{"id":65084,"date":"2002-05-04T00:00:00","date_gmt":"2002-05-04T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/05\/04\/notre-approche-du-virtualisme\/"},"modified":"2002-05-04T00:00:00","modified_gmt":"2002-05-04T00:00:00","slug":"notre-approche-du-virtualisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/05\/04\/notre-approche-du-virtualisme\/","title":{"rendered":"Notre approche du virtualisme"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Notre approche du virtualisme<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons d\u00e9velopp\u00e9 une analyse de la crise des pr\u00e9sidentielles fran\u00e7aises essentiellement bas\u00e9e sur notre id\u00e9e de ce concept qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es dans la vie publique, que nous nommons virtualisme. Nos lecteurs ont d\u00e9j\u00e0 souvent rencontr\u00e9 ce mot, mi-n\u00e9ologisme, mi-pratique d\u00e9form\u00e9e. Nous avons par ailleurs en archives sur ce site, extrait de la publication r\u00e9guli\u00e8re de <em>de defensa<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=35\" class=\"gen\">un texte sur \u00abLa premi\u00e8re guerre virtualiste\u00bb,<\/a> o\u00f9 nous tentons une premi\u00e8re approche syst\u00e9matique de ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Pour tenter d&rsquo;\u00e9clairer encore plus nos lecteurs, nous publions ci-apr\u00e8s deux autres textes de <em>de defensa<\/em>-papier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi nous nous attardons \u00e0 cette question du virtualisme aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est parce que nous estimons que la crise fran\u00e7aise, dans tous les cas jusqu&rsquo;\u00e0 ce deuxi\u00e8me tour des pr\u00e9sidentielles, est une crise fondamentalement explicable par le virtualisme. C&rsquo;est dans ce sens que nous avons d\u00e9velopp\u00e9 notre analyse de la crise dans le prochain num\u00e9ro de <em>de defensa<\/em>-papier (Vol17, n\u00b016, \u00e0 para\u00eetre le 10 mai 2002). En raison de l&rsquo;importance que nous attachons \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne de la crise fran\u00e7aise combin\u00e9e avec notre interpr\u00e9tation selon l&rsquo;id\u00e9e du virtualisme, nous publierons rapidement (autour du 20 mai) sur le site cette analyse de notre Lettre d&rsquo;Analyse du 10 mai. C&rsquo;est une pratique exceptionnelle, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale nous observons un d\u00e9lai beaucoup plus long entre une parution-papier et une publication sur le site (qui n&rsquo;est de toutes les fa\u00e7ons pas syst\u00e9matique), pour la raison \u00e9vidente du droit d&rsquo;exclusivit\u00e9 du \u00e0 nos abonn\u00e9s pour une p\u00e9riode significative. Ceux-ci, nos abonn\u00e9s, ne nous en voudront pas de d\u00e9roger \u00e0 la r\u00e8gle en cette circonstance exceptionnelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, nous pensons que cette crise fran\u00e7aise est extraordinaire par sa forme et par son m\u00e9canisme, et nullement par sa substance, qui est inexistante au d\u00e9part. La crise n&rsquo;a acquis de la substance qu&rsquo;\u00e0 cause de son d\u00e9veloppement cons\u00e9cutif \u00e0 sa forme et \u00e0 son d\u00e9veloppement. Ces particularit\u00e9s \u00e9galement extraordinaires rendent tr\u00e8s confuse la t\u00e2che d&rsquo;identifier la crise selon les seuls \u00e9v\u00e9nements. Par contre, nous croyons qu&rsquo;une analyse de la forme et du d\u00e9veloppement permet d&rsquo;avancer dans la d\u00e9finition du virtualisme, qui est une chose essentielle selon nous, et, indirectement, de bien mieux identifier la substance des \u00e9v\u00e9nements de la crise que ce processus a fait (re)surgir. C&rsquo;est \u00e9videmment dans ce sens qu&rsquo;est orient\u00e9e notre analyse du 10 mai, que nous publierons dans une quinzaine.