{"id":65363,"date":"2002-12-04T00:00:00","date_gmt":"2002-12-04T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/12\/04\/la-crise-du-fa-22-ou-le-systeme-place-devant-ses-realites\/"},"modified":"2002-12-04T00:00:00","modified_gmt":"2002-12-04T00:00:00","slug":"la-crise-du-fa-22-ou-le-systeme-place-devant-ses-realites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2002\/12\/04\/la-crise-du-fa-22-ou-le-systeme-place-devant-ses-realites\/","title":{"rendered":"<strong><em>La crise du F\/A-22, ou le syst\u00e8me plac\u00e9 devant ses r\u00e9alit\u00e9s<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La crise du F\/A-22, ou le syst\u00e8me plac\u00e9 devant ses r\u00e9alit\u00e9s<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tLe programme d&rsquo;avion de domination a\u00e9rienne Lockheed Martin F\/A-22 est entr\u00e9 dans une crise aigu\u00eb. L&rsquo;origine de cette crise est l&rsquo;annonce, le 7 novembre, d&rsquo;un d\u00e9passement de $690 millions du co\u00fbt du programme dans sa phase d\u00e9veloppement. Ce chiffre a toutes les chances d&rsquo;\u00eatre provisoire et l&rsquo;on envisage la possibilit\u00e9 du d\u00e9passement du milliard de dollars. Un aspect encore plus d\u00e9plaisant de cet avatar budg\u00e9taire qui s&rsquo;annonce catastrophique et bien plus qu&rsquo;un avatar est qu&rsquo;il semble bien qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 dissimul\u00e9 par le bureau charg\u00e9 de g\u00e9rer le programme. Des sanctions ont \u00e9t\u00e9 aussit\u00f4t prises, qui montrent la gravit\u00e9 de la crise : aussi bien le d\u00e9placement imm\u00e9diat des deux g\u00e9n\u00e9raux de l&rsquo;USAF qui g\u00e9raient le programme que la direction du programme chez Lockheed Martin. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa revue <em>Aviation Week &#038; Space Technology<\/em> donne des pr\u00e9cisions sur ces changements dans son \u00e9dition du 25 novembre. Certains d\u00e9tails sont r\u00e9v\u00e9lateurs de l&rsquo;\u00e9tat path\u00e9tique de la gestion du programme, dans ce qu&rsquo;ils montrent son inefficacit\u00e9 et son caract\u00e8re d&rsquo;urgence : par exemple, le d\u00e9placement d&rsquo;un g\u00e9n\u00e9ral (Shackleford) qui fut nomm\u00e9 il y a seulement six mois, et la nomination du g\u00e9n\u00e9ral Owen, l&rsquo;officier qui r\u00e9ussit \u00e0 sauver le programme C-17 qui \u00e9tait en quasi-banqueroute en 1993.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The USAF leadership ousted Brig. Gen. William J. Jabour, the program executive officer for fighters and bombers and a former F-22 program manager, and F\/A-22 program manager, Brig. Gen. Mark D. Shackleford, who took the project&rsquo;s reins only about six months ago. Lockheed Martin also replaced its program manager, Bob Rearden, in a deal made with the service. The new executive vice president and general manager of the company&rsquo;s F\/A-22 efforts is Ralph D. Heath, who was chief operating officer for Lockheed Martin&rsquo;s Aeronautics Co.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The Air Force hasn&rsquo;t taken drastic punitive measures of this magnitude in years, the most recent case being the ouster of several senior program officials during development of the C-17 airlifter in 1993. The new program executive for fighters and bombers will be Brig. Gen. Richard B. H. Lewis, currently director of the Joint Theater Air and Missile Defense Organization on the Joint Staff. Program management will fall to Brig. Gen. (Select) Thomas J. Owen, program director for the C-17.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>This is a mutual personnel action between us and Lockheed Martin. We needed a change in the program, Air Force acquisition chief Marvin R. Sambur told Aviation Week &#038; Space Technology. It is basically a realization and an awareness on our part that we are reaching a very difficult period in the program, and we need more experienced leadership on both sides  both Lockheed and the Air Force&rsquo;s side.