{"id":65243,"date":"2002-09-10T00:00:00","date_gmt":"2002-09-10T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/09\/10\/mailer-usa\/"},"modified":"2002-09-10T00:00:00","modified_gmt":"2002-09-10T00:00:00","slug":"mailer-usa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/09\/10\/mailer-usa\/","title":{"rendered":"Mailer, USA"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Mailer, USA<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t10 septembre 2002  L&rsquo;\u00e9crivain am\u00e9ricain Norman Mailer a donn\u00e9 une interview au Sundaty <em>Times<\/em> du 8 septembre, dans le cadre d&rsquo;un cahier sp\u00e9cial consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;anniversaire du 11 septembre. Des extraits de cet interview ont \u00e9t\u00e9 repris, notamment par <a href=\"http:\/\/www.thescotsman.co.uk\/print.cfm?id=996462002&#038;referringtemplate=http%3A%2F%2Fwww%2Ethescotsman%2Eco%2Euk%2Findex%2Ecfm&#038;referringquerystring=id%3D996462002\" class=\"gen\">The Scotsman du 6 septembre<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa position de Norman Mailer n&rsquo;a rien pour nous \u00e9tonner : une attitude de profonde critique de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;Am\u00e9rique depuis cette attaque. C&rsquo;est que le qualificatif de profonde que nous voulons mettre en \u00e9vidence ici. La critique de Mailer n&rsquo;est pas de circonstance, pas plus qu&rsquo;elle n&rsquo;est r\u00e9duite au seul aspect politique. Elle fait partie d&rsquo;une analyse constante de cet \u00e9crivain pour son pays, qui est de type \u00e0 la fois psychologique et sociologique, et par cons\u00e9quent politique certes, mais cela pris dans le sens le plus vaste et le plus profond possible.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tParmi les extraits de son intervention qui nous paraissent les plus int\u00e9ressants, il y a ce passage qui concerne l&rsquo;identit\u00e9 et la coh\u00e9sion de l&rsquo;Am\u00e9rique, que Mailer voit tr\u00e8s profond\u00e9ment menac\u00e9es par l&rsquo;\u00e9volution de son pays.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Culturally, emotionally America is growing more loutish, arrogant, and vain. I detest this totally promiscuous patriotism. Wave a little flag and become a good person? Ugly.  If we have a depression or fall into desperate economic times, I don&rsquo;t know what&rsquo;s going to hold the country together&#8230;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>There&rsquo;s just too much anger here, too much ruptured vanity, too much shock, too much identity crisis. And worst of all, too much patriotism. Patriotism in a country that&rsquo;s failing has a logical tendency to turn fascistic.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a dans ces affirmations de Mailer une approche r\u00e9ellement int\u00e9ressante dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;\u00e9crivain identifie dans le comportement de l&rsquo;Am\u00e9rique une profonde crise d&rsquo;identit\u00e9. Cette critique passe par la mise en question d&rsquo;un patriotisme qui se r\u00e9sume \u00e0 l&rsquo;agitation forcen\u00e9e de symboles divers, dont la banni\u00e8re \u00e9toil\u00e9e est le plus voyant, sans aucune profondeur derri\u00e8re. Effectivement se pose la question de la coh\u00e9sion am\u00e9ricaine, dans une situation o\u00f9 cette coh\u00e9sion semble tenir \u00e0 des liens artificiels, impos\u00e9s par le conformisme g\u00e9n\u00e9ral de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine. (\u00ab <em> If we have a depression or fall into desperate economic times, I don&rsquo;t know what&rsquo;s going to hold the country together<\/em> \u00bb). Le pessimisme de Norman Mailer est cr\u00e9pusculaire : \u00ab <em>This century is going to be the most awesome of all centuries to contemplate  there is a real question whether human kind will get to the end of it.