{"id":65239,"date":"2002-09-01T00:00:00","date_gmt":"2002-09-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/09\/01\/leurope-hamlet-face-a-gw-et-a-laventure-irakienne\/"},"modified":"2002-09-01T00:00:00","modified_gmt":"2002-09-01T00:00:00","slug":"leurope-hamlet-face-a-gw-et-a-laventure-irakienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/09\/01\/leurope-hamlet-face-a-gw-et-a-laventure-irakienne\/","title":{"rendered":"<strong><em>L&rsquo;Europe-Hamlet face \u00e0 GW et \u00e0 l&rsquo;aventure irakienne<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;Europe-Hamlet face \u00e0 GW et \u00e0 l&rsquo;aventure irakienne<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tLe titre est bien trouv\u00e9 pour les Europ\u00e9ens r\u00e9unis au Danemark, pays de Hamlet,  \u00ab <em>Europe unites in doubt<\/em> \u00bb, introduisant <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/elsewhere\/journalist\/story\/0,7792,783654,00.html\" class=\"gen\">l&rsquo;article de Ian Black, du 30 ao\u00fbt dans le Guardian<\/a>. Le doute, mais aussi le d\u00e9sarroi, l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9. Jamais les rapports transatlantiques n&rsquo;ont paru autant \u00eatre un mur s\u00e9parant deux mondes qui ne semblent plus avoir rien en commun. Ian Black le dit excellemment :<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The mood is one of disarray and dismay. Rarely have the terms of the transatlantic debate  crudely summarised as wimps versus warriors, law-based multilateralism versus the raw military might of the world&rsquo;s only superpower  been so acrimonious.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The genuine solidarity expressed by Europeans after the September 11 attacks last year seems a thing of the distant past. Unease over Afghanistan has given way to deep anxiety about Iraq.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Europe ne sait que faire, et d&rsquo;ailleurs, principalement, parce qu&rsquo;elle ne peut rien faire. Mais est-ce bien le probl\u00e8me ? Autrement dit : le probl\u00e8me est-il, aujourd&rsquo;hui, pour l&rsquo;Europe,  comme pour n&rsquo;importe qui d&rsquo;ailleurs,  de faire quelque chose, par exemple pour emp\u00eacher que l&rsquo;Am\u00e9rique attaque l&rsquo;Irak dans les conditions o\u00f9 l&rsquo;Am\u00e9rique se pr\u00e9pare \u00e0 le faire ? Les meilleurs s&rsquo;y sont d\u00e9j\u00e0 employ\u00e9s, il faut voir comme,  il suffit de demander \u00e0 Tony Blair ses impressions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres termes, encore : la cause du doute, du d\u00e9sarroi, de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne est-elle bien l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;Europe, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;impuissance o\u00f9 se trouve l&rsquo;Europe ? C&rsquo;est ce que sugg\u00e8re Ian Black, certes, comme il est de coutume de faire pour un commentateur habituel. Ce n&rsquo;est pas notre analyse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre analyse est qu&rsquo;\u00e0 part quelques vrais Europ\u00e9ens,  o\u00f9 l&rsquo;on mettra notamment les Fran\u00e7ais et les Belges, malgr\u00e9 les clich\u00e9s et les lieux communs,   la plupart des membres de l&rsquo;UE s&rsquo;arrangent bien en g\u00e9n\u00e9ral de cette impuissance europ\u00e9enne, et m\u00eame, secr\u00e8tement, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 peine secr\u00e8tement, ils s&rsquo;en r\u00e9jouissent. La plupart des membres de l&rsquo;UE s&rsquo;en arrangent et m\u00eame s&rsquo;en r\u00e9jouissent parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 partisans du concept d&rsquo;Europe-puissance ; question puissance, ils avaient ce qu&rsquo;il fallait, ils avaient la puissance des \u00c9tats-Unis, puissance protectrice, tut\u00e9laire, puissance-suzeraine. L&rsquo;on comprend aussit\u00f4t la v\u00e9ritable cause de la crise, de leur doute, de leur d\u00e9sarroi, de leur anxi\u00e9t\u00e9 : la puissance-suzeraine est aujourd&rsquo;hui la cause de ce qu&rsquo;elle \u00e9tait cens\u00e9e