{"id":65413,"date":"2003-01-06T00:00:00","date_gmt":"2003-01-06T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/01\/06\/semaine-du-28-octobre-au-3-novembre-2002\/"},"modified":"2003-01-06T00:00:00","modified_gmt":"2003-01-06T00:00:00","slug":"semaine-du-28-octobre-au-3-novembre-2002","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/01\/06\/semaine-du-28-octobre-au-3-novembre-2002\/","title":{"rendered":"<strong><em>Semaine du 28 octobre au 3 novembre 2002<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Semaine du 28 octobre au 3 novembre 2002<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tO\u00f9 en est l&rsquo;Europe ? Nulle part, est-on tent\u00e9 de r\u00e9pondre, sauf \u00e0 laisser les habituels discours, pompeux \u00e0 souhait, recycl\u00e9s depuis un demi-si\u00e8cle, ressassant les m\u00eames voeux pieux et les auto-congratulations d\u00e9mocratiques. Nulle part, parce que, depuis sa cr\u00e9ation, et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des discours convenus, on sait que la pens\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale est que l&rsquo;Europe peut et doit s&rsquo;en remettre \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique pour les mati\u00e8res qui comptent. Ce qui se passe \u00e0 propos de l&rsquo;Irak, quant \u00e0 l&rsquo;action de l&rsquo;Europe,  qui est plut\u00f4t l&rsquo;inaction de l&rsquo;Europe,  ce n&rsquo;est en aucun cas une surprise. Qu&rsquo;on en rajoute, si l&rsquo;on veut, 10 ou 12 en plus des 15, on ne fera que rajouter 10 \u00e0 12 impuissances \u00e0 15 impuissances d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 regroup\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCar l&rsquo;Europe, avec son irr\u00e9sistible et in\u00e9vitable penchant pour le plus petit commun d\u00e9nominateur, r\u00e9duit les puissances \u00e0 de l&rsquo;impuissance. Les \u00c9tats qui agissent en-dehors d&rsquo;elle, quand ils se trouvent dans elle, perdent leur substance qu&rsquo;est leur autonomie. Le processus est observ\u00e9 tous les jours. On ne doit s&rsquo;\u00e9tonner de rien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAlors, quelle mouche les pique ? A c\u00f4t\u00e9 de cela, les r\u00e9sultats d&rsquo;une longue enqu\u00eate, minutieuse, pr\u00e9cise, conduite dans six pays europ\u00e9ens et aux USA, portant sur un nombre consid\u00e9rable de citoyens (autour de 40.000), montrent que <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=445\" class=\"gen\">les Europ\u00e9ens, dans leur tr\u00e8s grande majorit\u00e9,<\/a> pensent que l&rsquo;Europe doit devenir et deviendra une superpuissance destin\u00e9e \u00e0 jouer un r\u00f4le aussi important que celui que tiennent les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>One of the sharpest trans-Atlantic splits in perception revealed by the polls concerns the future balance of power between Europe and the United States. Whereas 52 percent of U.S. respondents think their country should be the only world power, only 14 percent of Europeans polled agree with that. Indeed, 65 percent of European respondents want their region to attain superpower status to work with the United States as an equal partner.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bbN><D>There is a sharp divergence between Europeans and Americans here, Pierangelo Everts, political science professor at the University of Siena, Italy, and one of the new report&rsquo;s authors, said Oct. 28. Washington doesn&rsquo;t like the idea of an eventual European superpower.<D> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tCette id\u00e9e-l\u00e0, d&rsquo;une Europe superpuissance, on la retrouve souvent. Bien des experts am\u00e9ricains la partagent. Pour eux aussi, l&rsquo;Europe doit devenir une superpuissance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gal ou presque des USA, voire capable de supplanter les USA et irr\u00e9m\u00e9diablement conduite \u00e0 le faire (th\u00e8se de Charles Kupchan, professeur \u00e0 Georgetown University expert de plus en plus en vogue).