{"id":65181,"date":"1997-10-10T00:00:00","date_gmt":"1997-10-10T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/1997\/10\/10\/les-doutes-de-norman-augustine-2\/"},"modified":"1997-10-10T00:00:00","modified_gmt":"1997-10-10T00:00:00","slug":"les-doutes-de-norman-augustine-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/1997\/10\/10\/les-doutes-de-norman-augustine-2\/","title":{"rendered":"Les doutes de Norman Augustine"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Rubrique <em>Contexte<\/em>, <em>dd&#038;e<\/em>, Volume 13, n&deg;05 du 10 novembre 1997<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Le 1er ao&ucirc;t 1997, Norman Augustine abandonnait la direction de Lockheed Martin et prenait sa retraite. C&rsquo;est lui qui fut l&rsquo;architecte de la grande fusion d&rsquo;ao&ucirc;t 1994 entre Lockheed et Martin-Marietta (qu&rsquo;il dirigeait), et il fut le premier patron de Lockheed Martin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s son d\u00e9part en retraite, Augustine \u00e9mit diverses r\u00e9flexions sur l&rsquo;\u00e9volution \u00e0 venir de l&rsquo;industrie a\u00e9ronautique, entre les fusions et la globalisation. Le ton est prudent et sceptique, voire inquiet et d\u00e9senchant\u00e9..<\/p>\n<\/p>\n<p><h4><em>dde.org<\/em><\/h4>\n<\/p>\n<p><p>_________________________<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_a.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:2em\">Les doutes de Norman Augustine<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Norman Augustine fut un des \u00ab\u00a0grands patrons\u00a0\u00bb am\u00e9ricains (&laquo; fut &raquo;, puisqu&rsquo;il s&rsquo;est retir\u00e9 le 1er ao&ucirc;t 1997 pour une fin de carri\u00e8re universitaire, au Massachussets Technology Institute). Il fut l&rsquo;architecte de la fusion Lockheed-Martin (il \u00e9tait PDG de Martin-Marietta), et il est rest\u00e9 le \u00ab\u00a0philosophe\u00a0\u00bb de la bande, l&rsquo;homme qui conceptualise et commente les actes industriels fondamentaux. Avant l&rsquo;industrie a\u00e9ronautique, il avait \u00e9t\u00e9 au Pentagone, comme secr\u00e9taire \u00e0 l&rsquo;US Army dans les ann\u00e9es soixante-dix. Il avait rapport\u00e9 de cette exp\u00e9rience un livre (<em>Augustine&rsquo;s Laws<\/em>) qui, avec l&rsquo;arme de l&rsquo;humour pour faire passer la pilule, tra\u00e7ait un avenir sombre du chaos budg\u00e9taro-d\u00e9mocratique de l'\u00a0\u00bbart\u00a0\u00bb du <em>procurement<\/em> (achat des mat\u00e9riels militaires) au Pentagone.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;une des \u00ab\u00a0lois\u00a0\u00bb d&rsquo;Augustine est rest\u00e9e fameuse : &laquo; <em>Si les m\u00e9thodes du Pentagone et l&rsquo;\u00e9volution des co&ucirc;ts ne changent pas, le budget du Pentagone autour de 2050 servira \u00e0 acheter un seul avion tactique. Celui-ci sera confi\u00e9 trois jours par semaine \u00e0 l&rsquo;USAF, trois jours \u00e0 la Navy et le septi\u00e8me au Marine Corps.<\/em> &raquo; En 1997, presque vingt ans apr\u00e8s, cette \u00ab\u00a0loi\u00a0\u00bb d&rsquo;Augustine n&rsquo;a pas pris une ride, on peut m\u00eame avancer que les \u00e9v\u00e9nements ne cessent de confirmer sa pr\u00e9vision rocambolesque. Lui-m\u00eame, Norman Augustine, n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 continuer \u00e0 la citer, ce qui montre qu&rsquo;il la juge toujours actuelle. (1)<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Quelques d\u00e9clarations discr\u00e8tement tonitruantes<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi comprend-on mieux que l&rsquo;architecte des triomphantes restructurations de l&rsquo;industrie strat\u00e9gique am\u00e9ricaines semble plut\u00f4t sombre aujourd&rsquo;hui. On ne sait pas tr\u00e8s bien pourquoi Norman Augustine a quitt\u00e9 pr\u00e9matur\u00e9ment (il pouvait y rester encore jusqu&rsquo;\u00e0 fin 1998 au moins) la direction du fabuleux consortium Lockheed-Martin. Si on lit ses r\u00e9centes d\u00e9clarations, on serait tent\u00e9 de croire qu&rsquo;il a voulu prendre ses distances, et qu&rsquo;il n&rsquo;est pas loin de penser que la formidable machine industrielle qu&rsquo;il a contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er n&rsquo;est pas autre chose qu&rsquo;une sorte de cr\u00e9ature monstrueuse en train d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 son docteur Frankenstein. Au royaume de la super-technologie, voil\u00e0 une histoire vieille comme le monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Norman Augustine n&rsquo;est donc pas pr\u00e9cis\u00e9ment optimiste sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;industrie strat\u00e9gique am\u00e9ricaine restructur\u00e9e. Dans un article d&rsquo;<em>Interavia<\/em> de septembre 1997, le journaliste Nick Cooks cite cette d\u00e9claration d&rsquo;Augustine, recueillie au cours d&rsquo;une interview : &laquo; <em>Un des grands d\u00e9fis de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale am\u00e9ricaine dans les quelques ann\u00e9es qui viennent sera de savoir si nous continuons de rivaliser et de collaborer avec Boeing, ou bien si <\/em>[ce cadre de rapports organis\u00e9s] <em>va s&rsquo;effondrer.<\/em> &raquo; Et il poursuit : &laquo; [S]<em>i Boeing et Lockheed-Martin prennent une position dure l&rsquo;un vis-\u00e0-vis de l&rsquo;autre et forcent le reste de l&rsquo;industrie \u00e0 choisir son camp<\/em> &raquo; la situation deviendra &laquo; <em>tragique<\/em>  &raquo;. A ce point, Augustine \u00e9voque m\u00eame, &mdash; un comble dans ce paysage am\u00e9ricain tout entier li\u00e9 \u00e0 la notion de libre-entreprise et de non-interventionnisme &mdash; la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;intervention du gouvernement, sans d&rsquo;ailleurs pr\u00e9ciser comment et avec quels effets, et si seulement cette intervention sera possible au vue des forces en pr\u00e9sence aujourd&rsquo;hui dans le paysage financier, industriel et politique aux &Eacute;tats-Unis. Une autre intervention d&rsquo;Augustine est remarquable ; elle a eu lieu en juillet 1997 au cours d&rsquo;un symposium de l&rsquo;Air Force Association. Parlant de l&rsquo;avenir, Augustine d\u00e9tailla quelques &laquo; <em>questions fondamentales<\/em> &raquo;. Citons-en quatre, telles qu&rsquo;elles sont pr\u00e9sent\u00e9es par la revue de l&rsquo;Air Force Association (Air Force <em>Magazine<\/em>, octobre 1997):<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; &laquo; <em>Si l&rsquo;industrie se globalise, qui d\u00e9cidera ce qui sera vendu, et \u00e0 qui?<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; &laquo; <em>Les USA devraient-ils permettre \u00e0 des gouvernements \u00e9trangers de poss\u00e9der indirectement des \u00e9l\u00e9ments essentiels des capacit\u00e9s am\u00e9ricaines de R&#038;D et de production?<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; &laquo; <em>Les USA devraient-ils accepter de devenir technologiquement d\u00e9pendants d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments \u00e9lectroniques et de logiciels d\u00e9tenus par l&rsquo;\u00e9tranger?