emp\u00eacher. Le protecteur est devenu perturbateur, sinon agresseur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 la crise europ\u00e9enne, aujourd&rsquo;hui, qui serait plus justement d\u00e9crite comme la crise d&rsquo;une Europe, l&rsquo;Europe am\u00e9ricanis\u00e9e, l&rsquo;Europe r\u00e9duite \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats r\u00e9gionaux et \u00e0 une vision \u00e9conomiste, l&rsquo;Europe \u00e9cartant ses responsabilit\u00e9s et sa souverainet\u00e9 de puissance. (Et voil\u00e0 l&rsquo;explication que les moins en crise, les plus \u00e0 l&rsquo;aise pour parler haut, aujourd&rsquo;hui, soient les Fran\u00e7ais, ou un ministre belge comme celui des affaires \u00e9trang\u00e8res, qualifi\u00e9 glorieusement par Ian Black de \u00ab <em>the most instinctively anti-American member of the EU, the outspoken foreign minister, Louis the lip Michel<\/em> \u00bb.)<\/p>\n<h3>La situation nouvelle en Europe : les situations acquises et les certitudes boulevers\u00e9es par les projets am\u00e9ricains<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous faisons un autre d\u00e9compte que celui des occasions manqu\u00e9es et des impuissances europ\u00e9ennes, puisque les unes et les autres ne sont pas nouvelles, qu&rsquo;elles sont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment subies, et m\u00eame qu&rsquo;elles sont discr\u00e8tement sollicit\u00e9es. Rien de nouveau de ce c\u00f4t\u00e9 : l&rsquo;Europe de 2002 est aussi impuissante qu&rsquo;elle l&rsquo;\u00e9tait en 1999, en 1995, en 1989, et ainsi de suite en remontant au d\u00e9luge.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui nous int\u00e9resse, c&rsquo;est la nouveaut\u00e9. Elle est de plusieurs ordres, et elle est paradoxalement encourageante pour ceux qui se disent partisans d&rsquo;une Europe-puissance. Il n&rsquo;y a rien que de tr\u00e8s logique dans le fait que cet encouragement se place au coeur d&rsquo;une situation dramatique puisqu&rsquo;il ne peut na\u00eetre que de cette situation dramatique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La nouveaut\u00e9 est d&rsquo;abord allemande, nul ne l&rsquo;ignore plus. On a vu par ailleurs <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=363\" class=\"gen\">que les Fran\u00e7ais ne sont pas m\u00e9contents<\/a> de voir leurs amis allemands prendre la t\u00eate de la croisade anti-GW et anti-Irak. On ne peut ignorer les conditions de cette croisade, qui sont <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=352\" class=\"gen\">d&rsquo;abord \u00e9lectorales et d&rsquo;opportunit\u00e9.<\/a> Qu&rsquo;importe ? Ce qui importe, effectivement, n&rsquo;est pas la vertu des hommes politiques, qui est dans l&rsquo;\u00e9tat que l&rsquo;on sait, mais ce que les forces diverses des circonstances et de la situation les forcent \u00e0 faire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; &#8230; A cet \u00e9gard, la situation est s\u00e9rieuse en Allemagne. Les chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates eux-m\u00eames l&rsquo;ont reconnu, avec Stoibel, l&rsquo;adversaire de Schr\u00f6der, d\u00e9cidant brusquement, le 28 ao\u00fbt, apr\u00e8s le discours de Cheney, <a href=\"http:\/\/asp.washtimes.com\/printarticle.asp?action=print&#038;ArticleID=20020829-11829437\" class=\"gen\">de changer de cap et de rejoindre le camp des adversaires des m\u00e9thodes US<\/a>. La chose a \u00e9t\u00e9 largement comment\u00e9e, ce qui rend beaucoup plus difficiles d&rsquo;autres volte-face dans le sens inverse, ce qui tend \u00e0 verrouiller ces \u00e9volutions opportunistes dans des conditions qui leur donnent l&rsquo;allure d&rsquo;une nouvelle politique nationale, avec en plus la mise en \u00e9vidence, d\u00e9sormais satisfaite, d&rsquo;une tr\u00e8s forte majorit\u00e9 de la population allemande hostile \u00e0 la guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>German conservative Edmond Stoiber, the favorite to win next month&rsquo;s election for chancellor, abruptly overruled his party&rsquo;s foreign policy spokes-man yesterday in demanding that any action against Iraq be handled through the United Nations.