{"id":65050,"date":"2002-04-10T00:00:00","date_gmt":"2002-04-10T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/04\/10\/semaine-du-1er-au-7-avril-2002\/"},"modified":"2002-04-10T00:00:00","modified_gmt":"2002-04-10T00:00:00","slug":"semaine-du-1er-au-7-avril-2002","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/04\/10\/semaine-du-1er-au-7-avril-2002\/","title":{"rendered":"<strong><em>Semaine du 1er au 7 avril 2002<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h3>Enfer et damnation ! La doctrine Bush serait-elle compromise ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;une des victimes les plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es et la plus d\u00e9sesp\u00e9rante de la crise au Moyen-Orient, ce pourrait \u00eatre la \u00a0\u00bbDoctrine Bush\u00a0\u00bb. Cette doctrine est r\u00e9sum\u00e9e par l&rsquo;expression \u00ab <em>Good-vs-Evil Approach<\/em> \u00bb (dans le titre <a href=\"\/%3CLIEN=http:\/\/www.washingtonpost.com\/ac2\/wp-dyn\/%20A5%203962-2002Apr2?language=printer\" class=\"gen\">d&rsquo;un article du Washington Post du 3 avril<\/a>), &mdash; ou ce qu&rsquo;un officiel am\u00e9ricain du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat, parlant en souhaitant garder l&rsquo;anonymat de crainte qu&rsquo;on puisse croire \u00e0 de l&rsquo;ironie de type l\u00e8se-majest\u00e9, nomme \u00ab <em>the GM&rsquo;s GvE Approach<\/em> \u00bb. En bref, la doctrine GW Bush revient \u00e0 classifier les gens, les pays, le monde, etc, en \u00a0\u00bbgentils\u00a0\u00bb et en \u00a0\u00bbm\u00e9chants\u00a0\u00bb, avec la fameuse phrase qui servit d\u00e9j\u00e0 \u00e0 plusieurs reprises, &mdash; \u00ab <em>He who is not with us is against us<\/em> \u00bb. Mais le conflit au Moyen-Orient a montr\u00e9 une complexit\u00e9 persistante et, par certains aspects, il \u00e9chappe avec obstination \u00e0 la classification buchiste. C&rsquo;est ce que notent Dan Balz et Dana Milbank, dans l&rsquo;article du <em>Post<\/em> d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The problem of classifying Arafat has angered foreign policy doves and hawks alike. Hard-liners say Bush should call Arafat a terrorist and treat him as an enemy. Others say the Arafat case exposes the flaw in the Bush doctrine: It ignores the vast gray area between friend and foe.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe plus remarquable dans ces remarques, &mdash; celles du <em>Post<\/em> comme d&rsquo;autres, &mdash; c&rsquo;est le s\u00e9rieux avec lequel elles sont d\u00e9velopp\u00e9es et rapport\u00e9es. Il est en effet question, \u00e0 Washington, d&rsquo;une \u00a0\u00bbdoctrine Bush\u00a0\u00bb, de la doctrine GvE (\u00ab <em>la doctrine Giscard valery d&rsquo;Estaing<\/em> \u00bb, comme dit un Fran\u00e7ais plaisantin), comme si effectivement cela pouvait \u00eatre envisag\u00e9 comme un facteur politique et, encore plus, comme le facteur d&rsquo;une r\u00e9flexion politique s\u00e9rieuse. On se trouve dans une situation assez nouvelle, o\u00f9 certaines actions qui paraissent de pure relation publique, comme ont \u00e9t\u00e9 les discours de GW apr\u00e8s l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001, apparaissent finalement \u00e0 certains z\u00e9lateurs du pouvoir, souvent \u00e0 court d&rsquo;arguments, comme des \u00e9l\u00e9ments qui doivent \u00eatre pris le plus s\u00e9rieusement du monde. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe plus \u00e9tonnant dans le doctrine GvE de GW, n&rsquo;est pas la doctrine elle-m\u00eame, qui appara\u00eet comme une caricature de la psychologie du monde politique\/public am\u00e9ricain. Au contraire, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une caricature. Les r\u00e9actions qui entourent chaque intervention \u00e0 propos de la doctrine GvE, les remarques, les r\u00e9flexions \u00e0 son propos, de divers experts qui se penchent avec s\u00e9rieux sur la question, sugg\u00e8rent le contraire ; et ce qui se dit et ce qu&rsquo;on sait de GW, homme tr\u00e8s religieux et qui ne cesse de l&rsquo;\u00eatre plus, ach\u00e8ve d&#8217;emporter la conviction : il s&rsquo;agit d&rsquo;une chose