{"id":65226,"date":"2002-08-23T00:00:00","date_gmt":"2002-08-23T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/08\/23\/semaine-du-5-au-11-aout\/"},"modified":"2002-08-23T00:00:00","modified_gmt":"2002-08-23T00:00:00","slug":"semaine-du-5-au-11-aout","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/08\/23\/semaine-du-5-au-11-aout\/","title":{"rendered":"<strong><em>Semaine du 5 au 11 ao\u00fbt<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">semaine du 5 au 11 ao\u00fbt 2002<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tEn ce d\u00e9but de semaine la grande affaire est rest\u00e9e la question de l&rsquo;Irak mais on change de continent. Il s&rsquo;agit des Allemands, du chancelier Schr\u00f6der, en pleine bataille \u00e9lectorale (certains pensent : en pleine d\u00e9route \u00e9lectorale). Ce lundi 5 ao\u00fbt, lors d&rsquo;un grand meeting \u00e9lectoral, Schr\u00f6der a fait un tour d&rsquo;horizon du programme \u00e9lectoral du SPD. Une chose retient aussit\u00f4t l&rsquo;attention : l&rsquo;Irak. Schr\u00f6der a d\u00e9cid\u00e9 que <a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/articles\/2002\/aug2002\/iraq-a12.shtml\" class=\"gen\">la question irakienne serait au coeur de sa campagne \u00e9lectorale<\/a>, et dans un sens bien clair : le refus de l&rsquo;aventure.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>At the start of the hot phase of the general election campaign in Germany, Chancellor Schroeder told a large meeting in Hanover last Monday that he could only warn against launching a war on Iraq without taking into account the consequences, and without a political concept for the whole of the Middle East. Whoever goes in there should know what they are getting into and what they want, the chancellor said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>This time there would be no German financial contribution in recompense for a lack of any military participationas was the case in the first Gulf War in 1991. Germany is no longer the country in which the cheque book replaces politics, Schroeder stressed, and expressed his concern that false priorities were being set in relation to the entire Middle East.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tCe qui est remarquable dans ces d\u00e9clarations, c&rsquo;est qu&rsquo;elles vont bien plus loin que la simple abstention, la d\u00e9sapprobation, l&rsquo;habituel pas de soutien sans mandat de l&rsquo;ONU. Il y a une prise de position de politique \u00e9trang\u00e8re, qui se d\u00e9compose en deux points : le premier est que l&rsquo;Allemagne n&rsquo;a plus de carnet de ch\u00e8ques en guise de politique \u00e9trang\u00e8re (allusion \u00e0 la participation financi\u00e8re,  rien d&rsquo;autre  de l&rsquo;Allemagne en guise de participation \u00e0 la Guerre du Golfe-I) ; le second est que cette nouvelle attitude conduit l&rsquo;Allemagne \u00e0 dire pas question de soutien \u00e0 l&rsquo;aventure que serait une attaque de l&rsquo;Irak.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFischer (ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res) et les verts sont \u00e0 fond derri\u00e8re un virage politique qui leur permet de retrouver, sans frais ni soup\u00e7on de personne, leur bon vieux pacifisme d&rsquo;antan. Dans une interview au <em>S\u00fcddeutsche Zeitung<\/em>, le ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res juge qu&rsquo;une attaque contre l&rsquo;Irak implique  \u00ab <em>un risque grave et qu&rsquo;on ne peut mesurer<\/em> \u00bb. Il poursuit :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The USA possess the military means to force a regime change in Iraqbut are the risks clear? And is it clear that this would involve a complete reorganization of the Middle East, not only militarily, but above all also politically? This could mean the USA maintaining a presence in this region for many decades. Whether the Americans are ready for this is an open question. If they withdrew their presence before time, then as direct neighbours of this region we Europeans would have to bear the fatal consequences.