{"id":65143,"date":"2002-06-23T00:00:00","date_gmt":"2002-06-23T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/06\/23\/lappel-du-19-juin\/"},"modified":"2002-06-23T00:00:00","modified_gmt":"2002-06-23T00:00:00","slug":"lappel-du-19-juin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/06\/23\/lappel-du-19-juin\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Appel du 19 juin"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;Appel du 19 juin <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t20 juin 2002 \u00a0Nous proposons dans cette analyse l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;importance \u00e0 la fois symbolique et r\u00e9v\u00e9latrice <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/61736.html\" class=\"gen\">de l&rsquo;appel de Jean-Paul B\u00e9chat (PDG de la SNECMA) et de Felix Rohatyn (ancien ambassadeur US \u00e0 Paris) dans l&rsquo;IHT du 19 juin.<\/a> Il s&rsquo;agit d&rsquo;un appel en faveur de la coop\u00e9ration transatlantique dans le domaine de l&rsquo;industrie de l&rsquo;armement. En d&rsquo;autres temps, ou en temps normal si cette chose existe, cet appel aurait pu \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 comme un appel constructif, relance \u00e9pisodique des ambitions transatlantiques de coop\u00e9ration ; au contraire, il devrait r\u00e9sonner essentiellement comme un \u00a0\u00bbappel au secours\u00a0\u00bb. Cet aspect alarmiste n&rsquo;est pas dissimul\u00e9. Il se greffe sur la pr\u00e9sentation d&rsquo;une initiative, par les deux personnalit\u00e9s qui en sont les vice-pr\u00e9sidents, de l&rsquo;activation d&rsquo;une Commission transatlantique sur la question de la coop\u00e9ration transatlantique des armements. La Commission doit \u00e9tudier le probl\u00e8me de la coop\u00e9ration transatlantique et donner des recommandations dans les six mois. Il s&rsquo;agit m\u00eame de l&rsquo;axe principal de la pr\u00e9sentation. (C&rsquo;est certes cette Commission qui nous int\u00e9resse.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Growing differences between U.S. and European policies and capabilities could have serious consequences for future relations. To reverse this trend, we have established a Commission on Trans-Atlantic Security and Industrial Cooperation, with participation from across the policy and industrial spectrum.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The commission is committed to reinforcing the core strengths of the trans-Atlantic relationship, and containing current differences. We fear that failure to do so might leave both sides of the Atlantic increasingly isolated from each other, and less able to meet common security challenges.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Economic intimacy, political commonalities and security ties between America and Europe create mutual dependencies that need to be nurtured. Indeed, the tragic events of Sept. 11, as well as their dangerous aftermath of complex military campaigns and political crises, confirm that we need to act. We no longer possess the luxury of time between the recognition of a security problem and the launching of an appropriate response. In short, a true trans-Atlantic partnership is urgently needed.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 pour une premi\u00e8re lecture de l&rsquo;Appel du 19 juin. Prenons le probl\u00e8me diff\u00e9remment : l&rsquo;initiative est-elle r\u00e9ellement s\u00e9rieuse par rapport aux buts qu&rsquo;elle affiche officiellement ? Les auteurs (plut\u00f4t les porte-parole et, derri\u00e8re eux, la Commission et ceux qui la soutiennent) esp\u00e8rent-ils r\u00e9ellement obtenir des r\u00e9sultats d&rsquo;une telle information, et, aussi, des effets des recommandations qui seront faites par la Commission dans les six mois ? Ils parlent de la coop\u00e9ration transatlantique comme si elle existait jusqu&rsquo;alors, et maintenant encore, dans un \u00e9tat assez satisfaisant (\u00ab <D> to reinforcing the core strengths of the trans-Atlantic relationship, and containing current differences<D> \u00bb) ; comme si elle se trouvait menac\u00e9e dans cette substance, notamment en fonction de sa mission essentielle qui serait de s&rsquo;adapter aux besoins communs de s\u00e9curit\u00e9 (\u00ab <em> failure to do so might leave both sides of the Atlantic increasingly isolated from each other, and less able to meet common security challenges.<\/em> \u00bb).