{"id":65158,"date":"2002-07-03T00:00:00","date_gmt":"2002-07-03T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/07\/03\/erreurs-de-guerre\/"},"modified":"2002-07-03T00:00:00","modified_gmt":"2002-07-03T00:00:00","slug":"erreurs-de-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/07\/03\/erreurs-de-guerre\/","title":{"rendered":"<strong><em>Erreurs de guerre<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Erreurs de guerre<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t3 juillet 2002 &mdash; La derni\u00e8re &quot;erreur&quot; en date de l&rsquo;U.S. Air Force, avec un bilan provisoire de 40 tu\u00e9s et de plus de 100 bless\u00e9s dans une noce d&rsquo;un village afghan, a re\u00e7u une singuli\u00e8re publicit\u00e9. Jusqu&rsquo;alors, les nombreuses autres &quot;erreurs&quot; am\u00e9ricaines \u00e9taient pass\u00e9es relativement inaper\u00e7ues, \u00e0 cause de diverses circonstances ext\u00e9rieures. Cette fois, \u00e0 cause de cette publicit\u00e9 qui ne fait que mettre en lumi\u00e8re une r\u00e9alit\u00e9 constante dans la campagne en Afghanistan, il s&rsquo;agit d&rsquo;un probl\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral pour les Am\u00e9ricains, probl\u00e8me de cr\u00e9dibilit\u00e9 de l&rsquo;action militaire, probl\u00e8me de mise en cause de m\u00e9thodes brutales, probl\u00e8me \u00e0 la fois diplomatique et de cr\u00e9dit moral pour les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa r\u00e9action US initiale, essentiellement du Pentagone, a \u00e9t\u00e9 conforme \u00e0 l&rsquo;habitude, mais cette fois on s&rsquo;en est aper\u00e7u,  r\u00e9action bureaucratique o\u00f9 la v\u00e9rit\u00e9 est sacrifi\u00e9e aux int\u00e9r\u00eats bureaucratiques en cause, aux int\u00e9r\u00eats politiques des uns et des autres, \u00e0 la prudence allant jusqu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9sinformation. Lorsque tout cela appara\u00eet publiquement, comme c&rsquo;est le cas depuis lundi, la r\u00e9action appara\u00eet elle-m\u00eame inepte, inappropri\u00e9e, grossi\u00e8re, avec des variations et des arguments inadmissibles,  ce qu&rsquo;elle est finalement, eu \u00e9gard \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements dont elle pr\u00e9tend rendre compte. Si l&rsquo;on ajoute \u00e0 cela certains aspects aussi malheureux,  mais compr\u00e9hensibles selon la logique bureaucratique, <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/afghanistan\/story\/0,1284,748300,00.html\" class=\"gen\">que l&rsquo;absence d&rsquo;excuses comme r\u00e9action imm\u00e9diate<\/a> (elles viendront plus tard et ce sera trop tard pour l&rsquo;effet public), on aboutit \u00e0 l&rsquo;une des plus significatives catastrophes de relations publiques de l&rsquo;\u00e9poque post-9\/11. Une bonne illustration de cette situation du Pentagone bataillant, ou plut\u00f4t chipotant avec la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;attaque par ses pilotes de la noce dans le village afghan est donn\u00e9e par l&rsquo;extrait ci-dessous de l&rsquo;article du <em>Guardian<\/em> du 2 juillet : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>But a US spokesman claimed yesterday that the shooting was &quot;not consistent&quot; with a wedding, saying that the planes had come under attack. &quot;Normally when you think of celebratory fire&#8230; it&rsquo;s random, it&rsquo;s sprayed, it&rsquo;s not directed at a specific target,&quot; said Colonel Roger King at the US airbase at Bagram. &quot;In this instance, the people on board the aircraft felt that the weapons were tracking them and were [trying] to engage them.&quot; The US planes &#8211; including a B-52 bomber and an AC-130 helicopter gunship &#8211; dropped seven 2,000lb bombs, he added.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>His unapologetic tone, after one of the worst blunders of the US-led coalition&rsquo;s nine-month war in Afghanistan will infuriate locals, who said most of the dead were women and children.<\/em> \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour le reste, qui est l&rsquo;essentiel finalement, la &quot;bavure&quot; de l&rsquo;U.S. Air Force ne fait qu&rsquo;illustrer, non seulement le type de campagne men\u00e9e par les Am\u00e9ricains en Afghanistan, mais aussi le fonctionnement d\u00e9sormais structurel des forces arm\u00e9es US. On voit confirm\u00e9e, de fa\u00e7on dramatique, la p\u00e9n\u00e9tration totale des structures militaires am\u00e9ricaines par la notion de Force Protection. Celle-ci explique les circonstances principales ayant men\u00e9 \u00e0 cette &quot;erreur&quot;, comme d&rsquo;ailleurs les pr\u00e9c\u00e9dentes &quot;erreurs&quot; d\u00e9pendant en g\u00e9n\u00e9ral de circonstances assez proches.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Pas d&rsquo;engagements offensifs terrestres significatifs. Depuis les catastrophiques op\u00e9rations du printemps (dont l&rsquo;op\u00e9ration <em>Anaconda<\/em>), les forces US semblent \u00eatre revenues \u00e0 leur choix initial : engagement terrestre minimal, de crainte de se trouver dans des situations incontr\u00f4lables, de risquer des pertes, etc. Les seules forces terrestres sont quelques unit\u00e9s des Special Forces, le plus souvent avec des Afghans qui les informent, souvent faussement d&rsquo;ailleurs ; le r\u00f4le de ces forces est de guider, de loin, les armes de pr\u00e9cision largu\u00e9es par l&rsquo;aviation vers ce qui est suppos\u00e9 \u00eatre un objectif d\u00e9termin\u00e9 par le renseignement (tout cela, \u00e9videmment, tr\u00e8s douteux, et en g\u00e9n\u00e9ral suivi d&rsquo;aucune v\u00e9rification).