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa critique de l&rsquo;Am\u00e9rique accentue la mise en cause, faite de tous temps par Mailer, d&rsquo;un pays si puissant et pourtant continuellement conduit \u00e0 r\u00e9affirmer sa puissance comme s&rsquo;il doutait d&rsquo;elle (et doutant de lui-m\u00eame par cons\u00e9quent). (\u00ab <em>Why do we need all this reaffirmation? It&rsquo;s as if we&rsquo;re a three hundred pound man who&rsquo;s seven feet tall, superbly shaped, absolutely powerful, and every three minutes he&rsquo;s got to reaffirm the fact that his arm pits have a wonderful odour.<\/em> \u00bb) C&rsquo;est une vision compl\u00e8tement compr\u00e9hensible, qui ne manque certainement pas de noblesse et montre une tristesse path\u00e9tique de la part de l&rsquo;artiste. Mailer est un homme amoureux de son pays, sans cesse et de plus en plus d\u00e9\u00e7u par ce pays, aujourd&rsquo;hui peut-\u00eatre de fa\u00e7on irr\u00e9versible : \u00ab <em>America&rsquo;s so big, so powerful, and so vain &#8230; I get angry when I see it being less than it can be<\/em> \u00bb)<\/p>\n<h4>Norman Mailer et l&rsquo;Am\u00e9rique, extrait de <em>de defensa &#038; eurostrat\u00e9gie<\/em>, 10 d\u00e9cembre 2000<\/h4>\n<p>Il est int\u00e9ressant de voir combien Norman Mailer a \u00e9volu\u00e9 durant l&rsquo;ann\u00e9e qui vient de s&rsquo;\u00e9couler. On en a une indication par comparaison, \u00e0 partir d&rsquo;une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9missions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es tourn\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2000.  L&rsquo;\u00e9crivain y exprimait sa critique profonde, son amertume, sa rage, devant l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;Am\u00e9rique, mais il montrait aussi une certaine s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 fataliste qui lui faisait dire qu&rsquo;il pouvait encore profiter de ce que l&rsquo;Am\u00e9rique pouvait lui donner. Cela n&rsquo;est plus le cas aujourd&rsquo;hui, Mailer ne voit plus rien qui puisse racheter l&rsquo;Am\u00e9rique, m\u00eame en partie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn appr\u00e9ciera cette \u00e9volution en se reportant au texte que nous avions \u00e9crit sur cette \u00e9mission, dans notre num\u00e9ro du 10 d\u00e9cembre 2000. Voici ce texte. (Extrait de <em>de defensa &#038; eurostrat\u00e9ge<\/em> du 10 d\u00e9cembre 2000, rubrique <em>Journal<\/em>)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Tourments d&rsquo;\u00e9crivains<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa t\u00e9l\u00e9vision (RTBF2 belge puis France 3) a projet\u00e9 en octobre et novembre une excellente s\u00e9rie de trois entretiens avec l&rsquo;\u00e9crivain Norman am\u00e9ricain Mailer (films de Richard Dopans et Stan Neumann). Mailer est, depuis son roman de guerre <em>Les nus et les morts<\/em> (Prix Pulitzer en 1948), l&rsquo;un des plus c\u00e9l\u00e8bres \u00e9crivains vivants. Il est connu en outre pour des engagements politiques le plus souvent radicaux, surtout durant la guerre du Viet-n\u00e2m. Dans ces films, Mailer r\u00e9pond, en 1999, \u00e0 une longue suite de questions portant sur sa vie, sa carri\u00e8re, ses rapports avec la politique, etc. Personnage central du document : l&rsquo;Am\u00e9rique (\u00ab <em>J&rsquo;aime ce pays, je le d\u00e9teste. J&rsquo;ai besoin de ce pays, il me d\u00e9go\u00fbte &#8230;<\/em> \u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMailer est en effet un \u00e9crivain am\u00e9ricain typique dans la mesure o\u00f9 sa principale pr\u00e9occupation, et, par cons\u00e9quent, le sujet \u00e9vident ou indirect de tous ses livres, c&rsquo;est bien son pays et les rapports n\u00e9cessairement ambigus et extr\u00eames qu&rsquo;il entretient avec lui. Sans aucun doute, le jugement g\u00e9n\u00e9ral apais\u00e9, hors de toute pol\u00e9mique, de Mailer sur l&rsquo;Am\u00e9rique pourrait \u00eatre r\u00e9sum\u00e9 par cette phrase : \u00ab <em>Je me sens assez malheureux \u00e0 cause de mon pays. Il n&rsquo;est pas aussi grand, il n&rsquo;est pas aussi noble que je le souhaitais.