{"id":65502,"date":"2003-03-09T00:00:00","date_gmt":"2003-03-09T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/03\/09\/reveille-toi-jefferson-ils-sont-devenus-fous\/"},"modified":"2003-03-09T00:00:00","modified_gmt":"2003-03-09T00:00:00","slug":"reveille-toi-jefferson-ils-sont-devenus-fous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/03\/09\/reveille-toi-jefferson-ils-sont-devenus-fous\/","title":{"rendered":"R\u00e9veille-toi Jefferson, ils sont devenus fous !"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">R\u00e9veille-toi Jefferson, ils sont devenus fous ! <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; Mais on le sait, Thomas Jefferson mourut en 1825 et ses derniers mots furent ceux-ci : \u00ab <em>Tout, tout est mort&#8230;<\/em> \u00bb [En mai 1993, commentant le livre <em>The Radicalism of the American Revolution<\/em> de Gordon S. Wood, qui apporte des lumi\u00e8res nouvelles sur les circonstances de la R\u00e9volution am\u00e9ricaine et confirme la r\u00e9alit\u00e9 historique d&rsquo;une situation connue de tous, le journal <em>Le Monde<\/em> \u00e9crivit : \u00ab <em>Ce livre repose sur l&rsquo;affirmation selon laquelle la R\u00e9volution am\u00e9ricaine fut aussi absolue, dans son essence, que celles de 1789 ou de 1917. [&#8230;] Las, [elle] prit rapidement un autre cours. D\u00e8s 1787, rappelle Gordon S. Wood, James Madison, dans un article fameux du F\u00e9d\u00e9raliste, juge in\u00e9vitable l&rsquo;affrontement dans une soci\u00e9t\u00e9, f\u00fbt-elle r\u00e9publicaine, entre int\u00e9r\u00eats capitalistes oppos\u00e9s. [&#8230;] Au cr\u00e9puscule de son existence, en 1825, Jefferson ne pouvait que se lamenter : Tout, tout est mort. Sous-entendu? De la soci\u00e9t\u00e9 dont lui et d&rsquo;autres avaient r\u00eav\u00e9<\/em>. \u00bb]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn 1968, \u00e0 Prague, alors que Vaclav Havel n&rsquo;\u00e9tait pas encore un pr\u00e9sident de la r\u00e9publique \u00e0 la retraite signant inconstitutionnellement pour l&rsquo;engagement de son pays en faveur de la guerre US contre l&rsquo;Irak, les Praguois en col\u00e8re \u00e9crivaient sur les murs, \u00e0 destination des tankistes dans leurs chars, sovi\u00e9tiques et ahuris \u00e0 la fois (on leur avait dit qu&rsquo;ils venaient lib\u00e9rer la Tch\u00e9coslovaquie) : \u00ab <em>R\u00e9veille-toi L\u00e9nine, ils sont devenus fous !<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais qu&rsquo;importe,  la question, elle, se pose aujourd&rsquo;hui pour Jefferson et les \u00c9tats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique. Norman Mailer, vieil ours de la contestation qui s&rsquo;\u00e9tait apais\u00e9 en allant vers ses quatre-vingts ans, s&rsquo;est r\u00e9veill\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Un article de lui, condens\u00e9 d&rsquo;une conf\u00e9rence qu&rsquo;il a faite,  <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/87763.html\" class=\"gen\">publi\u00e9 dans l&rsquo;International Herald Tribune du 25 f\u00e9vrier<\/a>, nous conduit au coeur de l&rsquo;interrogation sur le destin des \u00c9tats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique, posant la question de savoir si les USA ne basculent pas vers le fascisme, s&rsquo;ils n&rsquo;y sont d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>What has happened, of course, is that the Bushites have run into much more opposition than they thought they would from other countries and among the home population. It may well end up that we won&rsquo;t have a war, but a new strategy to contain Iraq and wear Saddam down. If that occurs, Bush is in terrible trouble.