<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Qu&rsquo;est-ce que la puissance aujourd&rsquo;hui ? La r\u00e9alit\u00e9 des effets d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne donn\u00e9 ou l&rsquo;image que ce ph\u00e9nom\u00e8ne nous renvoie ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn dira que c&rsquo;est une question d&rsquo;image. L&rsquo;Europe, au travers de ses agitations avec les sommets r\u00e9guliers, les rencontres minist\u00e9rielles et autres, au gr\u00e9 de ses expansions, voire \u00e0 l&rsquo;image de la r\u00e9putation qui est faite \u00e0 sa bureaucratie, a effectivement une image de puissance. Mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une image compar\u00e9e aux exigences de la puissance ? L&rsquo;Europe, combien de divisions ?, voil\u00e0 la question que les critiques et les sceptiques ont aussit\u00f4t \u00e0 l&rsquo;esprit. Ils n&rsquo;ont pas tort, certes. Mais ont-ils raison pour autant ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPeut-on comparer l&rsquo;Europe et les USA, comme tout le monde est irr\u00e9sistiblement conduit \u00e0 faire ? L&rsquo;Am\u00e9rique nous dicte la d\u00e9finition d&rsquo;une super-puissance, ce statut dont certains pr\u00e9tendent qu&rsquo;il est celui de l&rsquo;Europe, ou qu&rsquo;il le sera sous peu. Alors, sautons au plus facile et au plus critique, au point o\u00f9, par d\u00e9finition, se fixe et s&rsquo;alimente l&rsquo;essentiel du d\u00e9bat sur l&rsquo;Europe-puissance (l&rsquo;Europe-superpuissance) : effectivement, l&rsquo;Am\u00e9rique repr\u00e9sente une puissance militaire incontestable, et le jugement convenu dans ce domaine est m\u00eame de dire que c&rsquo;est une puissance qui n&rsquo;a pas de pr\u00e9c\u00e9dent, qui d\u00e9passe en force et en capacit\u00e9s absolues tout ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. Voil\u00e0 donc la r\u00e9f\u00e9rence pour l&rsquo;Europe ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu reste, cela n&rsquo;a pas grand sens, on dirait : du point de vue m\u00e9thodologique et fondamental, de poser un tel jugement : une puissance qui n&rsquo;a pas de pr\u00e9c\u00e9dent, qui d\u00e9passe en force et en capacit\u00e9s absolues tout ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. Les puissances militaires sont relatives aux situations, aux moyens techniques et technologiques, \u00e0 la puissance des adversaires, \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;\u00e9poque, aux n\u00e9cessit\u00e9s d&rsquo;une \u00e9poque et ainsi de suite. Il n&rsquo;y a rien qui soit plus relatif. Cela n&rsquo;a pas grand sens de juger d&rsquo;une mati\u00e8re aussi relative en termes aussi absolus, lorsqu&rsquo;on juge de la puissance militaire am\u00e9ricaine. En allant plus loin, on d\u00e9couvre qu&rsquo;il existe nombre de restrictions d&#8217;emploi, qui sont plut\u00f4t des sortes d&rsquo;auto-restrictions d&#8217;emploi affectant l&rsquo;efficacit\u00e9 de cette puissance militaire am\u00e9ricaine, et qu&rsquo;elles sont de plus en plus fondamentales, qu&rsquo;elles comptent de plus en plus. (Ce sont des choses comme le poids de la bureaucratie, la crainte des pertes avec une partie de plus en plus grande des forces affect\u00e9e absurdement \u00e0 la protection des forces, la confiance aveugle et syst\u00e9matique faite aux technologies avanc\u00e9es, etc.).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEntre la perception d&rsquo;une puissance extraordinaire et les limites importantes, voire d\u00e9cisives de cette puissance, on d\u00e9couvre que, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la puissance am\u00e9ricaine est d&rsquo;abord une image de la puissance. Non pas que cette puissance n&rsquo;existe pas mais on est de plus en plus fond\u00e9 \u00e0 se demander si cette puissance a autant de capacit\u00e9s que son poids laisse supposer d&rsquo;une part, si ces capacit\u00e9s sont adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s qui constituent aujourd&rsquo;hui les menaces d&rsquo;autre part. Il n&#8217;emp\u00eache : le poids existe, et la repr\u00e9sentation de la puissance est alors \u00e9vidente au travers de la projection d&rsquo;une image. La puissance am\u00e9ricaine est d&rsquo;abord une repr\u00e9sentation politique dont l&rsquo;effet est \u00e9vident dans ce domaine justement, dans le domaine politique de la pression, de l&rsquo;influence, de l&rsquo;orientation, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ultimatum.