{"id":65178,"date":"2002-07-19T00:00:00","date_gmt":"2002-07-19T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/07\/19\/semaine-du-1er-au-7-juillet-2002\/"},"modified":"2002-07-19T00:00:00","modified_gmt":"2002-07-19T00:00:00","slug":"semaine-du-1er-au-7-juillet-2002","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/07\/19\/semaine-du-1er-au-7-juillet-2002\/","title":{"rendered":"<strong><em>Semaine du 1er au 7 juillet 2002<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h3>Un \u00a0\u00bbFourth of July\u00a0\u00bb sombre et plein d&rsquo;angoissantes interrogations<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe 4 juillet 2002 n&rsquo;a pas manqu\u00e9 \u00e0 ce qui para\u00eet \u00eatre d\u00e9sormais une tradition pour les c\u00e9l\u00e9brations am\u00e9ricaines depuis le 11 septembre : une alerte \u00e0 une attaque terrorisme qu&rsquo;on vous promet \u00e0 chaque fois plus terrible et plus d\u00e9vastatrice que la pr\u00e9c\u00e9dente, promise et non accomplie. Ainsi l&rsquo;Am\u00e9rique vit-elle au rythme d&rsquo;une parano\u00efa officielle, tant\u00f4t soup\u00e7onn\u00e9e d&rsquo;\u00eatre une grossi\u00e8re manoeuvre politicienne, tant\u00f4t paraissant comme le signe d&rsquo;une confusion du jugement et de l&rsquo;\u00e9valuation, le plus souvent trahissant une pathologie de la psychologie,  et, certainement, \u00e9tant un m\u00e9lange des trois choses \u00e0 la fois. Comme <a href=\" http:\/\/www.iht.com\/cgi-bin\/generic.cgi?template=articleprint.tmplh&#038;ArticleId=63352\" class=\"gen\">l&rsquo;\u00e9crit excellemment William Pfaff<\/a>, nous sommes dans des temps o\u00f9 \u00ab [the]<em>patriotism turns into paranoia<\/em> \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe 4 juillet 2002 permet de mesurer l&rsquo;extraordinaire chemin parcouru par les \u00c9tats-Unis depuis l&rsquo;attaque du 11 septembre. Le pays s&rsquo;est transform\u00e9 de fond en comble, dans une mesure inou\u00efe, qui paraissait, avant le 11 septembre, du domaine de l&rsquo;imagination subversive et de la fiction tendancieuse. La politique ext\u00e9rieure suivie est compl\u00e8tement, farouchement unilat\u00e9raliste. Elle ne l&rsquo;est pas, et m\u00eame plus du tout, au nom d&rsquo;un choix tactique, au nom d&rsquo;arguments de d\u00e9fense d&rsquo;int\u00e9r\u00eats divers, mais beaucoup plus fondamentalement, parce que l&rsquo;Am\u00e9rique s&rsquo;estime en-dehors (et au-dessus si possible) du reste du monde (ROW, ou <em>Rest Of the World<\/em>). L&rsquo;Am\u00e9rique est d\u00e9sormais cadenass\u00e9e dans une position d&rsquo;exceptionnalisme qu&rsquo;on qualifierait de tragique, qui est certainement d\u00e9fensif et agressif \u00e0 la fois, qui fait fi de toute id\u00e9e de solidarit\u00e9 internationale, qui s&rsquo;affiche d&rsquo;une fa\u00e7on \u00e0 la fois m\u00e9prisante et path\u00e9tique. L&rsquo;argument essentiel de cette politique est implicitement d&rsquo;ordre m\u00e9taphysique, appuy\u00e9 sur la conviction que l&rsquo;Am\u00e9rique est un nation \u00e9lue de Dieu (<em>Under God<\/em>, comme il est dit dans le serment si contest\u00e9), avec un pr\u00e9sident dont la principale caract\u00e9ristique intellectuelle est sa forte conviction religieuse. Au jour le jour, cette politique s&rsquo;appuie sur les factions les plus extr\u00e9mistes de la droite conservatrice, essentiellement sur les id\u00e9es militaristes et interventionnistes des <em>neo-conservatives<\/em>, avec un seul alli\u00e9 fondamental (Isra\u00ebl) et un alli\u00e9 utile (le terme fait-il penser \u00e0 celui d&rsquo;\u00ab <em>idiot utile<\/em> \u00bb, de Staline ?) trait\u00e9 de la mani\u00e8re la plus d\u00e9sinvolte et la plus cassante dans la r\u00e9alit\u00e9 des rapports quotidiens (Royaume-Uni).