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>A country cannot go it alone, without consultation, a decision or a mandate from the international community, said Mr. Stoiber, who had previously refrained from discussing his position on U.S. policy toward Iraq. (&#8230;) Mr. Stoiber said in a statement that he spoke out against unilateral American action after listening to Mr. Cheney&rsquo;s remarks.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t&bull; D&rsquo;autre part, il y a le cas Tony Blair. Le premier ministre britannique faisait sa gloire d&rsquo;une politique d&rsquo;une amplitude aussi vaste que l&rsquo;Atlantique elle-m\u00eame puisqu&rsquo;elle \u00e9tait cens\u00e9e conserver et m\u00eame renforcer l&rsquo;alliance am\u00e9ricaine tout en \u00e9tablissant une ferme implication europ\u00e9enne. Il est aujourd&rsquo;hui dans un pi\u00e8ge qui ressemble \u00e0 une prison, avec trois verrous : celui de l&rsquo;alliance am\u00e9ricaine, qui l&rsquo;oblige \u00e0 suivre une politique qui lui para\u00eet de plus en plus catastrophique ; celui de sa situation int\u00e9rieure, l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment inattendu, qui prend des allures effectivement dramatiques d&rsquo;instabilit\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 menacer sa position ; celui de sa situation europ\u00e9enne, o\u00f9 Blair appara\u00eet de plus en plus isol\u00e9, o\u00f9 son pro-am\u00e9ricanisme qui rencontre en principe celui de nombreux autres membres de l&rsquo;UE appara\u00eet paradoxalement contre-productif parce que c&rsquo;est un pro-am\u00e9ricanisme qui soutient aujourd&rsquo;hui une politique am\u00e9ricaine trahissant le contrat des Europ\u00e9ens pro-am\u00e9ricains (voir plus haut : \u00ab <em>Le protecteur est devenu perturbateur, sinon agresseur<\/em> \u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; D&rsquo;o\u00f9 ce paradoxe surprenant qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui Tony Blair, le soi-disant fervent internationaliste recommandant l&rsquo;action militaire au nom de l&rsquo;interventionnisme humanitaire (voir son discours du 3 octobre 2001 devant le Congr\u00e8s travailliste), en arriverait \u00e0 se forcer \u00e0 croire \u00e0 ce que plus personne en Europe ne croit : <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Iraq\/Story\/0,2763,781678,00.html\" class=\"gen\">que les Am\u00e9ricains n&rsquo;attaqueront pas.<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>It is one thing for Cheney and Rumsfeld to be sent out there to sabre-rattle, but so far Downing Street hears from the president&rsquo;s lips only that I am a patient man. Until the man himself announces he really is going in, those in Downing Street doubt it. If they are right, then they reckon Britain might as well proclaim its undying loyalty at little cost. The question is, what if they are wrong? The fear is that no one around him can imagine Tony Blair refusing to support the US at war. He will do what he thinks is right, whatever anyone says is predicted ominously. But if this unstable and divided Bush White House goes it alone, then the cabinet must force a mighty wrench in British foreign policy, until regime change in Washington. It would be easier if Europe beckoned Britain into some coherent, united alternative policy of its own. But the usual morass of conflicting histories, different electoral cycles and opposing old alliances in the Middle East makes a single European voice unlikely. However, the day when Europe does eventually forge itself into a serious counter-balancing power in the world with a united foreign policy would become yet more remote if Britain alone joined George Bush&rsquo;s reckless adventure. Sadly Tony Blair&rsquo;s great vision in last year&rsquo;s speech is long gone: an isolationist US administration deserves to be isolated.