<\/p>\n<h3>L&rsquo;\u00e9tat z\u00e9ro de la coop\u00e9ration transatlantique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa r\u00e9alit\u00e9 est diff\u00e9rente. Si l&rsquo;on s&rsquo;en tient aux faits de la coop\u00e9ration transatlantique en mati\u00e8re d&rsquo;armements, cette coop\u00e9ration prise dans le sens noble et substantiel de sa d\u00e9finition, la situation est proche du z\u00e9ro constant. Il y a des courants d&rsquo;achat du DoD vers des entreprises europ\u00e9ennes, d&rsquo;ailleurs pr\u00e9alablement am\u00e9ricanis\u00e9es pour permettre un contr\u00f4le sans faille (cas de BAe dans sa branche US). Il y a des <em>joint ventures<\/em>, au coup par coup par d\u00e9finition, dont certains jugent d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;elles servent surtout de cheval de Troie US vers des entreprises europ\u00e9ennes. A part cela, la situation est caract\u00e9ris\u00e9e par les points suivants, qui marquent tous une puissance et un interventionnisme US, bas\u00e9s sur les moyens de la pression et de l&rsquo;influence, et qui sont bien entendu le contraire de la coop\u00e9ration :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0une entreprise majeure de main-mise officielle des USA sur l&rsquo;activit\u00e9 avions de combat vers tous les pays europ\u00e9ens annexes du domaine, avec l&rsquo;aide habituelle, donc habituellement ambigu\u00eb, des Britannique (cas du JSF, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=245\" class=\"gen\">largement connu sur ce site<\/a>) ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0une affirmation sans pr\u00e9c\u00e9dent de l&rsquo;intervention am\u00e9ricaine sur certains march\u00e9s ext\u00e9rieurs, dont la perception de plus en plus r\u00e9pandue et de plus en plus confirm\u00e9e est qu&rsquo;elle est au moins ill\u00e9gale par rapport aux lois de la concurrence (cas de la comp\u00e9tition FX en Cor\u00e9e du Sud, avec choix du F-15K) ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0une pression montante de renforcement de la base technologique US, appuy\u00e9e sur la d\u00e9nonciation d&rsquo;une soi-disant menace europ\u00e9enne, comme dans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=253\" class=\"gen\">le cas du projet de loi du d\u00e9put\u00e9 Larson<\/a>.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0une entreprise dissimul\u00e9e (<em>covert<\/em>) d&rsquo;investissement des soci\u00e9t\u00e9s europ\u00e9ennes de hautes technologies, dont l&rsquo;exemple le plus r\u00e9cent et le plus spectaculaire est celui de la soci\u00e9t\u00e9 allemande HDW, qui a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une offensive de rachat camoufl\u00e9e par General Dynamics et\/puis Northrop Grumman, et qui est actuellement bloqu\u00e9e au minist\u00e8re allemand de la justice, gr\u00e2ce \u00e0 une intervention accidentelle et involontaire, mais notablement avis\u00e9e, de la Commission europ\u00e9enne&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSur ce dernier point de la prise de contr\u00f4le de l&rsquo;industrie europ\u00e9enne d&rsquo;armement, le journal <em>La Tribune<\/em> du 19 juin publie un article reprenant les d\u00e9clarations de g\u00e9n\u00e9ral Favrier-L\u00e9v\u00eaque, pr\u00e9sident du GICAT (associations des industries d&rsquo;armement terrestre fran\u00e7aise), \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;ouverture du Salon Eurosatory :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Les attentats du 11 septembre et la guerre en Afghanistan ont brutalement boulevers\u00e9 l&rsquo;\u00e9chiquier. A commencer par la formidable augmentation du budget de la d\u00e9fense US (\u00e0 380 milliards de dollars). Et par la prise de pouvoir des entreprises am\u00e9ricaines chez les industriels du Vieux Continent: citons celle d&rsquo;United Defense sur le su\u00e9dois Bofors Weapons Systems, celles de General Dynamics sur l&rsquo;espagnol Santa Barbara et sur l&rsquo;autrichien Steyr Daimler Puch. Ou encore celle de General Motors sur le suisse Mowag. Depuis deux ans, cette prise de contr\u00f4le prend la forme de joint-ventures, comme celles d&rsquo;ATK avec Rheinmetall, de Lokheed Martin avec Diehl et de Boeing avec Krauss Maffei Wegmann.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>\u00a0\u00bbA ce rythme, les Am\u00e9ricains contr\u00f4leront l&rsquo;industrie europ\u00e9enne de l&rsquo;armement conventionnel d&rsquo;ici 2010-2015. Cela ne se verra pas tout de suite. Mais une chose est s\u00fbre: ils ne nous laisseront fabriquer que ce qu&rsquo;ils voudront bien&#8230;\u00a0\u00bb, avertit le g\u00e9n\u00e9ral Jacques Favier-L\u00e9v\u00eaque.