{"id":65068,"date":"2002-04-03T00:00:00","date_gmt":"2002-04-03T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/04\/03\/rumsfeld-et-le-jsf-nerveux\/"},"modified":"2002-04-03T00:00:00","modified_gmt":"2002-04-03T00:00:00","slug":"rumsfeld-et-le-jsf-nerveux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/04\/03\/rumsfeld-et-le-jsf-nerveux\/","title":{"rendered":"Rumsfeld et le JSF: nerveux"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Rumsfeld et le JSF: nerveux<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de la question des propositions de l&rsquo;U.S. Navy concernant ses intentions de r\u00e9duction de sa commande d&rsquo;avions de combat JSF\/F-35 (<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=113\">voir notre Analyse du 23 mars<\/a>). Nous rapportons ici un incident qui nous para&icirc;t significatif de l&rsquo;atmosph\u00e8re qui r\u00e8gne au Pentagone \u00e0 propos de cette affaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La sc\u00e8ne se passe le 2 avril au Pentagone. Le secr\u00e9taire am\u00e9ricain \u00e0 la d\u00e9fense Donald Rumsfeld re\u00e7oit le ministre de la d\u00e9fense de Norv\u00e8ge, madame Kristin Krohn Devold. Rencontre de routine. Conf\u00e9rence de presse conjointe des deux ministres, apr\u00e8s la rencontre. Divers sujets sont abord\u00e9s dont beaucoup n&rsquo;ont rien \u00e0 voir, ni avec la rencontre des deux ministres ni avec la ministre invit\u00e9e (c&rsquo;est la coutume lorsque le ministre invit\u00e9 est d&rsquo;un petit pays, dont les affaires n&rsquo;int\u00e9ressent gu\u00e8re les journalistes washingtoniens). Sur la fin de la conf\u00e9rence de presse, on parle tout de m\u00eame de mati\u00e8res concernant la Norv\u00e8ge et les rapports de ce pays avec les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici le passage qui nous int\u00e9resse : une question qui concerne le JSF, la Norv\u00e8ge et son possible int\u00e9r\u00eat pour ce programme et aussi la commande de l&rsquo;U.S. Navy. Nous citons le passage <em>in extenso<\/em> et \u00a0\u00bbsur le vif\u00a0\u00bb, tel qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 transmis par les services du Pentagone :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Q (to Mrs Devold): <em>You&rsquo;re mulling over participation in the U.S. Joint Strike Fighter program. There are reports, you&rsquo;re aware, that the U.S. Navy wants to cut back about 400 of the planes. Has that complicated or made your decision more problematic? And Mr. Rumsfeld, can you comment about your view on whether the Navy should in fact cut the program?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Rumsfeld: <em>Well, I&rsquo;ll go first, if you want.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Devold: (Laughs.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Rumsfeld: <em>There always is discussion about the size of a buy on an aircraft, and there has been a discussion within the Department of the Navy, with the Marines. No final proposals have been made. No final proposals have been decided. And obviously it&rsquo;s a matter that is of interest to other people who &#8211; allies and friends who conceivably are interested in the Joint Strike Fighter, as well as to the United States Air Force. So it&rsquo;s a subject that would get discussed quite broadly before being concluded.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Q: <em>Madame Minister?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Devold: <em>Yes. And the situation concerning how many planes actually United States needs does not affect the Norwegian decisions. We want to take part of their development programs, and we think that somewhere between 2015, 2020, we need new aircraft. But it&rsquo;s a long way to that year. But still we hope that within this year, 2002, we will be able to make a decision whether development programs to join.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cet \u00e9change m\u00e9rite quelques commentaires, en plusieurs points.