<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; &laquo; <em>Qui doit avoir la responsabilit\u00e9 de maintenir une forte base industrielle nationale de d\u00e9fense?<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Une pr\u00e9occupation constante pour l&rsquo;id\u00e9e nationale<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Au travers de ses divers \u00e9crits, Norman Augustine a toujours montr\u00e9 une pr\u00e9occupation majeure pour l&rsquo;id\u00e9e nationale, &mdash; c&rsquo;est-\u00e0-dire, sur un plan pratique, l&rsquo;id\u00e9e du contr\u00f4le de ses ressources de s\u00e9curit\u00e9 nationale par une autorit\u00e9 politique centrale. Sur la question des possibles fusions transatlantiques dont on fait grand cas aujourd&rsquo;hui et qui constituent le grand objectif am\u00e9ricain pour la globalisation, Augustine se montre tr\u00e8s r\u00e9serv\u00e9 pour cette raison.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans une interview au journal parisien <em>Les &Eacute;chos<\/em>, le 19 juin 1997, il envisageait certes en th\u00e9orie une globalisation de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale, donc les USA avec les Europ\u00e9ens prioritairement (&laquo; <em> Dans une certaine mesure, on devrait assister \u00e0 la constitution d&rsquo;une industrie a\u00e9ronautique globale<\/em> &raquo;) ; mais il restait extr\u00eamement prudent : &laquo; <em>L&rsquo;Europe est la prochaine \u00e9tape <\/em>[de la restructuration]. <em>Mais la conclusion d&rsquo;alliances transatlantiques se fera \u00e0 un rythme plus lent, par \u00e9tapes.<\/em> &raquo; Il s&rsquo;expliquait enfin de cette prudence en s&rsquo;attachant au cas de la d\u00e9fense : &laquo; [L]<em>a d\u00e9fense est diff\u00e9rente des autres secteurs puisqu&rsquo;elle implique des questions de s\u00e9curit\u00e9 nationale. Ce qui veut dire qu&rsquo;on doit \u00eatre avant tout \u00ab\u00a0nationale\u00a0\u00bb. Il faut soigneusement veiller \u00e0 ce que les int\u00e9r\u00eats nationaux soient prot\u00e9g\u00e9s quand les soci\u00e9t\u00e9s des divers pays commencent \u00e0 travailler ensemble.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certains pourraient croire \u00e0 une attitude tactique (pour endormir l&rsquo;\u00e9ventuelle vigilance des Europ\u00e9ens qui craignent une main-mise am\u00e9ricaine). Cela ne para&icirc;t nullement le cas : \u00e0 chaque occasion, m\u00eame lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de textes \u00e0 \u00ab\u00a0consommation int\u00e9rieure\u00a0\u00bb comme dans l&rsquo;exemple d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 en note (1), Augustine a renouvel\u00e9 ses r\u00e9serves.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Pr\u00e9pond\u00e9rance de la comp\u00e9titivit\u00e9 et du profit<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Les nouvelles analyses de la restructuration qui commencent \u00e0 appara&icirc;tre, notamment celle d&rsquo;Ann Markusen d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9e dans nos colonnes (2), et qui font de ce ph\u00e9nom\u00e8ne industriel l&rsquo;effet d&rsquo;une manoeuvre essentiellement financi\u00e8re de Wall Street, ne d\u00e9mentent en aucune fa\u00e7on le sentiment contrast\u00e9 d&rsquo;Augustine, et m\u00eame l&rsquo;alimentent si justement qu&rsquo;on pourrait faire l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;elles rencontrent l&rsquo;appr\u00e9ciation d&rsquo;Augustine lui-m\u00eame. Il s&rsquo;agit bien de l&rsquo;\u00e9volution vers des