<\/p>\n<h4>Extrait de nos archives<\/h4>\n<p>Ci-dessous, nous publions deux textes parus respectivement dans la rubrique <em>de defensa<\/em> des Vol16 n\u00b009 et Vol16 n\u00b020, des 25 janvier et 10 juillet 2001. L&rsquo;un de ces textes (<em>Double Look<\/em>) est d\u00e9j\u00e0 accessible en archives mais nous avons pens\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait int\u00e9ressant de le r\u00e9unir avec celui du 10 juillet (nous l&rsquo;avons plac\u00e9 en derni\u00e8re place, apr\u00e8s celui du 10 juillet, pour ne pas imposer sa lecture \u00e0 ceux qui l&rsquo;ont d\u00e9j\u00e0 lui ; dans tous les cas, il n&rsquo;y a aucun lien de chronologie entre les deux puisque le sujet d\u00e9battu est la forme d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement et non son contenu \u00e9ventuellement chronologique). Ces deux textes se compl\u00e8tent pour faire avancer notre d\u00e9finition du virtualisme. Ils n&rsquo;ont aucun rapport avec la substance de la crise des pr\u00e9sidentielles fran\u00e7aises, mais indirectement tout \u00e0 voir avec la forme et le m\u00e9canisme de cette crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article\">La virtualit\u00e9 du monde<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;abord, le \u00ab\u00a0climat\u00a0\u00bb. (Pas celui de l&rsquo;effet de serre, qui est une formidable menace qui fixera peut-\u00eatre nos pr\u00e9tentions \u00e0 leur v\u00e9ritable valeur; qui est bien l&rsquo;enfant de nos conceptions dominantes,  ainsi l&rsquo;appr\u00e9cions-nous en g\u00e9n\u00e9ral et assez justement ; le petit homme au bout de son d\u00e9fi faustien, peut-\u00eatre trop lourd pour lui.) Parlant du \u00ab\u00a0climat\u00a0\u00bb comme Arletty parlait d&rsquo;\u00ab <em>atmosph\u00e8re<\/em> \u00bb, nous parlons de celui que cr\u00e9e notre psychologie. Au coeur de notre \u00e9poque qui se donne \u00e0 l&rsquo;individualisme forcen\u00e9, l&rsquo;individualisme \u00e9videmment nihiliste du point de vue de l&rsquo;organisation sociale de la civilisation, la psychologie n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 autant et paradoxalement collective, du point de vue de son activit\u00e9, par le conformisme des pens\u00e9es et des jugements. Au contraire, la psychologie oublie radicalement le sens du bien commun (ce qui fait notre communaut\u00e9). Notre psychologie est organis\u00e9e par la formidable pression des communications. Dans cette \u00e9poque de vitesse et de libert\u00e9, tout ce qui est bas circule le plus vite possible et en toute libert\u00e9. Les communications transmettent d&rsquo;abord ce qui est le plus tentant, le plus reposant pour l&rsquo;esprit humain, le plus anesth\u00e9siant pour les efforts du jugement et de la responsabilit\u00e9. C&rsquo;est ce que nous d\u00e9signons, ici explicit\u00e9 de fa\u00e7on plus pr\u00e9cise, sous le terme g\u00e9n\u00e9rique de \u00ab\u00a0conformisme\u00a0\u00bb. Le conformisme n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un travers de l&rsquo;hypocrisie sociale ; il est devenu un ph\u00e9nom\u00e8ne majeur, consid\u00e9rable, quasiment ontologique de notre \u00e9volution pr\u00e9sente ; il est alors difficile de ne pas avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se que cette \u00e9volution est une d\u00e9cadence, et ce conformisme, destructeur de la pens\u00e9e et de l&rsquo;organisation sociale de la civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons ce que nous avons cr\u00e9\u00e9. C&rsquo;est sur cela qu&rsquo;il faut se pencher. Voil\u00e0 donc un premier enseignement pour notre compte (et nous nous citons): \u00ab <em>\u00e0 cause des pressions que font peser les communications d&rsquo;une part, la n\u00e9cessit\u00e9 du conformisme de l&rsquo;autre, la forme des r\u00e9actions psychologiques <\/em>[compte aujourd&rsquo;hui] <em>plus que les informations et les id\u00e9es que charrient les psychologies. L&rsquo;important c&rsquo;est le \u00ab\u00a0climat\u00a0\u00bb plus que les paroles contr\u00f4l\u00e9es. Il s&rsquo;agit de d\u00e9crypter sa signification. C&rsquo;est un travail d&rsquo;enqu\u00eateur, ou de d\u00e9codeur.