<\/em> \u00bb<\/p>\n<h3>Probl\u00e8me : comment d\u00e9brouiller le poids des pressions \u00e9lectorales du changement r\u00e9el de politique, correspondant \u00e0 une r\u00e9vision de l&rsquo;analyse g\u00e9n\u00e9rale de la situation ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tQui doute une seconde que cette initiative du chancelier Schr\u00f6der, ses alli\u00e9s verts suivant avec une secr\u00e8te satisfaction (Fischer se retrouvant en accord avec sa jeunesse, voil\u00e0 un bonheur rare pour un homme politique),  qui doute que cela constitue d&rsquo;abord un tribut rendu aux sondages ? La coalition SPD-Verts \u00e9tait presque \u00e0 la d\u00e9rive avec un d\u00e9but de campagne assez catastrophique, les mauvais r\u00e9sultats \u00e9conomiques, un ch\u00f4mage inqui\u00e9tant, etc. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;on sait que le sentiment du bon peuple est hostile \u00e0 la guerre. La coalition enfourche la monture glorieuse de la paix, du refus de l&rsquo;aventure. Cela ne m\u00e9rite pas le soup\u00e7on d&rsquo;une seule h\u00e9sitation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 pourquoi Schr\u00f6der-Fischer se sont engag\u00e9s dans cette affaire. C&rsquo;est de la tambouille \u00e9lectorale. Mais l&rsquo;argument n&rsquo;est pas clos pour autant. Il reste que leur engagement est s\u00e9rieux,  il faut cela pour convaincre l&rsquo;\u00e9lecteur h\u00e9sitant ou qui en a assez des SPD-Vert, il lui faut la conviction que l&rsquo;engagement est s\u00e9rieux. Cela signifie que, s&rsquo;ils sont r\u00e9\u00e9lus, Schr\u00f6der-Fischer auront bien du mal \u00e0 se r\u00e9tablir dans la ligne du Parti, \u00e0 rentrer dans l&rsquo;ordre am\u00e9ricain. Et alors ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui nous conduit \u00e0 une autre hypoth\u00e8se : leur prise de position \u00e9lectoraliste ne rencontre-t-elle pas une conviction discr\u00e8tement tenue dissimul\u00e9e ? Bien s\u00fbr que si. Nul n&rsquo;ignore que, dans les chancelleries d&rsquo;Europe occidentale, on partage des vues assez proches, un jugement catastroph\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9volution de la politique am\u00e9ricaine, sur cette folle fixation sur l&rsquo;attaque de Irak. Les Britanniques n&rsquo;y \u00e9chappent pas et Tony Blair a bien du mal \u00e0 faire croire \u00e0 ses copains qu&rsquo;il y croit vraiment. Tout le monde assure officiellement du contraire, du bout des l\u00e8vres et l\u00e8vres de plus en plus pinc\u00e9es. Mais voil\u00e0 que la campagne \u00e9lectorale permet \u00e0 ces Allemands de parler vrai, d&rsquo;\u00eatre en accord avec eux-m\u00eames. La n\u00e9cessit\u00e9 fait parfois vertu.<\/p>\n<h3>Comment on fait une politique europ\u00e9enne par inadvertance, et c&rsquo;est ainsi que se construit l&rsquo;Europe,  par inadvertance<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tMaintenant, tout cela s&rsquo;est pass\u00e9 en Europe. Certes, c&rsquo;est une affaire int\u00e9rieure allemande mais c&rsquo;est aussi une affaire europ\u00e9enne, une grande affaire de politique et de s\u00e9curit\u00e9. Les grands d\u00e9bats de politique ext\u00e9rieure et de s\u00e9curit\u00e9 ayant d\u00e9j\u00e0 compt\u00e9 dans les d\u00e9bats \u00e9lectoraux allemands,  la crise des euromissiles \u00e0 partir de 1979-80, la r\u00e9unification de 1989 \u00e0 1992  avaient une tr\u00e8s forte