{"id":65428,"date":"2003-01-17T00:00:00","date_gmt":"2003-01-17T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/01\/17\/is-uk-encore-british\/"},"modified":"2003-01-17T00:00:00","modified_gmt":"2003-01-17T00:00:00","slug":"is-uk-encore-british","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/01\/17\/is-uk-encore-british\/","title":{"rendered":"<em>Is UK<\/em> encore <em>British<\/em>?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\"><em>Is UK<\/em> encore <em>British<\/em>?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t17 janvier 2003  On se r\u00e9f\u00e8re ici aux deux articles de <em>The Independent<\/em> que <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/choix.php?link_id=1884\" class=\"gen\">nous avons relay\u00e9s hier avec un rapide commentaire<\/a>, et qui concerne cette phrase du ministre de la d\u00e9fense Geoffrey Hoon qui a fait scandale \u00e0 Londres. Il s&rsquo;agit de cette phrase de commentaire de Hoon concernant BAE, le grand groupe d&rsquo;armement (britannique? L\u00e0 est tout le sel de la pol\u00e9mique), lorsque Hoon mentionne (incidemment?) que BAE \u00ab <em>is no longer British<\/em> \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons \u00e9crit dans notre commentaire que \u00ab <em>Le ministre britannique de la d\u00e9fense a commis hier une gaffe<\/em> \u00bb, un peu contre la signification des articles que nous entendions commenter. Finalement, oui, c&rsquo;est une gaffe par rapport \u00e0 ce que r\u00e9v\u00e8le cette remarque de la crise et des contradictions britanniques aujourd&rsquo;hui, mais c&rsquo;est aussi une sorte de gaffe bienvenue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe plusieurs choses l&rsquo;une, selon ce commentaire, et selon ce que les articles disaient ou laissaient entendre  :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Soit Hoon pr\u00e9pare le terrain au choix du groupe Thal\u00e9s pour le futur porte-avions UK, et alors il avance que BAE n&rsquo;a pas \u00e0 \u00eatre favoris\u00e9 parce qu&rsquo;il est britannique,  parce qu&rsquo;il n&rsquo;est plus, financi\u00e8rement parlant, britannique. (Ce dernier point, d&rsquo;ailleurs, est irr\u00e9futable.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Soit Hoon poursuit la <em>vendetta<\/em> du MoD avec BAE et entend obtenir d&rsquo;autres avantages en signifiant au groupe UK (ex-UK) qu&rsquo;il n&rsquo;a droit \u00e0 aucun traitement de pr\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Soit Hoon pr\u00e9pare indirectement le terrain \u00e0 un choix BAE pour le porte-avions et entend justifier ce choix en c\u00e9dant devant les r\u00e9actions de protestation r\u00e9affirmant que, non, BAE, malgr\u00e9 les r\u00e9alit\u00e9s financi\u00e8res, reste britannique et doit \u00eatre favoris\u00e9 comme tel.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 quelques hypoth\u00e8ses. Elles nous importent finalement assez peu, sinon pour les signaler comme pur aspect tactique du cas. Ce qui nous importe, c&rsquo;est la substance, c&rsquo;est-\u00e0-dire la r\u00e9action quasi-spontan\u00e9e \u00e0 cette d\u00e9claration de Hoon. Dans ce cas, il ne nous int\u00e9resse pas de savoir ce qu&rsquo;il a voulu dire ou obtenir, il ne nous int\u00e9resse pas de savoir s&rsquo;il est ou n&rsquo;est pas conforme au portrait qu&rsquo;en fait Jeremy Warner: \u00ab <em>The Defence Secretary, Geoff Hoon, is not the sharpest knife in Tony Blair&rsquo;s Cabinet, and he has just proved it again.<\/em> \u00bb Il nous int\u00e9resse au contraire de constater que les r\u00e9actions se sont d\u00e9velopp\u00e9es autour de quelques th\u00e8mes centraux:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0BAE est et doit rester britannique, au contraire de ce qu&rsquo;affirme Hoon. On note par exemple cette remarque: \u00ab <em>Bernard Jenkin, the Conservatives&rsquo; defence spokesman, weighed into the row saying: BAE Systems is a British company and Geoff Hoon sounds as if he is trying to cover his back. Whichever company wins this contract, we must not lose proprietary technology and British jobs as a result.<\/em> \u00bb (Le contrat auquel il est fait allusion est celui du porte-avions, o\u00f9 BAE est en comp\u00e9tition avec Thal\u00e9s.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La nationalit\u00e9 d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 ne doit pas se mesurer \u00e0 son actionnariat (sinon Hoon a raison). <em>The Independent<\/em> explique: <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>An MoD spokesman said that Mr Hoon had merely been reiterating what the Government&rsquo;s position was on the issue of UK ownership of defence contractors. However, his comments, directly linking BAE&rsquo;s nationality to the ownership of its shares, appear to contradict directly a defence industrial policy paper published by the MoD last year.