{"id":65444,"date":"2003-01-27T00:00:00","date_gmt":"2003-01-27T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/01\/27\/leurope-se-dechire-cest-plutot-douloureux-mais-cest-completement-necessaire\/"},"modified":"2003-01-27T00:00:00","modified_gmt":"2003-01-27T00:00:00","slug":"leurope-se-dechire-cest-plutot-douloureux-mais-cest-completement-necessaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/01\/27\/leurope-se-dechire-cest-plutot-douloureux-mais-cest-completement-necessaire\/","title":{"rendered":"<strong><em>L&rsquo;Europe se d\u00e9chire, \u2014 c&rsquo;est plut\u00f4t douloureux mais c&rsquo;est compl\u00e8tement n\u00e9cessaire<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;Europe se d\u00e9chire,  c&rsquo;est plut\u00f4t douloureux mais c&rsquo;est compl\u00e8tement n\u00e9cessaire<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tUne semaine importante de plus dans la crise irakienne, qui devient de plus en plus une crise transatlantique majeure, la plus grave depuis la crise des <em>euromissiles<\/em> en 1979-83 (\u00e0 notre sens, bien plus grave que celle de 1979-83).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRappel de quelques faits importants de la semaine :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; l&rsquo;annonce d&rsquo;une opposition de la France \u00e0 la guerre contre l&rsquo;Irak dans l&rsquo;\u00e9tat actuel des choses, \u00e0 l&rsquo;ONU lundi 20 janvier ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; l&rsquo;affirmation du rapprochement franco-allemand fond\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 strat\u00e9gique partag\u00e9e d&rsquo;une opposition \u00e0 la guerre irakienne, \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;anniversaire du Trait\u00e9 de l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; la m\u00e9sentente transatlantique et intra-europ\u00e9enne affich\u00e9e \u00e0 l&rsquo;OTAN, mercredi, avec,  c&rsquo;est une premi\u00e8re en la mati\u00e8re  un vote sur la demande d&rsquo;aide am\u00e9ricaine dans le cadre du conflit irakien (non encore d\u00e9clench\u00e9) ; par 15 votes pour contre 4 contre, la demande est renvoy\u00e9e (il faut l&rsquo;unanimit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;OTAN pour une d\u00e9cision du Conseil), et les 4 opposants qui dessinent le noyau dur de l&rsquo;Europe : Allemagne, Belgique, France, Luxembourg  (4 des 6 membres fondateurs du Trait\u00e9 de Rome de 1956) ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; la tension qui augmente entre l&rsquo;Europe (une partie de l&rsquo;Europe) et les USA, mercredi-vendredi, avec <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=567\" class=\"gen\">les commentaires de Rumsfeld sur la \u00ab vieille Europe \u00bb<\/a> et tout ce qui suit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Que fait Tony Blair ? D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, il est partant \u00e0 150% dans la guerre, de l&rsquo;autre on le dit extr\u00eamement d\u00e9\u00e7u par l&rsquo;\u00e9chec de sa conf\u00e9rence de paix sur le Moyen-Orient, d\u00fb en bonne partie \u00e0 l&rsquo;indiff\u00e9rence compl\u00e8te, m\u00e9prisante et ainsi de suite, des Am\u00e9ricains qui n&rsquo;ont pas lev\u00e9 le petit doigt ; d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 encore,  <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=570\" class=\"gen\">on annonce qu&rsquo;il envisage de relancer une super-coop\u00e9ration avec les Fran\u00e7ais<\/a> dans le cadre de la d\u00e9fense europ\u00e9enne. <em>So what<\/em> ? Rien d&rsquo;autre que l&rsquo;inqui\u00e9tude tr\u00e8s forte de Blair de voir cet antagonisme USA-Europe qui l&rsquo;\u00e9loigne