implication int\u00e9rieure. Ils touchaient directement les Allemands. Nous dirions alors que c&rsquo;est la premi\u00e8re fois depuis tr\u00e8s, tr\u00e8s longtemps que les Allemands envisagent dans un d\u00e9bat \u00e9lectoral une grande question de s\u00e9curit\u00e9 dont la dimension n&rsquo;est pas celle de l&rsquo;espace et de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat national. Que cela se fasse par le biais de la crainte d&rsquo;une d\u00e9route \u00e9lectorale de la coalition au pouvoir ne fait que mettre un peu plus en \u00e9vidence, d&rsquo;une part la perversit\u00e9 d\u00e9cadente de nos moeurs \u00e9lectorales, d&rsquo;autre part le poids et la constance de ce que le G\u00e9n\u00e9ral nommait \u00ab <em>la force des choses<\/em> \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFaire cette remarque n&rsquo;implique aucune crainte, ni aucune conclusion quant \u00e0 la puissance montante \u00e9ventuelle de l&rsquo;Allemagne. Que les Allemands s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 la politique \u00e9trang\u00e8re et de s\u00e9curit\u00e9 comme ils le font dans ce cas ne signifie nullement qu&rsquo;ils s&rsquo;affirment comme puissance dans ce domaine (ce qui est une de nos hantises favorites et \u00e0 peine cach\u00e9es). Les conditions sont bien ce qu&rsquo;elles sont et c&rsquo;est par raccroc, par n\u00e9cessit\u00e9 indirecte, sans aucun dessein ni ambition que les Schr\u00f6der-Fischer en sont venus \u00e0 ces prises de position ; ils restent les repr\u00e9sentants sans bavure du syst\u00e8me politicien allemand dont il faut craindre tout, la m\u00e9diocrit\u00e9, la l\u00e2chet\u00e9, etc, mais certes pas le go\u00fbt des grandes aventures qui ensanglanta l&rsquo;Europe. Il n&#8217;emp\u00eache, m\u00eame si c&rsquo;est par inadvertance et sans y rien comprendre, ils ont lev\u00e9 le li\u00e8vre et affirm\u00e9 en Europe une position d&rsquo;opposition \u00e0 l&rsquo;aventurisme am\u00e9ricain, et, dans des conditions telles qu&rsquo;on peut regarder cette position allemande comme ce que devrait \u00eatre une politique europ\u00e9enne. Cela a \u00e9t\u00e9 fait, sans la moindre vertu de la part de ceux qui l&rsquo;ont fait, et cela reste d\u00e9sormais comme une sorte de jurisprudence d&rsquo;une politique qu&rsquo;on se d\u00e9sesp\u00e8re d&rsquo;attendre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNe parlons pas des autres, Fran\u00e7ais et Britanniques notamment. A force d&rsquo;\u00eatre habiles et machiav\u00e9liques, entre leurs positions de force et leurs manoeuvres diplomatiques, entre leurs affirmations d\u00e9brid\u00e9es et soi-disant tactique d&rsquo;all\u00e9geance (Blair avec GW) et leurs affirmations mesur\u00e9es d&rsquo;ind\u00e9pendance (les Fran\u00e7ais par habitude), ils se tiennent en r\u00e9serve d&rsquo;on ne sait quoi, disons en r\u00e9serve du temps qui va et vient. Leurs politiques nationales compliqu\u00e9es ou mesur\u00e9es selon leurs traditions ont \u00e9touff\u00e9 en eux toute possibilit\u00e9 de s&rsquo;affirmer dans cette crise comme des inspirateurs d&rsquo;une politique europ\u00e9enne. Les Allemands ont pris le relais, par inadvertance et sans la moindre arri\u00e8re-pens\u00e9e. C&rsquo;est ainsi que se fait l&rsquo;Europe,  car on a l&rsquo;Europe qu&rsquo;on peut et l&rsquo;Europe est notre miroir.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>semaine du 5 au 11 ao\u00fbt 2002 En ce d\u00e9but de semaine la grande affaire est rest\u00e9e la question de l&rsquo;Irak mais on change de continent. Il s&rsquo;agit des Allemands, du chancelier Schr\u00f6der, en pleine bataille \u00e9lectorale (certains pensent : en pleine d\u00e9route \u00e9lectorale). 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