{"id":65416,"date":"2003-01-08T00:00:00","date_gmt":"2003-01-08T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/01\/08\/diplomatie-orwellienne\/"},"modified":"2003-01-08T00:00:00","modified_gmt":"2003-01-08T00:00:00","slug":"diplomatie-orwellienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/01\/08\/diplomatie-orwellienne\/","title":{"rendered":"<strong><em>Diplomatie \u201corwellienne\u201d<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Diplomatie orwellienne<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t8 janvier 2003  Des \u00e9chos d&rsquo;une r\u00e9union, les 6 et 7 janvier, du gouvernement britannique (Blair et Straw) avec quelques 150 ambassadeurs britanniques r\u00e9unis au Foreign Office, apportent des lumi\u00e8res sur la diplomatie britannique dans la crise actuelle. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un constat particuli\u00e8rement int\u00e9ressant pour mesurer cmment \u00e9volue une des principales diplomaties occidentales, dans l&rsquo;environnement d&rsquo;une crise extr\u00eamement pressante et inhabituelle. <a href=\"http:\/\/politics.guardian.co.uk\/foreignaffairs\/story\/0,11538,869868,00.html\" class=\"gen\">Le Guardian en fait \u00e0 la fois un rapport et une pr\u00e9sentation,<\/a> notamment sur les buts poursuivis par la politique ext\u00e9rieure du Royaume-Uni.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour la premi\u00e8re fois de fa\u00e7on formelle, la question du p\u00e9trole (la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;acc\u00e8s aux sources d&rsquo;\u00e9nergie) est avanc\u00e9e comme un des points centraux de cette politique ext\u00e9rieure. (Jusqu&rsquo;ici, le point du contr\u00f4le du p\u00e9trole irakien comme cause de la guerre a toujours \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9 avec plus ou moins de force, dans tous les cas de fa\u00e7on officielle :  \u00ab <em>The US and British governments officially deny that oil is a factor in the looming war with Iraq, but some ministers and officials in Whitehall say privately that oil is more important in the calculation than weapons of mass destruction. These ministers and officials have pointed to the instability of current oil sources  the Middle East, Caspian region and Algeria  and the need for secure alternatives. Iraq has the second biggest known oil reserves in the world.<\/em> \u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;intervention semi-publique de Straw a le m\u00e9rite de bousculer ce tabou. D\u00e9sormais, de fa\u00e7on semi-officielle dans tous les cas, la politique ext\u00e9rieure du Royaume-Uni, et notamment son alignement sur la politique US contre l&rsquo;Irak, est pr\u00e9sent\u00e9e comme largement motiv\u00e9e par l&rsquo;acc\u00e8s aux sources de p\u00e9trole en Irak.  D&rsquo;autres orientations sont pr\u00e9sent\u00e9es, d&rsquo;autres axes de cette politique ext\u00e9rieure. Le <em>Guardian<\/em> en donne la liste rapide. L\u00e0 aussi, il est int\u00e9ressant de les d\u00e9couvrir.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Mr Straw told ambassadors that, following a review he ordered last year, the Foreign Office drew up a list of seven medium to long-term strategic priorities, including to bolster the security of British and global energy supplies. A Foreign Office source said: I can&rsquo;t say that energy is irrelevant (to the Iraq conflict) but the issue is one we would have to deal with even if Saddam was a cuddly individual.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The Foreign Office insists that the main motivation in the confrontation is fear that Iraq has, or intends to develop, biological, chemical and nuclear weapons. Mr Straw put the proliferation of weapons of mass destruction and terrorism at the top of his list of priorities. The others are:<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>To minimise threats to the UK such as uncontrolled migration, transnational crime and Islamic extremism;<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>To maintain a stable international system based on the UN, the rule of law and multilateral cooperation;<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>To promote UK economic interests in an open and expanding global economy;<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>To promote democracy, good governance and development, citing as an example involvement of the G7 developed countries in helping Africa;<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>To build a strong EU in a secure neighbourhood.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tNous avons ainsi un coup d&rsquo;oeil int\u00e9ressant sur ce que nous aurions tendance \u00e0 baptiser de diplomatie orwellienne, qui est la diplomatie du Foreign Office. La cause de ce jugement tient \u00e9videmment aux contradictions extraordinaires contenues dans ces orientations, quand on les confronte aux r\u00e9alit\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut dire l&rsquo;essentiel d&rsquo;autre part, pour compl\u00e9ter ce tableau ; apr\u00e8s Straw, Tony Blair venait voir les ambassadeurs. Il leur apportait <a href=\"http:\/\/politics.guardian.co.uk\/foreignaffairs\/story\/0,11538,870087,00.html\" class=\"gen\">plusieurs message important, dont celui-ci,<\/a> qui a (jusqu&rsquo;ici ?) conditionn\u00e9 tous les autres :  \u00ab <em>The prime minister is <\/em>[&#8230;] <em>to claim that it is massively in our national interest to remain the closest ally of the US, but we must continue to persuade the Americans to broaden their agenda on issues such as the Middle East, third world poverty and global warning.