{"id":65057,"date":"2002-04-08T00:00:00","date_gmt":"2002-04-08T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/04\/08\/blair-et-ses-ennemis-de-washington\/"},"modified":"2002-04-08T00:00:00","modified_gmt":"2002-04-08T00:00:00","slug":"blair-et-ses-ennemis-de-washington","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/04\/08\/blair-et-ses-ennemis-de-washington\/","title":{"rendered":"Blair et ses ennemis de Washington"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Blair et ses ennemis de Washington<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tLe 8 Avril 2002  Apr\u00e8s la rencontre texane entre GW Bush et Blair, il semble qu&rsquo;un plan am\u00e9ricano-britannique puisse \u00eatre d\u00e9gag\u00e9 pour tenter de ramener la paix, ou, dans tous les cas, r\u00e9tablir et maintenir un cessez-le-feu entre Isra\u00ebl et les Palestiniens. Un article du <a href=\"http:\/\/www.thetimes.co.uk\/article\/0,,3-260679,00.html\" class=\"gen\">Times de Londres, d&rsquo;aujourd&rsquo;hui<\/a>, donne des d\u00e9tails de ce plan, annonc\u00e9 par Tony Blair.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe plan GW-Blair s&rsquo;appuie \u00e0 fond sur l&rsquo;initiative am\u00e9ricaine lanc\u00e9e depuis le discours de Bush du 4 avril. Cette initiative est le r\u00e9sultat d&rsquo;un retour en gr\u00e2ce au sein du cabinet US des th\u00e8ses de Colin Powell. Les ultra-faucons (Wolfowitz, Perle et les <em>neo-cons<\/em>) ont accept\u00e9 de rel\u00e2cher un peu leur pression \u00e0 la demande des faucons Cheney et Rumsfeld, qui estiment que les \u00e9v\u00e9nements au Moyen-Orient n\u00e9cessitent un repli temporaire. (Nous faisons ici une distinction entre les ultra-faucons, ou faucons id\u00e9ologues, comme Wolfowitz et Perle, et les faucons tout court, ou faucons r\u00e9alistes, comme Cheney et Rumsfeld.) L&rsquo;argument concerne notamment les r\u00e9actions internationales et surtout les pays arabes, que Cheney a trouv\u00e9s dans un \u00e9tat d&rsquo;opposition et d&rsquo;exacerbation beaucoup plus marqu\u00e9 qu&rsquo;il ne pr\u00e9voyait. Mais il ne peut s&rsquo;agir que d&rsquo;un repli temporaire de la faction dure (faucons et ultra-faucons) qui domine la politique US. L&rsquo;on sait d\u00e9j\u00e0, sans la moindre surprise, que la mission de Powell au Moyen-Orient est l&rsquo;objet d&rsquo;une controverse f\u00e9roce au sein du cabinet, avant m\u00eame qu&rsquo;elle ait commenc\u00e9, et que toutes les sortes possibles de sabotage seront lanc\u00e9es contre elle. (Pour avoir le sentiment de l&rsquo;aile dure de l&rsquo;\u00e9quipe GW, on peut lire, par exemple, <a href=\"http:\/\/www.opinionjournal.com\/editorial\/feature.html?id=105001889\" class=\"gen\">l&rsquo;\u00e9ditorial du Wall Street Journal du 5 avril.<\/a>)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce sch\u00e9ma, Blair appara\u00eet non comme l&rsquo;homme qui a mis au point un plan d&rsquo;accord pour le Moyen-Orient avec le pr\u00e9sident, mais comme un homme qui a d\u00e9sormais partie li\u00e9e avec la faction mod\u00e9r\u00e9e du cabinet, essentiellement Colin Powell. Cela signifie que, de plus en plus, l&rsquo;alliance am\u00e9ricaine de Blair sera consid\u00e9r\u00e9e \u00e0 Washington comme une alliance avec les mod\u00e9r\u00e9s de l&rsquo;\u00e9quipe GW Bush. Il est difficile de faire de ce constat une cause de triomphe : la faction mod\u00e9r\u00e9e\/Powell est promise, dans le climat washingtonien actuel, \u00e0 vite retrouver sa position marginalis\u00e9e habituelle, \u00e0 moins d&rsquo;un miracle au Moyen-Orient qui passe n\u00e9cessairement par la conversion d&rsquo;Ariel Sharon \u00e0 une politique de paix. On peut se distraire \u00e0 peser les chances qu&rsquo;une telle \u00e9volution psychologique du Premier ministre isra\u00e9lien se concr\u00e9tise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBlair pourrait avancer qu&rsquo;il revient du Texas