tr\u00e8s s\u00e9rieuse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRares sont les critiques entendues ou lues \u00e0 Washington, \u00e0 propos de ce th\u00e8me bushien et contre lui, et particuli\u00e8rement des critiques qui sacrifieraient de quelque fa\u00e7on que ce soit au mode de la d\u00e9rision. Au contraire, on lit nettement des commentaires de regret, \u00e9crits avec le plus grand s\u00e9rieux, sans aucun doute, du fait que certains \u00e9v\u00e9nements semblent s&rsquo;ent\u00eater \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 la vision du monde bushiste. L&rsquo;une des rares personnalit\u00e9s de l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien \u00e0 avoir attaqu\u00e9 assez s\u00e9v\u00e8rement, cette posture hyper-conformiste vis-\u00e0-vis de la \u00a0\u00bbpens\u00e9e-GW\u00a0\u00bb, et en montrant ce qui pourrait \u00eatre le signe d&rsquo;un certain m\u00e9pris intellectuel (le parall\u00e8le fait entre la doctrine Bush et le l\u00e9ninisme, qu&rsquo;on voit plus loin, en est un signe), c&rsquo;est Zbigniew Brzezinski, l&rsquo;ancien conseiller de Jimmy Carter. Brzezinski appara\u00eet comme le critique le plus actif de la politique bushiste au Moyen-Orient. L&rsquo;article d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 rapporte certaines critiques de Brzezinski, qui apparaissent \u00e9galement dans d&rsquo;autres m\u00e9dias (<a href=\"http:\/\/asia.cnn.com\/2002\/US\/03\/29\/brzezinski.c al amity.cnna\/index.html\" class=\"gen\">voir notamment une interview de CNN, le 30 mars<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Equally critical, but for the opposite reason, are less conservative strategists who say Bush&rsquo;s good-vs.-evil approach is too black and white. Bush, they point out, is not the first to use the with-us-or-against-us formulation. Vladimir Lenin used a similar phrase in his revolutionary writings: \u00a0\u00bbHe who is not with us is against us.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>\u00a0\u00bbThis is Leninism,\u00a0\u00bb said Zbigniew Brzezinski, who was President Jimmy Carter&rsquo;s national security adviser. \u00a0\u00bbIn sheer common sense, if someone is not with you, does that mean he&rsquo;s automatically against you? I don&rsquo;t think it&rsquo;s a good principle. Unfortunately, most of life cannot be delineated in terms of black and white. It&rsquo;s in various shades of gray, and foreign policy has to be sensitive to that.\u00a0\u00bb Brzezinski, who teaches at the Johns Hopkins School of Advanced International Studies, said the attempt to impose the all-or-nothing doctrine has created a muddle. \u00a0\u00bbI wish I knew what our policy is,\u00a0\u00bb he said. \u00a0\u00bbOn the one hand we&rsquo;re winking and giving [Israeli Prime Minister Ariel] Sharon the green light, and on the other hand we&rsquo;re voting in the United Nations for Israeli withdrawal.\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;ailleurs, et pour bien montrer combien cette semaine elle-m\u00eame nous a montr\u00e9 \u00e0 quel degr\u00e9 la r\u00e9flexion \u00e0 Washington est impr\u00e9gn\u00e9e de la doctrine GvE, et comment elle s&rsquo;en porte bien, il faut noter combien l&rsquo;essentiel de la r\u00e9flexion critique est pour d\u00e9plorer que GW songe \u00e0 s&rsquo;\u00e9loigner des lignes de sa doctrine. On voit que Brzezinski est assez isol\u00e9 dans sa critique railleuse. Au contraire, l&rsquo;important est plus que jamais d&rsquo;appr\u00e9cier s\u00e9rieusement le d\u00e9bat autour de la doctrine GvE. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Bush&rsquo;s instincts to see the war on terrorism as one of good vs. evil served him well after Sept. 11, as he rallied an international coalition for a military campaign in Afghanistan that dislodged the Taliban regime and at least dispersed the al Qaeda terrorist network responsible for the attacks on the United States. But as he has confronted the escalating war between Israel and the Palestinians, Bush has sounded anything but certain, the black-and-white rhetoric of his war on terrorism replaced by what administration critics have described as hesitancy, inconsistency and ambiguity.