{"id":65595,"date":"2003-05-02T00:00:00","date_gmt":"2003-05-02T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/05\/02\/un-couple-rabiboche-rubrique-analyse-de-defensa-volume-18-n11-du-25-fevrier-2003\/"},"modified":"2003-05-02T00:00:00","modified_gmt":"2003-05-02T00:00:00","slug":"un-couple-rabiboche-rubrique-analyse-de-defensa-volume-18-n11-du-25-fevrier-2003","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/05\/02\/un-couple-rabiboche-rubrique-analyse-de-defensa-volume-18-n11-du-25-fevrier-2003\/","title":{"rendered":"<strong><em>Un couple rabiboch\u00e9<\/em><\/strong> \u2014 Rubrique Analyse, de defensa, Volume 18, N\u00b011 du 25 f\u00e9vrier 2003"},"content":{"rendered":"<p><h3>Rubrique Analyse, de defensa, Volume 18, N\u00b011 du 25 f\u00e9vrier 2003<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article\">Un couple rabiboch\u00e9<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que ce couple franco-allemand reform\u00e9 dans la h\u00e2te et l&rsquo;improvisation? Les sarcasmes n&rsquo;ont pas manqu\u00e9. C&rsquo;est tout \u00e0 fait normal puisque le couple s&rsquo;est refait dans l&rsquo;id\u00e9e, vaguement accept\u00e9e, de s&rsquo;opposer \u00e0 ou de freiner la guerre contre l&rsquo;Irak<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tDepuis ao\u00fbt 2002, depuis que Schr\u00f6der a annonc\u00e9 qu&rsquo;il prenait position contre une guerre contre l&rsquo;Irak, l&rsquo;offensive des pressions am\u00e9ricaines a \u00e9t\u00e9 <em>crescendo<\/em>, \u00e0 mesure de la difficult\u00e9 grandissante. Au d\u00e9part, cela ne faisait pas un pli : Schr\u00f6der allait gagner son \u00e9lection gr\u00e2ce \u00e0 cette prise de position pour plaire \u00e0 son \u00e9lectorat puis il reviendrait dans le droit chemin. Cela semblait \u00e9vident \u00e0 tous les commentateurs conformes du domaine et, dans tous les cas, bien dans la ligne des d\u00e9mocraties ouest-occidentales. Mais rien n&rsquo;est venu. Schr\u00f6der, n&rsquo;a pas boug\u00e9 d&rsquo;un poil, il se serait m\u00eame durci. A la fin de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, les m\u00eames commentateurs avan\u00e7aient faiblement que la pr\u00e9sidence tournante du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 que l&rsquo;Allemagne prendrait en f\u00e9vrier serait l&rsquo;occasion de la rentr\u00e9e dans le rang tant attendu. Il n&rsquo;en a rien \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe 4 f\u00e9vrier lors d&rsquo;un s\u00e9minaire \u00e0 Washington, Richard Perle fit une diatribe d&rsquo;une rare violence. Il nous dit ce qu&rsquo;il pense de l&rsquo;Allemagne ; par cons\u00e9quent, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de Perle, ce n&rsquo;est pas loin d&rsquo;\u00eatre ce qu&rsquo;on pense \u00e0 Washington. (Par la m\u00eame occasion, il parle de la France, ce qui est bienvenu car nous allons \u00e9galement parler de la France.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>France is no longer the ally it once was.<\/em> [&#8230;] <em>I have long thought that there were forces in France intent on reducing the American rote in the world. That is more troubling than the stance of a German chancellor, who has been largely rejected by his own people.<\/em> [&#8230;] <em>Very considerable damage has already been done to the Atlantic community, including NATO, by Germany and France. But in the German case, the behaviour of the Chancellor is idiosyncratic. He tried again to incite pacifism, and this time failed in Sunday&rsquo;s elections in Hesse and Lower Saxony. His capacity to do damage is now constrained. Chancellor Schroeder is now in a box, and the Germans will recover their equilibrium.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertes, Perle n&rsquo;est pas un tendre. La violence du propos est tout de m\u00eame remarquable, notamment le m\u00e9pris stup\u00e9fiant qu&rsquo;il montre dans les appr\u00e9ciations qu&rsquo;il nous livre du chancelier Schr\u00f6der. Le cas est certainement d&rsquo;importance,  et l&rsquo;on voit aussit\u00f4t que la France y tient sa place.