<\/em> \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autres positions et d&rsquo;autres suggestions, et surtout des hypoth\u00e8ses, ont \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9es ou avanc\u00e9es. Leur caract\u00e8re comme les conditions qui les accompagnent marquent \u00e9galement le d\u00e9sarroi o\u00f9 se trouvent aujourd&rsquo;hui l&rsquo;USAF, et le Pentagone avec elle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le g\u00e9n\u00e9ral John Jumper, chef d&rsquo;\u00e9tat-major de l&rsquo;USAF, envisage d&rsquo;accepter un chiffre de production (300) du F\/A-22 inf\u00e9rieur au chiffre-plancher (382) qu&rsquo;il avait annonc\u00e9 lors de la red\u00e9signation du F-22 en F\/A-22, en septembre dernier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Diverses solutions compl\u00e9mentaires sont envisag\u00e9es, au cas o\u00f9 le F\/A-22 verrait sa production r\u00e9duite. Les hypoth\u00e8ses sont plus radicales, mais surtout, souvent farfelues, et certaines d&rsquo;entre elles, certainement, comme manoeuvres d&rsquo;intoxication dans la bataille en cours : comp\u00e9titions entre nouveaux avions et avions existants pour d\u00e9terminer si l&rsquo;apport en capacit\u00e9s nouvelles vaut le suppl\u00e9ment de d\u00e9penses ; appel massif \u00e0 des UAV\/UCAV pour tenter de trouver de nouvelles solutions moins co\u00fbteuses ; m\u00eame, \u00e0 l&rsquo;inverse, le lancement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de la version de bombardement du F\/A-22, le FB-22. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Tout le syst\u00e8me de gestion et de d\u00e9veloppement du Pentagone est d\u00e9sormais en jeu<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;atmosph\u00e8re qui ressort de ces diverses prises de position et d\u00e9cision est effectivement path\u00e9tique. Il semble bien que la crise du F\/A-22 puisse rejoindre en ampleur celle qui toucha le programme A-12 et mena, en janvier 1991, \u00e0 son abandon dans des conditions rocambolesques ($5 milliards d\u00e9pens\u00e9s sans que rien n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 sinon une maquette \u00e0 \u00e9chelle r\u00e9elle en bois, et cela avec des montages et des fraudes qui conduisirent devant les tribunaux la Navy d&rsquo;une part, General Dynamics et Boeing d&rsquo;autre part ; le Pentagone a d\u00e9cid\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.defenselink.mil\/news\/Dec2002\/b12032002_bt614-02.html\" class=\"gen\">le 3 d\u00e9cembre de commencer \u00e0  r\u00e9cup\u00e9rer les $2,3 milliards<\/a> que la justice a ordonn\u00e9 aux deux contractants de rembourser dans le cadre de ce programme). Quant \u00e0 son intensit\u00e9 potentielle,  on veut dire : si elle \u00e9clate dans toute son ampleur,  la crise du F\/A-22 d\u00e9passera largement celle du A-12, et elle la d\u00e9passe d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 en substance. Contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;on percevait (d&rsquo;ailleurs faussement, mais seule compte la perception) avec la crise du A-12, la crise du F\/A-22 n&rsquo;est plus per\u00e7ue comme la crise d&rsquo;un programme mal g\u00e9r\u00e9. Aujourd&rsquo;hui, la crise du F\/A-22 devient la crise d&rsquo;un syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn quoi s&rsquo;agit-il de la crise d&rsquo;un syst\u00e8me ? En r\u00e9alit\u00e9, le F\/A-22 n&rsquo;est pas un mauvais avion, ni un avion handicap\u00e9 par des travers originels,  non plus que ne l&rsquo;\u00e9tait sans doute le A-12, qui n&rsquo;a jamais exist\u00e9 en tant qu&rsquo;avion r\u00e9el (ce que la Navy reproche \u00e0 GD et \u00e0 Boeing !). Le F\/A-22 est un avion \u00e0 qui le syst\u00e8me ne permet pas d&rsquo;\u00eatre un avion acceptable selon les normes op\u00e9rationnelles et budg\u00e9taires. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la bataille constante que m\u00e8ne le syst\u00e8me bureaucratique ne concerne pas vraiment, comme dans le cas du F\/A-22, un avion, sa capacit\u00e9 de combat, son adaptation aux r\u00e9alit\u00e9s du monde, ses capacit\u00e9s d&rsquo;intervention, etc. La bataille du syst\u00e8me est interne, elle porte sur des chiffres (de budget par exemple), elle porte sur une position bureaucratique, les droits et les privil\u00e8ges qui vont avec, etc.,  et cette bataille se fait sans conscience de l&rsquo;\u00e9ventuelle v\u00e9nalit\u00e9 des enjeux, sans cynisme on veut dire, mais au contraire au nom du patriotisme, de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, etc. (Et le F\/A-22 est d&rsquo;abord un avion n\u00e9cessaire \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale, un avion patriotique en un sens : l&rsquo;argument va alors de soi, il doit avoir toutes les capacit\u00e9s possibles et imaginables, quitte \u00e0 devenir le monstre ing\u00e9rable qu&rsquo;est devenu le F\/A-22.