{"id":65173,"date":"2002-07-16T00:00:00","date_gmt":"2002-07-16T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/07\/16\/euro-fievre\/"},"modified":"2002-07-16T00:00:00","modified_gmt":"2002-07-16T00:00:00","slug":"euro-fievre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/07\/16\/euro-fievre\/","title":{"rendered":"<strong><em>Euro-fi\u00e8vre<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Euro-fi\u00e8vre<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t16 juillet 2002 &mdash; Lundi, l&rsquo;euro a d\u00e9pass\u00e9, \u00e0 son avantage, <LIEN=http:\/\/www.iht.com\/articles\/64519.html>la parit\u00e9 avec le dollar (1,0046\/1,005). C&rsquo;est un \u00e9v\u00e9nement symbolique consid\u00e9rable, en m\u00eame temps qu&rsquo;une indication \u00e9conomique extr\u00eamement significative. C&rsquo;est ce qu&rsquo;indique le <em>Herald Tribune<\/em> : <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The euro surged past parity with the dollar Monday, more than two years after the currencies were last aligned one-to-one in value, in a powerful display of global investors&rsquo; disenchantment with a scandal-tainted U.S. financial market.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The single European currency rose to $1.0046 in early afternoon trading in London, climbing above $1 for the first time since February 2000.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Rather than reflecting any reappraisal of the outlook for Europe&rsquo;s economy, the euro&rsquo;s ascent reflects a sea change in investor sentiment since news of accounting irregularities at companies like Enron and WorldCom.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa valeur \u00e9conomique de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement peut \u00eatre discut\u00e9e selon des donn\u00e9es connue. Sa valeur politique doit \u00eatre mesur\u00e9e, elle, \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;appr\u00e9ciation politique faite aujourd&rsquo;hui des \u00e9v\u00e9nements symboliques,  et, certes, la parit\u00e9 euro-dollar est un symbole d&rsquo;une force singuli\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEconomiquement on ne peut dire beaucoup plus en substance que le fait cette citation d&rsquo;un <a href=\"\/%3CLIEN=http:\/\/news.independent.co.uk\/business\/news\/story.jsp?story=315341\" class=\"gen\">article de l&rsquo;Independent<\/a> du 16 juillet : \u00ab <em>Even some of the currency&rsquo;s supporters admit that [the euro] performance has been, as one trader put it, &quot;dollar-negative rather than euro-positive&quot;.<\/em> \u00bb Il s&rsquo;agit d&rsquo;une tr\u00e8s forte d\u00e9t\u00e9rioration du dollar am\u00e9ricain, entra\u00een\u00e9 techniquement par le mouvement des investissements, lui-m\u00eame cons\u00e9quence de la crise centrale : la situation de confiance dans l&rsquo;\u00e9conomie am\u00e9ricaine et surtout dans les pratiques structurelles de cette \u00e9conomie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise du <em>corporate system<\/em> est d\u00e9cid\u00e9ment devenue une crise de confiance sans pr\u00e9c\u00e9dent. Il y a d\u00e9sormais de tr\u00e8s nombreuses r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la Grande D\u00e9pression, qui fut d&rsquo;une si grande gravit\u00e9 parce qu&rsquo;elle exprima une crise de confiance sans pr\u00e9c\u00e9dent dans le syst\u00e8me US. Le fait que la crise de confiance actuelle dans le syst\u00e8me pourrait s&rsquo;accompagner <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=298\" class=\"gen\">d&rsquo;une crise politique autour du pr\u00e9sident US<\/a> aggrave encore la crise de confiance, dans une situation vicieuse d&rsquo;auto-alimentation de la crise. Il est bien difficile de s&rsquo;en tenir au seul domaine \u00e9conomique pour juger de ces \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQue l&rsquo;actuel triomphe de l&rsquo;euro soit temporaire ou pas n&rsquo;a finalement gu\u00e8re d&rsquo;importance. L&rsquo;essentiel \u00e0 observer est que ce triomphe n&rsquo;est qu&rsquo;un aspect de la tr\u00e8s grave crise de confiance qui attaque le syst\u00e8me am\u00e9ricain. Les dirigeants europ\u00e9ens s&rsquo;en tiennent pour l&rsquo;instant \u00e0 la prudence et se cantonnent \u00e0 des commentaires \u00e9conomiques. (Citons Tony Blair : \u00ab <em>You cannot judge this on the day to day. It has to be judged according to the economic tests and the convergence test.