{"id":65272,"date":"2002-10-02T00:00:00","date_gmt":"2002-10-02T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/10\/02\/la-chasse-au-jsf\/"},"modified":"2002-10-02T00:00:00","modified_gmt":"2002-10-02T00:00:00","slug":"la-chasse-au-jsf","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/10\/02\/la-chasse-au-jsf\/","title":{"rendered":"La \u201cchasse au JSF\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">La \u00ab\u00a0chasse au JSF\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>2 octobre 2002 &mdash; Le programme JSF a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet, ces derni\u00e8res semaines, d&rsquo;une \u00e9trange aventure, avec des hauts et des bas, des annonces de retard puis des annonces de d\u00e9menti. Cette aventure doit beaucoup aux d\u00e9dales bureaucratiques, &mdash; mais, \u00e0 notre sens, et selon notre nature soup\u00e7onneuse, pas seulement aux d\u00e9dales bureaucratiques. Et il semble que cette \u00ab\u00a0aventure\u00a0\u00bb, qui pourrait s&rsquo;appeler la \u00ab\u00a0chasse au JSF\u00a0\u00bb, ne fait que commencer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un article de <em>Defense News<\/em>, publi\u00e9 le 30 septembre, donne une version des faits. (Il y en a\/il y en aura d&rsquo;autres, on le verra au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;elles appara&icirc;tront.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le 12 septembre, nous dit <em>Defense News<\/em>, l&rsquo;USAF propose un plan budg\u00e9taire pour les ann\u00e9es 2004-2009, o&ugrave; il appara&icirc;t que les cr\u00e9dits pr\u00e9vus pour le JSF sont r\u00e9duits d&rsquo;un certain nombre de centaines de millions de dollars. (Mais d&rsquo;autres sources disent : autour de $2 milliards.) Selon l&rsquo;hebdomadaire, &laquo; [t]<em>he cut, which could have delayed the start of JSF production from 2008 to 2010, was made to cover health-care costs, overruns on key space programs, and new, classified investments, service officials said.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le 25 septembre, r\u00e9union des diff\u00e9rents services avec la hi\u00e9rarchie de OSD (Office of Secretary of Defense). \u00ab\u00a0Pete\u00a0\u00bb Aldridge, n&deg;3 du Pentagone et \u00e0 l&rsquo;OSD, dit toute sa col\u00e8re \u00e0 propos de la programmation de l&rsquo;USAF. Aldridge est un partisan du JSF. Il ne peut accepter l&rsquo;id\u00e9e du JSF retard\u00e9 de deux ans, d&rsquo;autant qu&rsquo;il sait l&rsquo;aspect tr\u00e8s d\u00e9licat de ce programme, avec la coop\u00e9ration internationale. Il veut que l&rsquo;USAF revoit sa copie. Cela est dit par <em>Defense News<\/em> dans des termes assez vifs : &laquo; <em>Pentagon acquisition chief Edward \u00ab\u00a0Pete\u00a0\u00bb Aldridge, a staunch defender of JSF, ordered Air Force Secretary James G. Roche to come up with a new plan.<\/em> &raquo; (On note l&#8217;emploi du verbe \u00ab\u00a0<em>to order<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le 1er octobre, devrait avoir commenc\u00e9 une s\u00e9rie de consultations entre le secr\u00e9taire \u00e0 l&rsquo;USAF Roche et ses services pour trouver une formule nouvelle qui satisfasse Aldridge. (&laquo; <em> Roche will discuss options at a quarterly meeting of the service&rsquo;s entire senior leadership beginning Oct. 1, and will meet with Aldridge soon after to review the resulting plan.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces incidents ont conduit \u00e0 diverses interpr\u00e9tations, \u00e0 divers commentaires. On a d&rsquo;abord parl\u00e9 d&rsquo;une \u00ab\u00a0erreur\u00a0\u00bb dans le maniement et la r\u00e9partition des cr\u00e9dits au sein de la programmation. On a parl\u00e9 de complots, de manoeuvres, et ainsi de suite. On a cit\u00e9 les besoins du programme FA-22, <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=380\">apr\u00e8s qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 relanc\u00e9 en si grande pompe<\/a>. La deuxi\u00e8me explication est bien entendu plus satisfaisante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo; <em>Air Force officials denied their plan to cut JSF had anything to do with a recently announced plan to add strike capability to the F\/A-22 Raptor fighter. That program is now under Pentagon review and could be pared back from a planned buy of 295 aircraft to 180.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>But some defense industry analysts see a connection between the two moves, suggesting it may be a ploy to get more money for the Raptor and other Air Force priorities. One U.S. defense industry source said the Air Force cut JSF on the belief that Congress and Pentagon leaders would restore funding funding rather than see that program suffer. \u00ab\u00a0It&rsquo;s a smokescreen to get a budget plus-up,\u00a0\u00bb the source said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Another Pentagon observer said the Air Force&rsquo;s proposal would have hurt the JSF&rsquo;s ability to compete for funds with other U.S. fighter projects. \u00ab\u00a0There is a great amount of money at stake,\u00a0\u00bb said Richard Aboulafia, who analyzes military aviation for the Teal Group, a defense industry consulting firm here. \u00ab\u00a0The JSF is directly competing with the F\/A-22 and the Navy&rsquo;s F\/A-18E\/F.