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons parl\u00e9 ici et l\u00e0 du scandale du A-12 et de tous les facteurs qui l&rsquo;ont rendu possible, notamment la technologie furtive autour de laquelle il fut d\u00e9velopp\u00e9 (voir notamment, dans une <em>Analyse<\/em> sur le bombardier B-2, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=100\" class=\"gen\">le texte sur la question de la technologie furtive extrait de notre Lettre d&rsquo;Analyse de defensa<\/a>, observ\u00e9e \u00e0 partir du livre de Stevenson [voir ci-apr\u00e8s], et qui montre bien les batailles bureaucratiques et leurs effets). L&rsquo;analyste James P. Stevenson est l&rsquo;auteur d&rsquo;un livre sur ce scandale (<em>The 5 $Billions Misunderstanding<\/em> ), o\u00f9 l&rsquo;on trouve cette remarque :<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>One reason the navy spent so much money and suffered development delays that postponed the A-12&rsquo;s first flight was the air force&rsquo;s complete unwillingness to share the lessons it had learned in developing the F-117 and the B-2. Its obstinacy in refusing to share informations was designed to fulfil its post-World War II claims that aircraft carriers were an uneccesary expense because bombers could perform the same mission. Because the air force, like all services, sees its missions primarily as achieving dominance through budget share, it was successful in taking the deep strike mission from the U.S. Navy and is not likely to return it.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tOn peut m\u00e9diter ce constat par rapport \u00e0 ce qu&rsquo;il nous est dit des promesses de transfert de technologies que nous font les Am\u00e9ricains pour nous amener \u00e0 participer \u00e0 tel ou tel programme, et \u00e0 leur acheter du mat\u00e9riel. Enfin, pour notre propos, il faut bien noter cette phrase de la citation de Stevenson, car elle nous dit tellement sur la r\u00e9alit\u00e9 au sein de cette formidable puissance \u00e0 $400 milliards et plus par an qu&rsquo;est le Pentagone : \u00ab <em>Because the air force, like all services, sees its missions primarily as achieving dominance through budget share.<\/em> \u00bb Il y a une sorte de sens du devoir dans la bataille que m\u00e8nent les bureaucrates au sein du Pentagone, et c&rsquo;est le devoir que chaque membre et cellule du groupe de pression doit aux int\u00e9r\u00eats de son groupe. Certes, cela est plus important que le monde ext\u00e9rieur, cela transcende le monde ext\u00e9rieur, cela \u00e9limine le monde ext\u00e9rieur de leurs pr\u00e9occupations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une certaine fa\u00e7on, la bureaucratie am\u00e9ricaine reproduit \u00e0 son \u00e9chelle, et dans la pratique, la caract\u00e9ristique essentielle du syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral am\u00e9ricain qui est l&rsquo;absence de transcendance dans le gouvernement. Cela implique que les int\u00e9r\u00eats de groupe passent avant les int\u00e9r\u00eats d&rsquo;un hypoth\u00e9tique bien public qui n&rsquo;existe pas. Le r\u00e9sultat est l&rsquo;absence d&rsquo;une coordination centrale cr\u00e9atrice, pour un but commun qui doit \u00eatre dans ce cas un produit acceptable, dans tous les domaines, c&rsquo;est-\u00e0-dire quelque chose qui r\u00e9pond souvent \u00e0 la maxime connue que le mieux est l&rsquo;ennemi du bien. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Comment la crise du F\/A-22 est la crise du syst\u00e8me elle-m\u00eame<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous pensons que la crise du F\/A-22 est un peu une sorte de crise pass\u00e9e d&rsquo;un domaine particulier au domaine g\u00e9n\u00e9rale, une crise du syst\u00e8me lui-m\u00eame, et qui fait d\u00e9sormais douter des capacit\u00e9s fondamentales du syst\u00e8me. Le cas n&rsquo;est m\u00eame plus de discuter des capacit\u00e9s de gestion du syst\u00e8me. Le refrain sur le changement d\u00e9cisif d\u00e9sormais r\u00e9alis\u00e9 dure depuis 1980, alors que la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9forme date des ann\u00e9es Eisenhower (premi\u00e8re tentative et premier \u00e9chec : McNamara en 1961-63). Le bombardier B-1B de 1981, le bombardier ATB\/B-2 de 1980, le programme ATA\/A-12 de 1984, le programme ATF\/F\/A-22 de 1986, ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s successivement chacun comme un programme-fanion, \u00e0 partir duquel et avec lequel tout allait changer dans la gestion et l&rsquo;efficacit\u00e9. L&rsquo;ATF