<\/em> \u00bb Ce contexte tourbillonne et enivre l&rsquo;esprit en l&rsquo;inclinant vers le plus bas. L&rsquo;esprit plonge vers la tentation naturellement pr\u00e9sente, celle qui permet \u00e0 notre psychologie d&rsquo;\u00e9carter l&rsquo;affrontement avec nous-m\u00eame. Dans les conditions de notre monde, cette tentation-l\u00e0 devient in\u00e9vitable puisque nous en avons les moyens technologiques : l&rsquo;habillage de la r\u00e9alit\u00e9. C&rsquo;est la gen\u00e8se permanente, en constante renaissance, de ce que nous avons pris l&rsquo;habitude de nommer dans ces colonnes: virtualisme, qui n&rsquo;a d\u00e9cid\u00e9ment rien \u00e0 voir avec cette pratique violente et vulgaire (dans le sens de peu sophistiqu\u00e9e, pas maquill\u00e9e du tout) qu&rsquo;est la propagande.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui est singulier, et qui \u00e9vite le d\u00e9couragement sans retour, est de constater combien cette d\u00e9cadence permanente de l&rsquo;esprit se trouve combattue par un r\u00e9flexe \u00e9trange,  car on ne peut aujourd&rsquo;hui qualifier que d'\u00a0\u00bb\u00e9trange\u00a0\u00bb une r\u00e9action qui r\u00e9clame un retour au r\u00e9el. Cela nous vient parfois de sources qu&rsquo;on jugerait inattendues. Dans la livraison du 20 juin 2001 du magazine <em>Time<\/em>, Michael Elliott, se r\u00e9f\u00e9rant au film <em>Pearl Harbor<\/em> (dont nous pouvons vous annoncer avec une ironie fatigu\u00e9e qu&rsquo;il est un tr\u00e8s gros bide commercial), \u00e9ditorialise sur notre obsession de la guerre juste (traduction approximative de \u00ab <em>Obsessing Over the Good War<\/em> \u00bb). Elliott nous dit, et dit surtout \u00e0 nos hommes politiques comme s&rsquo;il parlait \u00e0 des gens capables d&rsquo;user de leur libre arbitre pour d\u00e9terminer ce qu&rsquo;on peine \u00e0 nommer encore \u00ab\u00a0une politique\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il est temps d&rsquo;abandonner nos incantations  vers la <em>Good War<\/em> de 1939-45 (1941-45),   c&rsquo;est-\u00e0-dire, on le comprend, cette guerre-l\u00e0, revue et corrig\u00e9e en permanence, maquill\u00e9e, fard\u00e9e, remise constamment au go\u00fbt du jour pour correspondre au chantier permanent de notre reconstruction virtualiste de la r\u00e9alit\u00e9. Il s&rsquo;en explique avec, comme mat\u00e9riel de l&rsquo;esprit, ce qui semblerait \u00eatre du bon sens (\u00ab <em>Mais cette guerre est finie depuis 56 ans et il est temps de se demander combien de temps encore son ombre va continuer \u00e0 influencer notre monde<\/em> \u00bb). Il termine par ce souhait : \u00ab <em>One day  even in America  World War II will be just another movie.<\/em> \u00bb(Il se trompe, le brave Elliott : c&rsquo;est bien parce qu&rsquo;elle est devenue un film, de <em>Saving Private Ryan<\/em> \u00e0<em>Pearl Harbor<\/em>, que la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale est compl\u00e8tement d&rsquo;actualit\u00e9, et l&rsquo;une des r\u00e9f\u00e9rences essentielles de notre Grande Politique. Enfin, l&rsquo;intention y \u00e9tait.)<\/p>\n<h3>D\u00e9finition de la d\u00e9marche virtualiste<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa r\u00e9ponse \u00e0 Michael Elliott vient, on s&rsquo;en serait dout\u00e9, de l&rsquo;incorrigible \u00ab\u00a0exception fran\u00e7aise\u00a0\u00bb. Dans une r\u00e9cente et pr\u00e9monitoire interview (du 18 juin, dans <em>Le Monde<\/em>), le philosophe Michel Serres fait l&rsquo;apologie de ce que nous nommons le virtualisme. La phrase cit\u00e9e en exergue dit tout : \u00ab<em>Le virtuel est la chair m\u00eame de l&rsquo;homme.<\/em> \u00bb C&rsquo;est une curieuse situation, \u00e0 fronts renvers\u00e9s : l&rsquo;Am\u00e9ricain plaidant pour un retour au r\u00e9el, le Fran\u00e7ais faisant la le\u00e7on pour qu&rsquo;on se plonge sans remord ni h\u00e9sitation dans ce qui fait \u00ab <em>la chair m\u00eame<\/em> \u00bb de l&rsquo;am\u00e9ricanisation de l&rsquo;homme. Cela ne doit pas surprendre : les rapports entre la France et l&rsquo;Am\u00e9rique, surtout du c\u00f4t\u00e9 des intellectuels et depuis le XVIIIe si\u00e8cle, sont charg\u00e9s d&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9, de complicit\u00e9s et de paradoxes. (Le \u00ab\u00a0pays intellectuel\u00a0\u00bb de la France n&rsquo;a pas besoin de Hollywood pour faire bien plus que sa part dans le sens du virtualisme am\u00e9ricaniste : sa r\u00e9flexion depuis 10, 15, 20 ans, est un rabachage massif de la p\u00e9riode vichyssoise de la France, comme si l&rsquo;histoire de la France pouvait y \u00eatre effectivement r\u00e9duite. C&rsquo;est effectivement une tentative virtualiste.