d&rsquo;autant, lui, de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Ce week-end (25-26 janvier), <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/ac2\/wp-dyn\/A40369-2003Jan24?language=printer\" class=\"gen\">un article du Washington Post<\/a> nous apprend que l&rsquo;on songe plut\u00f4t, par contraste avec les bruits de guerre qui se poursuivent, \u00e0 repousser l&rsquo;attaque, vers mars par exemple. Parce qu&rsquo;on n&rsquo;est pas pr\u00eat, que l&rsquo;opinion publique recule plut\u00f4t qu&rsquo;autre chose, que les alli\u00e9s rechignent et ainsi de suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>L&rsquo;affirmation d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne,  le diff\u00e9rend et la diff\u00e9rence Europe-USA  dont les racines remontent loin dans l&rsquo;histoire, au moins aux ann\u00e9es 1920<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tQue se passe-t-il ? Pas de surprise, en admettant que l&rsquo;essentiel de ces derniers \u00e9v\u00e9nements est \u00e9videmment l&rsquo;approfondissement constant et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 du gouffre entre Europe et USA. Certains le remarquent ou y contribuent involontairement, comme <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=547\" class=\"gen\">Solana il y a quelques jours<\/a>. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui se passe est l&rsquo;arriv\u00e9e \u00e0 maturation d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne dont la phase finale remonte \u00e0 l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001, dans ses effets secondaires qui deviennent les effets essentiels ; dont la phase interm\u00e9diaire a commenc\u00e9 \u00e0 la chute du Mur et \u00e0 la fin de l&rsquo;URSS (1989-91) ; dont la phase historique initiale se confond avec le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e8re strat\u00e9gique actuelle, en 1945-48 ; dont la phase originelle remonte \u00e0 l&rsquo;entre-deux guerres, lorsque les USA \u00e9tablirent leur h\u00e9g\u00e9monie commerciale et financi\u00e8re, avec des effets extr\u00eamement forts en Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise n&rsquo;est pas inattendue mais c&rsquo;est sa force qui surprend, et quelque chose qui est comme un caract\u00e8re d&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9. Cela est d\u00fb pour l&rsquo;essentiel, pour ce qui est du conjoncturel, \u00e0 l&rsquo;activisme am\u00e9ricain, \u00e0 l&rsquo;indiff\u00e9rence, \u00e0 la gratuit\u00e9 des actes de m\u00e9pris am\u00e9ricains vis-\u00e0-vis de leurs alli\u00e9s. La forme, dans ce cas, joue un r\u00f4le fondamental. Il y a dans les remarques de Rumsfeld sur la \u00ab <em>old europe<\/em> \u00bb, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 m\u00eame pas de quoi fouetter un chat, une r\u00e9ponse \u00e0 l&#8217;emporte-pi\u00e8ce, \u00e0 peine railleuse ; d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, si l&rsquo;on consid\u00e8re le climat et quand on conna\u00eet les arri\u00e8re-pens\u00e9es (elles sont transparentes), la remarque est re\u00e7ue comme d&rsquo;une d\u00e9sinvolture inou\u00efe et comme un refus d\u00e9vastateur de la moindre attitude de respect. La servilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale des Europ\u00e9ens vis-\u00e0-vis des USA a toujours prosp\u00e9r\u00e9 sur une entente tacite : au moins, la forme doit \u00eatre respect\u00e9e, pour que les politiciens europ\u00e9ens qui instrumentent cette servilit\u00e9 puissent r\u00e9guli\u00e8rement vendre leur cause \u00e0 leur \u00e9lectorat, \u00e0 la saison des \u00e9lections. (Et parce qu&rsquo;ils ont, dans le secret des alc\u00f4ves, disons un reste de dignit\u00e9.) Rumsfeld ne joue plus