{"id":65210,"date":"2002-08-09T00:00:00","date_gmt":"2002-08-09T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/08\/09\/les-conceptions-du-dr-werther-la-doctrine-dattaque-preventive-de-gw-presentee-comme-un-plan-schlieffen-nucleaire\/"},"modified":"2002-08-09T00:00:00","modified_gmt":"2002-08-09T00:00:00","slug":"les-conceptions-du-dr-werther-la-doctrine-dattaque-preventive-de-gw-presentee-comme-un-plan-schlieffen-nucleaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/08\/09\/les-conceptions-du-dr-werther-la-doctrine-dattaque-preventive-de-gw-presentee-comme-un-plan-schlieffen-nucleaire\/","title":{"rendered":"<strong><em>Les conceptions du \u201cDr. Werther\u201d, \u2014 La doctrine d&rsquo;attaque pr\u00e9ventive de GW pr\u00e9sent\u00e9e  comme un \u201cPlan Schlieffen nucl\u00e9aire\u201d<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Les conceptions du Dr. Werther,  La doctrine d&rsquo;attaque pr\u00e9ventive de GW pr\u00e9sent\u00e9e  comme un Plan Schlieffen nucl\u00e9aire, sur fond d&rsquo;analogie entre pangermanisme et pan-am\u00e9ricanisme<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tLe texte \u00ab <em>Is Preemption a Nuclear Schlieffen Plan?<\/em> \u00bb est venu \u00e0 notre connaissance \u00e0 partir d&rsquo;une citation qu&rsquo;en fait Jason Vest <a href=\"http:\/\/www.prospect.org\/print\/V13\/15\/vest-j.html\" class=\"gen\">dans un article tr\u00e8s r\u00e9cent de The American Prospect<\/a>. Vest qualifie ce texte du Dr. Werher de cette fa\u00e7on : \u00ab <em> One article that has been making the rounds among career military officials &#8212; and that should be fodder for a wider public debate.<\/em> \u00bb. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit <a href=\" http:\/\/www.defense-and-society.org\/fcs\/comments\/c453.htm#Werther\" class=\"gen\">d&rsquo;un texte \u00e9crit par le Dr. Werther<\/a>, cette signature \u00e9tant pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00ab <em>the pen name of a defense analyst based in Northern Virginia<\/em> \u00bb (il s&rsquo;agit certainement d&rsquo;un analyste connu, que Jason Vest conna\u00eet et dont il nous laisse entendre qu&rsquo;il est notoirement connu dans les milieux de la d\u00e9fense US) ; le texte est publi\u00e9 sur le site <em>Defense and National Interest<\/em> (DNI), connu comme \u00e9tant le site qui abrite les travaux de ces r\u00e9formateurs militaires am\u00e9ricains \u00e0 la fois s\u00e9rieux et originaux, tels Frank Spinney ou le colonel John Boyd. (Retir\u00e9 de l&rsquo;USAF et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1997, John Boyd fut le cr\u00e9ateur de ce qu&rsquo;on d\u00e9signe comme \u00ab <em>le mouvement des r\u00e9formistes militaires<\/em> \u00bb.) Du site DNI, Jason Vest explique qu&rsquo;il est \u00ab <em>widely read in defense circles<\/em> \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn peut donc refaire la fili\u00e8re<NB>: de Jason Vest aux gens de DNI, nous trouvons une pens\u00e9e oppositionnelle de l&rsquo;actuelle orientation washingtonienne, extr\u00eamement s\u00e9rieuse, tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e dans les milieux militaires et chez certains analyses ind\u00e9pendants, fuyant r\u00e9solument la publicit\u00e9 tapageuse,  une source critique confidentielle mais influente. Si l&rsquo;on veut, il s&rsquo;agit d&rsquo;un courant r\u00e9formiste, intellectuel bien que portant sur des mati\u00e8res techniques (technologie, strat\u00e9gie, etc), ouvert politiquement (beaucoup de conservateurs, quelques lib\u00e9raux-progressistes) puisque sans \u00e9tiquette, ne refusant pas d&rsquo;envisager des options radicales, appuyant fortement sa critique sur des r\u00e9f\u00e9rences historiques, d&rsquo;une ampleur assez surprenante (parce que souvent r\u00e9f\u00e9rences non-US) pour des Am\u00e9ricains.