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA l&rsquo;int\u00e9rieur, l&rsquo;Am\u00e9rique s&rsquo;est transform\u00e9e depuis le 11 septembre en une \u00e9trange plan\u00e8te o\u00f9 se c\u00f4toient les exc\u00e8s les plus dramatiques et les plus dangereux (crise du <em>corporate system<\/em>, effets sur Wall Street, sur le dollar, etc) et une politique s\u00e9curitaire qui ne cesse de se renforcer, qui rapproche certaines structures fondamentales de celles d&rsquo;un \u00c9tat policier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar-dessus, tout cela, certes, la peur qui a pris au ventre la direction am\u00e9ricaine (plus encore que le peuple am\u00e9ricain), qui semble parfois exercer une telle pression qu&rsquo;elle en \u00e9carte tout bon sens et toute mesure. Pfaff, effectivement, mesure combien l&rsquo;Am\u00e9rique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, en ce 4 juillet d&rsquo;un symbolisme beaucoup plus fort qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ordinaire, est devenue diff\u00e9rente de celle des Founding Fathers.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Fear has been the principal theme, and the justification offered, for administration policies and public statements since Sept. 11. A different America would have scorned such fear.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Indeed, a different America did. Confronting the power of the British Empire, nearing its peak in 1776, the American Declaration of Independence was an act of calm defiance. The war it provoked could easily have ended with the declaration&rsquo;s signers shot, hanged or in prison. That is why they concluded their Declaration with their mutual pledge of \u00a0\u00bbour lives, fortunes and sacred Honor.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Their courage and the nobility of their sentiments were what we really were celebrating with those fireworks, many years ago.<\/em> \u00bb<\/p>\n<h3>Le d\u00e9bat sur la future attaque contre l&rsquo;Irak : sur quoi cette attaque d\u00e9bouchera-t-elle ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPourquoi l&rsquo;Am\u00e9rique veut-elle attaquer l&rsquo;Irak ? On en est encore \u00e0 en d\u00e9battre et, en dix mois, l&rsquo;affaire n&rsquo;a pas avanc\u00e9 d&rsquo;un cheveu, sauf peut-\u00eatre chez Tony Blair qui doit bien justifier, aussi bien \u00e0 ses propres yeux qu&rsquo;aux yeux des siens, la persistance d&rsquo;un engagement si extr\u00eame aux c\u00f4t\u00e9s des Am\u00e9ricains. Les Europ\u00e9ens, sauf UK\/Blair, sont toujours aussi r\u00e9ticents, toujours aussi implicitement critiques des affirmations am\u00e9ricaines, qui vont indiff\u00e9remment et selon les caprices d&rsquo;analyses para\u00eet-il s\u00e9rieuses, de l&rsquo;affirmation de liens indubitables entre Saddam et Al Qa\u00efda \u00e0 l&rsquo;affirmation que Saddam doit \u00eatre liquid\u00e9 pour la seule raison qu&rsquo;il poss\u00e8de des armes de destruction passive. <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2002\/07\/05\/international\/05ASSE.html?ex=1026880139&#038;ei=1&#038;en=ea2a5bc31311b64d\" class=\"gen\">Un article du New York Times<\/a> r\u00e9sume bien la chose : \u00ab <em>The evidence that Mr. Hussein still possesses such weapons <\/em>[<em>of mass-destruction<\/em>] <MI>remains murky  particularly in the view of America&rsquo;s European allies, most of whom have argued strongly against a new war on Iraq.