ce jeu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette peccadille (de Rumsfeld), en un sens, donne un effet extraordinairement grand pour le discr\u00e9dit de la cause et de la politique am\u00e9ricaines. Les effets d&rsquo;une intervention comme celle de Rumsfeld constituent, au niveau de la psychologie, un \u00e9norme <em>jerrican<\/em> d&rsquo;huile jet\u00e9 sur le feu,  et l&rsquo;on en cherche en vain la raison, sinon le go\u00fbt de l&rsquo;effet gratuit et l&rsquo;absence compl\u00e8te d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour une gestion rationnelle des int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains outre-mer (y a-t-il int\u00e9r\u00eat plus important que le capital d&rsquo;influence des USA accumul\u00e9 en 50 ans ? Mais non, pour Rumsfeld ce n&rsquo;est rien). Il s&rsquo;agit d&rsquo;un effet pervers d&rsquo;une gravit\u00e9 inou\u00efe mais que l&rsquo;auteur de la peccadille et ceux qui devraient y pr\u00eater attention  en priorit\u00e9 semblent totalement ignorer. A cela, on mesure la d\u00e9cadence d&rsquo;un syst\u00e8me d&rsquo;influence. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn exemple de cet effet pervers des gesticulations US ? Cette remarque, rapport\u00e9e par <LIEN=http:\/\/www.guardian.co.uk\/Iraq\/Story\/0,2763,881376,00.html>le <em>Guardian<\/em> du 24 janvier , qui marque combien la logorrh\u00e9e am\u00e9ricaine arrive \u00e0 susciter les r\u00e9actions les plus dommageables \u00e0 la cause am\u00e9ricaine, \u00e0 rassembler dans la cause anti-US ceux-l\u00e0 m\u00eame qui furent parmi les plus ardents pro-am\u00e9ricains pendant 50 ans (dans ce cas, les chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates bavarois): \u00ab <em>By far the strongest response came from the arch-conservative Bavarian Christian Social Union. Its spokesman on European affairs, Bernd Posselt, accused Mr Rumsfeld of \u00a0\u00bbneo-colonialism\u00a0\u00bb. He added: \u00a0\u00bbThe US has to learn that the European Union is a partner and not a protectorate.\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tM\u00eame chose en France, o\u00f9 c&rsquo;est la droite, traditionnellement inclin\u00e9e \u00e0 beaucoup de retenue vis-\u00e0-vis des USA, et m\u00eame beaucoup plus car elle tient \u00e0 ses titres de sagesse qu&rsquo;elle se d\u00e9cerne \u00e0 elle-m\u00eame (ce que les autres, les jaloux, d\u00e9signent comme la droite la plus b\u00eate du monde),  c&rsquo;est elle qui a r\u00e9agi avec le plus de virulence, au travers de d\u00e9clarations minist\u00e9rielles diverses et \u00e0 l&#8217;emporte-pi\u00e8ce. (\u00ab <em> So heated was the response to Donald Rumsfeld&rsquo;s remarks, particularly and all the more surprisingly on the right, that the French president, Jacques Chirac, appealed for calm.<\/em> \u00bb). Est-ce bien efficace, du point de vue am\u00e9ricain, du point de vue de l&rsquo;influence am\u00e9ricaine, de susciter tout cela pour une remarque dont on se serait bien pass\u00e9 ?<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Il y a ceux qui, entendant Rumsfeld annoncer la r\u00e9alit\u00e9 selon Washington, ont cru que le ciel leur tombait sur la t\u00eate<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;intervention de Rumsfeld, toujours elle, vue d&rsquo;un autre observatoire. Elle a eu un effet \u00e9lectrique. Pourtant, r\u00e9p\u00e9tons-le, pas de quoi fouetter un chat. Rumsfeld a dit ce que tout le monde sait,  ou devrait savoir, non ? (Il a dit que l&rsquo;Europe est vieille et qu&rsquo;elle commence \u00e0 perdre l&rsquo;habitude d&rsquo;ob\u00e9ir au doigt et \u00e0 l&rsquo;oeil ; qu&rsquo;il y a un \u00e9largissement vers l&rsquo;Est ; que cette nouvelle