<\/p>\n<h3>La version postmoderne du plan Schlieffen : une succession de succ\u00e8s tactiques couronn\u00e9s par une \u00e9norme d\u00e9faite strat\u00e9gique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;int\u00e9r\u00eat du texte de Werther est effectivement qu&rsquo;il s&rsquo;appuie sur une r\u00e9f\u00e9rence historique qui nous est proche, le plan du g\u00e9n\u00e9ral von Schlieffen, qui fut appliqu\u00e9 en ao\u00fbt-septembre 1914 et dont le but strat\u00e9gique \u00e9tait de d\u00e9truire la puissance militaire fran\u00e7aise et d&rsquo;\u00e9liminer la France en tant qu&rsquo;acteur essentiel de la situation europ\u00e9enne. Comme l&rsquo;a tr\u00e8s bien d\u00e9fini l&rsquo;historien britannique Liddell Hart, le plan Schlieffen enregistra de remarquables succ\u00e8s tactiques pour aboutir \u00e0 une d\u00e9faite strat\u00e9gique de premi\u00e8re grandeur. C&rsquo;est cet encha\u00eenement paradoxal qui est int\u00e9ressant et qui fait le sel de la r\u00e9f\u00e9rence de Werther,  cet encha\u00eenement continu de victoires tactiques aboutissant \u00e0 une d\u00e9faite strat\u00e9gique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(La d\u00e9faite strat\u00e9gique allemande, qui est la cons\u00e9quence d&rsquo;une <em>vista<\/em> fran\u00e7aise distinguant le moment essentiel o\u00f9 le contexte tactique devient strat\u00e9gique pour lancer la contre-attaque victorieuse, celle de la grande victoire de la premi\u00e8re bataille de la Marne, est due \u00e0 une conjonction de circonstances et de talents qui rend difficile d&rsquo;en d\u00e9signer l&rsquo;architecte. Cela aussi participe de l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, qui fait que les victoires tactiques successives culbutent soudain sur une d\u00e9faite strat\u00e9gique. La version et l&rsquo;historiographie officielles d\u00e9signent Joffre comme le vainqueur de la Marne. Liddell Hart est tr\u00e8s vif pour contester cette version. (Voir son livre <em>R\u00e9putations<\/em>, publi\u00e9 en 1930.) Liddell Hart attribue le m\u00e9rite de cet aspect strat\u00e9gique de la victoire fran\u00e7aise au seul g\u00e9n\u00e9ral de la Grande Guerre qui, \u00e0 son avis, eut une vision napol\u00e9onienne de la guerre, le g\u00e9n\u00e9ral Galli\u00e9ni, alors Gouverneur militaire de Paris. Galli\u00e9ni distingue ce moment d\u00e9cisif (vision napol\u00e9onienne) o\u00f9 il faut agir pour renverser le cours de la bataille, car c&rsquo;est le moment d\u00e9cisif. Galli\u00e9ni joua un r\u00f4le effectivement d\u00e9cisif en convaincant Joffre de contre-attaquer tr\u00e8s haut et massivement, sur la Marne alors que le commandant-en-chef envisageait de le faire plus bas vers le Sud et de fa\u00e7on plus contenue, tandis que les Allemands avaient commis leur erreur majeure d&rsquo;incurver leur aile droite vers la gauche. Ils pr\u00e9sentaient ainsi leur flanc \u00e0 la propre contre-attaque de Galli\u00e9ni, \u00e0 partir de Paris.)     <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est en effet le cas que veut d\u00e9montrer Werther : comment la doctrine d&rsquo;attaque pr\u00e9ventive \u00e9nonc\u00e9e par GW Bush le 1er juin dans un discours \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie de West Point, est une doctrine qui envisage une succession de victoires tactiques (la frappe en premier d&rsquo;une force infiniment plus puissante que celles qui peuvent lui \u00eatre oppos\u00e9es) et laisse de c\u00f4t\u00e9 l&rsquo;aspect strat\u00e9gique, suscitant le risque d&rsquo;une d\u00e9faite strat\u00e9gique de premi\u00e8re grandeur, \u00e0-la-Schlieffen.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;argument est assez simple, comme toutes les choses grandes. Il est fond\u00e9 sur le fait que cette direction am\u00e9ricaine actuelle ne pense qu&rsquo;en termes militaires alors que, dans les conditions actuelles, le r\u00e9sultat strat\u00e9gique d&rsquo;une campagne militaire est d\u00e9termin\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on consid\u00e9rable, comme elle ne le fut jamais auparavant, par un nombre important de facteurs non-militaires, dans le champ politique, m\u00e9diatique, etc. Pour prendre la guerre qui menace contre l&rsquo;Irak, la th\u00e8se de Werther rejoint les craintes grandissantes chez les militaires am\u00e9ricains et britanniques : qu&rsquo;une victoire am\u00e9ricaine en Irak, \u00e9videmment tr\u00e8s probable sinon assur\u00e9e, aboutisse \u00e0 une situation politique catastrophique constituant une d\u00e9faite strat\u00e9gique