de 1986 \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 en 1987 comme garanti \u00e0 $37 millions l&rsquo;unit\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 une nouvelle philosophie de gestion, caract\u00e9ris\u00e9e par les mots <em>mean and lean<\/em>, qui allait permettre d&rsquo;\u00e9liminer les graisses inutiles pour garder les nerfs et les muscles ; le F\/A-22 est, au mieux, \u00e0 $200 millions l&rsquo;unit\u00e9 et il ira plus loin, bien plus loin probablement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAvec le F\/A-22, nous sommes au terme parce qu&rsquo;\u00e0 force de repousser la confrontation avec le r\u00e9el dans des domaines parcellaires (r\u00e9alit\u00e9 budg\u00e9taire sur le co\u00fbt du F\/A-22, r\u00e9alit\u00e9 op\u00e9rationnelle sur la n\u00e9cessit\u00e9 du F\/A-22, etc), on finit par rencontrer toute la r\u00e9alit\u00e9 du monde que repousse le syst\u00e8me, comme un bloc, comme un ensemble. Le syst\u00e8me refuse la r\u00e9alit\u00e9 des n\u00e9cessit\u00e9s budg\u00e9taires comme il refuse les r\u00e9alit\u00e9s de la lutte contre le terrorisme, encore une fois parce qu&rsquo;il ne s&rsquo;int\u00e9resse qu&rsquo;\u00e0 sa propre construction et son propre d\u00e9veloppement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe syst\u00e8me est pur virtualisme, selon le terme que nous affectionnons. Au travers du F\/A-22, c&rsquo;est lui qui est si fortement \u00e9branl\u00e9. Il a produit, \u00e0 des co\u00fbts pharamineux, la force arm\u00e9e qui est en un sens la plus inutile du monde, qui remporte des victoires \u00e9clatantes et sans int\u00e9r\u00eat parce que sans rapport avec la r\u00e9alit\u00e9, et qui n&rsquo;apportent pas la paix ; tout cela, d&rsquo;abord parce que rien, absolument rien dans cette r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;importe au syst\u00e8me.  Ce ne serait rien si ce syst\u00e8me se r\u00e9sumait \u00e0 un petit service perdu dans un minist\u00e8re poussi\u00e9reux ; mais il s&rsquo;agit du Pentagone, qui re\u00e7oit une part importante du budget de la plus grande puissance du monde, qui anime l&rsquo;\u00e9conomie, qui fabrique des strat\u00e9gies, qui inspire la politique, qui nourrit nos phantasmes, qui en fait accroire \u00e0 nos analystes et ainsi de suite. Le r\u00e9sultat de son action dans la r\u00e9alit\u00e9, qui ne tient aucun compte de cette r\u00e9alit\u00e9, c&rsquo;est la d\u00e9structuration et c&rsquo;est le d\u00e9sordre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Au reste, le F\/A-22 est loin d&rsquo;\u00eatre le seul probl\u00e8me. <em>Aviation Week &#038; Space Technology<\/em> le note dans la m\u00eame livraison : \u00ab <em>Last week spelled a major setback for another Lockheed Martin and Air Force effort, development of the Jassm. The program was decertified because of problems during two free flight tests, in essence stopping operational testing, the Air Force admitted last week. <\/em>[&#8230;] <em>Jassm isn&rsquo;t the only standoff weapon giving the service problems. USAF and Raytheon are still laboring to get the AGM-154A Joint Standoff Weapon cleared for use on F-16s. The weapon, which is operational on Navy aircraft, in some F-16 configurations encounters severe vibration and suffers damage. Different fixes have been under investigation for months. <\/em>[&#8230;] <em>Despite the series of missteps, [Air Force acquisition chief Marvin R.] Sambur insisted there is no systemic problem with Air Force acquisition projects. There are lots of programs where we are doing really well but they aren&rsquo;t highlighted. However, even senior Air Force officers joke that they are hard-pressed to find an acquisition program that is on cost, on schedule and meets its performance goals.<\/em> \u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComme Rumsfeld le disait lui-m\u00eame en des termes si forts le 10 septembre 2001, il n&rsquo;y a rien de plus grave au monde que cette crise de la bureaucratie. Il est dommage que le 11 septembre ait succ\u00e9d\u00e9 au 10. Tout de m\u00eame, cette citation \u00e0 garder \u00e0 l&rsquo;esprit, le d\u00e9but du discours d&rsquo;un orf\u00e8vre en la mati\u00e8re, Donald H. Rumsfeld :<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The topic today is an adversary that poses a threat, a serious threat, to the security of the United States of America. This adversary is one of the world&rsquo;s last bastions of central planning. It governs by dictating five-year plans. From a single capital, it attempts to impose its demands across time zones, continents, oceans and beyond. With brutal consistency, it stifles free thought and crushes new ideas. It disrupts the defense of the United States and places the lives of men and women in uniform at risk.