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>La nouvelle notori\u00e9t\u00e9 de Louis Michel, ministre belge des affaires \u00e9trang\u00e8res qui occupe d\u00e9sormais les analyses des commentateurs britanniques<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLes autres acteurs europ\u00e9ens sont divis\u00e9s. Il y a ceux qui sont aussi mal \u00e0 l&rsquo;aise que les Allemands et les Britanniques, qui subissent encore plus que les autres les effets de cette terrible d\u00e9ception du \u00ab <em>protecteur devenu perturbateur, sinon agresseur<\/em> \u00bb. Ils ne diront rien, m\u00eame les plus pro-am\u00e9ricains, comme les Italiens de Berlusconi, qui ont compris qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui la solidarit\u00e9 europ\u00e9enne, m\u00eame pour cette Europe pitoyable, est quelque chose d&rsquo;in\u00e9vitable puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a rien \u00e0 attendre d&rsquo;une proximit\u00e9 pro-am\u00e9ricaine que les Am\u00e9ricains ignorent d&rsquo;un haussement d&rsquo;\u00e9paule m\u00e9prisant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a les quelques autres, qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9s. Ceux qui sont confort\u00e9s dans leurs position naturelle ou dans leurs analyses tactiques par les \u00e9v\u00e9nements. Ceux-l\u00e0, on les conna\u00eet.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Les Fran\u00e7ais, certes. On a vu (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=363\" class=\"gen\">voir notre Faits &#038; Commentaires du 31 ao\u00fbt<\/a>) l&rsquo;analyse que nous faisons de la situation. La position fran\u00e7aise n&rsquo;a rien de brillant ni d&rsquo;exceptionnel, sa politique est souvent inexistante, mais le probl\u00e8me n&rsquo;est pas l\u00e0. La France a une structure de s\u00e9curit\u00e9 et des principes (souverainet\u00e9 et ind\u00e9pendance) qui sont la seule possibilit\u00e9 aujourd&rsquo;hui. Pour l&rsquo;Europe, c&rsquo;est le mod\u00e8le fran\u00e7ais ou rien (c&rsquo;est-\u00e0-dire la fin, dans cet environnement explosif). Ce choix abrupt se lit dans la position tr\u00e8s dure que les Allemands ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s, puis oblig\u00e9s \u00e0 prendre,  position plus dure que celle des Fran\u00e7ais, qui fait savourer quelques pintes de petit lait \u00e0 l&rsquo;un ou l&rsquo;autre diplomate fran\u00e7ais.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Il y a quelques rares vrais Europ\u00e9ens aux c\u00f4t\u00e9s des Fran\u00e7ais, par tactique, par \u00e9volution naturelle, par analyse raisonnable (certains ont compris qu&rsquo;effectivement la formule fran\u00e7aise est la seule sauvegarde de l&rsquo;Europe). Le sud de l&rsquo;association b\u00e9n\u00e9luxienne (Belgique et Luxembourg) est de cette trempe. D&rsquo;o\u00f9 la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 renouvel\u00e9e du ministre belge Louis Michel, qui pourrait juger tenir un bon cheval de bataille pour les \u00e9lections nationales (en juin 2003) avec son activisme europ\u00e9en, c&rsquo;est-\u00e0-dire anti-am\u00e9ricain et (surtout) anti-britannique, pour une fois en toute impunit\u00e9. <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Iraq\/Story\/0,2763,781678,00.html\" class=\"gen\">M\u00eame les Anglais commencent \u00e0 s&rsquo;en inqui\u00e9ter<\/a>, et les Belges seront les premiers \u00eatre \u00e9tonn\u00e9s (et secr\u00e8tement ravis ?) qu&rsquo;on prenne d\u00e9sormais au s\u00e9rieux le ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res de la Belgique.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Tony Blair got a fresh warning of trouble ahead from Europe yesterday when the Belgian foreign minister openly attacked him for submissively following the US lead on Iraq. Remarks by Louis Michel were shrugged off by British officials but found an echo in a wider Europe increasingly alarmed at signs of US determination to bring down Saddam Hussein.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Mr Michel told the Belgian daily Het Laatste Nieuws: Morally and politically we could take charge in the world. But the British are blocking that. They still don&rsquo;t understand that they could play a pioneer role in Europe instead of submissively following the US.