{"id":65103,"date":"2002-05-22T00:00:00","date_gmt":"2002-05-22T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/05\/22\/une-pathologie-americaine\/"},"modified":"2002-05-22T00:00:00","modified_gmt":"2002-05-22T00:00:00","slug":"une-pathologie-americaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/05\/22\/une-pathologie-americaine\/","title":{"rendered":"Une pathologie am\u00e9ricaine"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Une pathologie am\u00e9ricaine<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t22 mai 2002 \u00a0La chronique de James Carroll, dans le Boston <em>Globe<\/em>, nous a d\u00e9j\u00e0 permis de rencontrer, \u00e0 plus d&rsquo;une reprise, un des commentateurs am\u00e9ricains les plus talentueux. Celle du 21 mai, \u00ab <em>America the Fearfull<\/em> \u00bb (jeu de mots attrist\u00e9 sur le titre de la c\u00e9l\u00e8bre ballade, \u00ab <em>America the Beautiful<\/em> \u00bb), justifie ce commentaire plein d&rsquo;estime. Carroll est de ces rares analystes qui, en quelques lignes, vont au coeur du probl\u00e8me am\u00e9ricain, de la crise am\u00e9ricaine. Car tout ce bruit, n&rsquo;est-ce pas, n&rsquo;est pas le signe d&rsquo;une Grande Guerre contre la Terreur \u00e0 la mesure des planificateurs du Pentagone et de la philosophie postmoderniste de GW mais le bruit de rien d&rsquo;autre et de rien moins que la Grande Crise am\u00e9ricaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The more powerful the United States becomes, the more frightened we are.<\/em> \u00bb Qui ne se souvient, <a href=\"http:\/\/www.boston.com\/dailyglobe2\/141\/oped\/America_the_fearful%2B.shtml\" class=\"gen\">en lisant le texte de Carroll, <\/a>de la phrase fameuse de F.D. Roosevelt, le 5 mars 1933,  dans le discours de son inauguration, devant un pays qui s&rsquo;effondrait dans la panique de la Grande D\u00e9pression : \u00ab <em>Ce dont nous devons le plus avoir peur, c&rsquo;est de la peur elle-m\u00eame.<\/em> \u00bb On observera que la grande D\u00e9pression valait bien la peur contre laquelle FDR s&rsquo;\u00e9levait. Aujourd&rsquo;hui la peur am\u00e9ricaine a compl\u00e8tement d\u00e9pass\u00e9 sa soi-disant cause et devient le coeur de la crise, et la soi-disant cause de la peur est \u00e9voqu\u00e9e plus pour \u00eatre instrumentalis\u00e9e, manipul\u00e9e, etc., que pour expliquer cette peur. Cela conduit tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la question pos\u00e9e d&rsquo;une pathologie psychologique, &mdash; nommez-l\u00e0 parano\u00efa si vous voulez, ou n&rsquo;importe quoi d&rsquo;autre. Elle a la particularit\u00e9, avec l&rsquo;Am\u00e9rique, d&rsquo;\u00eatre la pathologie d&rsquo;une psychologie individuelle (il n&rsquo;y a pas de psychologie collective spontan\u00e9e dans ce pays d\u00e9fini par l&rsquo;individualisme) r\u00e9pandue d\u00e9sormais d&rsquo;une mani\u00e8re tr\u00e8s puissante et efficace par la communication et touchant d&rsquo;une m\u00eame fa\u00e7on la plupart des psychologies individuelles li\u00e9es par un conformisme tr\u00e8s puissant. Le r\u00e9sultat est confondant. Carroll \u00e9crit ceci :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>We are like a nation that has had a psychological break and is descending into rank paranoia. The destruction of the twin towers shows that there are things to be afraid of, but our government&rsquo;s mad responses are making us more vulnerable to such things, not less.<\/em> \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi se d\u00e9roule un processus semblable \u00e0 celui de la Grande D\u00e9pression. A partir du \u00a0\u00bbMardi noir\u00a0\u00bb d&rsquo;octobre 1929, l&rsquo;Am\u00e9rique avait peu \u00e0 peu gliss\u00e9, non dans une crise \u00e9conomique, mais dans une crise psychologique qui entra\u00eenait la crise \u00e9conomique (vous avez de plus en plus peur, vous prenez de plus de plus de pr\u00e9cautions, de moins en moins de risques, vous cessez d&rsquo;acheter, d&#8217;emprunter pour acheter, de produire pour appr\u00e9hender les commandes et ainsi de suite ; la production s&rsquo;effondre et le reste suit). Ce qui fait ressembler la Grande D\u00e9pression \u00e0 la crise actuelle, c&rsquo;est effectivement la crise psychologique. L\u00e0 s&rsquo;arr\u00eate la similitude.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Au contraire, ce qui diff\u00e9rencie la crise actuelle de celle de 1929-33, c&rsquo;est que la crise de la psychologie touche, aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;abord la direction, et se r\u00e9pand ensuite vers le public gr\u00e2ce aux moyens de la communication. (En 1933, au contraire, la direction de l&rsquo;\u00e9quipe FDR\/<em>New Deal<\/em> apporta avec elle, en 1933, un exceptionnel volontarisme qu&rsquo;elle sut communiquer \u00e0 la population. Ce fut le seul apport r\u00e9el de l&rsquo;\u00e9quipe FDR mais, dans les circonstances, il fut fondamental.) Carroll voit bien ce ph\u00e9nom\u00e8ne, au-del\u00e0 des manigances et des manoeuvres washingtoniennes qui existent r\u00e9ellement mais qui ne sont qu&rsquo;accessoires, lorsqu&rsquo;il \u00e9crit \u00e0 propos des dirigeants am\u00e9ricains :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>But it may be worse than that. The shape of their dread is useful to them in these ways, but, also, like the mentally disturbed, they seem convinced that any danger they imagine is real. Our nation is being led by men and women who are at the mercy of their fears. That they work hard to keep the American people afraid might seem to suggest that they want merely to deflect any second-guessing about the course they have set, but in fact our fear reinforces theirs.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Fear has become Washington&rsquo;s absolute and is shaping its every response to the future. America is being led by cowards.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette diff\u00e9rence entre 1929-33 et aujourd&rsquo;hui est tr\u00e8s importante. Elle explique que la crise de la Grande D\u00e9pression de 1929-33, malgr\u00e9 sa gravit\u00e9 formidable qui faillit an\u00e9antir le pays, est tout de m\u00eame moins grave que la crise am\u00e9ricaine actuelle. Nombre de dirigeants europ\u00e9ens sont totalement path\u00e9tiques, \u00e0 commencer par Tony Blair bien s\u00fbr, lorsqu&rsquo;ils entendent \u00a0\u00bbraccommoder\u00a0\u00bb les relations transatlantiques, comme si celles-ci avaient \u00e9t\u00e9 contrari\u00e9es par une politique donn\u00e9e, critiquable mais rationnelle. Ils ont en face d&rsquo;eux des dirigeants am\u00e9ricains touch\u00e9s par une pathologie grave. La d\u00e9marche de ces dirigeants europ\u00e9ens ressort d&rsquo;un autre monde que celui o\u00f9 se d\u00e9roule aujourd&rsquo;hui la tragi-com\u00e9die, de plus en plus tragique cela va sans dire, des relations entre les USA et l&rsquo;Europe.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une pathologie am\u00e9ricaine 22 mai 2002 \u00a0La chronique de James Carroll, dans le Boston Globe, nous a d\u00e9j\u00e0 permis de rencontrer, \u00e0 plus d&rsquo;une reprise, un des commentateurs am\u00e9ricains les plus talentueux. 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