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>My guess though, is that, like it or not, want it or not, America is going to go to war because that is the only solution Bush and his people can see.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>The dire prospect that opens, therefore, is that America is going to become a mega-banana republic where the army will have more and more importance in Americans&rsquo; lives. It will be an ever greater and greater overlay on the American system. And before it is all over, democracy, noble and delicate as it is, may give way. My long experience with human nature  I&rsquo;m 80 years old now  suggests that it is possible that fascism, not democracy, is the natural state.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Indeed, democracy is the special condition  a condition we will be called upon to defend in the coming years. That will be enormously difficult because the combination of the corporation, the military and the complete investiture of the flag with mass spectator sports has set up a pre-fascistic atmosphere in America already.<\/em> \u00bb<\/p>\n<h3>Comment l&rsquo;Europe a besoin d&rsquo;un affrontement pour exister<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tFaut-il \u00eatre aussi pessimiste, aussi cr\u00e9pusculaire en un sens ? R\u00e9pondons par une fausse habilet\u00e9, en d\u00e9pla\u00e7ant le probl\u00e8me (nous reviendrons \u00e0 celui des USA).Voyons du c\u00f4t\u00e9 des alli\u00e9s les plus fid\u00e8les, les plus majeurs en un sens, les Europ\u00e9ens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, ces alli\u00e9s luttent avec l&rsquo;\u00e9nergie du d\u00e9sespoir contre cette interpr\u00e9tation et proclament au contraire que les USA ne connaissent qu&rsquo;un incident de parcours, ou m\u00eame, n&rsquo;ont pas chang\u00e9 du tout, et que la Grande Alliance, au prix de quelques changements, doit poursuivre sa route. Le probl\u00e8me est bien le mot d\u00e9sespoir (\u00e9nergie du d\u00e9sespoir) que nous avons employ\u00e9. Il illustre par exemple la position devenue absurde et qui se r\u00e9v\u00e9lera compl\u00e8tement contre-nature de Blair, isol\u00e9, malmen\u00e9, qui se bat contre des fant\u00f4mes (celui de Churchill, d&rsquo;ailleurs) pour tenter de para\u00eetre ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas. Leur ennemi n&rsquo;est pas Saddam, c&rsquo;est eux-m\u00eames, et c&rsquo;est eux-m\u00eames dans la situation politique qui s&rsquo;est install\u00e9e en Europe comme un incendie \u00e9clate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe cas des Fran\u00e7ais, contrairement \u00e0 l&rsquo;apparence, n&rsquo;est pas diff\u00e9rent. Les Fran\u00e7ais, par ce souci d&rsquo;\u00e9quilibre et de mesure qui les caract\u00e9rise, jugent absolument n\u00e9cessaire que les USA se maintiennent dans leur puissance et leur influence ; le paradoxe \u00e9tant, chez eux, qu&rsquo;ils veulent qu&rsquo;en m\u00eame temps se l\u00e8vent et s&rsquo;affirment une autre puissance et une autre influence (celles de l&rsquo;Europe), et peut-\u00eatre plusieurs autres. (Par cons\u00e9quent, si les Fran\u00e7ais peuvent en un sens para\u00eetre aussi embarrass\u00e9s que Blair, la politique de la France, elle, est admirable et excellente.