<\/em> \u00bb Parmi les diverses interventions politiques de l&rsquo;\u00e9crivain, un superbe et cruel portrait de Reagan, cruel mais certainement proche de la r\u00e9alit\u00e9 selon tous les t\u00e9moignages sur l&rsquo;ancien pr\u00e9sident (\u00e0 partir de sa rencontre avec Reagan, au cours d&rsquo;un d\u00e9jeuner en 1972) : \u00ab <em>Pendant tout le repas j&rsquo;ai cherch\u00e9 \u00e0 lui poser des questions, et, dans ce cas, je regarde les gens dans les yeux. <\/em>[&#8230;] <em>Je n&rsquo;ai pas r\u00e9ussi \u00e0 croiser une seule fois son regard. Il savait d&rsquo;instinct qu&rsquo;il n&rsquo;avait aucune raison de me parler. Il savait qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien \u00e0 gagner. <\/em>[&#8230;] <em>Il n&rsquo;y avait rien de vrai, rien de sinc\u00e8re en lui, sauf peut-\u00eatre son amour pour l&rsquo;Am\u00e9rique. C&rsquo;\u00e9tait un type creux comme une calebasse.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSur l&rsquo;Am\u00e9rique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : \u00ab <em>A la fin du communisme, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 malheureux. Mon pays n&rsquo;\u00e9tait pas pr\u00eat \u00e0 guider le monde. Nous sommes trop cupides, trop malhonn\u00eates, trop vaniteux, trop peu s\u00fbrs de nous-m\u00eames. L&rsquo;Am\u00e9rique n&rsquo;est pas pr\u00eate \u00e0 guider le monde. Elle croit l&rsquo;\u00eatre mais elle ne l&rsquo;est pas.<\/em> \u00bb Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;\u00e9crivain \u00e9crit toujours mais l&rsquo;homme public s&rsquo;est retir\u00e9 (\u00ab <em>J&rsquo;en avais assez de fulminer. Je me suis mis en retrait de l&rsquo;histoire de mon temps<\/em> \u00bb). Mailer montre un sentiment d\u00e9senchant\u00e9, o\u00f9 il tente de trouver quelques ultimes raisons d&rsquo;optimisme : \u00ab <MI>Je ne me soucie plus d&rsquo;\u00eatre un \u00ab\u00a0bon Am\u00e9ricain\u00a0\u00bb. Cette mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre, on nous l&rsquo;a g\u00e2ch\u00e9e, il n&rsquo;y a pas pire que les bons Am\u00e9ricains. Mais j&rsquo;ai de l&rsquo;affection pour la libert\u00e9 intellectuelle qui, comme une ligne \u00e0 haute tension, traverse la vie am\u00e9ricaine.<D \u00bb C'est en effet le refuge m\u00eame de cet esprit libre (\u00ab <em>Chaque fois que ce pays me d\u00e9courage, je me  dis : \u00ab\u00a0Ici, je peux dire ce que je pense\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb), souvent contredit \u00e0 quelques phrases de l\u00e0 (plus loin, Mailer dit : \u00ab<D><em>il y a un fascisme qui ne dit pas son nom, pr\u00eat \u00e0 s&rsquo;installer dans ce pays<\/em> \u00bb). Norman Mailer nous offre effectivement un vrai destin d&rsquo;\u00e9crivain am\u00e9ricain.<\/p>\n<h3>Trag\u00e9die de la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine : s&rsquo;opposer ou s&rsquo;effacer<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe cas Mailer peut se retrouver dans de nombreux autres \u00e9crivains am\u00e9ricains, chez un Philip Roth, chez un James Ellroy aujourd&rsquo;hui, chez un John Steinbeck ou un Scott Fizgerald hier. Ce rapport entre l&rsquo;artiste et son pays, le syst\u00e8me de son pays, est la marque la plus constante d&rsquo;un \u00e9crivain am\u00e9ricain (on parle bien ici des \u00e9crivains, qui forment une cat\u00e9gorie \u00e0 part, et non de ce qu&rsquo;on nomme en g\u00e9n\u00e9ral les \u00ab\u00a0intellectuels\u00a0\u00bb, qui sont en g\u00e9n\u00e9ral aux USA le soutien intellectuel des forces en place) ; il s&rsquo;agit bien entendu d&rsquo;un rapport absolument, fondamentalement conflictuel, entre des Am\u00e9ricains exer\u00e7ant une