avec un bilan tactique \u00ab <em>globalement positif<\/em> \u00bb, mais il ne peut dissimuler que sa position strat\u00e9gique est de plus en plus intenable, &mdash; ce qui est typique des capacit\u00e9s britanniques aujourd&rsquo;hui : maestria tactique pour une strat\u00e9gie vou\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec. Blair devait obtenir cette concession US sur la priorit\u00e9 des crises (r\u00e9soudre le probl\u00e8me Isra\u00ebl-Palestine avant l&rsquo;attaque contre l&rsquo;Irak) pour donner satisfaction \u00e0 son parti travailliste qui est d\u00e9sormais en quasi-dissidence. Op\u00e9ration tactique r\u00e9ussie (il est loin d&rsquo;\u00eatre acquis que cela suffira). Mais ce faisant, il entre dans le jeu d&rsquo;enfer des influences \u00e0 Washington en se mettant du c\u00f4t\u00e9 des <em>losers<\/em>type-Powell, en se marginalisant parce que le centre de gravit\u00e9 du pouvoir, aujourd&rsquo;hui \u00e0 Washington, est incontestablement du c\u00f4t\u00e9 des faucons extr\u00e9mistes. Blair devient, avec Powell, la cible de la haine des ultra-faucons de Washington, ce qui n&rsquo;est pas rien. Pour Blair, c&rsquo;est un handicap lourd \u00e0 porter et pour la p\u00e9rennit\u00e9 des <em>special relationships<\/em>, c&rsquo;est une position notablement inconfortable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn autre aspect de cet \u00a0\u00bbarrangement\u00a0\u00bb finalement tr\u00e8s ambigu, c&rsquo;est la position de Blair vis-\u00e0-vis de l&rsquo;UE. Parlait-il au nom des Europ\u00e9ens, lorsqu&rsquo;il parlait \u00e0 GW ? Certes non (cela \u00e9tait rapport\u00e9 de fa\u00e7on explicite dans l&rsquo;article de Hugo Young dans le <em>Guardian<\/em>, cit\u00e9 dans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=171\" class=\"gen\">notre pr\u00e9c\u00e9dente analyse, du 7 avril<\/a>). Pourtant, tout s&rsquo;est pass\u00e9 comme si cela pouvait \u00eatre le cas. A premi\u00e8re vue, les Europ\u00e9ens peuvent se f\u00e9liciter que l&rsquo;un des leurs, m\u00eame s&rsquo;il parlait en son nom propre, ait r\u00e9ussi \u00e0 conduire le pr\u00e9sident am\u00e9ricain \u00e0 soutenir un plan de paix (cela durera ce que cela durera, GW \u00e9tant notoirement versatile). Blair peut affirmer qu&rsquo;il a ainsi confirm\u00e9 sa tactique : \u00eatre le plus proche possible des Am\u00e9ricains pour les mod\u00e9rer. Au-del\u00e0, il y a bien des conditionnels, sans tenir compte de la situation sur le terrain, de la validit\u00e9 du plan, sans tenir compte m\u00eame de la situation qu&rsquo;on a d\u00e9crite des ultra-faucons par rapport \u00e0 Blair. Il n&rsquo;est pas du tout assur\u00e9 que les Europ\u00e9ens acceptent de se voir imposer <em>de facto<\/em> un leader : l&rsquo;Europe n&rsquo;a pas de politique \u00e9trang\u00e8re mais elle entend bien que personne ne lui en impose une. A partir de cette proposition assez d\u00e9solante, mais qui est le lot de toute organisation de pays souverains et pointilleux sur ce fait, on peut \u00eatre s\u00fbr que plus d&rsquo;un pays europ\u00e9en attend Blair au tournant, \u00e0 peu pr\u00e8s comme les ultra-faucons de Washington l&rsquo;attendent \u00e9galement. L\u00e0 encore, dans ce chaudron en \u00e9bullition qu&rsquo;est la crise actuelle, position strat\u00e9gique intenable, qui est dans la substance m\u00eame de la politique dite \u00a0\u00bbde grand \u00e9cart\u00a0\u00bb que suit Blair, \u00e0 la fois am\u00e9ricaine et \u00e0 la fois europ\u00e9enne.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Blair et ses ennemis de Washington Le 8 Avril 2002 Apr\u00e8s la rencontre texane entre GW Bush et Blair, il semble qu&rsquo;un plan am\u00e9ricano-britannique puisse \u00eatre d\u00e9gag\u00e9 pour tenter de ramener la paix, ou, dans tous les cas, r\u00e9tablir et maintenir un cessez-le-feu entre Isra\u00ebl et les Palestiniens. 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