<\/em> \u00bb En ces quelques mots, on a, <em>grosso modo<\/em>, l&rsquo;essentiel du caract\u00e8re de la politique ext\u00e9rieure britannique depuis l&rsquo;automne 2001, et l&rsquo;explication de son caract\u00e8re orwellien : une priorit\u00e9 absolue (l&rsquo;alliance US) qui contredit des objectifs britanniques essentiels (d&rsquo;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de tenter d&rsquo;influencer les Am\u00e9ricains sur diverses politiques). On est alors conduit \u00e0 se demander (on devrait l&rsquo;avoir fait depuis un demi-si\u00e8cle) en quoi cette politique d&rsquo;alignement complet (et c&rsquo;est l&rsquo;alignement complet qui est principalement mis en cause, et encore plus l&rsquo;adjectif complet) est, du point de vue britannique, \u00ab <em>massively in our national interest<\/em> \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe Foreign Office est comme tous les <em>establishment<\/em> de politique ext\u00e9rieure. Il lui faut rationaliser sa politique. Il affirme donc des buts naturels, \u00e9vidents, qui sont compl\u00e8tement en contradiction avec la politique suivie : comment peut-on affirmer qu&rsquo;on poursuit le but du renforcement du syst\u00e8me international (ONU, l\u00e9gislation internationale) si on suit un alli\u00e9 dont le but affich\u00e9 est de d\u00e9truire ce syst\u00e8me ? Comment peut-on affirmer qu&rsquo;on cherche \u00e0 renforcer l&rsquo;Union europ\u00e9enne alors que ce m\u00eame choix conduit \u00e0 r\u00e9duire \u00e0 rien toute possibilit\u00e9 d&rsquo;affirmation de l&rsquo;UE et \u00e0 isoler les Britanniques en Europe comme il l&rsquo;\u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s en 1997-98, avant l&rsquo;initiative de Saint-Malo ? (La m\u00eame chose peut \u00eatre dit pour le reste.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question du p\u00e9trole devenant une crise de contr\u00f4le des approvisionnements est la plus frappante. Elle ne date pas d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ni de Saddam ; elle date, au mieux, de 1973-74 (premi\u00e8re crise du p\u00e9trole). Depuis, les Europ\u00e9ens le plus souvent, et les Britanniques souvent avec eux, ont avanc\u00e9 que ce probl\u00e8me devait \u00eatre r\u00e9solu par une approche \u00e9vidente d&rsquo;apaisement des relations internationales : des bonnes relations avec les producteurs, un march\u00e9 normal, vente et achat, etc. Les Europ\u00e9ens savent, et les Britanniques les premiers, que l&rsquo;imposition arbitraire, \u00e9ventuellement par la force, de conditions politiques pour un contr\u00f4le ext\u00e9rieur trop affirm\u00e9 ne peut que susciter des d\u00e9sordres, l&rsquo;instabilit\u00e9, etc. C&rsquo;est pourtant ce que font les Britanniques font en suivant la politique am\u00e9ricaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEncore doit-on avancer que m\u00eame cette contradiction n&rsquo;explique pas tout, car elle n&rsquo;explique pas vraiment la politique suivie. Le Foreign Office a \u00e9galement rationalis\u00e9 de fa\u00e7on exag\u00e9r\u00e9e, m\u00eame si cette d\u00e9marche n&rsquo;a m\u00eame pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9liminer la contradiction qui la suscitait. La question du p\u00e9trole n&rsquo;est qu&rsquo;une partie de l&rsquo;explication de la politique US, et pas celle avanc\u00e9e par les Britanniques : c&rsquo;est pour le profit que les p\u00e9troliers US sont int\u00e9ress\u00e9s par l&rsquo;intervention, pas par le but g\u00e9ostrat\u00e9gique de la soi-disant s\u00e9curit\u00e9 des sources d&rsquo;approvisionnement. Encore cet argument-p\u00e9trole n&rsquo;est qu&rsquo;une petite partie de l&rsquo;explication de la politique irakienne des USA, qui est en bonne partie expliqu\u00e9e par des facteurs irrationnels (la personnalit\u00e9 et les sentiments de GW Bush, l&rsquo;influence des <em>lobbies<\/em> de ce qui est nomm\u00e9 le <em>War Party<\/em>, etc). L&rsquo;exercice de rationalisation de l&rsquo;irrationalit\u00e9 compl\u00e8te est bien d\u00e9licat et aboutit \u00e0 des monstres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est en effet un v\u00e9ritable \u00e9v\u00e9nement monstrueux que la politique de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;approvisionnement en \u00e9nergie du Royaume-Uni se soit transform\u00e9e en une politique interventionniste, n\u00e9o-imp\u00e9rialiste, voire n\u00e9o-colonialiste. De la part d&rsquo;une diplomatie r\u00e9put\u00e9e pour sa finesse, cela fait beaucoup. Reste \u00e0 nous expliquer comment se trouve servi, l\u00e0-dedans, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat national britannique, et <em>massively<\/em> qui plus est.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Diplomatie orwellienne 8 janvier 2003 Des \u00e9chos d&rsquo;une r\u00e9union, les 6 et 7 janvier, du gouvernement britannique (Blair et Straw) avec quelques 150 ambassadeurs britanniques r\u00e9unis au Foreign Office, apportent des lumi\u00e8res sur la diplomatie britannique dans la crise actuelle. 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