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Cette pr\u00e9sence au sol de forces assurant un soi-disant <em>Forward Ground Control<\/em> remplace les FAC traditionnels (<em>Forward Air Control<\/em>), qui \u00e9taient, du temps du Viet-n\u00e2m, des petits avions lents d&rsquo;observation, charg\u00e9s de rep\u00e9rer les objectifs visuellement et de guider l&rsquo;aviation dessus. Les FAC assuraient une certaine v\u00e9rification visuelle des renseignements donn\u00e9s, ce qui n&rsquo;est pas le cas des FGC des special Forces, qui sont loin des objectifs et se contentent d&rsquo;assurer le travail du guidage (&quot;\u00e9clairage&quot; des cibles). Bien entendu, la cause de l&rsquo;abandon des FAC est que ces unit\u00e9s faisaient un travail tr\u00e8s risqu\u00e9 et dangereux, trop pour les consignes actuelles de la Force Protection.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Les patrouilles a\u00e9riennes de combat sont effectu\u00e9es par des appareils lourds et extr\u00eamement puissants, dont on attend que l&rsquo;intervention sera d\u00e9cisive. Il s&rsquo;agit, dans ce cas, de B-52 et d&rsquo;AC-130 <em>Spectre<\/em>. Leur puissance de feu et leurs caract\u00e9ristiques g\u00e9n\u00e9raux impliquent \u00e9galement de tr\u00e8s faibles, voire aucune capacit\u00e9(s) d&rsquo;identification visuelle. Ces appareils se reposent uniquement sur l&rsquo;information qui leur est transmise par les moyens de communication habituels des forces arm\u00e9es US et disposent d&rsquo;appareillage d&rsquo;observation \u00e9lectronique souvent inappropri\u00e9s pour disposer certaines nuances de la r\u00e9alit\u00e9 afghane. Bien entendu, ce choix d&rsquo;intervention est dict\u00e9, notamment, par le fait que ces appareils sont relativement invuln\u00e9rables au feu possible venant du sol, par rapport aux moyens suppos\u00e9s d&rsquo;Al Qa\u00efda, et aussi parce qu&rsquo;on attend de la puissance de feu employ\u00e9e qu&rsquo;elle limite le nombre d&rsquo;interventions n\u00e9cessaires et, par cons\u00e9quent, les risques encourus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes diff\u00e9rents points tactiques d\u00e9crivent une m\u00e9thode de guerre am\u00e9ricaine dont le r\u00e9sultat ne peut \u00eatre qu&rsquo;une inefficacit\u00e9 constante dans la chasse aux terroristes, et des risques tr\u00e8s grands d&rsquo;&quot;erreurs&quot; comme celle qu&rsquo;on d\u00e9crit ici. On y ajoutera le climat psychologique cr\u00e9\u00e9 au sein des forces arm\u00e9es par les n\u00e9cessit\u00e9s de la Force Protection, qui explique par exemple les r\u00e9actions tr\u00e8s violentes \u00e0 la moindre intervention qui pourrait ressembler \u00e0 une agression (tirs de AK-47 en l&rsquo;air lors d&rsquo;une f\u00eate de mariage, par exemple).  Ce comportement US commence \u00e0 poser de graves probl\u00e8mes de coop\u00e9ration, notamment avec les Britanniques <a href=\"http:\/\/www.prospect.org\/webfeatures\/2002\/06\/o'neill-b-06-27.html\" class=\"gen\">qui ne se privent plus de critiquer les Am\u00e9ricain<\/a>. Il s&rsquo;agit finalement d&rsquo;une interrogation g\u00e9n\u00e9rale sur le sens de la guerre en Afghanistan, en m\u00eame temps que sur ces conditions. <a href=\"http:\/\/www.spiked-online.com\/Articles\/00000006D95F.htm\" class=\"gen\">Voil\u00e0 ce qu&rsquo;en dit le journaliste ind\u00e9pendant britannique Brendan O&rsquo;Neill<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>For US forces that are fearful of getting too stuck into this dangerous, alien territory, any large gathering of people is immediately suspect  and any large gathering of people that fires AK-47s in celebration may as well have signed their own death warrants. US forces cannot tell one towel-head&rsquo; from another, and sometimes just opts to blast them all.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>All of this illustrates an important point: the fact that the Afghan war has little coherence or direction doesn&rsquo;t make it any less bloody than traditional warfare. Indeed, as hundreds discovered today, a war without aim fought from on high is a dangerous and deadly affair.<\/em> \u00bb<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Erreurs de guerre 3 juillet 2002 &mdash; La derni\u00e8re &quot;erreur&quot; en date de l&rsquo;U.S. Air Force, avec un bilan provisoire de 40 tu\u00e9s et de plus de 100 bless\u00e9s dans une noce d&rsquo;un village afghan, a re\u00e7u une singuli\u00e8re publicit\u00e9. Jusqu&rsquo;alors, les nombreuses autres &quot;erreurs&quot; am\u00e9ricaines \u00e9taient pass\u00e9es relativement inaper\u00e7ues, \u00e0 cause de diverses circonstances&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3458,3236,3459,3460,3344],"class_list":["post-65158","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-ac-130","tag-afghanistan","tag-b-52","tag-forces","tag-special"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65158","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65158"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65158\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65158"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65158"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65158"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}