activit\u00e9 dont l&rsquo;essence est le d\u00e9passement par l&rsquo;art et la recherche des v\u00e9rit\u00e9s dissimul\u00e9es, et leur pays, l&rsquo;Am\u00e9rique, dont on sait combien les valeurs essentielles sont diff\u00e9rentes, \u00e0 commencer par l&rsquo;importance attribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;argent et l&rsquo;importance de comportements sociaux conformistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn g\u00e9n\u00e9ral, ce rapport effectivement conflictuel et d\u00e9chirant concerne tous les \u00e9crivains, sauf peut-\u00eatre les plus radicaux, encore plus radicaux que Norman Mailer, et plut\u00f4t trouv\u00e9s \u00e0 droite (Gore Vidal, Henry Mencken), parfois \u00e0 gauche (Noam Chomsky), pour lesquels plus aucun espoir ne doit plus \u00eatre entretenu \u00e0 propos de l&rsquo;Am\u00e9rique qui repr\u00e9sente un syst\u00e8me de perversion politique achev\u00e9, sans retour possible. Le probl\u00e8me de nombreux \u00e9crivains am\u00e9ricains (la plupart d&rsquo;entre eux ?) est qu&rsquo;ils veulent marier une tr\u00e8s forte critique du syst\u00e8me avec une acceptation de ses principaux fondements, c&rsquo;est-\u00e0-dire figurer comme des opposants radicaux du syst\u00e8me, restant par d\u00e9finition \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me en en acceptant les r\u00e8gles (une opposition, m\u00eame radicale, fait partie du syst\u00e8me qu&rsquo;elle conteste). Dans ce cas se pose aussit\u00f4t la question de savoir si le syst\u00e8me am\u00e9ricain, tel qu&rsquo;il est organis\u00e9 et avec les conceptions qu&rsquo;il a, admet la v\u00e9ritable opposition en son sein,  non pas l&rsquo;opposition institutionnalis\u00e9e, o\u00f9 r\u00e9publicains et d\u00e9mocrates disent \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame chose avec des mots un peu diff\u00e9rents, ni l&rsquo;opposition individuelle, permise par une libert\u00e9 civique individuelle totale et qui est emp\u00each\u00e9e par son caract\u00e8re m\u00eame (individualisme) de parvenir \u00e0 une opposition radicale structur\u00e9e. Les \u00e9crivains am\u00e9ricains se sont toujours heurt\u00e9s \u00e0 cette question, surtout depuis l&rsquo;extr\u00eame fin du XIXe si\u00e8cle o\u00f9 ils sont devenus dans la plus grande majorit\u00e9 des oppositionnels ; bien \u00e9videmment, comme on le voit d&rsquo;ailleurs avec Mailer, ils n&rsquo;ont pas trouv\u00e9 de r\u00e9ponse satisfaisante et l&rsquo;on peut \u00e9videmment douter qu&rsquo;une telle r\u00e9ponse existe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn attendant, il faut leur reconna\u00eetre un r\u00f4le essentiel d&rsquo;observateurs vigilants et intuitifs de l&rsquo;\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine, comme le document sur Norman Mailer en est un remarquable exemple. Les \u00e9crivains am\u00e9ricains donnent bien entendu une bien meilleure indication de la situation am\u00e9ricaine que les commentaires officiels et les analyses nombreuses des experts travaillant \u00e0 la promotion du syst\u00e8me en place ; aujourd&rsquo;hui, les principaux auteurs du roman am\u00e9ricain (Ellroy, T.C. Boyle, Russell Banks, Patricia Cornwell, Rick Moody, Frederick Busch, etc) pr\u00e9sentent une Am\u00e9rique inqui\u00e8te, d\u00e9stabilis\u00e9e, n\u00e9vros\u00e9e, \u00e0 la recherche de son identit\u00e9, en crise socialement et psychologiquement derri\u00e8re sa formidable puissance et l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie qu&rsquo;elle exerce sur le monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mailer, USA 10 septembre 2002 L&rsquo;\u00e9crivain am\u00e9ricain Norman Mailer a donn\u00e9 une interview au Sundaty Times du 8 septembre, dans le cadre d&rsquo;un cahier sp\u00e9cial consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;anniversaire du 11 septembre. 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