<\/em> \u00bb<\/p>\n<h3>Quelques d\u00e9tails sur \u00a0\u00bbl&rsquo;Appel du 19 juin\u00a0\u00bb<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tRevenons-en pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;Appel du 19 juin. La Commission cit\u00e9e dans ce texte s&rsquo;appuie, du point de vue du soutien logistique et autre, sur le CSIS (Center for Strategic and International Studies) de Georgetown University, Washington D.C. Le CSIS consacre <a href=\"http:\/\/www.csis.org\/europe\/\" class=\"gen\">une page importante de son site<\/a> \u00e0 l&rsquo;organisation (CSIS, <em>Europe Program<\/em>) qu&rsquo;il destine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des questions europ\u00e9ennes et aux rapports transatlantiques, et dans le cadre de laquelle nous pouvons mettre cette Commission. C&rsquo;est sur cette page que sont publi\u00e9s des documents issus de la Commission. (La pr\u00e9sentation que fait le CSIS de la Commission est la suivante, &mdash; et l&rsquo;on notera que cette pr\u00e9sentation renvoie \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.csis.org\/europe\/oregontraildeclarationfull.pdf\" class=\"gen\">une d\u00e9claration commune, qui n&rsquo;est autre que notre fameux Appel du 19 juin<\/a>, c&rsquo;est-\u00e0-dire que l&rsquo;article de l&rsquo;IHT n&rsquo;est qu&rsquo;une reprise sous forme journalistique de cette d\u00e9claration commune :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong><em>The Commission on Transatlantic Security and Industrial Cooperation in the 21st Century.<\/em><\/strong> <em>The purpose of this Commission will be to examine past and current examples of successful transatlantic defense industrial cooperation and to try to determine what lessons can be learned and what new incentives and reforms can be instituted to enable other successful ventures to take place in the future.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>The Commission will be composed of senior business leaders and former policy makers. Guided by the Commission, CSIS staff will draft and then publish a report in the fall of 2002 detailing the specific lessons learned and proposing recommendations for both businesses and governments interested in widening the circle of successful examples of transatlantic defense cooperation.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>Europe Program<\/em> du CSIS est dirig\u00e9 par Simon Serfaty. D&rsquo;origine pied-noir marocaine (donc fran\u00e7aise au d\u00e9part), Serfaty est actif depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingts, comme l&rsquo;un des interlocuteurs privil\u00e9gi\u00e9s de l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien pour tout ce qui est fran\u00e7ais et approchant. Serfaty a notamment la vertu de parler un fran\u00e7ais superbe, ce qui est normal vu son origine mais pas automatique, avec une voix douce et convaincante (ceux qui l&rsquo;aiment moins disent : mieilleuse, mais bah &#8230;). Serfaty succ\u00e8de, au CSIS, dans une forme structur\u00e9e qui n&rsquo;existait pas auparavant, aux activit\u00e9s transatlantiques (question armement notamment) toujours suivies dans ce <MI>think tank>D>, et auparavant coordonn\u00e9es (\u00e0 partir de 1985) par l&rsquo;ancien ambassadeur US \u00e0 l&rsquo;OTAN David Abshire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa Commission qu&rsquo;abrite le <em>Europe Program<\/em> du CSIS et que pr\u00e9sentent B\u00e9chat-Rohatyn est largement oecum\u00e9nique, comme on le voit dans la liste jointe au texte Commission paru sur le site CSIS\/<em>Europ Program<\/em> : Co-pr\u00e9sidents, : Jean-Paul B\u00e9chat et Felix Rohatyn. Membres : Dan Burnham, Philippe Camus, Vance Coffman, William Cohen, Philip Condit, Henri Conze, George David, Werner Dornisch, Henry Driesse, Charles Guthrie, Bengt Halse, John Hamre, Rainer Hertrich, Paul Kaminski, John Kornblum, Jacques Lanxade, Alberto Lina, Klaus Naumann, Bernard R\u00e9tat, John Rose, Brent Scowcroft, Michael Turner, Aad Veenman.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Il faut noter qu&rsquo;on retrouve certains des membres de la Commission [Lanxade, Naumann] comme signataires d&rsquo;un article <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/60366.html\" class=\"gen\">r\u00e9cemment paru dans l&rsquo;IHT,<\/a> qui plaide pour une \u00ab <em>balanced NATO<\/em> \u00bb, et qui pr\u00e9voit notamment pour cette OTAN rajeunie :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>There is need for closer cooperation of defense industries across the Atlantic. The policy should not be to buy American or buy European but to buy trans-Atlantic, procuring the most advanced systems at the lowest cost. Political will in Washington to share U.S. technology with European allies is a precondition for trans-Atlantic defense consolidation.