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>\u00a0\u00bbBush had great clarity immediately after 9-11 and has gone from being sharp to being blurry,\u00a0\u00bb said former Reagan administration official Kenneth Adelman, who is close to Vice President Cheney and other Bush national security officials. \u00a0\u00bbI think it&rsquo;s been very fuzzy and disappointing.\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb<\/p>\n<h3>&#8230; Et, d&rsquo;autre part, une appr\u00e9ciation ext\u00e9rieure de plus en plus exasp\u00e9r\u00e9e et un diagnostic toujours aussi erron\u00e9 du comportement am\u00e9ricain au Moyen-Orient<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tA ce volet d&rsquo;appr\u00e9ciation de la \u00ab\u00a0doctrine Bush\u00a0\u00bb aux \u00c9tats-Unis m\u00eame, qui d\u00e9bouche sur quelques tr\u00e8s rares signes de contestation de la politique Bush au Moyen-Orient, qui est elle-m\u00eame le point g\u00e9opolitique <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=167\" class=\"gen\">o\u00f9 la doctrine est confront\u00e9e \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9,<\/a> on doit faire correspondre un volet ext\u00e9rieur. Il s&rsquo;agit alors de l&rsquo;appr\u00e9ciation g\u00e9n\u00e9rale, hors des USA, de la politique am\u00e9ricaine dans la r\u00e9gion. Cette appr\u00e9ciation se fait par rapport aux \u00e9v\u00e9nements entre Isra\u00e9liens et Palestiniens, telle qu&rsquo;elle s&rsquo;est forg\u00e9e cette semaine avec les \u00e9v\u00e9nements dramatiques de l&rsquo;attaque isra\u00e9lienne et la d\u00e9cision de GW Bush d&rsquo;impliquer fortement, apr\u00e8s une longue r\u00e9serve, son administration dans le processus. On mesure alors, et sans r\u00e9elle surprise, une chute tr\u00e8s importante de l&rsquo;appr\u00e9ciation des capacit\u00e9s am\u00e9ricaines \u00e0 conduire une diplomatie \u00e9quilibr\u00e9e, de la sorte qu&rsquo;on attend d&rsquo;une telle puissance qui s&rsquo;intitule volontiers \u00ab\u00a0empire\u00a0\u00bb, et qui devrait \u00eatre une diplomatie apaisante, d\u00e9velopp\u00e9e pour imposer des solutions \u00e9quilibr\u00e9es assurant de meilleures relations et, par cons\u00e9quent, une stabilit\u00e9 la plus grande possible. Au contraire, on d\u00e9couvre une diplomatie partiale, et, par cons\u00e9quent, dans les \u00e9v\u00e9nements qu&rsquo;on conna\u00eet, une diplomatie maladroite et vell\u00e9itaire. On s&rsquo;en \u00e9tonne et, bient\u00f4t, on s&rsquo;en offusque. On devient tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re. Il n&rsquo;y a pas de meilleur exemple de cette s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 que le texte d&rsquo;Alain Frachon, <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/imprimer_article_ref\/0,97 50,3232--269311,00.html\" class=\"gen\">publi\u00e9 le 4 avril dans Le Monde<\/a>, sous le titre qui annonce franchement la couleur : \u00ab <em>Un d\u00e9sastre diplomatique am\u00e9ricain<\/em> \u00bb. (Le titre est \u00e9videmment remarquable pour un journal dont la mesure est partout proclam\u00e9e comme la vertu essentielle. Cela dit l&rsquo;urgence de la situation qui sollicite le jugement plus que le sentiment du journal.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe texte du <em>Monde<\/em> est tr\u00e8s int\u00e9ressant \u00e0 plus d&rsquo;un \u00e9gard. Il est tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale ; d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, il attaque l&rsquo;administration Bush selon le constat d&rsquo;\u00e9checs, ou de promesses non tenues, dans des domaines o\u00f9 cette administration n&rsquo;avait rien tent\u00e9 ni rien promis. Ainsi lit-on dans ce texte :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Avec toute la distance d&rsquo;un homme en vacances au Texas, le pr\u00e9sident George W. Bush incrimine le terrorisme, et seulement le terrorisme, pour expliquer le d\u00e9sastre en cours dans la r\u00e9gion. Il p\u00e8che par lourde omission. Le drame des attentats du 11 septembre, contre New York et Washington, conduit les dirigeants am\u00e9ricains \u00e0 tout analyser \u00e0 l&rsquo;aune de la priorit\u00e9 qu&rsquo;ils accordent \u00e0 la lutte contre le terrorisme.