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est une r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque, et c&rsquo;est peut-\u00eatre la r\u00e9alit\u00e9 essentielle : ce qui importe n&rsquo;est pas les effets et les actes d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne quelconque dans la r\u00e9alit\u00e9, mais bien l&rsquo;image que renvoie ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Aussi ne doit-on pas \u00e9carter d&rsquo;un haussement d&rsquo;\u00e9paules ou d&rsquo;un sarcasme entendu l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;Europe poss\u00e8de une image de super-puissance qui ne repr\u00e9sente pas une r\u00e9elle super-puissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Finalement, peu importe ce que nous disent nos hommes politiques europ\u00e9ens lorsqu&rsquo;ils parlent de l&rsquo;Europe et de sa puissance : l&rsquo;important est qu&rsquo;ils croient \u00e0 leur mensonge, le reste suivra<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn ce sens de l&rsquo;explication que nous essayons de donner ici, la politique mondiale et les relations internationales sont devenues un jeu, et pr\u00e9cis\u00e9ment un jeu de miroirs dont la principale r\u00e8gle concerne l&rsquo;image. Une bonne connaissance des r\u00e8gles et des perspectives et, surtout, la conviction qu&rsquo;effectivement la puissance fonctionne aujourd&rsquo;hui de cette fa\u00e7on, devraient conduire \u00e0 l&rsquo;utilisation efficace des images quand celles-ci existent. C&rsquo;est le cas de l&rsquo;Europe, qui b\u00e9n\u00e9ficie (?) peu ou prou, et quoiqu&rsquo;il en soit de l&rsquo;absurdit\u00e9 du propos par certains points de vue, d&rsquo;une image de super-puissance,  en formation ou d\u00e9j\u00e0 faite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes derniers \u00e0 convaincre de cette \u00e9trange r\u00e9alit\u00e9 sont les hommes politiques, les dirigeants politiques eux-m\u00eames, alors que plus de 80% de leurs populations en est convaincu, alors qu&rsquo;un bon nombre d&rsquo;experts am\u00e9ricains en est \u00e9galement convaincu. Cela est simple, au fond, d&rsquo;une simplicit\u00e9 d\u00e9moniaque : il faut que les hommes politiques europ\u00e9ens, qui ne cessent de nous parler de la puissance europ\u00e9enne, se prennent et se mettent \u00e0 croire \u00e0 ce qu&rsquo;ils disent ; et alors, incontinent, qu&rsquo;ils agissent conform\u00e9ment aux mots dont ils nous charment. Si eux-m\u00eames croient \u00e0 ce qu&rsquo;ils disent, alors le reste suivra.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230;. Dans tous les cas, c&rsquo;est \u00e0 tenter. Alors que l&rsquo;on travaillait \u00e0 l&rsquo;Encyclop\u00e9die, Voltaire remarquait que la ma\u00eetrise des mots, leur d\u00e9finition, leur sens, etc, repr\u00e9sentaient \u00ab <em>le savoir, et donc le pouvoir<\/em> \u00bb. Aujourd&rsquo;hui o\u00f9 tout est devenu sc\u00e8ne et th\u00e9\u00e2tre, et montage, et mise en sc\u00e8ne, la ma\u00eetrise des mots repr\u00e9sente la clef de la repr\u00e9sentation, et par cons\u00e9quent le pouvoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres mots (!), conseil un peu cynique \u00e0 nos hommes politiques : d&rsquo;accord, mentez, mentez, mais au moins, croyez \u00e0 vos mensonges, et que cela se voit. Le reste suivra.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Semaine du 28 octobre au 3 novembre 2002 O\u00f9 en est l&rsquo;Europe ? Nulle part, est-on tent\u00e9 de r\u00e9pondre, sauf \u00e0 laisser les habituels discours, pompeux \u00e0 souhait, recycl\u00e9s depuis un demi-si\u00e8cle, ressassant les m\u00eames voeux pieux et les auto-congratulations d\u00e9mocratiques. 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