majeure pour les USA (avec les hypoth\u00e8ses qu&rsquo;on conna\u00eet : \u00e9clatement de l&rsquo;Irak, radicalisation des r\u00e9gimes voisins, chute du r\u00e9gime saoudien au profit d&rsquo;extr\u00e9mistes, etc). Dans un certain sens, nous sommes peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 dans ce sch\u00e9ma : la victoire en Afghanistan (chute du r\u00e9gime taliban) ne serait-elle pas en train de se transformer en d\u00e9faite strat\u00e9gique, <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/articles\/A57194-2002Aug7.html\" class=\"gen\">avec un pays d\u00e9stabilis\u00e9<\/a>, des forces occidentales fix\u00e9es dans cette zone, des r\u00e9gimes voisins rendus plus fragiles, des r\u00e9gimes non-d\u00e9mocratiques et mafieux renforc\u00e9s par l&rsquo;alliance d&rsquo;opportunit\u00e9 avec les USA, etc ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Il faut noter d&rsquo;ailleurs que, dans son analyse des conditions du plan Schlieffen, Werther consid\u00e8re que le plan initial de 1914 fut lui aussi, et sans doute essentiellement selon son point de vue, une d\u00e9faite strat\u00e9gique d&rsquo;abord \u00e0 cause de ses cons\u00e9quences politiques imm\u00e9diates,  d&rsquo;abord parce que, en violant la neutralit\u00e9 de la Belgique, il fit basculer le Royaume-Uni dans la guerre, au c\u00f4t\u00e9 de la France.)<\/p>\n<h3>Les analogies psychologiques entre l&rsquo;Allemagne pangermaniste d&rsquo;avant la Grande Guerre et l&rsquo;Am\u00e9rique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : obsession de la vuln\u00e9rabilit\u00e9, agressivit\u00e9, etc<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa partie la plus passionnante de cette analyse concerne la comparaison on dirait psychologique entre la direction allemande de l&rsquo;\u00e9poque de Guillaume II et la p\u00e9riode am\u00e9ricaine actuelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Nous diff\u00e9rons quelque peu de l&rsquo;\u00e9valuation que fait le bon Dr. Werther du r\u00f4le soi-disant stabilisant de Bismarck avant son \u00e9limination en 1890. Ce r\u00f4le (notamment des mesures d&rsquo;apaisement vers la Russie et l&rsquo;Angleterre) ne nous para\u00eet pas stabilisant dans la mesure o\u00f9 son effet principal \u00e9tait d&rsquo;isoler la France, qui fut frapp\u00e9e d&rsquo;ostracisme par la politique bismarckienne triomphante pendant la p\u00e9riode. Cette politique contre une France d\u00e9j\u00e0 vaincue en 1871, accentuait le d\u00e9s\u00e9quilibre du c\u00f4t\u00e9 de cette puissance, dont le poids est essentiel sur le continent, en m\u00eame temps qu&rsquo;elle attisait son esprit de revanche. Cette attitude s&rsquo;expliquait notamment par une hostilit\u00e9 visc\u00e9rale de Bismarck \u00e0 l&rsquo;encontre de la France et par son d\u00e9sir de continuer \u00e0 d\u00e9signer la France comme ennemi mena\u00e7ant de l&rsquo;Allemagne, cela pour maintenir l&rsquo;unit\u00e9 int\u00e9rieure du nouvel Empire par la mobilisation. Ces faits-l\u00e0, par leur aspect subjectif et r\u00e9actionnaire (en r\u00e9action \u00e0, dans le cas de l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;Empire) nous font contester la qualit\u00e9 de grand homme d&rsquo;\u00c9tat en g\u00e9n\u00e9ral attribu\u00e9 \u00e0 Bismarck ; pour nous, Bismarck \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dans la logique d\u00e9stabilisante du pangermanisme et il a bien pr\u00e9par\u00e9 l&rsquo;\u00e9clatement d&rsquo;agressivit\u00e9 pangermaniste de l&rsquo;\u00e9poque de Guillaume II. Pour le reste, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9limination de Bismarck, nous rejoignons compl\u00e8tement l&rsquo;analyse de Werther, notamment l&rsquo;aspect psychologique qu&rsquo;elle met en \u00e9vidence, ce m\u00e9lange d&rsquo;obsession de l&rsquo;encerclement et d&rsquo;agressivit\u00e9, aboutissant \u00e0 un besoin expansionniste irr\u00e9pressible mais d\u00e9pourvu de la moindre logique imp\u00e9riale. [Un empire se fait parce que la faiblesse des autres l&rsquo;y invite. Dans le cas pangermaniste et pan-am\u00e9ricaniste, la marche en avant expansionniste est d&rsquo;abord le produit d&rsquo;obsessions int\u00e9rieures, de craintes pour la fragilit\u00e9 et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de l&rsquo;ensemble,  en quelque sorte le contraire de la logique imp\u00e9riale : c&rsquo;est la faiblesse int\u00e9rieure de l&rsquo;apprenti-empire qui le pousse \u00e0 l&rsquo;expansion.]) <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>But I think there is a more fundamental source of the attitudes shaping the pre-emption doctrine than the passionate attachment of our governing classes for a particular foreign state.