{"id":65070,"date":"2002-04-22T00:00:00","date_gmt":"2002-04-22T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/04\/22\/editos-de-crise\/"},"modified":"2002-04-22T00:00:00","modified_gmt":"2002-04-22T00:00:00","slug":"editos-de-crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/04\/22\/editos-de-crise\/","title":{"rendered":"<strong><em>\u00c9ditos de crise<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">\u00c9ditos de crise<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t22 avril 2002 &mdash; Les r\u00e9sultats du scrutin du 21 avril du premier tour de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle en France nous ont plac\u00e9s, alors que nous bouclions l&rsquo;\u00e9dition du 25 avril 2001 de <em>de defensa<\/em> (Volume 17, n\u00b015), dans une situation d\u00e9licate que connaissent bien les journalistes. Nous n&rsquo;avions rien dit de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement et ne pr\u00e9voyions d&rsquo;ailleurs de n&rsquo;en rien dire du tout, parce que, \u00e0 ce stade, et \u00e0 la condition que \u00ab <em>tout se d\u00e9roule conform\u00e9ment au plan pr\u00e9vu<\/em> \u00bb (phrase-clef du vocabulaire brejn\u00e9vien, bien dans l&rsquo;esprit de notre \u00e9poque), l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qui \u00e9tait de toutes les fa\u00e7ons incomplet (avant le deuxi\u00e8me tour) ne nous int\u00e9ressait pas. Le r\u00e9sultat a chang\u00e9 en partie ce jugement. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, toujours aussi incomplet pourtant, a acquis quelque chose d&rsquo;historique. Il nous a paru qu&rsquo;il \u00e9tait difficile de n&rsquo;y pas r\u00e9agir. Nous avons empoign\u00e9 la bou\u00e9e de sauvetage du journaliste en cas d&rsquo;extr\u00eame pression impos\u00e9e par l&rsquo;actualit\u00e9 : l&rsquo;\u00e9dito.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Un \u00e9ditorial est une rubrique \u00e9lastique. Soit il synth\u00e9tise un \u00e9l\u00e9ment du contenu de la publication, soit il signale et commente de fa\u00e7on lapidaire un \u00e9v\u00e9nement important, mais absent du contenu de la publication parce que trop \u00e9loign\u00e9 de ses centres d&rsquo;int\u00e9r\u00eat et\/ou trop soudain pour avoir \u00e9t\u00e9 trait\u00e9.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9ditorial du Vol17 n\u00b015 du 25 avril 2002 portera donc sur le scrutin en France, le 21 avril 2002. Nous avons pens\u00e9 qu&rsquo;il serait int\u00e9ressant pour nos lecteurs et habitu\u00e9s du site <em>dedefensa.org<\/em> d&rsquo;en disposer d\u00e8s ce jour, effectivement comme commentaire de la journ\u00e9e d&rsquo;hier. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, et c&rsquo;est compr\u00e9hensible, nous regrettions de ne pas publier l&rsquo;\u00e9ditorial initialement pr\u00e9vu, qui concerne le plus grave probl\u00e8me de notre temps, qui est en g\u00e9n\u00e9ral occult\u00e9 par le bruit de l&rsquo;actualit\u00e9. Somme toute, il y avait une correspondance peut-\u00eatre antinomique entre les deux textes : dans l&rsquo;un (le vrai \u00e9dito), l&rsquo;id\u00e9e est qu&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement tr\u00e8s anodin (une campagne sans \u00e2me, sans vertu, sans ardeur, sans rien du tout) accouche d&rsquo;une crise majeure qui \u00e9tait tenue dissimul\u00e9e, qui est le malaise extraordinaire de la population fran\u00e7aise (d&rsquo;o\u00f9 le titre : \u00ab <em>La souris a accouch\u00e9 d&rsquo;une montagne<\/em> \u00bb) ; dans l&rsquo;autre (\u00e9dito initialement pr\u00e9vu), l&rsquo;id\u00e9e est que des \u00e9v\u00e9nements sonores cachent la crise fondamentale de notre temps, mais que certains signes commencent \u00e0 la r\u00e9v\u00e9ler (certains de nos lecteurs retrouveront une id\u00e9e, et une citation pr\u00e9cise, d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9es).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAlors, c&rsquo;est simple, &mdash; nous avons d\u00e9cid\u00e9 de publier, en plus, l&rsquo;autre \u00e9dito, celui qui ne sera pas dans <em>de defensa<\/em> et qui aurait du y \u00eatre.