<\/em> \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Voici l&rsquo;Europe-Hamlet ? Pourquoi pas ? Cela est plus prometteur que l&rsquo;Europe-Ponce Pilate qu&rsquo;elle fut jusqu&rsquo;ici<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa situation n&rsquo;est pas facile mais elle est plus simple qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet. Si, comme c&rsquo;est infiniment probable, l&rsquo;Am\u00e9rique attaque l&rsquo;Irak, l&rsquo;Europe ne pourra pas s&rsquo;y opposer, et m\u00eame, devra dire bravo du bout des l\u00e8vres. Peu importe. Ce qui importe, au contraire, c&rsquo;est que quelque chose d&rsquo;irr\u00e9parable aura \u00e9t\u00e9 commis : l&rsquo;application du principe d&rsquo;attaque pr\u00e9ventive, qui est, pour r\u00e9sumer, le principe qui enterre tous les principes solennellement pos\u00e9s pour tenter de contr\u00f4ler, de policer et de civiliser les relations internationales. Le perturbateur\/agresseur qui est dans l&rsquo;Am\u00e9rique aura d\u00e9finitivement assassin\u00e9 le protecteur qui faisait la vertu de l&rsquo;Am\u00e9rique ; par la m\u00eame occasion, une Europe sera morte avec lui. (Et cela nous para\u00eet in\u00e9luctable : m\u00eame si les Am\u00e9ricains consultent, m\u00eame s&rsquo;ils font voter une motion \u00e0 l&rsquo;ONU avant l&rsquo;attaque de l&rsquo;Irak, la logique de l&rsquo;attaque pr\u00e9ventive \u00e0 peine dissimul\u00e9e  triomphe.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est malheureusement tr\u00e8s probable que l&rsquo;Am\u00e9rique ne s&rsquo;arr\u00eatera pas l\u00e0. Elle a mis en place une logique de fer qui, une fois activ\u00e9e, ne peut plus \u00eatre stopp\u00e9e. Elle est d\u00e9j\u00e0 en Afghanistan et y restera longtemps, elle sera en Irak et elle y trouvera des difficult\u00e9s nouvelles, des soup\u00e7ons in\u00e9dits, un besoin pressant, pour identifier un nouvel Hitler. Tout est en place pour cela. Certes, la d\u00e9t\u00e9rioration int\u00e9rieure (le r\u00e9gime washingtonien) accompagne ce processus et devrait l&rsquo;affaiblit parall\u00e8lement, et de plus en plus vite, mais cela est encore trop hypoth\u00e9tique pour jouer un grand r\u00f4le dans l&rsquo;analyse courante et imm\u00e9diate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Europe n&rsquo;aura plus de r\u00e9pit. Elle n&rsquo;aura pas plus de choix. La seule politique europ\u00e9enne possible est de s&rsquo;armer pour avoir une politique de s\u00e9curit\u00e9, parce qu&rsquo;en s&rsquo;armant on acquiert du poids. Le mot armer exprime une image plus encore que des faits. Le seul choix europ\u00e9en possible sera de poursuivre et d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer une politique de s\u00e9curit\u00e9, impliquant un renforcement militaire certes, mais surtout une r\u00e9solution politique. Dans cette voie, un pays comme la France, qui s&rsquo;est bien assez repos\u00e9 sur les lauriers du mod\u00e8le fran\u00e7ais, pourrait enfin songer \u00e0 prendre quelques initiatives. Il n&rsquo;y a pas lieu d&rsquo;\u00eatre pessimiste, lorsqu&rsquo;on se prom\u00e8ne dans ce cimeti\u00e8re des illusions perdues et m\u00eame fracass\u00e9es que repr\u00e9sente aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Occident, et l&rsquo;Europe au premier chef : compte tenu de l&rsquo;\u00e9tat de vassalisation et d&rsquo;impuissance de la vraie Europe, que l&rsquo;UE soit arriv\u00e9e o\u00f9 elle en est du point de vue de sa politique de s\u00e9curit\u00e9 (la PESC) rel\u00e8ve du miracle et autorise toutes les esp\u00e9rances.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Europe-Hamlet face \u00e0 GW et \u00e0 l&rsquo;aventure irakienne Le titre est bien trouv\u00e9 pour les Europ\u00e9ens r\u00e9unis au Danemark, pays de Hamlet, \u00ab Europe unites in doubt \u00bb, introduisant l&rsquo;article de Ian Black, du 30 ao\u00fbt dans le Guardian. Le doute, mais aussi le d\u00e9sarroi, l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9. 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