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>America&rsquo;s elites have increasingly demonstrated a peculiar blend of fear and vainglory: a neurotic compulsion to order an untidy and disobedient world by force. This impulse was already in ascendancy, on a bipartisan basis, in the years immediately after the fall of the Soviet Union; witness Bush the Elder&rsquo;s New World Order or the statement of Secretary of State Madeleine Albright&rsquo;s claims that America was \u00a0\u00bbthe indispensable nation . . . [that] America sees farther because it stands taller.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Indeed, Ms. Albright&rsquo;s gratuitous boastfulness reached a kind of apotheosis in President Bush&rsquo;s West Point address, wherein he blithely stated that America is the single surviving model of human progress.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>No historical analogy is perfect. Nevertheless, analogies can have a prescriptive value, if not overblown. Consider, please, how Imperial Germany&rsquo;s neurotic obsession with hostile encirclement actually led it away from its previously successful grand strategy of minimizing the threat through skillful diplomacy to seeing the threat in exclusively military terms. The militarization of Germany&rsquo;s foreign policy, in turn, effectively subordinated grand strategy to military strategy. Worse yet, Imperial Germany&rsquo;s military strategy took the form of a pre-emptive strategy known as the Schlieffen Plan, the execution of which guaranteed that Germany would create enemies faster than it could kill them, even though it then possessed the most efficient, if not the largest, killing machine in the world.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Prior to 1890, German grand strategy was the exclusive province of Chancellor Otto von Bismarck. Ever mindful that Germany&rsquo;s military defeat of France virtually assured French hostility for a generation, Bismarck sought security by reducing the number of his potential enemies: hence, no naval or imperial rivalry with Britain; a clever \u00a0\u00bbreinsurance treaty\u00a0\u00bb (what would now be called a nonaggression pact) with Russia; and a firm determination to avoid being dragged into the Balkan quagmire (it was Bismarck who quipped that the Balkans were \u00a0\u00bbnot worth the bones of a single Pomeranian grenadier\u00a0\u00bb).<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>He understood that Germany was a \u00a0\u00bbsatisfied\u00a0\u00bb power that did not need to risk unnecessary quarrels.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The accession of Kaiser Wilhelm II resulted in these policies being sidelined (along with the Iron Chancellor himself). Henceforth, policy devolved more and more upon the Great General Staff, whose head, Alfred von Schlieffen, devoted the rest of his life to a complex, mechanical, and one-dimensional plan to knock France out of a future war in six weeks before France&rsquo;s Russian ally (itself a product of the shelving of Bismark&rsquo;s grand strategy) could complete it mobilization for a major attack in the east.