{"id":65164,"date":"2002-07-09T00:00:00","date_gmt":"2002-07-09T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/07\/09\/le-trou-noir-afghan\/"},"modified":"2002-07-09T00:00:00","modified_gmt":"2002-07-09T00:00:00","slug":"le-trou-noir-afghan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/07\/09\/le-trou-noir-afghan\/","title":{"rendered":"<strong><em>Le trou noir afghan<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Le trou noir afghan<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t9 juillet 2002 &mdash; Le texte paru <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/ac2\/wp-dyn\/A33620-2002Jul6?language=printer\" class=\"gen\">le 7 juillet dans le Washington Post,<\/a> de l&rsquo;excellent chroniqueur militaire Thomas E. Ricks, repr\u00e9sente un tournant dans l&rsquo;\u00e9valuation m\u00e9diatique, et celle-ci vue comme un reflet de l&rsquo;\u00e9valuation strat\u00e9gique, de la situation en Afghanistan. Pour la premi\u00e8re fois, les Am\u00e9ricains reconnaissent indirectement les tr\u00e8s grandes difficult\u00e9s qu&rsquo;ils rencontrent en Afghanistan et l&rsquo;incertitude o\u00f9 ils se trouvent sur la conduite \u00e0 suivre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;argument apparent de l&rsquo;article est un changement de strat\u00e9gie,  le retour \u00e0 des actions sporadiques et dissimul\u00e9es des Special Forces et d&rsquo;\u00e9quipes de la CIA, apr\u00e8s de grandes op\u00e9rations militaires. Cela est pr\u00e9sent\u00e9 de fa\u00e7on assez trompeuse d&rsquo;abord, comme si la premi\u00e8re phase \u00e0 laquelle on revient avait \u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame un succ\u00e8s introduisant \u00e0 des actions militaires plus larges, alors que le succ\u00e8s initial \u00e0 terre est du \u00e0 l&rsquo;action de l&rsquo;Alliance du Nord ; comme si la deuxi\u00e8me phase des grandes op\u00e9rations militaires du printemps avait \u00e9t\u00e9 satisfaisante mais n&rsquo;avait plus de raison d&rsquo;\u00eatre, alors que ce fut une phase de complet insucc\u00e8s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais le reste du texte \u00e9claire mieux combien cette introduction est sp\u00e9cieuse et correspond \u00e0 une explication officielle destin\u00e9e \u00e0 dissimuler les difficult\u00e9s. Le reste du texte est beaucoup plus clair et montre le d\u00e9sarroi am\u00e9ricain, lequel est venu \u00e0 son point de catharsis avec l&rsquo;erreur de bombardement de la semaine derni\u00e8re (plus de 40 tu\u00e9s dans une noce d&rsquo;un petit village afghan), qui a eu un tr\u00e8s fort \u00e9cho m\u00e9diatique et p\u00e8se d\u00e9sormais sur les relations des Am\u00e9ricains avec les Afghans, et sur la validit\u00e9 des conditions op\u00e9rationnelles (coop\u00e9ration avec les Patchounes).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>\u00a0\u00bbWe&rsquo;re at a point where we have to decide what we&rsquo;re up to there,\u00a0\u00bb said Milton Bearden, a former CIA station chief in Pakistan who was deeply involved in the Afghan resistance to the Soviet invasion in the 1980s. \u00a0\u00bbThis is the time to sit down, take off the rucksack, and assess where you are.\u00a0\u00bb Among other things, he said the Bush administration should stop bombing Afghanistan, where there was a friendly-fire incident last week in Uruzgan province.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>U.S. officials were reminded of the difficulties they face in recent days when it appeared that Uzbek and Tajik factions from their old allies in the Northern Alliance were about to fight in the northern city of Mazar-e Sharif. That near-breakdown into localized civil war was only averted after determined intervention by the CIA, Special Forces officers and the Karzai government, officials said.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa communaut\u00e9 am\u00e9ricaine de s\u00e9curit\u00e9 nationale est entr\u00e9e dans une phase de doute, de scepticisme et m\u00eame de pessimisme sur la poursuite de la guerre et l&rsquo;efficacit\u00e9 de la strat\u00e9gie am\u00e9ricaine. C&rsquo;est un tournant important dans la guerre lanc\u00e9e en octobre dernier, le premier tournant dans l&rsquo;\u00e9valuation strat\u00e9gique de la guerre, apr\u00e8s de nombreux avatars sur le terrain.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe texte de Ricks ne dissimule pas ce fait, sans toutefois l&rsquo;exprimer ni l&rsquo;expliciter de fa\u00e7on pr\u00e9cise. L&rsquo;abondance des \u00e9valuations cit\u00e9es, et des \u00e9valuations dont aucune n&rsquo;est optimiste, forme un tableau \u00e9loquent. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Some military experts predicted that this new, more political phase of the war could prove even more troublesome than last winter&rsquo;s bombing of the Taliban frontlines and the pushing of al Qaeda out of the country. \u00a0\u00bbI am fairly pessimistic,\u00a0\u00bb said Andrew Krepinevich Jr., a defense strategist at the independent Center for Strategic and Budgetary Assessments and a frequent Pentagon consultant. \u00a0\u00bbWe won Phase One of the war, but Phase Two, supporting the successor regime, is the kind of military operation that is more difficult.