Europe-l\u00e0, la jeune, la moderne, est align\u00e9e sans un pli dans les rangs selon les consignes US. Qui ignore tout cela ?) Sur le fait de la vieillesse, le porte-parole de l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e a r\u00e9pondu justement, avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de bon aloi, en parlant du bon sens et de l&rsquo;exp\u00e9rience des vieux ; ce que Rumsfeld, tout aussi l\u00e9ger avec ses 70 ans, ne contestera pas (il le met ironiquement en \u00e9vidence lui-m\u00eame, car il ne manque pas d&rsquo;humour, lorsqu&rsquo;il fait dire \u00e0 son porte-parole pour essayer de rectifier le tir : \u00ab <em>At his age, the secretary considers &lsquo;old&rsquo; a term of endearment.<\/em> \u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais il y a les plus graves, les dramatiques, ceux qui ont l&rsquo;impression que le monde leur tombe sur la t\u00eate. Ce sont les Europ\u00e9ens classiquement ouverts, lib\u00e9raux, qui se disent humanistes et ainsi de suite ; les Europ\u00e9ens qui y croient, selon la formule confortable de l&rsquo;Europe (presque-) puissance compl\u00e8tement amie avec les US, mais \u00e0 \u00e9galit\u00e9. Ce sont les Europ\u00e9ens qui sont devenus Europ\u00e9ens apr\u00e8s la guerre, \u00e0 l&rsquo;ombre des P\u00e8res Fondateurs et du Plan Marshall, quand l&rsquo;avenir et la modernit\u00e9 ne pouvaient \u00eatre qu&rsquo;am\u00e9ricains, quand on r\u00eavait de faire les \u00c9tats-Unis d&rsquo;Europe comme une r\u00e9plique des USA, dans tous les sens de l&rsquo;id\u00e9e ; ces Europ\u00e9ens voient \u00e9videmment l&rsquo;Europe comme une entit\u00e9 ind\u00e9pendante, autonome, affirm\u00e9e, vertueuse en un mot et, en m\u00eame temps, totalement amie des USA, partageant les m\u00eames pr\u00e9occupations, les m\u00eames valeurs, les m\u00eames \u00e9motions, suivant la m\u00eame politique et ainsi de suite, quasiment un <em>clone<\/em> des USA qui serait en m\u00eame temps quelque chose de compl\u00e8tement original et d&rsquo;autonome. Ce sont les Europ\u00e9ens atlantistes. Ces atlantisto-europ\u00e9ens sont en plein d\u00e9sarroi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>Le Monde<\/em> est de ceux-l\u00e0, <LIEZN=http:\/\/www.lemonde.fr\/article\/0,5987,3208--306711-,00.html>d&rsquo;o\u00f9 son \u00e9dito fun\u00e8bre du 24 janvier<D>, sur \u00ab <em>Ce vieux Rumsfeld<\/em> \u00bb. Au contraire des autres r\u00e9actions, pas la moindre ironie, aucune l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 ; c&rsquo;est plut\u00f4t la veill\u00e9e mortuaire. Il faut dire que <em>Le Monde<\/em> est de ceux qui affich\u00e8rent avec enthousiasme l&rsquo;id\u00e9e tr\u00e8s surr\u00e9aliste, du point de vue de la r\u00e9alit\u00e9 strat\u00e9gique et de la substance politique,  l&rsquo;id\u00e9e que ce jour o\u00f9 les forces de l&rsquo;OTAN, conduites et manipul\u00e9es par les Am\u00e9ricains, entr\u00e8rent au Kosovo est un jour de triomphe pour l&rsquo;Europe, pratiquement le jour annon\u00e7ant que l&rsquo;Europe existe, qu&rsquo;elle est n\u00e9e ce jour-l\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour ceux-l\u00e0, voici ce qu&rsquo;\u00e9crit <em>Le Monde<\/em> :<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>Ce n&rsquo;est pas que l&rsquo;Allemagne ou la France manquent d&rsquo;\u00e9nergie ou d&rsquo;ambition pour l&rsquo;Europe  bien au contraire. C&rsquo;est plut\u00f4t que leur conception de l&rsquo;Europe devient minoritaire au sein de l&rsquo;Union. Le fait est peut-\u00eatre d\u00e9plaisant \u00e0 entendre, mais il est, pour l&rsquo;heure, incontournable : les pays de l&rsquo;Est europ\u00e9en dont le sommet de Copenhague vient d&rsquo;ent\u00e9riner