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTous ces dirigeants qui luttent contre l&rsquo;interpr\u00e9tation mailerienne et veulent garder les rapports transatlantiques le font au nom d&rsquo;une vision absolument d\u00e9sesp\u00e9rante, par un conservatisme si profond et si extr\u00eame qu&rsquo;il en devient extr\u00e9miste et radical, d&rsquo;une mani\u00e8re finalement si horriblement contradictoire,  le conservatisme aboutissant \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9misme radical  qu&rsquo;ils en deviennent simplement nihilistes. Ils sont totalement incapables d&rsquo;envisager autre chose que les combinaisons boiteuses que nous connaissons aujourd&rsquo;hui. Mais encore plus, ils sont totalement incapables, notamment, de r\u00e9soudre cette r\u00e9alit\u00e9 intenable : rester des amis fid\u00e8les de Washington et regarder en m\u00eame temps, sans crainte d&rsquo;aucune sorte, d\u00e9filer des millions de leurs citoyens sous leurs fen\u00eatres,  on sait pour crier quoi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Am\u00e9ricains ont r\u00e9ussi ce miracle de r\u00e9veiller l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des citoyens du monde pour la politique, et pr\u00e9cis\u00e9ment la politique ext\u00e9rieure. Ils ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l&rsquo;Europe occidentale \u00e0 la politique ext\u00e9rieure, \u00e0 son v\u00e9ritable destin europ\u00e9en si l&rsquo;on veut. Qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas unanimit\u00e9 et unit\u00e9, qu&rsquo;il y ait division au contraire, quoi de plus naturel ? C&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 un progr\u00e8s compl\u00e8tement inattendu et exceptionnel qu&rsquo;il y ait deux partis en Europe, dont un dont on pourrait croire qu&rsquo;il est partisan d&rsquo;une Europe-puissance. Auparavant, contrairement au cat\u00e9chisme en usage, il n&rsquo;y avait rien,  c&rsquo;est-\u00e0-dire rien d&rsquo;important, aucune Europe, aucune r\u00e9alit\u00e9 europ\u00e9enne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl semble bien que cette r\u00e9alit\u00e9 soit intangible, impossible \u00e0 changer : l&rsquo;Europe ne peut se faire que dans un affrontement, dans une tension,  et c&rsquo;est avec l&rsquo;Am\u00e9rique ou ce n&rsquo;est rien. L&rsquo;actuelle politique am\u00e9ricaine, inou\u00efe, extraordinairement dangereuse pour l&rsquo;Am\u00e9rique elle-m\u00eame comme pour le reste, est aussi la seule voie par o\u00f9 l&rsquo;Europe peut na\u00eetre. Ces risques pour faire na\u00eetre quelque chose sont le fruit de ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9,  c&rsquo;est-\u00e0-dire, au moins un demi-si\u00e8cle d&rsquo;illusion d&rsquo;Europe, entretenue par les th\u00e8ses transatlantiques auxquelles l&rsquo;\u00e9norme majorit\u00e9 des \u00e9lites europ\u00e9ennes ont souscrit.<\/p>\n<h3>Dix-huit mois apr\u00e8s 9\/11,   Ils sont devenus fous !<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette destin\u00e9e europ\u00e9enne se place dans un contexte plus g\u00e9n\u00e9ral qui vient compl\u00e9ter les sombres pr\u00e9visions de Norman Mailer, contexte qui concerne l&rsquo;\u00e9tat de l&#8217;empire, un an et demi apr\u00e8s l&rsquo;attaque du 9\/11. Alors que le d\u00e9cha\u00eenement am\u00e9ricain est pr\u00e9sent\u00e9 partout comme une affirmation de puissance inou\u00efe, il appara\u00eet \u00e0 l&rsquo;analyse qu&rsquo;il  s&rsquo;agit surtout d&rsquo;un d\u00e9cha\u00eenement de d\u00e9sordre et d&rsquo;une interpr\u00e9tation de ce d\u00e9sordre appuy\u00e9e sur le seul virtualisme. L&rsquo;effet r\u00e9el appara\u00eetrait plut\u00f4t comme le contraire de la description de l&rsquo;affirmation de la puissance imp\u00e9riale am\u00e9ricaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici ce qui se passe, dix-huit mois plus tard, <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les USA se sont compl\u00e8tement isol\u00e9s sur la sc\u00e8ne internationale, les alli\u00e9s comme Blair n&rsquo;ayant d&rsquo;un point de vue diplomatique, du point de vue strat\u00e9gique, du point de vue de la dur\u00e9e, litt\u00e9ralement aucune importance et aucun poids. (Selon <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=625\" class=\"gen\">Zbigniew Brzezinski,<\/a> le 2 mars 2003 : \u00ab <em>We have never been as isolated globally, literally never, since 1945.