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Les analogies entre les appr\u00e9ciations et les r\u00e9flexions des experts allemands du temps du pangermanisme, et celles des experts am\u00e9ricains aujourd&rsquo;hui<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on encore beaucoup plus nette, plus loin dans son analyse, le Docteur Werther d\u00e9veloppe les analogies existantes entre l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit des conseillers et des analystes qui sont aujourd&rsquo;hui proches des centres de pouvoir am\u00e9ricains, et ceux qui \u00e9voluaient en Allemagne \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle et au d\u00e9but du XXe. Ces analogies d&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit engendrent naturellement une analogie de perception, une m\u00eame conception du monde, et surtout une m\u00eame conception des forces qui animent le monde et les relations internationales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe compte est vite fait : l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit est agressif, militariste, darwinien, fond\u00e9 sur une notion de sup\u00e9riorit\u00e9 de soi (sa race, sa communaut\u00e9, son syst\u00e8me, qu&rsquo;importe, on dit ce que le <em>politically correct<\/em> du temps autorise \u00e0 dire),  sup\u00e9riorit\u00e9 sur les autres, tous les autres. C&rsquo;est un \u00e9tat d&rsquo;esprit totalement isol\u00e9 du monde, marqu\u00e9 par la vanit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ivresse pour soi et par un tr\u00e8s grand m\u00e9pris pour le reste du monde (pour le cas am\u00e9ricain, il suffit de demander aux Britanniques, ces soi-disant alli\u00e9s privil\u00e9gi\u00e9s, comment ils sont trait\u00e9s par leurs amis am\u00e9ricains).   <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The analogy between Wilhelmine doctrine of pre-emption and the emerging Bush doctrine is even more striking if one examines the psychology of its publicists. In fact, the weirdness of the parallels is mind-numbing.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>There is, for example, the exaltation of force and belief that enemies are everywhere.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Consider the ruminations of General Friedrich von Bernhardi (1849-1930) who, according to the introduction to the English edition of his book, was \u00a0\u00bbthe outstanding military writer of his day. He was chief of the war historical section of the General Staff from 1898 to 1901. Later, writing about the Second Moroccan Crisis in 1909, while the commanding general of the Seventh Army Corps, Bernhardi [could] scarcely disguise his impatience and alarm over the government&rsquo;s lack of determination. . . . The choice was expansionism or certain death, &lsquo;world power or decline.&rsquo; Invoking a higher morality, geopolitics, and the logic of history . . . Bernhardi advocated aggressive war, for which the nation had to be prepared materially and psychologically. Negotiating conflicts of interest between the Great Powers could not be considered a serious option. It was rather a sign of weakness. He preached the necessity of war with an urgency bordering on panic. [Germany and the Next War (New York, 1914) Translated by Allen H. Powles]<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>This mindset naturally led to a theory of pre-emption, which according to Bernhardi, goes as follows: \u00a0\u00bb[The State] must, before all things, develop the attacking powers of its army, since a strategic defensive must often adopt offensive methods. . . and strike the first blow . . . Above all, a state which has objects to attain that cannot be relinquished, and is exposed to attacks by enemies more powerful than itself, is bound to act in this sense.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>No doubt retired Air Force General Thomas McInerney, a regular Beltway \u00a0\u00bbexpert\u00a0\u00bb on Fox News, would heartily agree with this outlook, had he known General Bernhardi.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>McInerney believes \u00a0\u00bb  many people want to live in the old world &#8211; the world that was written for the U.N. in nation states [sic]. We can no longer think that way. And so having preemption as part of our national strategy is vital.\u00a0\u00bb [Fox News interview, Thursday 6 June 2002]. General McInerney evidently believes that Article II of the United Nations Charter, whereby all member states \u00a0\u00bbshall refrain in their international relations from threat or use of force\u00a0\u00bb is a scrap of paper, just as Bethman-Hollweg regarded the Belgian neutrality treaty.