l&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;Union sont massivement dispos\u00e9s \u00e0 suivre m\u00e9caniquement le leadership am\u00e9ricain en mati\u00e8re de d\u00e9fense et de politique \u00e9trang\u00e8re. Ils n&rsquo;ont pas l&rsquo;ambition de construire une Europe qui aurait, sur la sc\u00e8ne internationale, une identit\u00e9 politique singuli\u00e8re. Encore traumatis\u00e9s par les ann\u00e9es pass\u00e9es sous le joug sovi\u00e9tique, ils ne font confiance qu&rsquo;\u00e0 une puissance pour garantir leur s\u00e9curit\u00e9 : les Etats-Unis. Ils sont plus attach\u00e9s au maintien d&rsquo;un lien transatlantique fort qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;une Europe puissance ch\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Allemagne et \u00e0 la France.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Un grand march\u00e9 unique, \u00e0 l&rsquo;abri de l&rsquo;OTAN. Telle est la conception de l&rsquo;Union que l&rsquo;on se fait \u00e0 Prague, Varsovie, Budapest, par exemple. Les Etats-Unis s&rsquo;en accommodent tr\u00e8s bien : c&rsquo;est la leur. Aujourd&rsquo;hui, la Hongrie accueille 3 000 opposants irakiens form\u00e9s par les Etats-Unis pour \u00eatre les agents de liaison de l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine en cas de guerre contre l&rsquo;Irak. Et \u00e0 peine les ron\u00e9os avaient-elles sorti le communiqu\u00e9 de Copenhague que Varsovie annon\u00e7ait son choix du F-16 pour \u00e9quiper les forces a\u00e9riennes polonaises.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Le New York Times citait hier, dans un ordre pr\u00e9cis, la nouvelle grille des alli\u00e9s europ\u00e9ens de l&rsquo;Am\u00e9rique selon la Maison Blanche de George W. Bush. En t\u00eate de liste figuraient la Grande-Bretagne, la Pologne et l&rsquo;Espagne (celle de Jos\u00e9 Maria Aznar). Il se peut que M. Rumsfeld n&rsquo;ait pas tout \u00e0 fait raison quand il rel\u00e8ve que \u00a0\u00bble centre de gravit\u00e9\u00a0\u00bb de l&rsquo;Europe se d\u00e9place vers l&rsquo;est. Il se peut qu&rsquo;il aille plut\u00f4t au nord, en direction des neutres, du bloc scandinave, emport\u00e9 dans le sillage d&rsquo;une Allemagne unifi\u00e9e, avec, au bout du compte, une forte tentation pacifiste, gu\u00e8re plus rassurante.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Mais ce que r\u00e9v\u00e8lent encore les propos de M. Rumsfeld, c&rsquo;est l&rsquo;incapacit\u00e9 de l&rsquo;Am\u00e9rique \u00e0 tol\u00e9rer un alli\u00e9 ind\u00e9pendant qui s&rsquo;appellerait l&rsquo;Europe. Ils manifestent aussi, h\u00e9las, l&rsquo;incapacit\u00e9 de cette Europe \u00e0 avoir une position commune sur l&rsquo;Irak, autour d&rsquo;un principe  : pas de guerre sans avoir prouv\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 du danger irakien et la priorit\u00e9 \u00e0 lui accorder.<\/em> \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tCet article est stup\u00e9fiant \u00e0 bien des \u00e9gards. Ces gens, journalistes professionnels, ces vieux routiers de l&rsquo;info et des couloirs des r\u00e9unions,  ces gens croient-ils vraiment \u00e0 une id\u00e9e pareille : \u00ab <em>C&rsquo;est plut\u00f4t que leur conception de l&rsquo;Europe devient minoritaire au sein de l&rsquo;Union<\/em> \u00bb ? (c&rsquo;est-\u00e0-dire : la conception de l&rsquo;Europe de la France et de l&rsquo;Allemagne), <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Croient-ils que l&rsquo;Allemagne et la France ont la m\u00eame conception de l&rsquo;Europe ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Croient-ils que, dans les Conseils europ\u00e9ens, \u00e0 part un pel\u00e9 et deux tondus \u00e9videmment marginalis\u00e9s, on