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>To be sure, the majority view among U.S. officials and military experts is that U.S. policy there is still on track. But the strong minority view is that the United States could face real trouble in Afghanistan, especially if it fails to adapt its tactics as conditions change. \u00a0\u00bbWe may be sliding into a losing dynamic,\u00a0\u00bb said retired Navy Capt. Larry Seaquist, an expert in security strategy. \u00a0\u00bbThere is not much positive data in view.\u00a0\u00bb As evidence of a drift in the U.S. approach in Afghanistan, he and others pointed to the incident last week in which more than 100 Afghan civilians were, according to Afghan accounts, injured or killed by a U.S. airstrike aimed at suspected Taliban hideouts. \u00a0\u00bbOur forces seem to be chasing hither and yon and stumbling into one friendly-fire mess after another,\u00a0\u00bb he said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Pessimists such as Seaquist worry about three trends they see, all related to the Pashtuns, Afghanistan&rsquo;s predominant ethnic group. Together, they fear, these trends could snowball into surprising trouble for the United States and for its allies in the Afghan and Pakistani governments.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne remarquable, qu&rsquo;on doit mettre en \u00e9vidence. Ce que nous voyons appara\u00eetre, ce sont les pr\u00e9misses du \u00a0\u00bbsyndrome du Viet-n\u00e2m\u00a0\u00bb, cette vision pessimiste des fondements d&rsquo;une campagne ext\u00e9rieure entra\u00eenant des r\u00e9\u00e9valuations strat\u00e9giques importantes qui enclenchent elles-m\u00eames un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;incertitude et de doute sur l&rsquo;\u00e9volution militaire de la campagne,  alors qu&rsquo;aucune des caract\u00e9ristiques qui firent du Viet-n\u00e2m ce mod\u00e8le du syndrome de la d\u00e9faite politico-militaire de notre \u00e9poque n&rsquo;existe : ni engagement militaire profond, ni pertes \u00e9lev\u00e9es, ni mouvement anti-guerre aux USA. On est conduit \u00e0 conclure sur ce point \u00e0 la probable validit\u00e9 de l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle le \u00a0\u00bbsyndrome du Viet-n\u00e2m\u00a0\u00bb est une tendance psychologique de la conception strat\u00e9gique am\u00e9ricaine plus que l&rsquo;effet d&rsquo;une situation donn\u00e9e sur le terrain. Cela revient au constat que les Am\u00e9ricains, s&rsquo;ils n&#8217;emportent pas une victoire rapide et \u00e9clatante, se trouvent tr\u00e8s vite pr\u00e9cipit\u00e9s dans le doute et le pessimisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette \u00e9volution, si elle se confirme, r\u00e9serve aussi des cons\u00e9quences plus g\u00e9n\u00e9rales importantes. Comment envisager une campagne contre l&rsquo;Irak d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s difficile \u00e0 monter, et qui n\u00e9cessiterait, selon des sources britanniques, des retraits de forces d&rsquo;Afghanistan, alors que le situation en Afghanistan \u00e9volue comme elle pourrait le faire selon ce qu&rsquo;on en dit ici ? (Accessoirement mais pas inutilement, que penser de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=289\" class=\"gen\">ces informations de source britannique<\/a> selon lesquelles le retrait de forces d&rsquo;Afghanistan a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 pour aider \u00e0 pr\u00e9parer la force d&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak ?)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn sait que cette fameuse \u00a0\u00bbGrande Guerre contre la Terreur\u00a0\u00bb est autant une question de communication, c&rsquo;est-\u00e0-dire de manipulation de l&rsquo;information, que de r\u00e9alit\u00e9s op\u00e9rationnelles. Mais l&rsquo;insistance mise sur la manipulation de l&rsquo;information comme moyen de faire une guerre qui n&rsquo;a m\u00eame pas lieu finit par menacer l&rsquo;ensemble de l&rsquo;architecture. Les avatars US en Afghanistan viennent pour une bonne part de l&rsquo;auto-d\u00e9sinformation am\u00e9ricaine qui accompagne la manipulation de l&rsquo;information. Les pr\u00e9paratifs de l&rsquo;insaisissable campagne contre l&rsquo;Irak montrent un renforcement de cette tendance. La question se pose de savoir, non seulement si les Am\u00e9ricains contr\u00f4lent la guerre d&rsquo;Afghanistan, mais, d&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, si les \u00a0\u00bballi\u00e9s\u00a0\u00bb anglo-saxons (en fait le seul Blair alli\u00e9 aux Am\u00e9ricains) sont encore capables de contr\u00f4ler quelque chose qui ait un rapport avec la r\u00e9alit\u00e9.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le trou noir afghan 9 juillet 2002 &mdash; Le texte paru le 7 juillet dans le Washington Post, de l&rsquo;excellent chroniqueur militaire Thomas E. Ricks, repr\u00e9sente un tournant dans l&rsquo;\u00e9valuation m\u00e9diatique, et celle-ci vue comme un reflet de l&rsquo;\u00e9valuation strat\u00e9gique, de la situation en Afghanistan. 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