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoici le texte de l&rsquo;\u00e9ditorial publi\u00e9 dans le Vol17 n\u00b015 de <em>de defensa<\/em>, du 25 avril 2002<\/p>\n<h3>La souris a accouch\u00e9 d&rsquo;une montagne<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tM\u00eame dans les pires des situations, la France garde son caract\u00e8re universaliste. La France se taisait ces derniers temps. Elle pr\u00e9parait son \u00e9lection, \u00ab\u00a0pour le <em>fun<\/em>\u00a0\u00bb comme on dit, dans le sarcasme, la d\u00e9rision, l&rsquo;accablement, la r\u00e9signation, l&rsquo;indiff\u00e9rence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt puis, nous y voil\u00e0. \u00ab <em>Tremblement de terre<\/em> \u00bb, disent-ils, ou bien \u00ab <em>s\u00e9isme<\/em> \u00bb, pour les plus lettr\u00e9s. Il faut bien trouver des images dont on esp\u00e8re qu&rsquo;elles marqueront des esprits fatigu\u00e9s. Ou bien pourquoi pas, \u00e0 la fa\u00e7on am\u00e9ricaine post-9\/11 : \u00ab <em>Il y avait un avant-21 avril, il y aura un apr\u00e8s-21 avril<\/em> \u00bb ? La France barbote dans les lieux communs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSoyons raisonnables, puisque nous sommes au pays de Descartes. La France n&rsquo;est pas en danger d&rsquo;un fascisme qui, d&rsquo;ailleurs, est mort il y a un demi-si\u00e8cle. La tristesse de ce 21 avril est qu&rsquo;il est fort probable, &mdash; selon la logique politique et la logique \u00e9lectorale dans le pays de la raison &mdash; que c&rsquo;est ce candidat, le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique sortant, dont on conna\u00eet le caract\u00e8re et dont on sait que ses qualit\u00e9s, d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s nombreuses, n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec celles d&rsquo;un homme d&rsquo;\u00c9tat, qui sera \u00e9lu par quelque chose qui pourrait \u00eatre qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0raz-de-mar\u00e9e\u00a0\u00bb \u00e9lectoral. (Nous restons dans les images qui sugg\u00e8rent le d\u00e9cha\u00eenement des \u00e9l\u00e9ments naturels.) Cela constitue une mesure de notre \u00e9poque, que cet homme puisse \u00eatre \u00e9lu, parce qu&rsquo;il serait, somme toute, le \u00ab\u00a0moindre des maux\u00a0\u00bb. Ce \u00ab\u00a0type sympa\u00a0\u00bb (le pr\u00e9sident sortant) et la France m\u00e9ritaient mieux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMaintenant, voici l&rsquo;essentiel. Ce que nous exprime la France du 21 avril 2002, ce n&rsquo;est ni la lutte politique ni le diable de l&rsquo;enfer descendu sur le monde. Par son contraste entre l&rsquo;absence d&rsquo;enjeu apparent au d\u00e9part et l&rsquo;effet qui ressemble \u00e0 un bouleversement brusquement r\u00e9v\u00e9l\u00e9, la France montre avec une force singuli\u00e8re un m\u00e9canisme des soci\u00e9t\u00e9s qui est aujourd&rsquo;hui universel dans une \u00e9poque o\u00f9 la dissimulation et le conformisme sont tenus pour la vertu de loyaut\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe d\u00e9sordre fran\u00e7ais, c&rsquo;est le d\u00e9sordre du monde et la France est un miroir du monde. Le chaos qu&rsquo;a illustr\u00e9 le scrutin du 21 avril, c&rsquo;est celui de notre monde et de notre \u00e9poque. Une campagne ronronnante et nourrie d&rsquo;analyses confondantes de platitude a accouch\u00e9 d&rsquo;une crise colossale qui est moins dans la situation \u00e9lectorale imm\u00e9diate que dans la situation g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;exprime cette situation \u00e9lectorale. Une souris a accouch\u00e9 d&rsquo;une montagne, et une situation apparemment sans risque a mis \u00e0 jour des tensions incroyables. Rien de plus illustratif de l&rsquo;\u00e9tat du monde. En quoi nous sommes effectivement confirm\u00e9s que la France reste bien investie de cette capacit\u00e9 universaliste qu&rsquo;illustre son histoire. Pour le meilleur et pour le pire, \u00e9videmment.