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;argumentation du philosophe Michel Serres est, par exemple, que madame Bovary r\u00eavait bien, elle, et elle r\u00eavait qu&rsquo;elle faisait l&rsquo;amour de nombreuses fois  alors, pourquoi pas nous ? (C&rsquo;est-\u00e0-dire, pr\u00e9cisons tout de m\u00eame pour qu&rsquo;on ne jase pas : pourquoi ne construirions-nous pas une vie r\u00eav\u00e9e ?) C&rsquo;est un curieux argument. Dans le portrait et la vie d&rsquo;Emma Bovary, on conviendra que l&rsquo;essentiel n&rsquo;est pas ses pens\u00e9es et d\u00e9sirs secrets, ni la fa\u00e7on qu&rsquo;elle s&rsquo;y jette, mais bien la peinture d&rsquo;un caract\u00e8re, d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 et de ses moeurs, et ainsi de suite, c&rsquo;est-\u00e0-dire le grand roman qu&rsquo;est <em>Madame Bovary<\/em> ; l&rsquo;essentiel, c&rsquo;est donc Flaubert, qui construit une oeuvre virtuelle \u00e0 partir de son observation du r\u00e9el, pour mieux rendre compte du r\u00e9el. Tout est \u00e9videmment dans la ma\u00eetrise de son oeuvre (du virtuel) par Flaubert. Ce qui fait la nouveaut\u00e9 de notre virtualisme, ce n&rsquo;est pas le r\u00eave, la cr\u00e9ation, l&rsquo;imagination (s&rsquo;il y en a), qui sont \u00e9videmment des choses excellentes et n\u00e9cessaires de l&rsquo;activit\u00e9 humaine, mais la volont\u00e9 de s&rsquo;y soumettre totalement jusqu&rsquo;\u00e0 nier la r\u00e9alit\u00e9 pour mieux se complaire dans cette nouvelle situation. La nouveaut\u00e9, c&rsquo;est cette d\u00e9marche de servitude volontaire. L&rsquo;analyse de Michel Serres est une \u00e9trange abdication devant une mode conformiste \u00e9lev\u00e9e au rang de pens\u00e9e (unique, il va sans dire), une subjugation de l&rsquo;intellectuel par un sentimentalisme de midinette. L&rsquo;\u00e2ge, sans doute (pour Michel Serres).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa th\u00e8se implicite est que l&rsquo;outil (les nouvelles technologies de la communication) conduisent \u00e0 former une nouvelle psychologie caract\u00e9ris\u00e9e par la lib\u00e9ration. Ce  n&rsquo;est pas nouveau : de m\u00eame a-t-on coutume de dire que, pour une bonne part, notamment celle de la diffusion, la Renaissance c&rsquo;est l&rsquo;imprimerie. L&rsquo;histoire montre la fausset\u00e9 de cette sorte de r\u00e9ductionnisme (on comprend par contre l&rsquo;avantage dialectique que certaines id\u00e9ologies retirent de cette sorte d&rsquo;affirmations). Cette approche sacrifie \u00e0 la confusion courante aujourd&rsquo;hui de la fin et des moyens, du  contenant et du contenu. Les nouvelles technologies permettent une diffusion maximale, et le triste constat qu&rsquo;on est conduit \u00e0 faire est qu&rsquo;elles diffusent d&rsquo;abord le plus facile (\u00ab <em>ce qui est bas <\/em>[&#8230;] <em>le plus tentant, le plus anesth\u00e9siant pour l&rsquo;esprit humain<\/em> \u00bb) ; dans notre \u00e9poque, c&rsquo;est le conformisme, qui devient ainsi l&rsquo;un des mat\u00e9riaux essentiels du virtualisme. Ainsi, notre d\u00e9finition, qui est le contraire de ce qu&rsquo;avance Michel Serres : le virtualisme usurpe l&rsquo;usage des nouvelles technologies, celles-ci devenant une prison o\u00f9 notre esprit accepte de s&rsquo;enfermer (toujours cette complicit\u00e9), en acceptant le remplacement de la r\u00e9alit\u00e9 par \u00ab\u00a0notre\u00a0\u00bb r\u00e9alit\u00e9, et \u00ab\u00a0notre\u00a0\u00bb r\u00e9alit\u00e9 trouvant dans le conformisme l&rsquo;outil d&rsquo;uniformisation pour donner \u00e0 cette op\u00e9ration toutes les apparences du r\u00e9el. Le mal n&rsquo;est pas le r\u00eave, la cr\u00e9ation, etc, mais la proclamation que ce r\u00eave est devenu la r\u00e9alit\u00e9, et, par cons\u00e9quent, que l&rsquo;autre, la vraie, doit \u00eatre r\u00e9pudi\u00e9e. Fa\u00e7on de r\u00e9soudre le probl\u00e8me en proclamant qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas. (Pure am\u00e9ricanisation, renvoyant \u00e0 ce mot d&rsquo;un g\u00e9n\u00e9ral am\u00e9ricain : \u00ab<em>Nous, en Am\u00e9rique, nous ne r\u00e9solvons pas les probl\u00e8mes, nous les \u00e9crasons.