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>That said: One result of the defence industry&rsquo;s internationalisation has been to blur the definition of what comprises the UK defence industry. The UK defence industry should therefore be defined in terms of where the technology is created, where the skills and the intellectual property reside, where jobs are created and sustained and where the investment is made.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBel et bon, tout cela. Il n&#8217;emp\u00eache que, depuis les ann\u00e9es 1980 (\u00e9poque Thatcher), la politique britannique, conservateurs et travaillistes confondus, a \u00e9t\u00e9  :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0Philosophie du <em>Value For Money<\/em>. Tout se mesure \u00e0 la rentabilit\u00e9, ce qui induit une logique qui vaut aussi pour l&rsquo;actionnariat, qui s&rsquo;appuie sur l&rsquo;importance de l&rsquo;actionnariat. L&rsquo;activit\u00e9 (la d\u00e9fense) devient \u00e9conomique et tout se mesure en termes financiers. A ce compte, Hoon a malheureusement raison et les \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me du MoD (voir la circulaire cit\u00e9e) n&rsquo;y changeront rien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0BAE a parfaitement suivi cette \u00e9volution, qui correspond \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la globalisation, qui se traduit, dans le domaine consid\u00e9r\u00e9 (comme ailleurs), purement et simplement par l&rsquo;am\u00e9ricanisation. Effectivement, BAE est en bonne voie d&rsquo;am\u00e9ricanisation avec pr\u00e8s de 30% de son chiffre d&rsquo;affaires aux USA, et l&rsquo;espoir d&rsquo;arriver \u00e0 50% pour 2005-2007. C&rsquo;est l\u00e0 le r\u00e9sultat d&rsquo;une politique de la soci\u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame, d&rsquo;ailleurs sanctifi\u00e9e par les conservateurs (entr\u00e9e de Michael Portillo au Conseil d&rsquo;Administration de BAE l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re) et \u00e0 laquelle les travaillistes n&rsquo;ont jamais tent\u00e9 de s&rsquo;opposer (ils ont une <em>golden share<\/em> au CA).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Cette am\u00e9ricanisation de BAE n&rsquo;est pas seulement quantitative, elle est qualitative et fondamentale, avec sa participation \u00e0 hauteur de 8% du programme dans le programme JSF. Bernard Jenkin aura beau nous parler de la \u00ab <em>proprietary technology<\/em> \u00bb de BAE dans quelques ann\u00e9es  : elle sera US et compl\u00e8tement contr\u00f4l\u00e9e par le Pentagone. Et, dans ce cas, il ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;une politique d&rsquo;une compagnie mais d&rsquo;une politique gouvernementale constante depuis &#8230; combien? Quatre, cinq, six d\u00e9cennies?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn quelque sorte, BAE selon Hoon (\u00ab <em>no longer british<\/em> \u00bb?) est le reflet d&rsquo;une \u00e9volution g\u00e9n\u00e9rale du Royaume-Uni. La question n&rsquo;est pas de savoir si le Royaume-Uni est pro-am\u00e9ricain ou pas, la question est de savoir si le Royaume-Uni est encore <em>british<\/em>, ou s&rsquo;il restera encore longtemps <em>british<\/em> \u00e0 ce rythme. Les relations avec les USA, lorsqu&rsquo;elles veulent \u00eatre sp\u00e9ciales comme les veut Blair, deviennent n\u00e9cessairement pr\u00e9datrices et int\u00e9gratrices,  et l&rsquo;on devine au profit de qui. Les cris de fureur accueillant la remarque de Hoon ressemblent aux plaintes qu&rsquo;on entend, en petit comit\u00e9 et entre quatre (six au maximum) yeux, avec des militaires britanniques vous confiant que le comportement US avec eux est proche d&rsquo;\u00eatre insupportables tant il empi\u00e8te sur la souverainet\u00e9 nationale britannique.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl para\u00eet bien difficile de s\u00e9parer le sort de BAE de la politique britannique,  de la philosophie de la politique britannique autant que de son orientation. De cette fa\u00e7on, l&rsquo;exclamation de Hoon (\u00ab <em>no longer british<\/em> \u00bb) sonne comme un constat et comme un aboutissement logique  ; si elle sonne \u00e9galement comme une cause d&rsquo;extr\u00eame alarme et une infamie pour certains, comme cela semble \u00eatre le cas pour beaucoup au Royaume-Uni, alors il est temps pour les Britanniques de s&rsquo;interroger sur ce qu&rsquo;ils veulent \u00eatre et ce qu&rsquo;ils veulent devenir, sur ce qui peut et doit \u00eatre fait pour cela, sur ce que doit \u00eatre par cons\u00e9quent leur politique g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>`<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Is UK encore British? 17 janvier 2003 On se r\u00e9f\u00e8re ici aux deux articles de The Independent que nous avons relay\u00e9s hier avec un rapide commentaire, et qui concerne cette phrase du ministre de la d\u00e9fense Geoffrey Hoon qui a fait scandale \u00e0 Londres. 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