<D< \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais ce m\u00eame article, du 5 juillet, fait appara\u00eetre un nouvel argument, qui va s\u00fbrement \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9 et d\u00e9battu dans les mois qui viennent, et qui marque \u00e9galement combien les Am\u00e9ricains ont besoin d&rsquo;arguments plus solides pour tenter d&#8217;emporter l&rsquo;adh\u00e9sion de leurs alli\u00e9s,  encore une fois, les Europ\u00e9ens principalement, et les Arabes \u00e9galement. Ce nouvel argument concerne l&rsquo;avenir de l&rsquo;Irak, ou encore, une suggestion de r\u00e9ponse \u00e0 la question : d\u00e9truire Saddam, pour faire quoi ensuite ? Cette id\u00e9e est apparue \u00e0 propos des Palestiniens dans le discours GW du 24 juin et rel\u00e8ve d&rsquo;une fuite en avant connue du raisonnement : puisque les arguments classiques, tactiques, s\u00e9curitaires, politiques, ne donnent rien, allons un cran plus haut. Cette nouvelle hauteur, c&rsquo;est ce qu&rsquo;on pourrait nommer l\u00a0\u00bb&rsquo;utopie pragmatique\u00a0\u00bb. Les Am\u00e9ricains commencent \u00e0 dire et faire dire, acceptant une fois de plus certaines th\u00e8ses isra\u00e9liennes, qu&rsquo;ils veulent construire dans l&rsquo;Irak post-Saddam une d\u00e9mocratie mod\u00e8le qui constituerait la plus \u00e9vidente garantie de stabilit\u00e9, et un centre de diffusion d&rsquo;une nouvelle stabilit\u00e9 occidentalis\u00e9e par la d\u00e9mocratie dans la r\u00e9gion. L&rsquo;id\u00e9e, pensent les <em>spin doctors<\/em> de Washington, certainement soutenus par ceux de l&rsquo;\u00e9quipe Blair, l&rsquo;id\u00e9e a de l&rsquo;allure, elle plaira aux milieux intellectuels et m\u00e9diatiques, elle renforcera l&rsquo;argument US face aux alli\u00e9s r\u00e9ticents. Quant \u00e0 savoir sa validit\u00e9, quant \u00e0 mesurer ses effets les plus catastrophiques au regard du d\u00e9sordre ainsi cr\u00e9\u00e9 si de tels projets \u00e9taient lanc\u00e9s et devaient \u00e9chouer, qui vraiment s&rsquo;en pr\u00e9occupe ?    <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>In the United States and its principal Middle East ally, Israel, however, a number of senior officials  including Prime Minister Ariel Sharon and former Prime Minister Ehud Barak  believe that a post-Saddam Hussein Iraq could be fashioned into some form of democracy.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>In this view, an Iraq under new governance could become a new Western ally, helping to reduce American dependency on bases in Saudi Arabia, to secure Israel&rsquo;s eastern flank and act as a wedge between Iran and Syria, two of the most active sponsors of terrorism.<\/em> \u00bb<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un \u00a0\u00bbFourth of July\u00a0\u00bb sombre et plein d&rsquo;angoissantes interrogations Le 4 juillet 2002 n&rsquo;a pas manqu\u00e9 \u00e0 ce qui para\u00eet \u00eatre d\u00e9sormais une tradition pour les c\u00e9l\u00e9brations am\u00e9ricaines depuis le 11 septembre : une alerte \u00e0 une attaque terrorisme qu&rsquo;on vous promet \u00e0 chaque fois plus terrible et plus d\u00e9vastatrice que la pr\u00e9c\u00e9dente, promise et&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[3493,868,3198,857,3494,1131,981],"class_list":["post-65178","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-journal","tag-3493","tag-bush","tag-gw","tag-irak","tag-juillet","tag-pfaff","tag-saddam"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65178","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65178"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65178\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65178"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65178"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65178"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}