{"id":65108,"date":"2002-05-25T00:00:00","date_gmt":"2002-05-25T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/05\/25\/la-plus-grande-force-militaire-du-monde-evolue-vite-tres-vite-vers-la-paralysie-et-limpuissance\/"},"modified":"2002-05-25T00:00:00","modified_gmt":"2002-05-25T00:00:00","slug":"la-plus-grande-force-militaire-du-monde-evolue-vite-tres-vite-vers-la-paralysie-et-limpuissance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/05\/25\/la-plus-grande-force-militaire-du-monde-evolue-vite-tres-vite-vers-la-paralysie-et-limpuissance\/","title":{"rendered":"<strong><em>La plus grande force militaire du monde \u00e9volue, vite, tr\u00e8s vite, vers la paralysie et l&rsquo;impuissance<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La plus grande force militaire du monde \u00e9volue, vite, tr\u00e8s vite, vers la paralysie et l&rsquo;impuissance<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tDeux articles parus simultan\u00e9ment, dans deux grands journaux \u00e9tiquet\u00e9s lib\u00e9raux de la c\u00f4te est, &mdash; et voil\u00e0, d&rsquo;une part, la perspective d&rsquo;une guerre contre l&rsquo;Irak singuli\u00e8rement relativis\u00e9e ; d&rsquo;autre part, la situation des forces arm\u00e9es am\u00e9ricaines plac\u00e9e, pour qui veut l&rsquo;appr\u00e9cier comme on nous la d\u00e9crit, dans une situation extr\u00eamement singuli\u00e8re et inqui\u00e9tante. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;article du <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/ac2\/wp-dyn\/A1822-2002May23?language=printer\" class=\"gen\">Washington Post, \u00abMilitary Bids To Postpone Iraq Invasion\u00bb,<\/a> du 24 mai, et de l&rsquo;article du <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2002\/05\/24\/international\/24GAME.html?todaysheadlines\" class=\"gen\">New York Times, \u00abMilitary Would Be Stressed by a New War, Study Finds\u00bb,<\/a> du m\u00eame 24 mai. Les titres nous en disent beaucoup : il s&rsquo;agit d&rsquo;une tr\u00e8s, tr\u00e8s forte offensive des militaires contre une guerre en Irak. Mais on comprend que ce n&rsquo;est pas tout.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSoyons clair, aussit\u00f4t : l&rsquo;offensive est double, et c&rsquo;est de cette fa\u00e7on qu&rsquo;il faut l&rsquo;observer. Elle est politique (c&rsquo;est-\u00e0-dire bureaucratique) et technique. On dira que le deuxi\u00e8me point est peut-\u00eatre, sans doute, &mdash; \u00e0 notre avis, certainement, &mdash; le point le plus int\u00e9ressant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; L&rsquo;offensive politique, ou plut\u00f4t bureaucratique, contre la guerre en Irak, c&rsquo;est l&rsquo;article du <em>Post<\/em>. Dans ce texte, il nous est d\u00e9crit comment il semble bien que les militaires soient arriv\u00e9s \u00e0 leur but, qui est de ne pas faire la guerre en Irak. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une guerre bureaucratique au sein du Pentagone principalement, livr\u00e9e depuis septembre dernier, et il nous est dit que les militaires, &mdash; ou disons la plupart d&rsquo;entre eux et, dans tous les cas, leur direction, &mdash; estiment l&rsquo;avoir gagn\u00e9e. Cela repousse la guerre (la vraie, celle contre l&rsquo;Irak) tr\u00e8s loin, au minimum \u00e0 l&rsquo;hiver 2003, et m\u00eame, semble-t-il selon l&rsquo;appr\u00e9ciation et le voeu de certains, cela repousse cette guerre \u00e0 jamais (\u00ab <em>&#8230;an attack on Iraq has been postponed and may never occur<\/em> \u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; On pourrait proposer l&rsquo;interpr\u00e9tation que l&rsquo;article du <em>Times<\/em>, c&rsquo;est en quelque sorte le \u00a0\u00bbpourquoi nous ne pouvons pas faire cette guerre\u00a0\u00bb que, par ailleurs, nous ne voulons pas faire. (Ce qui laisserait \u00e0 penser que l&rsquo;argument technique est la cause de l&rsquo;absence de volont\u00e9 de faire la guerre ? C&rsquo;est aller un peu vite.) C&rsquo;est la description de l&rsquo;\u00e9tat des structures et des capacit\u00e9s de l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine. C&rsquo;est surtout la description de son \u00e9tat