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>C&rsquo;est compr\u00e9hensible. Mais le terrorisme n&rsquo;explique pas tout.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet extrait de l&rsquo;article semble un reflet du bon sens et de la raison fran\u00e7aise, et qu&rsquo;on retrouve en g\u00e9n\u00e9ral dans les commentaires des amis et alli\u00e9s d\u00e9\u00e7us des \u00c9tats-Unis en ce moment ; nous le citons pour indiquer ce qui constitue \u00e0 la fois la mesure de l&rsquo;\u00e9volution du jugement du reste du monde \u00e0 l&rsquo;encontre des incons\u00e9quences washingtoniennes, et les limites (pour l&rsquo;instant ?) de cette \u00e9volution. Il n&rsquo;est en effet pas raisonnable, paradoxalement, de reprocher aux Am\u00e9ricains de tout voir depuis le 11 septembre \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement du 11 septembre, de tout voir \u00e0 la lumi\u00e8re de la menace du terrorisme, etc. Cette attitude est fondamentalement am\u00e9ricaine, et l&rsquo;on a fait jusqu&rsquo;ici que chercher \u00e0 l&rsquo;ignorer \u00e0 cause des implications qu&rsquo;une telle attitude a sur nos propres conceptions. De m\u00eame, l&rsquo;essentiel des analystes ont conclu, au lendemain du 11 septembre, que l&rsquo;Am\u00e9rique allait (enfin) s&rsquo;impliquer dans les affaires du monde, n&rsquo;en \u00e9tant plus prot\u00e9g\u00e9e. C&rsquo;est le contraire qui s&rsquo;est produit. C&rsquo;\u00e9tait une erreur du tout au tout sur la psychologie am\u00e9ricaine, pour faire correspondre le pronostic \u00e0 nos propres conceptions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa critique ext\u00e9rieure, notamment europ\u00e9enne, de l&rsquo;attitude de l&rsquo;administration GW se fonde sur des conceptions normales, c&rsquo;est-\u00e0-dire forg\u00e9es sur une situation politique, une situation g\u00e9opolitique, sur des facteurs \u00e9conomiques, militaires, moraux et sociaux, et ainsi de suite. La critique est rationnelle, il n&rsquo;est pas assur\u00e9 qu&rsquo;elle corresponde \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Un autre point \u00e0 cet \u00e9gard, plus sp\u00e9cifique encore, pour tenter de renforcer encore notre argument, se trouve par exemple dans l&rsquo;analyse de l&rsquo;attitude US. Lorsque <em>Le Monde<\/em> tente d&rsquo;expliquer l&rsquo;attitude de l&rsquo;administration GW et son extraordinaire incapacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper une politique responsable, il d\u00e9veloppe des arguments int\u00e9ressants et fond\u00e9s, et r\u00e9els en fin de compte. Il dit notamment : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Les explications sont multiples. Sans oser le dire publiquement, l&rsquo;administration Bush consid\u00e8re que M. Arafat n&rsquo;est pas, ou plus, un interlocuteur digne de confiance. Il a rat\u00e9 une \u00a0\u00bboccasion historique\u00a0\u00bb de faire la paix, ce qui ne laisserait pas d&rsquo;interroger sur ses intentions profondes ; il ne peut ou ne veut condamner une violence terroriste dans laquelle il serait impliqu\u00e9.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>A l&rsquo;hebdomadaire Business Week, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense, Donald Rumsfeld, d\u00e9clarait cet hiver que M. Arafat n&rsquo;avait, selon lui, jamais rien apport\u00e9 de positif \u00e0 son peuple ; au ministre isra\u00e9lien de la d\u00e9fense, Benyamin Ben-Eliezer, le vice-pr\u00e9sident Cheney a d\u00e9clar\u00e9 que, pour ce qui le concernait, Arafat pouvait bien aller se faire \u00a0\u00bbpendre\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Plus important encore, une partie de l&rsquo;entourage de M. Bush &#8211; des hommes comme Richard Perle, par exemple &#8211; sont des \u00a0\u00bbLikoudniks de Washington\u00a0\u00bb: ils jugent que les implantations ne sont pas un probl\u00e8me et qu&rsquo;un Etat palestinien en Cisjordanie n&rsquo;est pas viable et qu&rsquo;il ne faut pas aider \u00e0 son \u00e9tablissement. M. Bush aurait une double obsession : ne rien faire comme M. Clinton ; ne pas r\u00e9p\u00e9ter certains des gestes de son p\u00e8re qui ont pu retourner contre ce dernier la droite r\u00e9publicaine.