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>He said the Air Force was likely angling for a budget increase or manipulating the Navy to fund a greater share of JSF costs. \u00ab\u00a0It&rsquo;s a common maneuver,\u00a0\u00bb Aboulafia said. \u00ab\u00a0But [the Office of the Secretary of Defense] needs to be careful &mdash; they need to keep the &lsquo;J&rsquo; in JSF.\u00a0\u00bb <\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;observation g\u00e9n\u00e9rale qui importe ici est qu&rsquo;il s&rsquo;agit du JSF. La remarque de Aboulafia (&laquo; <em> It&rsquo;s a common maneuver<\/em> &raquo;) est juste dans son principe, dans le principe qui r\u00e9git les guerres bureaucratiques au Pentagone. Elle demande par contre \u00e0 \u00eatre fortement nuanc\u00e9e pour ce qui est de la circonstance, et n&rsquo;appara&icirc;t plus si \u00ab\u00a0commune\u00a0\u00bb que cela, et appara&icirc;t m\u00eame significative et particuli\u00e8rement importante. En effet, il s&rsquo;agit du programme JSF, qui a l&rsquo;importance qu&rsquo;on sait, qui nous est pr\u00e9sent\u00e9 comme le premier programme du Pentagone, en importance budg\u00e9taire ($250 milliards au bas mot) et en importance politique, avec les engagements internationaux qui vont avec. En temps normal, lorsque OSD tient bien ses bureaucraties, on ne \u00ab\u00a0manoeuvre\u00a0\u00bb pas avec un tel programme. Le fait qu&rsquo;on ait \u00ab\u00a0manoeuvr\u00e9\u00a0\u00bb, au contraire, en dit long.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette escarmouche, dont on peut \u00eatre s&ucirc;r qu&rsquo;elle va se poursuivre avec d&rsquo;autres tactiques, nous indique que l&rsquo;USAF, premier \u00ab\u00a0client\u00a0\u00bb du JSF avec une commande de plus de 1.800 exemplaires, consid\u00e8re ce programme comme secondaire. Le JSF est d\u00e9sormais en concurrence directe, dans l&rsquo;esprit de l&rsquo;USAF, avec le F\/A-22, avec \u00e9videmment la pr\u00e9f\u00e9rence donn\u00e9e \u00e0 100% au second. L&rsquo;USAF devra se battre contre l&rsquo;OSD (Office of Secretary of Defense), ou, du moins, un homme \u00e0 l&rsquo;OSD (Aldridge). L&rsquo;histoire nous dit que, dans cette sorte de bataille, ce sont les services qui ont le dernier mot, &mdash; d&rsquo;abord parce qu&rsquo;ils ont les cl\u00e9s des processus bureaucratiques, et qu&rsquo;avec cela on peut inventer des n\u00e9cessit\u00e9s imposant des mesures que l&rsquo;OSD refuse d&rsquo;abord politiquement mais est ensuite oblig\u00e9 d&rsquo;accepter sous la pression bureaucratique ; ensuite, parce que les services et leurs bureaucraties restent tandis que le personnel d&rsquo;OSD passe. En 1961, McNamara et l&rsquo;OSD avaient impos\u00e9 le TFX (F-111) \u00e0 l&rsquo;USAF et \u00e0 la Navy, et ce programme \u00e9tait la cl\u00e9 de la voute de la r\u00e9forme du Pentagone par McNamara ; finalement, la bureaucratie l&#8217;emporta lorsque, en 1967, la Navy abandonna sa version du F-111. McNamara partit quelques mois apr\u00e8s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La \u00ab\u00a0chasse au JSF\u00a0\u00bb est ouverte. D\u00e9sormais, l&rsquo;incertitude et la fragilit\u00e9 marquent ce programme. L&rsquo;attitude m\u00e9fiante et hostile de l&rsquo;USAF n&rsquo;est pas un \u00e9v\u00e9nement in\u00e9dit dans son histoire puisqu&rsquo;on sait d\u00e9j\u00e0 que l&rsquo;U.S. Navy \u00e9met un jugement assez analogue et <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=232\">a d\u00e9j\u00e0 planifi\u00e9 ses propres r\u00e9ductions.<\/a> (L&rsquo;OSD reste muet sur ce dernier point alors qu&rsquo;il devait en parler en mai dernier : signe qu&rsquo;il est embarrass\u00e9 et cherche \u00e0 gagner du temps, pour verrouiller les engagements non-US dans le JSF.) La situation est, par cons\u00e9quent, de plus en plus claire : les services contre l&rsquo;OSD.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il reste six \u00e0 huit ans pour que toutes ces oppositions se concr\u00e9tisent dans des mesures de r\u00e9duction ou de retardement annonc\u00e9es officiellement, rendant officielle par l\u00e0 m\u00eame la crise du JSF. C&rsquo;est bien plus de temps qu&rsquo;il ne faut et nous fixerions plut\u00f4t en mois le d\u00e9lai jusqu&rsquo;au moment o&ugrave; le JSF va conna&icirc;tre ses premiers d\u00e9boires officiels.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La \u00ab\u00a0chasse au JSF\u00a0\u00bb 2 octobre 2002 &mdash; Le programme JSF a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet, ces derni\u00e8res semaines, d&rsquo;une \u00e9trange aventure, avec des hauts et des bas, des annonces de retard puis des annonces de d\u00e9menti. 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