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>General Bernhardi also comments derisively on states whose peoples desire peace: \u00a0\u00bbSince 1795, when Immanuel Kant published in his old age his treatise On Perpetual Peace, many have considered it an established fact that war is the destruction of all good and the origin of all evil [But] this desire for peace has rendered most civilized nations anemic, and marks a decay of spirit and political courage such as has often been shown by a race of Epigoni. &lsquo;It has always been,&rsquo; H[einrich] von Treitschke tells us, &lsquo;the weary, spiritless, and exhausted ages which have played with the dream of perpetual peace.\u00a0\u00bb&rsquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>McInerney is not alone in his admiration of Wilhelmine thinking. Robert Kagan has chided the gutless Europeans in much the same manner as Bernhardi upbraided his more fainthearted countrymen, even to the inclusion of a sarcastic reference to Kant: \u00a0\u00bbIt is time to stop pretending that Europeans and Americans share a common view of the world, or even that they occupy the same world. On the all-important question of power  the efficacy of power, the morality of power, the desirability of power  American and European perspectives are diverging. Europe is turning away from power, or to put it a little differently, it is moving beyond power into a self-contained world of laws and rules and transnational negotiation and cooperation. It is entering a post-historical paradise of peace and relative prosperity, the realization of Kant&rsquo;s &lsquo;Perpetual Peace.\u00a0\u00bb&rsquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Needless to say, Kagan, like Bernhardi, believes dreams of peace are a silly illusion; Americans, he thinks, correctly have \u00a0\u00bblittle to make them place their faith in international law and international institutions.\u00a0\u00bb Better stick with power, a totem which, as we have seen, Kagan bathes in an almost Freudian devotion. [\u00a0\u00bbPower and Weakness\u00a0\u00bb by Robert Kagan, Policy Review, June 2002].<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Un adepte de plus de l&rsquo;\u00e9cole d\u00e9cliniste, version acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, avec la d\u00e9cadence (des USA, certes) en plus<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe Dr. Werther conclut en g\u00e9n\u00e9ral au caract\u00e8re catastrophique de la nouvelle doctrine d&rsquo;attaque pr\u00e9ventive des USA, qu&rsquo;il interpr\u00e8te in fine, nous semble-t-il, comme l&rsquo;habillage doctrinal d&rsquo;une n\u00e9vrose obsessionnelle de la direction am\u00e9ricaine. Cela nous va parfaitement : en quelque sorte, la r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;immense trouille ressentie par la direction am\u00e9ricaine le 11 septembre, en plus qu&rsquo;elle \u00e9tait exacerb\u00e9e par la conscience confuse de l&rsquo;incapacit\u00e9 ph\u00e9nom\u00e9nale de l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 nationale \u00e0 pr\u00e9voir cet \u00e9v\u00e9nement alors que nombre d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments l&rsquo;annon\u00e7aient (on en a su beaucoup depuis l\u00e0-dessus), se traduit par la r\u00e9action de sur-agressivit\u00e9 qu&rsquo;on constate aujourd&rsquo;hui. (Le tout est d&rsquo;ailleurs renforc\u00e9, cerise sur le g\u00e2teau, par l&rsquo;\u00e9tonnante impuissance qu&rsquo;a montr\u00e9e depuis quelques mois cette \u00e9norme puissance \u00e0 traduire cette agressivit\u00e9 en acte, avec cette pulv\u00e9risation de l&rsquo;Irak pr\u00e9vue pour janvier-f\u00e9vrier, choix malin pour maintenir le rythme de la Grande Guerre contre la Terreur, et qui n&rsquo;en finit pas d&rsquo;\u00eatre annonc\u00e9e pour demain matin.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est int\u00e9ressant que ce papier nous soit pr\u00e9sent\u00e9 ici et l\u00e0 comme \u00e9tant largement lu dans les milieux militaires am\u00e9ricains. Cela confirme les tensions entre militaires et civils aujourd&rsquo;hui si \u00e9videntes \u00e0 Washington, et accentue l&rsquo;impression d&rsquo;une perte de cr\u00e9dit de cette \u00e9lite m\u00eame aux yeux de ses plus proches auxiliaires, les militaires, qu&rsquo;elle ne cesse pourtant de g\u00e2ter par des budgets pharaoniques et par des discours \u00e9puisants \u00e0 force d&rsquo;enthousiasme \u00e0  leur \u00e9gard.