entit\u00e9s industrielles et financi\u00e8res dont le champ d&rsquo;activit\u00e9 est l&rsquo;espace global lib\u00e9r\u00e9 des contraintes nationales, et dont le but essentiel est le profit, et non plus la rencontre des besoins de la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Markusen avertit qu&rsquo;on verra dans le chef de ces \u00e9normes conglom\u00e9rat am\u00e9ricain des orientations de moins en moins attentives aux sp\u00e9cifications du Pentagone, notamment le refus de l&rsquo;innovation de mat\u00e9riels neufs au profit du b\u00e9n\u00e9fice garanti de la production de mat\u00e9riels d\u00e9j\u00e0 anciens, et cela est \u00e9galement confirm\u00e9 par certaines remarques venues du Pentagone et rapport\u00e9es par <em>Aviation Week &#038; Space Technology<\/em> (3).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>S&rsquo;il s&rsquo;agit effectivement d&rsquo;une \u00e9volution vers la globalisation comme le signale Augustine (ces conglom\u00e9rats type Lockheed-Martin et Boeing sont pr\u00eats \u00e0 passer \u00e0 la dimension internationale), sa principale caract\u00e9ristique est une potentialit\u00e9 consid\u00e9rable d&rsquo;abandon des crit\u00e8res d&rsquo;int\u00e9r\u00eat national (qualit\u00e9 du produit, protection de ses caract\u00e9ristiques) pour des crit\u00e8res \u00e9conomiques et \u00e0 finalit\u00e9 financi\u00e8re (la comp\u00e9titivit\u00e9 pour accro&icirc;tre le profit). Ainsi pourrait-on faire l&rsquo;hypoth\u00e8se que l&rsquo;essentiel des pr\u00e9occupations qu&rsquo;on signale concerne la forme de l&rsquo;activit\u00e9 et l&rsquo;ambition qui caract\u00e9rise celle-ci, plus que la dimension globalisante.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La globalisation contre l&rsquo;industrie strat\u00e9gique ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Les doutes de Norman Augustine sont caract\u00e9ris\u00e9s, dans l&rsquo;intervention qu&rsquo;il a faite au symposium de l&rsquo;Air Force Association, par une conclusion qui prend la forme d&rsquo;une image bien dans sa mani\u00e8re : &laquo; <em>En 2020, le Pentagone est r\u00e9duit \u00e0 un carr\u00e9, l&rsquo;enti\u00e8ret\u00e9 de l&rsquo;industrie de d\u00e9fense de la nation tient autour de deux tables, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense est Mike Wallace <\/em>[actuellement un pr\u00e9sentateur de TV d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s vieux] <em>et je suis moi-m\u00eame \u00e0 la t\u00eate de Lockheed Martin Northrop Grumman Loral Disney. L&rsquo;USAF veut remplacer son inventaire complet d&rsquo;avion, consistant en un seul F-16, mais un assistant au Congr\u00e8s fait remarquer que toutes les forces actives ont \u00e9t\u00e9 retir\u00e9es du service au profit d&rsquo;un simple avertissement donn\u00e9 \u00e0 nos ennemis que nous avons beaucoup d&rsquo;avions furtifs, qu&rsquo;ils ne peuvent pas voir par d\u00e9finition&#8230;<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il ne faut pas s&rsquo;y tromper : la plaisanterie de l&rsquo;industriel am\u00e9ricain caricature une interrogation qui a toutes les chances de devenir majeure sur le sort de l&rsquo;industrie de d\u00e9fense am\u00e9ricaine dans le contexte de la globalisation. Elle concerne la caract\u00e9ristique essentielle et d\u00e9vastatrice de cette globalisation, plus que le fait m\u00eame de la globalisation : la recherche de la comp\u00e9titivit\u00e9 et du profit, dont on commence \u00e0 soup\u00e7onner qu&rsquo;elle pourrait entra&icirc;ner l&rsquo;\u00e9touffement des