<\/em> \u00bb \u00c9galement, Romano Prodi : \u00ab <em> there were advantages and disadvantages in a stronger euro. To those who said the euro was too fragile and who now say it is too strong, I say we must have a sense of proportion.<\/em> \u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette prudence des Europ\u00e9ens a une signification, qui est politique. Les deux citations rapport\u00e9es ici concernent intentionnellement les deux acteurs europ\u00e9ens les plus concern\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Pour Tony Blair, la mont\u00e9e de l&rsquo;euro pourrait \u00eatre une bonne chose. Il est partisan de l&rsquo;entr\u00e9e du Royaume-Uni dans la monnaie europ\u00e9enne et l&rsquo;actuelle situation renforce sa th\u00e8se. Les partisans de l&rsquo;euro triomphent, la <em>City<\/em> juge de plus en plus que la d\u00e9cision d&rsquo;entr\u00e9e dans l&rsquo;euro est n\u00e9cessaire, et le plus vite possible. Mais Blair per\u00e7oit la dimension politique de cette affaire. Il sait qu&rsquo;une trop rapide et trop visible d\u00e9marche en faveur de l&rsquo;euro aujourd&rsquo;hui, dans les circonstances qu&rsquo;on conna\u00eet, serait prise, \u00e0 Washington, comme une d\u00e9cision contre le dollar ; c&rsquo;est-\u00e0-dire un choix pro-Europe et anti-US. Dans la situation g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;on conna\u00eet, o\u00f9 Blair est litt\u00e9ralement prisonnier de son engagement pro-US, c&rsquo;est un cas bien d\u00e9licat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; C&rsquo;est un peu le m\u00eame propos pour Prodi et les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes. Trop de triomphalisme \u00e0 propos de l&rsquo;euro am\u00e8nerait une r\u00e9action am\u00e9ricaine. Difficile \u00e0 envisager dans un contexte o\u00f9 les rapports transatlantiques sont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9testables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans les deux cas, on voit bien combien les Europ\u00e9ens sont prisonniers de leurs rapports avec les USA, des rapports qu&rsquo;il est difficile de ne pas d\u00e9crire comme \u00e9tant d&rsquo;all\u00e9geance. La crise dollar-euro met encore plus en \u00e9vidence cette situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela ne durera qu&rsquo;un temps. Si la crise US se poursuit, l&rsquo;euro va affirmer sa nouvelle position et s&rsquo;y installer, avec les investissements install\u00e9s en Europe. Dans les deux-trois prochains mois, on commencera \u00e0 percevoir cette nouvelle situation comme institutionnalis\u00e9e. Son interpr\u00e9tation politique est et sera de plus en plus celle d&rsquo;une affirmation de concurrence de la part de l&rsquo;Europe, d&rsquo;une sorte de d\u00e9fi de puissance lanc\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique, cela quelle que soit la r\u00e9alit\u00e9 et quoique disent les dirigeants europ\u00e9ens. L&rsquo;euro ne laisse que cette alternative \u00e0 l&rsquo;Europe, et quoiqu&rsquo;il en soit des avantages \u00e9conomiques divers et contradictoires de sa position puisqu&rsquo;on ne parle ici que de perception politique : s&rsquo;il est faible, l&rsquo;Europe est per\u00e7ue comme politiquement affaiblie et sans capacit\u00e9 d&rsquo;affirmer un r\u00e9el pouvoir politique ; s&rsquo;il est fort, il appara\u00eet comme le signe d&rsquo;une volont\u00e9 d&rsquo;affirmation politique de l&rsquo;Europe aux d\u00e9pens du dollar.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Europe a voulu l&rsquo;euro. Elle danse \u00e0 son rythme. Comme on dit, on n&rsquo;\u00e9chappe pas \u00e0 son destin.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Euro-fi\u00e8vre 16 juillet 2002 &mdash; Lundi, l&rsquo;euro a d\u00e9pass\u00e9, \u00e0 son avantage, la parit\u00e9 avec le dollar (1,0046\/1,005). 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