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn autre fait est int\u00e9ressant, c&rsquo;est de voir se renforcer l&rsquo;analogie entre l&rsquo;aventure du pangermanisme et l&rsquo;aventure de ce que nous nommons nous-m\u00eame le pan-am\u00e9ricanisme, dans le sens o\u00f9 il est \u00f4t\u00e9 de la d\u00e9finition beno\u00eete et volontairement limitative qui lui a jusqu&rsquo;ici \u00e9t\u00e9 assign\u00e9 en le cantonnant \u00e0 l&rsquo;\u00e8re g\u00e9ographique des deux Am\u00e9riques. Il faut noter que cette th\u00e8se du Dr. Werther sur les racines et analogies historiques de l&rsquo;aventure am\u00e9ricaine se retrouve dans celle de Immanuel Wallerstein, que <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=297\" class=\"gen\">nous avons pr\u00e9sent\u00e9 le 14 juillet dans la rubrique Analyse<\/a>. Nous-m\u00eames consid\u00e9rons, nous l&rsquo;avons signal\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises, que c&rsquo;est effectivement vers cette analogie avec le pangermanisme qu&rsquo;il faut se tourner pour mieux comprendre la v\u00e9rit\u00e9 historique du ph\u00e9nom\u00e8ne am\u00e9ricain, plut\u00f4t que s&rsquo;en remettre aux vaniteuses r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l&#8217;empire de Rome qui s&rsquo;appuient beaucoup plus sur des appr\u00e9ciations quantitatives que sur les caract\u00e9ristiques qualitatives qui font la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne historique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTerminons sur cette citation du Dr. Werther, qui le range sans aucun doute dans l&rsquo;\u00e9cole des d\u00e9clinistes, voire des d\u00e9clinistes qui y ajouteraient une d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, et le met \u00e9videmment au c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un Wallerstein. Cette citation d\u00e9crit en effet un \u00e9tat de d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e de la puissance am\u00e9ricaine, et par l&rsquo;int\u00e9rieur, \u00e9videmment, par l\u00e0 o\u00f9 tout se fait en mati\u00e8re de d\u00e9clin et de d\u00e9cadence.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>It is also probably not a coincidence that this complex psychology of aggressive attitudes flourishes at a time when other institutions in American society have experienced a collapse in credibility unprecedented since the Viet Nam War. Whether it is the Presidential election process, the credibility of business and the breakdown of the social contract between workers and executives, the performance of the FBI and CIA, or even the morality of important nongovernmental institutions like the Catholic Church, the dominoes have been falling one by one in America.<\/em> \u00bb<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les conceptions du Dr. Werther, La doctrine d&rsquo;attaque pr\u00e9ventive de GW pr\u00e9sent\u00e9e comme un Plan Schlieffen nucl\u00e9aire, sur fond d&rsquo;analogie entre pangermanisme et pan-am\u00e9ricanisme Le texte \u00ab Is Preemption a Nuclear Schlieffen Plan? \u00bb est venu \u00e0 notre connaissance \u00e0 partir d&rsquo;une citation qu&rsquo;en fait Jason Vest dans un article tr\u00e8s r\u00e9cent de The American&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[3065,868,2633,3183,3545,3544],"class_list":["post-65210","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-notes-de-lectures","tag-bismarck","tag-bush","tag-guillaume","tag-ii","tag-pan-americanisme","tag-pangermanisme"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65210","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65210"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65210\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65210"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65210"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65210"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}