assiste \u00e0 des d\u00e9bats d&rsquo;id\u00e9es, de conceptions, et que tant\u00f4t l&rsquo;une est majoritaire, et puis que c&rsquo;est l&rsquo;autre qui le devient ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Croient-ils que cela existe, cela : une majorit\u00e9 selon une conception, au sein des d\u00e9bats europ\u00e9ens ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres mots : ignorent-ils ce qu&rsquo;est l&rsquo;Europe communautaire ? Un tourbillon, une confusion de petits calculs, de batailles d&rsquo;influence sans grandeur, de petits int\u00e9r\u00eats aveugles, d&rsquo;ignorance compl\u00e8te des enjeux, ce qui est \u00e0 peu pr\u00e8s l&rsquo;exact reflet de la situation dans au moins \u00e0 peu pr\u00e8s tous les pays sur les 15 de l&rsquo;UE, sauf peut-\u00eatre un, voire 2 ou 3 au maximum, dans les temps de grande crise. L\u00e0-dessus, dans ce d\u00e9sordre majoritaire, il existe quelques points de conviction nationaux qui ne doivent rien aux d\u00e9bats de salons germanopratins. Le plus solide, et de tr\u00e8s, tr\u00e8s loin, c&rsquo;est la conviction fran\u00e7aise ; peut-\u00eatre peut-on y ajouter la conviction britannique, par instants ; puis, par \u00e9clairs, la conviction de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre (les Belges, par exemple, en ont une aujourd&rsquo;hui). Le reste, y compris les Allemands, en fait de conviction, nos journalistes professionnels devraient savoir qu&rsquo;il n&rsquo;y en a point et qu&rsquo;on vire-volte entre la vanit\u00e9 europ\u00e9enne et l&rsquo;alignement sur Washington, les n\u00e9cessit\u00e9s \u00e9lectorales et les pressions \u00e9tats-uniennes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis un demi-si\u00e8cle, un seul pays, quand il est en forme ou que les \u00e9v\u00e9nements le favorisent, bouscule et emporte tous les autres et forcent les \u00e9v\u00e9nements selon la puissance affirm\u00e9e de ses convictions, et c&rsquo;est la France,  seul pays \u00e0 avoir une conviction europ\u00e9enne r\u00e9elle, une conviction d&rsquo;Europe-puissance. Alors, nous n&rsquo;avons pas besoin d&rsquo;attendre les pays de l&rsquo;Est pour voir une majorit\u00e9 th\u00e9orique pro-US, puisqu&rsquo;elle existe d\u00e9j\u00e0 ; et, comme toujours, et encore plus avec des pays qui ont la corruption si facile (et nous parlons de la corruption psychologique \u00e0 laquelle sont si sensibles ceux qui n&rsquo;ont nulle conviction), cette certitude et cette majorit\u00e9 th\u00e9orique se fonderont ou pas selon la violence qui leur sera faite, et comment. C&rsquo;est de cette fa\u00e7on que marche l&rsquo;Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuant \u00e0 la d\u00e9couverte, dans l&rsquo;\u00e9dito du <em>Monde<\/em>, de \u00ab <em>l&rsquo;incapacit\u00e9 de l&rsquo;Am\u00e9rique \u00e0 tol\u00e9rer un alli\u00e9 ind\u00e9pendant qui s&rsquo;appellerait l&rsquo;Europe<\/em> \u00bb, elle est \u00e9galement stup\u00e9fiante par la vertu d&rsquo;aveuglement qu&rsquo;elle suppose de ne pas l&rsquo;avoir vue avant, si c&rsquo;est le cas ; elle est int\u00e9ressante par les involontaires v\u00e9rit\u00e9s qu&rsquo;elle d\u00e9couvre, car incapacit\u00e9 (des US \u00e0 \u00ab <em> tol\u00e9rer un alli\u00e9 ind\u00e9pendant<\/em> \u00bb) est bien le mot qui convient : comme une impuissance, comme une maladie, et c&rsquo;est l\u00e0 le plus grave. Les USA, dans tous les cas Washington et la bande qui conduit l&rsquo;oligarchie en place, ne peuvent, encore plus psychologiquement qu&rsquo;intellectuellement, concevoir un mot comme ind\u00e9pendance, comme autonomie, qui soit appliqu\u00e9 \u00e0 d&rsquo;autres qu&rsquo;eux-m\u00eames. Cela r\u00e8gle notre affaire des choix qui reste \u00e0 l&rsquo;Europe : exister ou ne pas exister, et on voit par quels moyens et selon quels choix.