d&rsquo;esprit. Tout cela nous conduit \u00e0 avancer que cet article est aussi et bien plus qu&rsquo;une simple description de l&rsquo;argument militaire pour ne pas faire la guerre. C&rsquo;est la description d&rsquo;une crise profonde, qui est aussi une crise extra-ordinaire par sa forme. Le conformisme officiel et ses bardes, type-experts et autres, continueront \u00e0 chanter, ici, en Europe, l&rsquo;inatteignable et incroyable puissance militaire am\u00e9ricaine. Laissons-les et occupons-nous des choses s\u00e9rieuses. Ce que nous montre cet article, c&rsquo;est exactement le contraire : l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine est au bord de l&rsquo;impuissance structurelle et, dirait-on plus gravement encore, de l&rsquo;impuissance intellectuelle (spirituelle ?), et, au-del\u00e0, proche de la paralysie. Ce n&rsquo;est pas rien pour un simili-empire de la puissance qu&rsquo;on sait, qui est entr\u00e9 dans la plus Grande Guerre qu&rsquo;on puisse imaginer (contre le Mal, i.e. le terrorisme), qui appuie sa pr\u00e9tention g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie globale sur la force militaire.<\/p>\n<h3>La bataille bureaucratique pour ne pas faire la guerre, &mdash; car les militaires am\u00e9ricains ne veulent plus faire la guerre<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tD\u00e9sormais, cela est dit : les militaires ne veulent pas faire la guerre, et c&rsquo;est le cas des cinq <em>Chiefs<\/em> (CEM) du Joint Chief of Staff, et, d&rsquo;ailleurs, de Tommy Franks lui-m\u00eame, le g\u00e9n\u00e9ral en chef de Central Command. (Envisagez-vous de faire une guerre lorsque votre commandant en chef sur le terrain ne veut pas la faire ? Mais, \u00e0 Washington, aujourd&rsquo;hui, tout est possible.) Les raisons sont multiples, diverses, techniques certes (voir plus loin) mais \u00e9galement politiques. Elles sont aussi, dans certains cas, extr\u00eamement dr\u00f4les par le contraste qu&rsquo;elles offrent avec les v\u00e9rit\u00e9s r\u00e9v\u00e9l\u00e9es qu&rsquo;on nous mart\u00e8le depuis des mois. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00a0\u00bbnouvelle v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb, si l&rsquo;on veut. Ainsi apprend-on (argument pour les bellicistes qui avancent ce pr\u00e9c\u00e9dent et en font un mod\u00e8le et un argument pour l&rsquo;attaque contre l&rsquo;Irak) que la guerre d&rsquo;Afghanistan est loin d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 un triomphe uniquement am\u00e9ricain, et on n&rsquo;est plus tr\u00e8s loin de vous dire que par bonheur se trouvait l&rsquo;Alliance du Nord pour balayer le pouvoir taliban, &mdash; ce qui, non plus, n&rsquo;est pas tr\u00e8s loin d&rsquo;\u00eatre plein de bon sens. (\u00ab <em>In this view, those who say the model of the Afghan war can be transferred to Iraq fail to take into account that the Northern Alliance in Afghanistan had thousands of troops ready to fight, some of them heavily armed, whereas there is no equivalent indigenous force in Iraq.<\/em> \u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi apprend-on \u00e9galement, et c&rsquo;est encore plus dr\u00f4le pour celui qui tient la chronique des aventures des arguments p\u00e9remptoires de notre-cause-morale au travers des d\u00e9dales de la guerre bureaucratique, &mdash; ainsi apprend-on que Saddam n&rsquo;est pas loin de devenir un type pas mal. Sur le tard, nous dit-on du c\u00f4t\u00e9 des guerriers bureaucratiques adversaires de la guerre, Saddam vieilli semble devenir plus sage. Pourquoi ne pas le garder ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>In addition to those tactical concerns, some of the chiefs also expressed misgivings about the wisdom of dislodging an aging, weakened Hussein who, by some accounts, has behaved better than usual in recent months. Their worry is that there is no evidence that there is a clear successor who is any better, and that there are significant risks that Iraq may wind up with a more hostile, activist regime.