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoici le texte de l&rsquo;\u00e9ditorial qui \u00e9tait initialement pr\u00e9vu dans le Vol17 n\u00b015 de <em>de defensa<\/em>, du 25 avril 2002<\/p>\n<h3>Le temp\u00eate se l\u00e8ve<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a le bruit g\u00e9n\u00e9ral, le tintamarre des  armes et des attentats, la trag\u00e9die isra\u00e9lo-palestinienne, les morts et les massacr\u00e9s, les incroyables volte-face de GW qui parle comme si hier (quand il disait le contraire d&rsquo;aujourd&rsquo;hui) n&rsquo;avait pas exist\u00e9, qui parle un jour de Sharon comme <em>a man of peace<\/em> pour demander le lendemain une enqu\u00eate sur les actes de l&rsquo;arm\u00e9e de Sharon dans le camp de Janin. Il y a tout cela, les rodomontades de Rumsfeld, l&rsquo;Afghanistan qui n&rsquo;en finit pas de finir, l&rsquo;Irak qui n&rsquo;en finit pas de commencer, les fronts divers et vari\u00e9s, la Grande Guerre dont on ne sait plus tr\u00e8s bien qui elle est, o\u00f9 elle va, qu&rsquo;on confond un peu, pour ne rien vous cacher, avec <em>Loft Story<\/em>. Et puis, il y a le reste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a l&rsquo;essentiel, sous-jacent, dont on per\u00e7oit parfois l&rsquo;un ou l&rsquo;autre \u00e9cho, dont nul ne veut rien vous dire \u00e0 voix trop haute, dont on ne vous parlera pas pendant une campagne \u00e9lectorale (tiens, c&rsquo;est vrai, on vote ?). Il y a le reste, qui est l&rsquo;essentiel, qui est le vrai \u00e9branlement du monde, cette secousse encore cach\u00e9e qui parcourt nos fondements et \u00e9branle, et fissure, et secoue de plus en plus follement l&rsquo;\u00e9difice o\u00f9 nous avons mis, pendant un demi-si\u00e8cle, toutes nos certitudes, absolument toutes nos certitudes. Cet \u00e9difice majestueux et pompeux, au nom duquel tant d&rsquo;envol\u00e9es lyriques et de r\u00e9flexions assur\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 commises, c&rsquo;est celui de la Grande Alliance transatlantique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe malaise est palpable, il grandit, il noircit tout et il nous donne un go\u00fbt de plus en plus amer, et il faut na\u00eetre des craintes extraordinaires. Les alli\u00e9s indestructibles, ces Am\u00e9ricains et ces Europ\u00e9ens de la Grande Alliance occidentale qui pr\u00e9tend guider le monde, s&rsquo;ils disent s&rsquo;entendre sur tout pour que les campagnes \u00e9lectorales se poursuivent sans trop de heurt, les alli\u00e9s ne parlent plus de la m\u00eame chose. Ils n&#8217;emploient plus la m\u00eame langue. Ils ne se comprennent plus, ne s&rsquo;entendent plus et s&rsquo;\u00e9coutent encore moins. Ils ne voient plus le monde pareil. Sont-ils encore dans le m\u00eame monde ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRevenant d&rsquo;un de ces s\u00e9minaires fameux et discrets o\u00f9 les alli\u00e9s transatlantiques, depuis des d\u00e9cennies, ont appris \u00e0 se dire tout et \u00e0 se r\u00e9concilier en fin de d\u00e9bat, le subtil analyste am\u00e9ricain William Pfaff \u00e9crit, le 18 avril, \u00e0 propos du d\u00e9saccord entre alli\u00e9s, ces phrases terribles en conclusion de sa chronique : \u00ab<em>The disagreement is the most important that has existed between the allies since NATO began. It could destroy NATO. Worse than that, it could set the former allies against one another.<\/em> \u00bb<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ditos de crise 22 avril 2002 &mdash; Les r\u00e9sultats du scrutin du 21 avril du premier tour de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle en France nous ont plac\u00e9s, alors que nous bouclions l&rsquo;\u00e9dition du 25 avril 2001 de de defensa (Volume 17, n\u00b015), dans une situation d\u00e9licate que connaissent bien les journalistes. 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