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>La r\u00e9putation d\u00e9sormais faite aux nouveaux Europ\u00e9ens venus de l&rsquo;Est  : des tra\u00eetres avant m\u00eame d&rsquo;avoir trahi<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tQuant aux petits nouveaux venus de l&rsquo;Est, qui piaffent d&rsquo;impatience de trahir para\u00eet-il,  ils n&rsquo;imaginent pas une seconde le cadeau empoisonn\u00e9 qui leur est fait : la m\u00e9fiance universelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous ne consid\u00e9rons pas une seconde que l&rsquo;arriv\u00e9e des 10 (les nouveaux de l&rsquo;Est) soit une catastrophe qui va faire basculer l&rsquo;Europe dans le camp US. L&rsquo;Europe est dans le camp US jusqu&rsquo;au cou, depuis longtemps comme chacun sait, et ces derniers temps pas moins, jusqu&rsquo;aux remous des derniers jours. (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=240\" class=\"gen\">Comme on sait, Michel Jobert<\/a> entra dans un conseil atlantique en 1974 et dit \u00e0 ses amis europ\u00e9ens qui venaient de capituler une fois de plus : \u00ab <em>Bonjour les tra\u00eetres.<\/em> \u00bb) L&rsquo;arriv\u00e9e des 10 r\u00e9v\u00e8le la chose, une sorte de roi est nu \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle transatlantique. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAvant d&rsquo;\u00eatre entr\u00e9s, les malheureux 10 sont d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;objet de tous les soup\u00e7ons du monde et ils portent, sans avoir faut\u00e9 plus que d&rsquo;autres, l&rsquo;\u00e9tiquette tra\u00eetre sur le front. Jamais <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=532\" class=\"gen\">une commande de F-16<\/a> (pourtant, les Ouest-Europ\u00e9ens ne se privent pas de ce genre de sport) n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 comment\u00e9e officieusement avec autant d&rsquo;acrimonie que celle qui vient d&rsquo;\u00eatre pass\u00e9e par la Pologne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;arriv\u00e9e prochaine des 10 lance diverses initiatives pour trouver des formules de travail \u00e0 la majorit\u00e9 renforc\u00e9e, repli\u00e9e sur un noyau dur, etc. Bref, ils ne sont pas encore l\u00e0 que, d\u00e9j\u00e0, on forge des structures d&rsquo;o\u00f9 ils seront \u00e9videmment exclus, et o\u00f9 l&rsquo;on compte bien aller de l&rsquo;avant. (Est-ce impossible ? Une Europe de la d\u00e9fense sans le Danemark, le Portugal, l&rsquo;Espagne, etc, est-ce tellement grave ? [D&rsquo;autant que <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=570\" class=\"gen\">les Britanniques nous r\u00e9serveraient peut-\u00eatre quelques surprises,<\/a> comme d&rsquo;habitude].)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBref, l&rsquo;Europe qui se pr\u00e9pare eut-elle \u00e9t\u00e9 possible sans les 10 qui arrivent ?<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Notre conclusion qu&rsquo;on devine,  laiss\u00e9e \u00e0 deux commentateurs non-Europ\u00e9ens<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;o\u00f9 notre r\u00e9action finale,  car dans ce champ de ruine, cette pulv\u00e9risation des illusions et des croyances, cette mise \u00e0 nu des liens de suj\u00e9tion, des cha\u00eenes, de l&rsquo;asservissement et de la corruption des esprits, appara\u00eet ce fait simple et singulier que la situation devient insupportable. D&rsquo;o\u00f9 la r\u00e9volte de quelques pays. (Non pas les seules France et Allemagne ; il faut y ajouter la Belgique et, sans doute, le Luxembourg, ce qui n&rsquo;est pas si n\u00e9gligeable, outre la d\u00e9cence et la logique d\u00e9mocratiques, il y a une grande importance politique dans cette pr\u00e9sence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn fait, conclusion qu&rsquo;on devine&#8230; Conclusion qu&rsquo;on laisse \u00e0 deux observateurs ext\u00e9rieurs, chacun avec leurs nuances.