sp\u00e9cificit\u00e9s des industries qu&rsquo;elle touche. L&rsquo;industrie strat\u00e9gique de l&rsquo;a\u00e9ronautique et de la d\u00e9fense \u00e9tant particuli\u00e8rement sp\u00e9cifique, il est normal que ce soit \u00e0 son propos qu&rsquo;on rencontre des interrogations aussi importantes, venant de personnages aussi peu suspects d&rsquo;opposition id\u00e9ologique et\/ou syst\u00e9matique \u00e0 ce processus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il faut s&rsquo;attendre \u00e0 ce que le d\u00e9bat, qui en est \u00e0 son extr\u00eame d\u00e9but, prenne une r\u00e9elle ampleur aux &Eacute;tats-Unis, puisqu&rsquo;il concerne la substance m\u00eame de l&rsquo;&Eacute;tat de S\u00e9curit\u00e9 Nationale, \u00e0 l&rsquo;heure o&ugrave; des contestations s\u00e9rieuses contre l&rsquo;&Eacute;tat f\u00e9d\u00e9ral s&rsquo;affirment. Dans cette perspective, le retard europ\u00e9en, qui a provoqu\u00e9 tant de critiques et de j\u00e9r\u00e9miades, pourrait s&rsquo;av\u00e9rer \u00eatre un utile d\u00e9lai de r\u00e9flexion ; et la tendance, \u00e9galement tant d\u00e9nonc\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es, \u00e0 l&rsquo;intervention \u00e9tatique syst\u00e9matique dans ces pays europ\u00e9ens (en France, mais aussi au Royaume-Uni et en Allemagne malgr\u00e9 les affirmations contraires), pourrait s&rsquo;av\u00e9rer comme un tr\u00e8s utile garde-fou, une fa\u00e7on d&rsquo;appr\u00e9hender avec le maximum de pr\u00e9cautions le processus n\u00e9cessaire de restructuration.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4> <\/h4>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_c.deepgreen\" style=\"color:#75714d; font-size:1.25em\">Notes<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>(1) Voir l&rsquo;article d&rsquo;Augustine sur l&rsquo;industrie a\u00e9ronautique am\u00e9ricaine intitul\u00e9 &laquo;Unhappy Anniversary&raquo; et publi\u00e9 dans American Aerospace, la revue de l&rsquo;Association Am\u00e9ricaine des Industries A\u00e9rospatiales, num\u00e9ro de f\u00e9vrier 1997 : &laquo;Le co&ucirc;t unitaire des produits a\u00e9ronautiques militaires a cru \u00e0 un rythme \u00e9tonnant et intenable tout au long de l&rsquo;histoire. Consid\u00e9rons l&rsquo;exemple des avions tactiques. Comparant l&rsquo;\u00e9volution du co&ucirc;t unitaire par rapport au temps, [&#8230;] nous observons que le co&ucirc;t d&rsquo;un avion tactique a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 en moyenne par 4 tous les dix ans. En extrapolant le budget de la d\u00e9fense selon les tendances de ce si\u00e8cle, on d\u00e9couvre qu&rsquo;en 2054 la courbe du co&ucirc;t d&rsquo;un avion rejoindra celle du budget. Ainsi, au rythme actuel, le budget de la d\u00e9fense entier ne permettra d&rsquo;acheter [en 2054] qu&rsquo;un seul avion tactique. &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(2) Voir dd&#038;e, Vol13, n&deg;02, rubrique \u00ab\u00a0de defensa\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(3) &laquo; Defense Planners Wary of Mergers &raquo;, 29 septembre 1997.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rubrique Contexte, dd&#038;e, Volume 13, n&deg;05 du 10 novembre 1997 Le 1er ao&ucirc;t 1997, Norman Augustine abandonnait la direction de Lockheed Martin et prenait sa retraite. C&rsquo;est lui qui fut l&rsquo;architecte de la grande fusion d&rsquo;ao&ucirc;t 1994 entre Lockheed et Martin-Marietta (qu&rsquo;il dirigeait), et il fut le premier patron de Lockheed Martin. 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