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&#8217;emp\u00eache, &mdash; cette analyse critique rationnelle ne fait aucune allusion pr\u00e9cise \u00e0 la \u00a0\u00bbdoctrine Bush\u00a0\u00bb, \u00e0 cette fameuse id\u00e9e de bataille entre le Bien et le Mal, o\u00f9 la crise du Moyen-Orient a bien du mal \u00e0 prendre sa place. Cette absence est dommageable, parce que, dans l&rsquo;administration GW, cette id\u00e9e du Bien contre le Mal tient vraiment une place importante. Les Europ\u00e9ens (les Fran\u00e7ais surtout) ont tort de faire \u00e9voluer leur jugement selon une logique conflictuelle id\u00e9aliste-r\u00e9aliste : plus on est r\u00e9aliste, moins on est id\u00e9aliste. A la limite, le brutal gestionnaire type-Rumsfeld, r\u00e9aliste absolu, ne devrait, selon cette conception,  ne s&#8217;embarrasser en rien, en aucune fa\u00e7on, de conceptions transcendantales et fondamentales (religieuses). C&rsquo;est le contraire : ces r\u00e9publicains hyper-r\u00e9alistes, <em>businessmen<\/em> devenus dirigeants politiques, un pied laiss\u00e9 dans le <em>business<\/em>, une main tendu aux bandes \u00e9trang\u00e8res qui contr\u00f4lent les investissements capitalistes dans le p\u00e9trole, sont d&rsquo;intenses croyants. Toute l&rsquo;administration GW, psychologiquement et du point de vue des affaires la plus corrompue depuis l&rsquo;administration Harding de 1920, est aussi l&rsquo;une des plus intens\u00e9ment religieuses  depuis longtemps. La doctrine du Bien contre le Mal est sa doctrine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0-dessus, <em>Le Monde<\/em> ne donne pas assez d&rsquo;importance \u00e0 l&rsquo;autre aspect du fondement de la politique de GW au Proche-Orient, qui est l&rsquo;aspect \u00e9lectoral, qui est le pendant fait d&rsquo;une corruption politique absolue \u00e0 la croyance religieuse. C&rsquo;est l&rsquo;autre pilier justifiant la politique de GW, gouvernant son appr\u00e9ciation. L&rsquo;imbroglio washingtonien est \u00e0 cet \u00e9gard exemplaire, <a href=\" http:\/\/antiwar.com\/mcconnell\/pf\/p-mc040902.html\" class=\"gen\">comme le montre le journaliste Scott McConnell sur Antiwar.com<\/a> ; il renvoie effectivement \u00e0 Bush-p\u00e8re et \u00e0 ses rapports avec le <em>lobby<\/em> juif.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise du Moyen-Orient met en \u00e9vidence, une fois de plus apr\u00e8s tant d&rsquo;autres, l&rsquo;importance de la n\u00e9cessit\u00e9 de tenter de comprendre la psychologie am\u00e9ricaine. Le noeud de la crise du Moyen-Orient, comme le reste d&rsquo;ailleurs, ce n&rsquo;est pas la politique, la g\u00e9opolitique, etc, dans la r\u00e9gion et\/ou autour, ni m\u00eame sur l&rsquo;\u00e9chiquier mondial ; le noeud, c&rsquo;est la psychologie am\u00e9ricaine, qui explique tout, m\u00e8ne tout et conditionne tout.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Enfer et damnation ! La doctrine Bush serait-elle compromise ? L&rsquo;une des victimes les plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es et la plus d\u00e9sesp\u00e9rante de la crise au Moyen-Orient, ce pourrait \u00eatre la \u00a0\u00bbDoctrine Bush\u00a0\u00bb. Cette doctrine est r\u00e9sum\u00e9e par l&rsquo;expression \u00ab Good-vs-Evil Approach \u00bb (dans le titre d&rsquo;un article du Washington Post du 3 avril), &mdash; ou ce&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[1006,868,2774],"class_list":["post-65050","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal","tag-brzezinski","tag-bush","tag-israel"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65050","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65050"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65050\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65050"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65050"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65050"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}