<\/em> \u00bb)<\/p>\n<h2 class=\"common-article\">Le paradoxe virtuel<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tSelon le mot d&rsquo;un politologue, Kennedy fut \u00e9lu \u00ab <em>plus \u00e0 cause de sa coupe de cheveux et de sa coupe de costume qu&rsquo;\u00e0 cause du contenu de ses interventions<\/em> \u00bb. Pour autant, la politique de Kennedy ne consista pas \u00e0 entretenir une coupe de cheveux et \u00e0 veiller \u00e0 la bonne coupe des costumes. Cette \u00ab\u00a0politique-spectacle\u00a0\u00bb ne se r\u00e9duisait pas \u00e0 \u00eatre ex\u00e9crable \u00e0 cause de ses aspects qui pouvaient l&rsquo;\u00eatre ; elle n&#8217;emprisonnait pas ceux qui y sacrifiaient. De Gaulle, bien qu&rsquo;il f\u00fbt stupidement qualifi\u00e9 par ses adversaires d'\u00a0\u00bbhomme du pass\u00e9\u00a0\u00bb, \u00e9tait un ma\u00eetre de la \u00ab\u00a0politique-spectacle\u00a0\u00bb, notamment gr\u00e2ce \u00e0 sa ma\u00eetrise de l&rsquo;intervention t\u00e9l\u00e9visuelle. On ne peut dire que les fondements de sa politique en souffrissent jamais.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0 s&rsquo;arr\u00eate la bonne nouvelle, pour dire que le lien \u00e0 la \u00ab\u00a0politique-spectacle\u00a0\u00bb d\u00e9pend de l&rsquo;homme ; au contraire, l&rsquo;homme qui a utilis\u00e9 la politique-spectacle peut en devenir le prisonnier, par faiblesse. Sur Kennedy, on pourrait dire qu&rsquo;il reste ceci, qui est un jugement de l&rsquo;\u00e9crivain Gore Vidal, qui fut un de ses proches (Gore Vidal milita activement chez les d\u00e9mocrates pendant la p\u00e9riode et se pr\u00e9senta \u00e0 la Chambre des Repr\u00e9sentants en 1964 [battu]) : \u00ab <em>Jack <\/em>[Kennedy] <em>\u00e9tait l&rsquo;un des hommes les plus charmeurs que j&rsquo;ai jamais rencontr\u00e9. Il fut aussi, vu en perspective, l&rsquo;un des pires parmi les pr\u00e9sidents que nous avons eus.<\/em> \u00bb Gore Vidal s&rsquo;est expliqu\u00e9 indirectement de ce jugement lorsqu&rsquo;il rapporta ce propos : Kennedy \u00ab <em>voulait \u00eatre un pr\u00e9sident guerrier. Qui aurait jamais entendu parler de Lincoln, me demanda-t-il un jour, s&rsquo;il n&rsquo;y avait eu la Guerre Civile?<\/em>\u00bb Autrement dit, Kennedy \u00e9tait fascin\u00e9 par la guerre pour la notori\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;elle donne au pr\u00e9sident qui la conduit (et la gagne, naturellement). A partir de ce constat qui ne satisfera ni les moralistes ni les \u00e2mes sensibles, constatons dans cette anecdote de Gore Vidal la pr\u00e9f\u00e9rence chez JFK de la forme (la guerre pour la notori\u00e9t\u00e9) sur le fond (un but politique \u00e9ventuellement atteint par la guerre, dont se contrefout Kennedy). JFK ne cessa pas d&rsquo;\u00eatre cela, homme politique dont la politique fut constamment influenc\u00e9e par les exigences de la politique-spectacle (par exemple, l&rsquo;historien Richard Reeves nous rapporte comment, en mai 1961, il choisit le sujet de la conqu\u00eate de la Lune pour un discours qu&rsquo;il devait faire : parce qu&rsquo;il cherchait un bon \u00ab\u00a0sujet RP\u00a0\u00bb [RP, pour relations publiques] apr\u00e8s les \u00e9checs de la Baie des Cochons et de sa rencontre avec Krouchtchev \u00e0 Vienne ; et peu importait le sujet, et la course \u00e0 la Lune fut choisi parmi d&rsquo;autres). JFK ne cessa d&rsquo;exploiter ses qualit\u00e9s d&rsquo;\u00ab <em>homme charmeur<\/em> \u00bb qui avait tant impressionn\u00e9 Gore Vidal, et il en fit m\u00eame une condition de sa politique. Ainsi, dans son cas, les qualit\u00e9s qu&rsquo;il faut pour la \u00ab\u00a0politique-spectacle\u00a0\u00bb interf\u00e9r\u00e8rent gravement sur la politique du pr\u00e9sident.