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>1) Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit du JSF et de la commande de la Navy, Rumsfeld oublie sa politesse bien connue, coupe la parole aux dames, r\u00e9pond \u00e0 la place de madame Devold \u00e0 qui la question s&rsquo;adressait d&rsquo;abord, &mdash; et encore plus dans une circonstance o&ugrave;, \u00e9tant l&rsquo;invit\u00e9e au Pentagone, c&rsquo;\u00e9tait bien s&ucirc;r \u00e0 elle \u00e0 parler en premier. L&rsquo;incident, certes sans gravit\u00e9, montre n\u00e9anmoins combien cette affaire JSF\/Navy est de la dynamite pour le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense, qui entend ne rien laisser au hasard. (Quant \u00e0 madame Devold, son rire est sans doute un peu nerveux. Peut-\u00eatre conna&icirc;t-elle mal la question des rapports de l&rsquo;U.S. Navy et du JSF mais elle a bien compris que cette affaire est de la dynamite pour Donald Rumsfeld. Il ne faut pas tenir rigueur au secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense de ses mani\u00e8res un peu lestes.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>2) Sur le fond, les explications de Rumsfeld sont de la non-information. Ce qui implique pour le moins qu&rsquo;il a un gros probl\u00e8me avec la commande de la Navy, que rien ne peut \u00eatre dit sur son sort (sera-t-elle ou non ent\u00e9rin\u00e9e ?), que nous sommes bien dans un affrontement bureaucratique o&ugrave; les autorit\u00e9s habituelles, notamment politiques, ne jouent plus (on ne peut envisager d&rsquo;imposer d&rsquo;autorit\u00e9 \u00e0 la Navy une politique budg\u00e9taire ou une politique d&rsquo;\u00e9quipement). La sensation tr\u00e8s nette qu&rsquo;on a ici est que, secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense ou pas, la position de la Navy est un gros morceau qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question de manipuler sans pr\u00e9caution. Nous sommes en pleine guerre bureaucratique du Pentagone.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>3) Une pr\u00e9cision nouvelle et int\u00e9ressante appara&icirc;t pourtant dans la r\u00e9ponse de Rumsfeld, qui confirme l&rsquo;importance de cette proposition de la Navy : la d\u00e9lib\u00e9ration pour statuer sur la proposition se fera en consultation avec l&rsquo;autre partenaire important du programme, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec l&rsquo;USAF. La mention de l&rsquo;USAF, de fa\u00e7on aussi sp\u00e9cifique, comme partenaire pour une d\u00e9cision qui ne concerne normalement que la Navy et OSD (Office of Secretary of Defense), est une pr\u00e9cision assez inhabituelle pour avoir une forte signification. (Quant aux alli\u00e9s int\u00e9ress\u00e9s par le JSF, bien entendu, ils suivront les p\u00e9rip\u00e9ties de cette affaire comme d&rsquo;habitude, de l&rsquo;ext\u00e9rieur. Ils ne seront pas consult\u00e9s, ils seront \u00e0 peine inform\u00e9s. Rien de nouveau.) Notre sentiment est que l&rsquo;issue de cette affaire est certes incertaine, mais, plus encore, qu&rsquo;il ne faut pas \u00e9carter la possibilit\u00e9 qu&rsquo;elle puisse mener \u00e0 des d\u00e9cisions inattendues, impliquant l&rsquo;USAF elle-m\u00eame et\/ou toute la structure du programme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>4). Quant \u00e0 la position de madame Devold, elle est en g\u00e9n\u00e9ral bienveillante comme il se doit lorsqu&rsquo;on est re\u00e7u \u00e0 Washington et assez vague quant aux intentions de la Norv\u00e8ge par rapport au programme JSF. On doit parler d&rsquo;une position d&rsquo;attente et de prudence, qui prend bien soin en plus de s\u00e9parer une \u00e9ventuelle participation au programme de d\u00e9veloppement et une \u00e9ventuelle commande norv\u00e9gienne. Les sp\u00e9culations autour des intentions de la Navy contribuent largement \u00e0 susciter la prudence des \u00e9ventuels partenaires \u00e9trangers.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rumsfeld et le JSF: nerveux Nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de la question des propositions de l&rsquo;U.S. Navy concernant ses intentions de r\u00e9duction de sa commande d&rsquo;avions de combat JSF\/F-35 (voir notre Analyse du 23 mars). 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