste s&rsquo;institutionnalise et va bient\u00f4t devenir la ligne quasi-officielle des milieux strat\u00e9giques, influen\u00e7ant d&rsquo;autant la g\u00e9n\u00e9ration qui arrive aujourd&rsquo;hui dans les cercles d&rsquo;influence (<em>think tank<\/em> et autres), dans les m\u00e9dias et, bient\u00f4t, dans les minist\u00e8res et les centres de d\u00e9cision. Tout cela va tr\u00e8s vite aux USA, pays de la communication. Et c&rsquo;est bien entendu la pens\u00e9e conformiste (m\u00eame la plus extr\u00e9miste) que la communication moderne v\u00e9hicule le plus volontiers.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela signifie que la pens\u00e9e refl\u00e9t\u00e9e par cet article a de fortes chances de devenir tr\u00e8s vite la pens\u00e9e majoritaire dans les \u00e9lites de l&rsquo;<em>establishment<\/em>. Cela signifie que la politique actuelle pourrait ne pas \u00eatre un accident, que l&rsquo;imp\u00e9rialisme militariste risque de devenir la politique officielle des \u00c9tats-Unis. Voil\u00e0 qui ouvre des perspectives.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuelles perspectives?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La premi\u00e8re est non seulement la persistance de l&rsquo;antagonisme des conceptions politiques am\u00e9ricaine et europ\u00e9enne mis en \u00e9vidence depuis le 11 septembre mais son aggravation et son approfondissement. Pour l&rsquo;Europe, cela signifie que, tr\u00e8s rapidement, va se poser la question de transf\u00e9rer ce d\u00e9saccord antagoniste avec les USA dans une politique qui serait, n\u00e9cessairement, elle-m\u00eame antagoniste et per\u00e7ue comme alternative et concurrentes \u00e0 la politique am\u00e9ricaine. Pour l&rsquo;Europe, c&rsquo;est cette voie ou bien des effets de division, voire d&rsquo;\u00e9clatement des regroupements europ\u00e9ens actuels, c&rsquo;est-\u00e0-dire une crise europ\u00e9enne majeure, jusqu&rsquo;\u00e0 des situation sans le moindre doute antagonistes entre les \u00c9tats europ\u00e9ens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La seconde perspective, c&rsquo;est \u00e9videmment de reconna\u00eetre le chemin que pourraient suivre les structures du gouvernement am\u00e9ricain et des diff\u00e9rentes bureaucraties f\u00e9d\u00e9rales dans l&rsquo;application et l&rsquo;extension d&rsquo;un tel imp\u00e9rialisme. L\u00e0 aussi, on serait conduit \u00e0 penser que les modifications entreprises par l&rsquo;administration GW dans le syst\u00e8me juridique am\u00e9ricain, par rapport aux droits civiques et aux m\u00e9dias, dans un sens qui penche \u00e9videmment vers l&rsquo;autoritarisme, sont conduites \u00e0 devenir permanentes. S&rsquo;ensuit aussit\u00f4t la question de savoir o\u00f9 s&rsquo;arr\u00eateraient de telles modifications, jusqu&rsquo;\u00e0 quel degr\u00e9 d&rsquo;autoritarisme \u00e9voluerait le syst\u00e8me am\u00e9ricain. Cela n&rsquo;a pas l&rsquo;air d&rsquo;effrayer nos strat\u00e8ges. (Il s&rsquo;agirait d&rsquo;un autre point de tr\u00e8s grave antagonisme entre l&rsquo;Europe et les \u00c9tats-Unis, l&rsquo;Europe ne suivant pas le chemin am\u00e9ricain du renforcement de l&rsquo;autoritarisme.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Arguing that \u00a0\u00bbtimes have changed less than we think,\u00a0\u00bb Kaplan suggests the nation&rsquo;s leaders turn to ancient chroniclers &#8211; as well as Winston Churchill&rsquo;s 1899 account of the British conquest of the Sudan &#8211; for helpful hints about how to navigate today&rsquo;s world. He devotes a chapter to the Second Punic War (\u00a0\u00bbRome&rsquo;s victory in the Second Punic War, like America&rsquo;s in World War II, made it a universal power\u00a0\u00bb) and one to the cunning Emperor Tiberius. Granted, the emperor was something of a despot, writes Kaplan. Still, he \u00a0\u00bbcombined diplomacy with the threat of force to preserve a peace that was favorable to Rome.