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette pente, qui est la fascination de la substance pour la forme apr\u00e8s que la substance se soit servie de la forme pour s&rsquo;imposer, est directement la cons\u00e9quence de cette faiblesse si courante, qu&rsquo;on nomme justement d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale \u00ab\u00a0la faiblesse du caract\u00e8re\u00a0\u00bb. La faiblesse du caract\u00e8re marque la caract\u00e9ristique principale de l&rsquo;homme politique dans la d\u00e9mocratie moderne. Elle est l&rsquo;envers sombre des \u00ab\u00a0qualit\u00e9s\u00a0\u00bb qui conduisent \u00e0 sa s\u00e9lection, le sens du compromis qui devient go\u00fbt du compromis, l&rsquo;usage accidentel de l&rsquo;am\u00e9nagement de la v\u00e9rit\u00e9 qui conduit \u00e0 l&rsquo;institutionnalisation structurelle du mensonge, la proclamation des n\u00e9cessit\u00e9s de la morale qui transforme la politique en une le\u00e7on de morale, et ainsi de suite. La technique de la communication (le m\u00e9diatisme, les relations publiques) et ses exigences font le reste. La transformation au long des ann\u00e9es 1980, accomplie et boucl\u00e9e dans les ann\u00e9es 1990, fut transcrite directement par la transformation de la \u00ab\u00a0politique-spectacle\u00a0\u00bb en \u00ab\u00a0politique du spectacle\u00a0\u00bb : la forme devenait l&rsquo;essentiel, elle prenait la place de la substance. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement vaut largement en importance la chute du Mur et la fin de l&rsquo;URSS. Il en est la cons\u00e9quence en grande partie : la fin de l&rsquo;URSS dispensait d\u00e9sormais de consid\u00e9rer la substance de la politique comme une mati\u00e8re imp\u00e9rative. La forme s&rsquo;y substitua par cons\u00e9quent, elle devint le fond de la politique. Le ph\u00e9nom\u00e8ne s&rsquo;est impos\u00e9 sans que nous nous en avisions, tant il suit la pente naturelle de la faiblesse du caract\u00e8re, comme l&rsquo;eau d\u00e9vale une pente.<\/p>\n<h2 class=\"common-article\">La vertu en prime<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tOn se rappelle du <em>double-speak<\/em> du <em>1984<\/em> de George Orwell. Orwell nous pr\u00e9sentait l&rsquo;un des fondements du monde \u00e0 venir : la capacit\u00e9, par une manipulation radicale du langage, de faire accepter des interpr\u00e9tations de la r\u00e9alit\u00e9 radicalement diff\u00e9rentes, voire contraire \u00e0 ce que dit ce langage. La transcription fran\u00e7aise (\u00ab\u00a0double langage\u00a0\u00bb) est tr\u00e8s ambigu\u00eb et tr\u00e8s peu satisfaisante, dans la mesure o\u00f9 elle pourrait faire croire qu&rsquo;il y a deux langages (ce qui est vrai si l&rsquo;on accepte cette d\u00e9finition comme une image, mais cela \u00e9carte alors la caract\u00e9ristique technique\/s\u00e9mantique la plus int\u00e9ressante du ph\u00e9nom\u00e8ne). Il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un m\u00eame langage, utilis\u00e9 diff\u00e9remment, et l&rsquo;expression anglaise est bien plus satisfaisante : on \u00ab\u00a0parle\u00a0\u00bb (<em>speak<\/em>) diff\u00e9remment le m\u00eame langage. (Trouver une correspondance plus pr\u00e9cise en fran\u00e7ais dans le sens exprim\u00e9 par Orwell supposerait qu&rsquo;on pass\u00e2t du sujet \u00e0 l&rsquo;action : \u00ab\u00a0double-parler\u00a0\u00bb [de la m\u00eame langue] serait alors plus satisfaisant.) La caract\u00e9ristique du <em>double-speak<\/em> est qu&rsquo;il reconna\u00eet implicitement la manipulation du m\u00eame langage, donc qu&rsquo;il reconna\u00eet implicitement le mensonge.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre \u00e9poque a souvent \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00ab\u00a0orw\u00e9llienne\u00a0\u00bb, notamment avec des r\u00e9f\u00e9rence au <em>Big Brother<\/em> de <em>1984<\/em>. Pourtant, le <em>double-speak<\/em> (et encore moins, certes, le \u00ab\u00a0double langage\u00a0\u00bb) n&rsquo;est pas satisfaisant pour rendre compte du ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9crit plus haut, \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9-virtualiste\u00a0\u00bb contre \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9-r\u00e9elle\u00a0\u00bb. Nous proposons un autre concept, selon la m\u00eame logique : <em>double-look<\/em>. (L&rsquo;expression serait justement traduite par \u00ab\u00a0double regard\u00a0\u00bb alors que la logique cart\u00e9sienne nous pousserait plut\u00f4t vers une expression comme \u00ab\u00a0double