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; L&rsquo;institut d&rsquo;analyse Stratfor, dans son <em>War Diary<\/em> du 23 janvier 2003  :<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>U.S. Defense Secretary Donald Rumsfeld on Wednesday lashed back at the Paris announcement in a press conference, saying, \u00a0\u00bbGermany has been a problem, and France has been a problem. But you look at vast numbers of other countries in Europe. They&rsquo;re not with France and Germany on this. They&rsquo;re with the United States.\u00a0\u00bb Rumsfeld went on to say that France and Germany represented \u00a0\u00bbold Europe,\u00a0\u00bb and the center of gravity in NATO and Europe was shifting to the east.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>This is big. The post-World War II alliance structure is crumbling fast.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Leaving no doubt that the two countries are of one mind, Germany and France on Tuesday also announced plans to hold joint cabinet meetings and establish dual citizenship. Clearly, the calculation in Paris and Berlin is that Washington will attack Iraq, without U.N. sanction and at odds with much of the world. With any luck, in their view, the war will go poorly for the United States, and perhaps teach Washington a little lesson on the value of coalitions. Regardless, the two countries see a post-war world in which the United States remains the sole superpower, the United Nations is discredited as the leading agent for multilateral opposition to U.S. action, and a vast sea of embittered and threatened countries look for some means of resisting U.S. pressure.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>France and Germany apparently propose to form the core of a new multilateral opposition to U.S. dominance. Russia, tied closely to the European economy and threatened by U.S. deployments to the south and west, seems interested in joining. China could be interested as well. Iran would join, and perhaps others.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t&bull; l&rsquo;analyste Pepe Escobar, du site atimes.com, <a href=\"\/%3Ehttp:\/\/www.atimes.com\/atimes\/Middle_East\/EA25Ak02.html\" class=\"gen\">dans un texte du 26 janvier<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>The extremely cordial get-together between French President Jacques Chirac and German Chancellor Gerhard Schroeder in Versailles  and a day later in Berlin, as part of the 40th anniversary of the Elysee Treaty solidifying Franco-German peace  may and will have enormous ramifications. It could mean the real engine of Europe now thinks and acts independently from the US. And it could demonstrate what in fact is the practical irrelevance of NATO. Conservative, scandal-tainted Chirac and social democrat Schroeder took at least four years to find a common ground and a smooth modus operandi. Washington hawks&rsquo; obsession with Iraq finally did the trick for them.<\/em> \u00bb<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Europe se d\u00e9chire, c&rsquo;est plut\u00f4t douloureux mais c&rsquo;est compl\u00e8tement n\u00e9cessaire Une semaine importante de plus dans la crise irakienne, qui devient de plus en plus une crise transatlantique majeure, la plus grave depuis la crise des euromissiles en 1979-83 (\u00e0 notre sens, bien plus grave que celle de 1979-83). 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