\u00a0\u00bb <\/em>[&#8230;] <em>Classicists may scoff at the idea that democratic America has much in common with the tyrannical Rome of Augustus or Nero. But the empire camp points out that however unlikely the comparison, America has often behaved like a conquering empire. As Kennedy put it, \u00a0\u00bbFrom the time the first settlers arrived in Virginia from England and started moving westward, this was an imperial nation, a conquering nation.\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La troisi\u00e8me perspective, qui est une hypoth\u00e8se d&rsquo;un certain retour aux r\u00e9alit\u00e9s, est \u00e0 faire \u00e0 partir de la remarque que tous ces experts d\u00e9veloppent cette pens\u00e9e imp\u00e9rialiste alors que la population am\u00e9ricaine semble encore \u00eatre dans l&rsquo;\u00e9tat de choc cons\u00e9cutif au 11 septembre. C&rsquo;est dans tous les cas l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;on peut faire. Si cette hypoth\u00e8se est fond\u00e9e et si l&rsquo;\u00e9tat de choc finissait enfin par se dissiper, si les 90% de soutien \u00e0 GW Bush s&rsquo;\u00e9rodaient, que sortirait-il de la confrontation de la population avec la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une Am\u00e9rique transform\u00e9e, du statut d&rsquo;une d\u00e9mocratie d&rsquo;apparence lib\u00e9rale, \u00e0 celui d&rsquo;une d\u00e9mocratie autoritaire, imp\u00e9riale et imp\u00e9rialiste ? Il y a un potentiel r\u00e9el pour des remous internes et des situations de crise.<\/p>\n<h3>L&rsquo;ignorance du monde ext\u00e9rieur<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;argument le plus remarquable dans les diverses plaidoiries pour cette nouvelle politique imp\u00e9rialiste \u00e0 visage d\u00e9couvert des \u00c9tats-Unis, c&rsquo;est sans aucun doute l&rsquo;affirmation qu&rsquo;elle constitue un \u00e9l\u00e9ment de stabilisation. Ainsi lit-on dans l&rsquo;article d&rsquo;Eakin, ces citations d&rsquo;experts et de journalistes-philosophes, de Max Boot et de Robert Kaplan (un des penseurs <em>neo-conservatives<\/em> et auteur de <em>The Coming Anarchy<\/em>, tr\u00e8s influent aupr\u00e8s de GW Bush) : \u00ab <em>\u00a0\u00bbWe are an attractive empire, Boot said. And that, empire enthusiasts say, is the reason to root for a Pax Americana. In an anarchic world, with rogue states and terrorist cells, a globally dominant United States offers the best hope for peace and stability, they argue. \u00a0\u00bbThere&rsquo;s a positive side to empire,\u00a0\u00bb Kaplan said. \u00a0\u00bbIt&rsquo;s in some ways the most benign form of order.\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a dans ces appr\u00e9ciations un extravagant renversement de cause \u00e0 effet, tr\u00e8s coutumier dans la pens\u00e9e am\u00e9ricaine. Boot et Kaplan pr\u00e9sentent l&#8217;empire am\u00e9ricain comme la solution au d\u00e9sordre et au chaos mondial, alors que la proposition inverse est de plus en plus souvent soutenue, de plus en plus acceptable, de plus en plus \u00e9vidente parce que constat\u00e9e chaque jour : l&rsquo;action de l&#8217;empire est totalement d\u00e9stabilisante et ne cesse d&rsquo;accro\u00eetre ou d&rsquo;installer le d\u00e9sordre partout o\u00f9 il y a intervention. (Le journaliste Alan Bock explique m\u00eame, <a href=\"http:\/\/www.antiwar.com\/bock\/pf\/p-b040302.html\" class=\"gen\">dans sa plus r\u00e9cente livraison<\/a>, que les efforts de paix les plus sinc\u00e8res des USA, comme lors d&rsquo;initiatives au Moyen-Orient, d\u00e9bouchent sur le d\u00e9sordre. L&rsquo;explication en est \u00e9videmment que ces efforts de paix, comme ce fut le cas avec Clinton, sont faits pour des motifs de politique int\u00e9rieure, et donc manipul\u00e9s plus que construits pour passer l&rsquo;\u00e9preuve du temps.