r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb qui souffrirait de la m\u00eame faiblesse d&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 que \u00ab\u00a0double langage\u00a0\u00bb ; mais \u00ab\u00a0double regard\u00a0\u00bb souffre du handicap d&rsquo;\u00eatre d\u00e9j\u00e0 employ\u00e9, et plut\u00f4t dans un sens favorable : le double regard de l&rsquo;\u00e9motion et de la raison, du sens commun et du sens artiste, etc. Nous nous en tenons au n\u00e9ologisme anglais que nous proposons, d&rsquo;autant plus appropri\u00e9 nous semble-t-il que le mot <em>look<\/em> [le <em>look<\/em>], employ\u00e9 par l&rsquo;argot de la mode, a pris aujourd&rsquo;hui le sens d'\u00a0\u00bbaspect\u00a0\u00bb, d'\u00a0\u00bbapparence\u00a0\u00bb, d\u00e9voy\u00e9 dans le sens que nous disons : l&#8217;emploi argotique de <em>look<\/em> a \u00e9volu\u00e9 de la logique s\u00e9mantique [<em>the Look<\/em> \u00e9tait le surnom de Lauren Bacall, d\u00e9signant le regard de l&rsquo;actrice] \u00e0 son d\u00e9voiement virtualiste [<em>look<\/em> comme construction d&rsquo;une apparence sp\u00e9cifique d&rsquo;un \u00eatre selon un conformisme donn\u00e9 \u00e0 partir du regard de l&rsquo;autre].)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>double-look<\/em> permet de comprendre en quoi notre monde se diff\u00e9rencie du monde d&rsquo;Orwell. Il n&rsquo;y a pas (plus) manipulation. Il n&rsquo;y a pas non plus des perceptions diff\u00e9rentes de la r\u00e9alit\u00e9 (ce qui est un ph\u00e9nom\u00e8ne normal et rend compte de la difficult\u00e9 d&rsquo;appr\u00e9hender la r\u00e9alit\u00e9). Il y a d&rsquo;une part la perception de la r\u00e9alit\u00e9 dans sa complexit\u00e9, avec des variations (la r\u00e9alit\u00e9-r\u00e9elle), et d&rsquo;autre part il y a une perception \u00e0 la fois provoqu\u00e9e et volontaire, et \u00e0 la fois accept\u00e9e, d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 diff\u00e9rente (r\u00e9alit\u00e9-virtualiste) ; cette r\u00e9alit\u00e9 diff\u00e9rente est rendue possible dans son apparence gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;addition de comportements d&rsquo;interpr\u00e9tation (conformisme) et de capacit\u00e9s m\u00e9caniques de repr\u00e9sentation d&rsquo;une puissance tr\u00e8s grande (communication, technologie, etc). C&rsquo;est la diff\u00e9rence essentielle avec le <em>double-speak<\/em> d&rsquo;Orwell : <em>stricto sensu<\/em>, il ne semble pas y avoir de mensonge, puisque le <em>double-look<\/em> semble rendre compte d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 existante.<\/p>\n<h3>Interpr\u00e9tation et description des actes d&rsquo;un \u00ab<strong><em>leader implicite<\/em><\/strong> \u00bb (l&rsquo;Allemagne en Europe)<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons tous les jours des exemples de ce ph\u00e9nom\u00e8ne, avec un effort d&rsquo;interpr\u00e9tation. Nous revenons sur la perception de la position allemande en Europe (voir <em>dd&#038;e<\/em>, Vol16, n<198>08, rubrique <em>Contexte<\/em>) au moment du sommet de Nice. Les chiffres et les r\u00e9alit\u00e9s de la puissance continuent \u00e0 exister (r\u00e9alit\u00e9-r\u00e9elle) et nous montrent sans gu\u00e8re de difficult\u00e9s que l&rsquo;Allemagne est loin aujourd&rsquo;hui d&rsquo;\u00eatre la premi\u00e8re puissance en Europe, qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est pas du tout dans des domaines essentiels et n\u00e9cessaires de la d\u00e9finition de la puissance (diplomatie, technologie, puissance militaire, culture, voire m\u00eame l&rsquo;\u00e9conomie o\u00f9 la position allemande, loin de la sup\u00e9riorit\u00e9 des ann\u00e9es 1980, est quasiment sur le m\u00eame pied que la position fran\u00e7aise). Depuis le sommet de Nice, c&rsquo;est une affirmation globale inverse qui pr\u00e9vaut imp\u00e9rativement. S&rsquo;il se garde bien de d\u00e9tailler les faits (et pour cause), le <em>double-look<\/em> se garde bien de les dissimuler ou de les transformer (pas de mensonge) ; simplement, il les ignore au profit de l&rsquo;effet. Ainsi peut-on lire dans <em>Le Monde<\/em> des 31 d\u00e9cembre 2000\/1er janvier 2001 : \u00ab <em>En faisant une sorte de fixation sur le maintien de la parit\u00e9 avec l&rsquo;Allemagne, malgr\u00e9 une diff\u00e9rence de 22 millions d&rsquo;habitants, la France a consenti \u00e0 cette m\u00eame Allemagne une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans la future Europe \u00e9largie.