<\/em> \u00bb)<\/p>\n<h3>A quoi sert l&rsquo;Appel du 19 juin?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce contexte, \u00e0 quoi correspond l&rsquo;Appel du 19 juin, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il signifie ? Il faut bien chercher une r\u00e9ponse un peu plus r\u00e9aliste que les habituels communiqu\u00e9s officiels. On pourrait proposer, de la part de la partie am\u00e9ricaine de cette entreprise \u00e9videmment, l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une tactique d&rsquo;occupation de terrain.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe r\u00e9seau des <em>think tanks<\/em> US constitue un puissant appareil d&rsquo;influence. Concurrence entre eux, certes, mais r\u00e9partition quasi-coordonn\u00e9e des t\u00e2ches face \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, cela en reconnaissance des forces qui alimentent effectivement ces institutions (principalement le <em>business<\/em>). Le CSIS entre, dans ce r\u00e9seau, dans la partie mod\u00e9r\u00e9e, <em>soft<\/em>, surtout dans cette tentative d&rsquo;\u00e9tablir une liaison d&rsquo;influence vers l&rsquo;Europe. La cible vis\u00e9e est la France, qui est aussi la cible de la Brookings Institution, autre <em>think tank<\/em> qui para\u00eet plus fr\u00e9quentable aux connaisseurs fran\u00e7ais. Effectivement, dans la Commission dont il est question ici, on retrouve des acteurs de l&rsquo;administration Clinton (Cohen, Hamre, Kaminski, Kornblum, Rohatyn), suppos\u00e9e mod\u00e9r\u00e9e en regard des positions de l&rsquo;administration GW, et avec les nuances qu&rsquo;il faut (de Kaminski, charg\u00e9 de la vertu d&rsquo;\u00eatre un sinc\u00e8re partisan de la coop\u00e9ration transatlantique, \u00e0 Kornblum, dont les diplomates europ\u00e9ens gardent le souvenir le plus cuisant). Peu importe, certes, que cette administration Clinton n&rsquo;ait pas, en huit ans, fait avancer d&rsquo;un pouce cette coop\u00e9ration transatlantique ; importe surtout l&rsquo;image qu&rsquo;on en a gard\u00e9e. L\u00e0-dessus, cerise sur le g\u00e2teau, la pr\u00e9sence de Coffman (CEO Lockheed Martin) et Condit (CEO Boeing) renforce l&rsquo;aspect s\u00e9rieux de l&rsquo;entreprise et nous en dit long.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du spectre des agents d&rsquo;influence, on trouve les <em>think tanks<\/em> durs, tels Heritage Foundation et AEI. Leurs contacts sont surtout r\u00e9serv\u00e9s aux Britanniques durs, aux thatch\u00e9riens qui exercent leur continuelle pression pour appuyer sur la ligne pro-US de Tony Blair. Parmi les interlocuteurs de ces durs de l&rsquo;<em>establishment<\/em>, les petites associations semi-officielles des Britanniques ultra-conservateurs, un Ian Duncan-Smith lui-m\u00eame,  le pr\u00e9sident du parti conservateur \u00e9tant un habitu\u00e9 de ces visites aux temples du dogme de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, en g\u00e9n\u00e9ral re\u00e7u fastueusement et tous frais pay\u00e9s.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est dans ce contexte qu&rsquo;il faut placer l&rsquo;action de cette Commission, effectivement charg\u00e9e de traiter les Fran\u00e7ais, qui sont le morceau dur de la \u00a0\u00bbforteresse europ\u00e9enne\u00a0\u00bb. On n&rsquo;esp\u00e8re pas grand&rsquo;chose, sinon cette occupation tactique. L&rsquo;entretien de la rh\u00e9torique de la coop\u00e9ration transatlantique permet de mod\u00e9rer les jugements, voire de d\u00e9samorcer certaines r\u00e9actions europ\u00e9ennes (fran\u00e7aises) qui pourraient \u00eatre dommageables. C&rsquo;est faire miroiter une perspective pour au moins en freiner une autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0-dessus et pour s&rsquo;y retrouver, et redevenir s\u00e9rieux, on peut toujours consulter l&rsquo;article de William Pfaff qui nous dit, <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/61392.html\" class=\"gen\">dans l&rsquo;IHT du 15 juin,<\/a> quatre jours avant B\u00e9chat-Rohatyn, que \u00ab <em>the Trans-Atlantic differences deepens<\/em> \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Appel du 19 juin 20 juin 2002 \u00a0Nous proposons dans cette analyse l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;importance \u00e0 la fois symbolique et r\u00e9v\u00e9latrice de l&rsquo;appel de Jean-Paul B\u00e9chat (PDG de la SNECMA) et de Felix Rohatyn (ancien ambassadeur US \u00e0 Paris) dans l&rsquo;IHT du 19 juin. 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