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela nous fait mesurer le degr\u00e9 d&rsquo;intensit\u00e9 de la bataille bureaucratique autour de la guerre en Irak. On mesure combien la pression des militaires am\u00e9ricains semble faire de plus en plus vaciller la r\u00e9solution des civils bellicistes, notamment du c\u00f4t\u00e9 des dirigeants (GW lui-m\u00eame, Rumsfeld d&rsquo;une certaine fa\u00e7on). L&rsquo;engouement que nous avons parfois qualifi\u00e9 d&rsquo;hyst\u00e9rique des <em>neo-conservatives<\/em> pour la guerre, semble, effectivement, devoir \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 de cette fa\u00e7on par certains, et consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant en bonne partie r\u00e9fr\u00e9n\u00e9 (\u00ab <em>one top general said the \u00a0\u00bbIraq hysteria\u00a0\u00bb he detected last winter in some senior Bush administration officials has been diffused<\/em> \u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa guerre bureaucratique n&rsquo;est pas gagn\u00e9e par les \u00a0\u00bbpacifistes\u00a0\u00bb. Mais le rythme de l&rsquo;esprit guerrier, la \u00a0\u00bbmagie\u00a0\u00bb dirait-on de la perspective d&rsquo;une attaque, d&rsquo;un d\u00e9cha\u00eenement de puissance, semblent tr\u00e8s fortement contenus, voire r\u00e9duits \u00e0 des positions d\u00e9fensives. Lorsque ce rythme par essence offensif dans l&rsquo;entra\u00eenement des esprits est ramen\u00e9 sur des positions d\u00e9fensives, il perd sa raison d&rsquo;\u00eatre et, par cons\u00e9quent, sa capacit\u00e9 d&rsquo;entra\u00eenement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, on mesurera l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit des militaires par rapport \u00e0 la guerre du Golfe. En 1990, les militaires faisaient des <em>war games<\/em> pour d\u00e9montrer qu&rsquo;ils pouvaient battre Saddam (le cas de Schwarzkopf en juin-juillet 1990, avant l&rsquo;attaque de Saddam). Aujourd&rsquo;hui, ils font la m\u00eame chose pour d\u00e9montrer le contraire. Encore plus que le destin de cette attaque tant attendue, pr\u00e9par\u00e9e, proclam\u00e9e, annonc\u00e9e, et dont on peut maintenant penser qu&rsquo;elle ne viendra peut-\u00eatre jamais, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit ainsi mis en \u00e9vidence qui est la nouvelle la plus importante.<\/p>\n<h3>C&rsquo;est dit : les militaires am\u00e9ricains n&rsquo;aiment plus du tout la guerre et s&#8217;emploient d\u00e9sormais \u00e0 s&rsquo;en prot\u00e9ger<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;article du <em>Times<\/em> est donc le plus int\u00e9ressant. Il nous dit que les militaires estiment n&rsquo;\u00eatre pas loin du terme de leurs possibilit\u00e9s. Ils annoncent qu&rsquo;une attaque contre l&rsquo;Irak leur demanderait des ressources consid\u00e9rables, dont ils ne disposent pas. (Les comptes pr\u00e9cis n&rsquo;ont pas encore \u00e9t\u00e9 faits, ce qui signifie qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de plan de guerre, ce que GW nous a obligeamment confirm\u00e9 \u00e0 Berlin. Si on devait en venir \u00e0 un plan de guerre, on peut \u00eatre certain que les exigences des militaires dans le domaine des moyens seraient colossales.) Les militaires am\u00e9ricains ne sont pas loin de nous dire qu&rsquo;il faudrait quasiment une mobilisation \u00e9quivalente \u00e0 celle du Golfe (notamment plus de 200.000 r\u00e9servistes rappel\u00e9s) pour lancer une attaque, &mdash; qui, elle, ne s&rsquo;appuierait que sur 200.000 soldats, soit deux \u00e0 trois fois moins de combattants qu&rsquo;en 1991 (cette \u00e9volution, on en reparle un peu plus bas, tant est forte sa signification). Les militaires nous disent encore qu&rsquo;ils manquent d&rsquo;avions de transport et de ravitaillement en vol. (Cela, malgr\u00e9 les 320 avions de transport et les 222 avions de ravitaillement en vol de premi\u00e8re ligne [Air Mobility Command], et les 417 avions de transport et les 284 avions de ravitaillement en vol du Reserve Command et de la Garde Nationale, &mdash; ce d\u00e9compte, uniquement pour l&rsquo;USAF.) Ils nous disent qu&rsquo;ils manquent d&rsquo;avions de guerre \u00e9lectronique. (Cela, c&rsquo;est juste : il reste une toute petite centaine d&rsquo;EA-6B <em>Prowler<\/em> de la Navy, l&rsquo;USAF