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes m\u00eames plaideurs de l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain stabilisateur ne cessent d&rsquo;argumenter par ailleurs, et sans le moindre souci de logique, pour diverses d\u00e9stabilisations, de toutes les fa\u00e7ons, \u00e9conomiques, politiques, etc. C&rsquo;est toute l&rsquo;argumentation d&rsquo;un Ralph Peters (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=140\" class=\"gen\">voir notre Analyse<\/a>). On retrouve l&rsquo;argument, \u00e9galement, dans un texte de Tom Rose, dans <em>The Weekly Standard<\/em> du 1er avril : \u00ab <em>The Arab world is terrified not of the regional instability that might ensue if American efforts to depose Saddam Hussein fail, but of the regional instability that might ensue if those efforts succeed. To Arab leaders, regional stability&rsquo; means safety for their own regimes, all of which are undemocratic. If America does manage to help free Iraq from decades of ruthless tyranny and assist that country toward a more open future, the regional instability&rsquo; that might result could be the best thing that ever happened to the Middle East.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette remarque finale confirme une r\u00e9alit\u00e9 fondamentale qui appara\u00eet \u00e0 la lecture de cet article et \u00e0 l&rsquo;analyse de la situation qu&rsquo;elle d\u00e9crit : la tr\u00e8s grande ignorance de la r\u00e9alit\u00e9 du monde que montrent tous ces experts. Ils se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 un sch\u00e9ma qui triomphe aujourd&rsquo;hui \u00e0 Washington, qui a le vent en poupe dans le conformisme washingtonien ambiant, qui exprime l&rsquo;actuel rapport des forces bureaucratiques du pouvoir \u00e0 Washington. Ils s&rsquo;expriment comme si l&rsquo;actuel pouvoir am\u00e9ricain pouvait en effet parvenir \u00e0 exprimer une strat\u00e9gie coh\u00e9rente et un dessein politique coh\u00e9rent. Quel rapport tout cela avec la r\u00e9alit\u00e9 ? (On doit \u00e9videmment relire <a href=\"http:\/\/argument.independent.co.uk\/commentators\/story.jsp?story=280172\" class=\"gen\">l&rsquo;excellent article de Dan Plesch<\/a>, d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 dans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=168\" class=\"gen\">notre \u00a0\u00bbJournal\u00a0\u00bb de cette semaine<\/a>, avec tout ce qu&rsquo;il nous apprend \u00e0 propos du pouvoir \u00e0 Washington, pour mesurer la r\u00e9alit\u00e9 par rapport \u00e0 cet \u00e9gard.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9dition de cet article d\u00e9crivant une Am\u00e9rique triomphante partout, amenant calme et stabilit\u00e9 par sa puissance d\u00e9cha\u00een\u00e9e, au moment o\u00f9 le Moyen-Orient sombre dans la violence et le chaos, au moment o\u00f9 la situation en Afghanistan se mesure en situations r\u00e9gionales chaotiques, au moment o\u00f9 les tambours de la guerre irakienne font na\u00eetre une crise politique int\u00e9rieure de premi\u00e8re grandeur au Royaume-Uni,  l&rsquo;\u00e9dition de cet article, par ailleurs fort bien fait et int\u00e9ressant, constitue une circonstance journalistique assez piquante mais qu&rsquo;on pourrait aussi juger grotesque. Il reste que la \u00a0\u00bbr\u00e9volution intellectuelle\u00a0\u00bb d\u00e9crite par l&rsquo;article a au moins l&rsquo;avantage de nous apporter cette nouveaut\u00e9  d&rsquo;appeler un chat un chat, et l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain par le nom qu&rsquo;il m\u00e9rite. Ce n&rsquo;est pas rien.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La vraie question de l&#8217;empire aux USA Depuis plusieurs ann\u00e9es se poursuit un d\u00e9bat, aux USA et hors des USA, autour du statut de cette puissance. Ce d\u00e9bat est notamment synth\u00e9tis\u00e9, r\u00e9sum\u00e9, par ce que nous pourrions d\u00e9signer comme \u00a0\u00bbla question de l&#8217;empire\u00a0\u00bb : les USA sont-ils ou ne sont-ils pas un empire? 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