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Perhaps this adversary sounds like the former Soviet Union, but that enemy is gone: our foes are more subtle and implacable today. You may think I&rsquo;m describing one of the last decrepit dictators of the world. But their day, too, is almost past, and they cannot match the strength and size of this adversary.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The adversary&rsquo;s closer to home. It&rsquo;s the Pentagon bureaucracy. Not the people, but the processes. Not the civilians, but the systems. Not the men and women in uniform, but the uniformity of thought and action that we too often impose on them.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>In this building, despite this era of scarce resources taxed by mounting threats, money disappears into duplicative duties and bloated bureaucracynot because of greed, but gridlock. Innovation is stiflednot by ill intent but by institutional inertia.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Des perspectives pentagonesques : le F\/A-22 pourrait faire aussi bien que le B-2, toutes proportions gard\u00e9es<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tAu terme, quelles options restent-ils ? Disons que le choix est classique, simplement \u00e9largie pour faire postmoderne : entre la peste, le chol\u00e9ra et le SIDA. L&rsquo;abandon du F\/A-22, alors que plus de $30 milliards ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9s ? L&rsquo;option maximale de Jumper (de 382 \u00e0 750 exemplaires), qui serait d&rsquo;ailleurs la moins absurde ? Ou bien l&rsquo;option dite moyenne, soi-disant raisonnable, r\u00e9duisant la commande \u00e0 180 avions ? Calculons cette option : le programme a d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9 largement le rythme de la pr\u00e9vision de $63 milliard pour une projection de 339 exemplaires. Cela signifie qu&rsquo;avec 180 avions qui r\u00e9duisent d&rsquo;autant la rentabilisation par la production et annihilent compl\u00e8tement la soi-disant \u00e9conomie de la r\u00e9duction de production, on pourrait effectivement approcher $60 milliards et m\u00eame plus pour 180 exemplaires. Nous approcherions les $400 millions l&rsquo;exemplaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCompte tenu du fait que le poids du F\/A-22 doit \u00eatre \u00e0 peu pr\u00e8s 4 \u00e0 5 fois moindre que celui du B-2 (21 exemplaires pour $$44 milliards), on peut conclure en montrant qu&rsquo;ainsi le F\/A-22 maintiendrait ferme la philosophie des prix du Pentagone,  un c\u00f4t\u00e9 soyez fermes sur les prix. Nous serions confirm\u00e9s dans le fait qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien de l&rsquo;hyperpuissance dont nous parle la rumeur publique et du <em>technological gap<\/em> dont nous parle le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;OTAN Robertson.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Post-Scriptum &#8230;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAu reste, nous n&rsquo;entretenons aucune crainte. Aux USA, \u00e0 Washington, dans l&rsquo;atmosph\u00e8re de d\u00e9lire s\u00e9rieux et sans manifestation ext\u00e9rieure qui pr\u00e9vaut depuis 9\/11, m\u00eame avec un dur comme Rumsfeld, l&rsquo;issue est connue d&rsquo;avance, le F\/A-22 continuera son chemin chaotique. Rumsfeld devrait officialiser cela lorsqu&rsquo;il signera le projet de budget pour l&rsquo;ann\u00e9e fiscale 2004 : ce sera sa capitulation devant la toute-puissance de la bureaucratie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Voir <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=490\" class=\"gen\">notre F&#038;C du 3 d\u00e9cembre.<\/a>)<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise du F\/A-22, ou le syst\u00e8me plac\u00e9 devant ses r\u00e9alit\u00e9s Le programme d&rsquo;avion de domination a\u00e9rienne Lockheed Martin F\/A-22 est entr\u00e9 dans une crise aigu\u00eb. L&rsquo;origine de cette crise est l&rsquo;annonce, le 7 novembre, d&rsquo;un d\u00e9passement de $690 millions du co\u00fbt du programme dans sa phase d\u00e9veloppement. 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