ayant mis pr\u00e9matur\u00e9ment \u00e0 la retraite, \u00e0 cause d&rsquo;une erreur bureaucratique comme l&rsquo;a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 en 1994 le g\u00e9n\u00e9ral Dugan, alors chef d&rsquo;\u00e9tat-major de l&rsquo;USAF, ses 42 EF-111A <em>Raven<\/em> de guerre \u00e9lectronique, encore en excellent \u00e9tat de marche apr\u00e8s avoir co\u00fbt\u00e9 $200 millions l&rsquo;exemplaire.) Toutes ces plaintes et j\u00e9r\u00e9miades alors que le budget du DoD a \u00e9t\u00e9 augment\u00e9 de $48 milliards (rappelez-vous nos exclamations admiratives, \u00e0 nous, en Europe) et qu&rsquo;il approche les $400 milliards pour l&rsquo;ann\u00e9e 2003.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes quelques exemples mesurent l&rsquo;extraordinaire disparit\u00e9 entre l&rsquo;analyse de leur soi-disant faiblesse que font les militaires am\u00e9ricains, et les r\u00e9alit\u00e9s de leur puissance. Pour autant, le soup\u00e7on n&rsquo;est pas fond\u00e9 : les militaires am\u00e9ricains sont vraiment au bord de l&rsquo;impuissance et de la paralysie. La cause de cette situation qu&rsquo;on jugerait normalement compl\u00e8tement surr\u00e9aliste tient \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit de la machine militaire am\u00e9ricaine ; et cette machine, en fonction de cet \u00e9tat d&rsquo;esprit, a, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, compl\u00e8tement restructur\u00e9 ses forces et le fonctionnement de ces forces. Quelques mots nous \u00e9clairent ici et l\u00e0 sur une situation o\u00f9 l&rsquo;imp\u00e9ratif de la <em>Force Protection<\/em> a remplac\u00e9 la strat\u00e9gie exp\u00e9ditionnaire am\u00e9ricaine classique de la <em>Force Projection<\/em>. Cela est dit explicitement (dans le New York <em>Times<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Senior officials said the simulation found that since Sept. 11 the increased use of military personnel for domestic defense and bolstering guard details at bases worldwide  &#8212;\u00a0\u00bbforce protection,\u00a0\u00bb as the military calls it &#8212; has placed combat readiness at risk.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est-\u00e0-dire que nous nous trouvons dans une situation o\u00f9 la premi\u00e8re priorit\u00e9 de la protection des forces am\u00e9ricaines, bien avant l&rsquo;efficacit\u00e9 op\u00e9rationnelle et la capacit\u00e9 guerri\u00e8re de ces forces, a d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 atteint le fonctionnement de cette machine. Plusieurs remarques, relev\u00e9es dans les articles cit\u00e9es, vont dans ce sens. On en cite quelques-unes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; D&rsquo;abord, le rappel de ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9, qu&rsquo;une mobilisation \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9quivalente \u00e0 celle de la Guerre du Golfe aboutirait \u00e0 mettre sur le terrain une force d&rsquo;autour de 200.000 soldats alors qu&rsquo;elle avait abouti \u00e0 mettre sur le terrain, en 1990-91, du c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain, entre 2 fois et 2 fois et demi ce volume de combattants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Cette remarque (du NYT) est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante : \u00ab <em>Even though the American-led fight to drive the Taliban and Al Qaeda from Afghanistan was considered a small-scale operation and not a major regional conflict, it brought demand for such equipment to the levels of a full-scale war, officials said.<\/em> \u00bb A la lumi\u00e8re de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, cette remarque signifie qu&rsquo;une guerre de basse intensit\u00e9 implique, \u00e0 cause des n\u00e9cessit\u00e9s de <em>Force Protection<\/em>, autant de ressources qu&rsquo;une guerre de haute intensit\u00e9 normale (ne nous attarderons pas \u00e0 la montagne de ressources, certainement au-del\u00e0 des moyens des forces US aujourd&rsquo;hui, pour une vraie guerre de haute intensit\u00e9). L&rsquo;implication \u00e9vidente est que la strat\u00e9gie am\u00e9ricaine (capacit\u00e9 de faire au minimum 1 guerre et demi, soit une guerre de haute intensit\u00e9 et une guerre de basse intensit\u00e9 en m\u00eame temps) ne tient plus : si la demi-guerre (la guerre d&rsquo;Afghanistan) devient une guerre compl\u00e8te \u00e0 cause des moyens demand\u00e9s, on ne peut plus faire la guerre enti\u00e8re qui devrait \u00eatre possible en fonction de cette strat\u00e9gie. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;impossibilit\u00e9 de faire la guerre contre l&rsquo;Irak.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Pour terminer ces remarques, il faut lire ce qui suit (extrait du NYT) en ayant \u00e0 l&rsquo;esprit cette question de la <em>Protection Force<\/em> et l&rsquo;absurdit\u00e9 o\u00f9 cette tendance, cette crainte obsessionnelle du risque et des pertes, conduit les forces am\u00e9ricaines. Nous ne sommes plus tr\u00e8s loin, peut-\u00eatre, du temps o\u00f9 le volume des forces de protection d\u00e9passera celui des forces \u00e0 prot\u00e9ger, avec ponction dans ces forces op\u00e9rationnelles vers les forces de protection comme il en est cit\u00e9 un exemple ci-dessous. Bient\u00f4t les forces am\u00e9ricaines deviendront une immense force de protection d&rsquo;une minuscule force d&rsquo;intervention. Bient\u00f4t &#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>\u00a0\u00bbWe never sized ourselves to have to do high force-protection levels at home and overseas at the same time,\u00a0\u00bb said Gen. John Jumper, the Air Force chief of staff, who sent a two-star general to participate in the March war game. \u00a0\u00bbWe&rsquo;re stretched very thin in security forces.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Another senior Pentagon official said the simulation revealed that such force protection \u00a0\u00bbstrips combat power\u00a0\u00bb and that the drain on personnel had created \u00a0\u00bba dangerous situation.\u00a0\u00bb \u00a0\u00bbThere are tremendous numbers of additional people at the gates of our bases,\u00a0\u00bb this official added. \u00a0\u00bbThe base commander ends up taxing his operational forces to do that. And if forces deploy from that base into active units overseas, you have to provide force protection over there and find somebody else back at home for those jobs. It&rsquo;s a double whammy.\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce vaste contexte, le mot de la fin de l&rsquo;article du New York <em>Times<\/em>, n\u00e9cessairement et politiquement correct, est bienvenu pour clore le caract\u00e8re profond\u00e9ment ubuesque de cette r\u00e9flexion : \u00ab <em>At the same news conference, General Myers added, \u00a0\u00bbThere should be no doubt in anybody&rsquo;s mind that whatever the president would ask us to do, we&rsquo;re ready to do.\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb. Personne ne semble y avoir distingu\u00e9 la moindre ironie, qui serait de toutes les fa\u00e7ons tout \u00e0 fait involontaire.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La plus grande force militaire du monde \u00e9volue, vite, tr\u00e8s vite, vers la paralysie et l&rsquo;impuissance Deux articles parus simultan\u00e9ment, dans deux grands journaux \u00e9tiquet\u00e9s lib\u00e9raux de la c\u00f4te est, &mdash; et voil\u00e0, d&rsquo;une part, la perspective d&rsquo;une guerre contre l&rsquo;Irak singuli\u00e8rement relativis\u00e9e ; d&rsquo;autre part, la situation des forces arm\u00e9es am\u00e9ricaines plac\u00e9e, pour qui&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[3236,3373,3318,857,1417,3194,3375,3374],"class_list":["post-65108","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-afghanistan","tag-dugan","tag-force","tag-irak","tag-myers","tag-pentagone","tag-projection","tag-protection"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65108","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65108"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65108\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65108"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65108"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65108"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}