<\/em> \u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les USA sont en train de d\u00e9truire leurs relations avec le Mexique, ce voisin si fondamental pour leur propre stabilit\u00e9 int\u00e9rieure. Cela va, <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/89012.html\" class=\"gen\">comme le d\u00e9crit Paul Krugman,<\/a> jusqu&rsquo;\u00e0 des menaces de pression contre la population hispanique des USA (elle est de 27 millions !), de la part du pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis. Krugman r\u00e9agit de la sorte : \u00ab <em>But my most intense reaction to this story isn&rsquo;t anger over the administration&rsquo;s stupidity and irresponsibility, or even dismay over the casual destruction of hard-won friendships. No, when I read an interview in which the U.S. president sounds for all the world like a B-movie villain  You have relatives in Texas, yes?  what I feel, above all, is shame.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La mise en cause des points essentiels de la cha\u00eene d&rsquo;influence de l&#8217;empire, au travers de l&rsquo;aigrissement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 des rapports avec des pays tels que l&rsquo;Allemagne, la Turquie et la Cor\u00e9e du Sud. La cause de cet aigrissement rel\u00e8ve du d\u00e9risoire, en g\u00e9n\u00e9ral de la plus compl\u00e8te inattention apport\u00e9e par les dirigeants am\u00e9ricains aux perceptions et \u00e0 la sensibilit\u00e9 de ces pays.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La mise en cause des m\u00e9canismes essentiels de cette m\u00eame cha\u00eene d&rsquo;influence, principalement les deux engagements militaires les plus importants, d&rsquo;Europe Occidentale (l&rsquo;U.S. Army en Allemagne) et de Cor\u00e9e du Sud. L&rsquo;argument technique qui fonde en partie ces retraits, et qui est vrai par ailleurs, acc\u00e9l\u00e8re monstrueusement le mouvement politique d&rsquo;aigrissement des rapports, transformant ces deux cas en un abandon syst\u00e9matique de deux places-fortes strat\u00e9gico-militaires des \u00c9tats-Unis tr\u00e8s loin de son espace g\u00e9opolitique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;abandon de toute r\u00e9f\u00e9rence autre que la lutte contre le terrorisme pendant quelques mois, autre que l&rsquo;hostilit\u00e9 contre l&rsquo;Irak depuis et syst\u00e9matiquement. L&rsquo;attention port\u00e9e aux liens ext\u00e9rieurs de l&rsquo;Am\u00e9rique, que ce soient des liens d&rsquo;influence ou d&rsquo;aide, se r\u00e9sume \u00e0 cette exclusivit\u00e9 du probl\u00e8me irakien aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La recherche syst\u00e9matique de la d\u00e9stabilisation des sch\u00e9mas et des syst\u00e8mes des relations internationales, donc sch\u00e9mas et syst\u00e8mes auxquels sont attach\u00e9s les alli\u00e9s des \u00c9tats-Unis. Le Moyen-Orient est bien entendu l&rsquo;exemple-type de cette chim\u00e8re d\u00e9vastatrice, avec une intention sans cesse r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de porter des coups de boutoir aux r\u00e9gimes de pays-amis, comme l&rsquo;Arabie Saoudite, d&rsquo;autres \u00e9ventuellement comme l&rsquo;\u00c9gypte, au travers de la d\u00e9stabilisation apport\u00e9e par la chute du r\u00e9gime de Saddam.