<\/em> \u00bb Qu&rsquo;est-ce que cela signifie ? Qu&rsquo;en refusant un avantage \u00e0 l&rsquo;Allemagne, la France lui a \u00ab <em>consenti <\/em>[&#8230;] <em>une place pr\u00e9pond\u00e9rante &#8230;<\/em> \u00bb ? On s&rsquo;y perd diablement \u00e0 chercher le lien de la logique. (Au reste, c&rsquo;est le m\u00eame journal, qui laisse ainsi entendre combien la France est en situation d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 en Europe, qui revient aux faits parce que ceux-ci persistent \u00e0 exister et nous ass\u00e8ne, dix jours plus tard, dans sa manchette du 9 janvier 2001 : \u00ab <em>Portrait d&rsquo;une France en pleine croissance<\/em> \u00bb, avec un r\u00e9cit statistique de la situation \u00e9conomique fran\u00e7aise qui n&rsquo;est pas loin de rappeler la description quasi-extatique de l&rsquo;Am\u00e9rique clintonienne des ann\u00e9es 1990.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>double-look<\/em> nous aide \u00e0 nous y retrouver. D&rsquo;abord, <em>Le Monde<\/em> parle d&rsquo;une pr\u00e9pond\u00e9rance dans \u00ab <em>la future Europe \u00e9largie<\/em> \u00bb, comme si l&rsquo;on savait de quoi il s&rsquo;agit en r\u00e9alit\u00e9, et quand, et comment, mais qui est par ailleurs pour cette sorte d&rsquo;esprit (les r\u00e9dacteurs du <em>Monde<\/em>) une r\u00e9alit\u00e9-virtualiste tenue pour acquise ; ensuite, il se r\u00e9f\u00e8re comme allant de soi et qui est tenu pour acquis sans n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9monstration \u00e0 ce que nous pr\u00e9sentions dans notre publication pr\u00e9c\u00e9dente (<em>dd&#038;e<\/em>, Vol16, n<198>08, rubrique <em>Contexte<\/em>), avec cette citation de <em>La Libre Belgique<\/em> du 12 d\u00e9cembre 2000 : \u00ab <em>La presse <\/em>(allemande) <em>est formelle : au sommet de Nice, l&rsquo;Allemagne a pour la premi\u00e8re fois assum\u00e9 son r\u00f4le de leader implicite de l&rsquo;Europe &#8230;<\/em> \u00bb Ainsi la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9-virtualiste est-elle compl\u00e8te et l&rsquo;Allemagne est-elle sacr\u00e9e \u00ab <em>leader implicite<\/em> \u00bb de l&rsquo;Europe, de presse en presse et d&rsquo;\u00e9dito en \u00e9dito. \u00ab <em>D&rsquo;ailleurs, Schr\u00f6der a \u00e9trenn\u00e9 aussit\u00f4t sa nouvelle position de leader europ\u00e9en en allant voir Poutine <\/em>[les 6 et 7 janvier \u00e0 Moscou] \u00bb, explique une source diplomatique \u00e0 Moscou. On examinera \u00e0 nouveau le bien-fond\u00e9 de cette affirmation le jour o\u00f9, pour renforcer les liens nouveaux du \u00ab <em>leader implicite<\/em> \u00bb de l&rsquo;Europe avec la Russie, Schr\u00f6der s&rsquo;opposera fermement et publiquement \u00e0 la NMD am\u00e9ricaine dont les Russes ne veulent pas entendre parler et que lui-m\u00eame condamne d&rsquo;ailleurs en priv\u00e9. On sait bien que c&rsquo;est irr\u00e9aliste et que, comme d&rsquo;habitude, les Allemands auront une position de repli (derri\u00e8re la France, si la France s&rsquo;oppose fermement \u00e0 la NMD) ou une position de capitulation sur la question,  et tant pis pour les Russes. On comprend alors que le probl\u00e8me pos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;univers de la r\u00e9alit\u00e9-virtualiste, et, dans celui-ci, \u00e0 son \u00ab<em>leader implicite<\/em> \u00bb saisonnier, vient de rien d&rsquo;autre que de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre approche du virtualisme Nous avons d\u00e9velopp\u00e9 une analyse de la crise des pr\u00e9sidentielles fran\u00e7aises essentiellement bas\u00e9e sur notre id\u00e9e de ce concept qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es dans la vie publique, que nous nommons virtualisme. Nos lecteurs ont d\u00e9j\u00e0 souvent rencontr\u00e9 ce mot, mi-n\u00e9ologisme, mi-pratique d\u00e9form\u00e9e. 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