<\/p>\n<h3>Le destin de l&rsquo;Am\u00e9rique, c&rsquo;est le d\u00e9sordre <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSur le plan int\u00e9rieur, il y a effectivement un d\u00e9rive anti-d\u00e9mocratique, mais qui est appuy\u00e9e sur le conformisme plus que sur un cadre politique et l\u00e9gislatif autoritaire (s&rsquo;il y a de nouvelles lois contraignantes, il n&rsquo;y a pas abrogation des lois qui garantissent la libert\u00e9). Notre appr\u00e9ciation est que le cadre g\u00e9n\u00e9ral am\u00e9ricain ne peut se passer de la libert\u00e9, pour simplement fonctionner, parce que les libert\u00e9s concr\u00e8tes (circulation, commerce, information, etc) sont le fondement de son syst\u00e8me ; nous notons cela, non comme on se f\u00e9licite d&rsquo;une vertu, mais comme on observe un m\u00e9canisme. Le conformisme de comportement g\u00e9n\u00e9ralement suivi par ailleurs, en toute libert\u00e9 si l&rsquo;on veut, fait justice de ce qu&rsquo;on nommerait la libert\u00e9 de l&rsquo;esprit et la libert\u00e9 du jugement,  l\u00e0 o\u00f9, \u00e0 notre sens, va se nicher la vertu de la libert\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes conditions int\u00e9rieures garantissent plus une \u00e9volution vers un d\u00e9sordre \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine, plus par paralysie et par d\u00e9sarroi que par exub\u00e9rance ou par absence d&rsquo;ob\u00e9issance ; un d\u00e9sordre individualiste plus qu&rsquo;un d\u00e9sordre social, \u00e0 l&rsquo;image de ce qu&rsquo;est l&rsquo;Am\u00e9rique. Cette caract\u00e9ristique peut \u00eatre appliqu\u00e9e \u00e0 la politique ext\u00e9rieure, qui est celle d&rsquo;un d\u00e9sordre g\u00e9n\u00e9ral (Alain Joxe parle du \u00ab <em>chaos imp\u00e9rial<\/em> \u00bb), nullement d&rsquo;imp\u00e9rialisme ou d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie. (Encore une fois : l&rsquo;Am\u00e9rique domine le monde libre depuis 1945, et, sans coup f\u00e9rir, le monde en g\u00e9n\u00e9ral depuis 1989-91 : quelle absurdit\u00e9 est-ce l\u00e0 que de conqu\u00e9rir ce qu&rsquo;on poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 ? Le r\u00e9sultat est \u00e9videmment le d\u00e9sordre et la suscitation de r\u00e9actions antagonistes.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi diff\u00e9rons-nous de la vision de Norman Mailer, qui est une vision \u00e0 notre sens trop intellectuelle, trop ordonn\u00e9e,  trop orwellienne en un sens. (Le vieux Norm&rsquo; a tout de m\u00eame raison lorsqu&rsquo;il d\u00e9crit le stade interm\u00e9diaire, qui est en fait la description de la situation actuelle : \u00ab <em> America is going to become a mega-banana republic where the army will have more and more importance in Americans&rsquo; lives.<\/em> \u00bb) L&rsquo;Am\u00e9rique ne passerait pas \u00e0 un nouveau stade politique (le fascisme), elle poursuivrait le d\u00e9clin acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de son syst\u00e8me, dont la d\u00e9cadence par rapport aux buts initiaux des fondateurs f\u00e9d\u00e9ralistes (anti-jeffersoniens par ailleurs, ce pourquoi le r\u00e9veil de Jefferson nous serait pr\u00e9cieux) est \u00e9vidente depuis la Grande D\u00e9pression. (La d\u00e9cadence du syst\u00e8me se marque d\u00e9sormais par le grippage de la machine niveleuse, qui pourrait \u00eatre son dernier stade : les dirigeants s\u00e9lectionn\u00e9s pour diriger [coordonner] le syst\u00e8me sont de plus en plus m\u00e9diocres, irresponsables, voire lunatiques comme l&rsquo;est un peu GW. )<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9veille-toi Jefferson, ils sont devenus fous ! &#8230; Mais on le sait, Thomas Jefferson mourut en 1825 et ses derniers mots furent ceux-ci : \u00ab Tout, tout est mort&#8230; \u00bb [En mai 1993, commentant le livre The Radicalism of the American Revolution de Gordon S. 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