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Comment le chancelier Schr\u00f6der a d\u00fb \u00e9pouser une grande cause, pour la plus simple raison du monde pour un politicien : se faire r\u00e9\u00e9lire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAu d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier, Schr\u00f6der est dans une affreuse posture. Depuis 2-3 ans, la puissante locomotive allemande va de mal en pis. \u00c9conomie d\u00e9clinante, ch\u00f4mage, un d\u00e9clin g\u00e9n\u00e9ral de la puissance allemande. Pour l&rsquo;Allemagne, un probl\u00e8me \u00e9conomique est un probl\u00e8me fondamental tant la puissance de ce pays est fond\u00e9e presque exclusivement sur l&rsquo;\u00e9conomie. Schr\u00f6der va avec tout cela, son destin est identifi\u00e9 \u00e0 celui de l&rsquo;Allemagne qu&rsquo;il conduit depuis 1995 ; au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, les sondages disent qu&rsquo;il est battu. Le d\u00e9but de la campagne ne change rien, au contraire. Fin juillet, Schr\u00f6der semble aller vers une d\u00e9route. Il consulte ses strat\u00e8ges; ses services de communication, tous ces gens form\u00e9s \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine ; il prend langue avec son ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res et alli\u00e9 de coalition, le vert Joska Fischer. Verdict g\u00e9n\u00e9ral : une seule chose peut marcher, c&rsquo;est l&rsquo;Irak.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230; C&rsquo;est-\u00e0-dire, l&rsquo;opposition \u00e0 la guerre contre l&rsquo;Irak que projette GW Ce choix de Schr\u00f6der est-il un choix cynique ? d\u00e9magogue ? Est-ce un choix sans conviction, pour n&rsquo;envisager une position anti-guerre qu&rsquo;en fonction de ses int\u00e9r\u00eats \u00e9lectoraux ? Ces questions importent peu parce qu&rsquo;on ne peut y r\u00e9pondre pr\u00e9cis\u00e9ment et d&rsquo;une mani\u00e8re tranch\u00e9e, et qu&rsquo;y r\u00e9pondre n&rsquo;apporte rien. (Ceux qui sont prompts \u00e0 lui faire cette sorte de reproche savent bien qu&rsquo;il ne faut pas trop insister. Pas une d\u00e9mocratie au monde qui ne sacrifie, aujourd&rsquo;hui, \u00e0 la d\u00e9magogie et au cynisme. Nous ne nous attardons donc pas \u00e0 cet aspect des choses, si \u00e9vident et surtout trop r\u00e9pandu pour \u00eatre significatif. Cela ne nous dit rien de Schr\u00f6der sinon que Schr\u00f6der est comme les autres,  mais, apr\u00e8s tout, ce n&rsquo;est pas Schr\u00f6der qui nous int\u00e9resse ici, ni m\u00eame sa politique ; ce qui nous int\u00e9resse, ce sont les effets inattendus et involontaires d&rsquo;une politique qui n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 choisie que pour des raisons indirectes, sans rapport r\u00e9el avec son contenu. Faire reproche \u00e0 Schr\u00f6der, le couteau entre les dents, d&rsquo;\u00eatre un pacifiste est d&rsquo;une stupidit\u00e9 rare, un v\u00e9ritable jugement de barbare primaire, englu\u00e9 dans le conformisme de la pens\u00e9e.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tR\u00e9glons donc ici le cas allemand. L&rsquo;Allemagne ne se distingue par rien de particulier ces temps-ci. C&rsquo;est un semi-g\u00e9ant affaibli, qui n&rsquo;a aucun moyen d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 cet \u00e9tat d&rsquo;affaiblissement parce qu&rsquo;il n&rsquo;a aucune capacit\u00e9 fondamentale d&rsquo;affirmation en-dehors des fortunes conjoncturelles, parce que enfin ce pays n&rsquo;a aucune souverainet\u00e9 profonde, qu&rsquo;il est priv\u00e9 de l\u00e9gitimit\u00e9 r\u00e9elle depuis 1945 et l&rsquo;effondrement nazi. La r\u00e9unification, qui est un acte de puissance temporelle, une d\u00e9cision g\u00e9opolitique par nature sans substrat spirituel malgr\u00e9 qu&rsquo;on ait voulu beaucoup en faire croire l\u00e0-dessus, n&rsquo;a rien chang\u00e9 de fondamental, rien dans la substance. L&rsquo;Allemagne reste priv\u00e9e de souverainet\u00e9. (Nous ne nous pronon\u00e7ons pas l\u00e0-dessus : est-ce un bien, est-ce un mal ; nous posons ce que nous jugeons \u00eatre un fait.) Voil\u00e0 qui vaut pour Schr\u00f6der et son gouvernement, comme pour les gouvernements et les chanceliers qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. Par contre, le peuple allemand existe, lui. Sa puissance indirecte est d&rsquo;autant plus grande que 1&rsquo;Allemagne n&rsquo;existe plus et qu&rsquo;il reste donc la seule affirmation de l&rsquo;identit\u00e9 allemande. Les dirigeants, rompus aux habilet\u00e9s bureaucratiques et aux arrangements politiciens comme nulle part ailleurs (sauf au Japon et aux USA, sans doute), savent \u00e9galement qu&rsquo;il y a une limite qu&rsquo;on ne peut d\u00e9passer. En septembre 2002, avant la r\u00e9\u00e9lection de Schr\u00f6der, nous interrogions un sp\u00e9cialiste des relations internationales, \u00e9galement membre de la direction d&rsquo;un parti politique, dans un pays qui s&rsquo;y conna\u00eet en fait de magouilles politiciennes,  en Belgique pour tout dire. La question \u00e9tait : \u00ab <em>Schr\u00f6der pourra-t-il revenir sur son engagement anti-guerre<\/em> ? \u00bb La r\u00e9ponse fut comme celle-ci : \u00ab <em>Les diplomates que je c\u00f4toie disent qu&rsquo;il reviendra tr\u00e8s vite sur cet engagement, parce que l&rsquo;alignement sur les USA c&rsquo;est l&rsquo;essentiel de la politique allemande ; les politiques, qui ne connaissent rien de la politique ext\u00e9rieure mais tout des rapports avec les \u00e9lecteurs, disent qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 trop loin, qu&rsquo;il s&rsquo;est trop engag\u00e9 pour revenir en arri\u00e8re, qu&rsquo;il risquerait trop gros politiquement.<\/em> \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe cas est bien expos\u00e9 : si Schr\u00f6der ne bouge pas, c&rsquo;est qu&rsquo;il juge que cela est \u00e9lectoralement impossible \u00e0 faire. S&rsquo;il bouge, ce sera qu&rsquo;il aura fait l&rsquo;appr\u00e9ciation inverse ; et que, pour compl\u00e9ter le tableau de la situation, le poids des pressions des Am\u00e9ricains et de leurs relais allemands, agents d&rsquo;influence, affid\u00e9s bien connus, g\u00e9n\u00e9raux, experts transatlantiques, industriels, politiciens, se sera r\u00e9v\u00e9l\u00e9 sup\u00e9rieur \u00e0 ce qu&rsquo;on per\u00e7oit de la pression du public. L&rsquo;argument de Perle est donc profond\u00e9ment idiot, on dirait presque substantiellement idiot : ce n&rsquo;est pas parce que Schr\u00f6der est \u00ab <em>in a box<\/em> \u00bb que la situation va changer, et sa politique \u00e9voluer ; c&rsquo;est exactement le contraire : tant qu&rsquo;il est \u00ab <em>in a box <\/em>\u00bb, affaibli et avec la m\u00eame analyse que lui imposent les faits, sa politique ne changera pas. (\u00c9videmment, on sait o\u00f9 Perle va p\u00eacher ses informations, par exemple chez un g\u00e9n\u00e9ral Klaus Naumann, r\u00e9cemment embrigad\u00e9 dans la branche internationale du lobby Committee on th\u00e9 Lib\u00e9ration of Iraq, qui vient d&rsquo;\u00eatre cr\u00e9\u00e9 par les n\u00e9o-conservateurs, conduits par le m\u00eame Perle. Par essence, Naumann est incapable de penser en d&rsquo;autres termes que ceux d&rsquo;une sup\u00e9riorit\u00e9 am\u00e9ricaine appr\u00e9ci\u00e9e comme b\u00e9n\u00e9fique et fondamentale. Il relaie donc une interpr\u00e9tation qui va dans ce sens et Perle ingurgite. Cela s&rsquo;appelle auto-d\u00e9sinformation.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;erreur des analystes s\u00e9rieux, qui veulent tout rationaliser pour avoir l&rsquo;air s\u00e9rieux, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour avoir l&rsquo;air vertueux, c&rsquo;est d&rsquo;avancer l&rsquo;id\u00e9e que la politique de Schr\u00f6der est un acte volontaire, donc un acte de r\u00e9volte, donc, peu ou prou, un acte fort ; c&rsquo;est d&rsquo;avancer finalement que la politique de Schr\u00f6der est l&rsquo;acte d&rsquo;un homme fort qui, \u00e0 leurs yeux, se trompe. Au contraire, c&rsquo;est un acte faible, l&rsquo;acte d&rsquo;un homme faible, d&rsquo;un homme fondamentalement apolitique (sans politique), qui lutte d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment pour se maintenir au pouvoir, et qui juge que cette politique soi-disant pacifiste reste la cl\u00e9 de son maintien au pouvoir. Sinon, il y a longtemps qu&rsquo;il aurait embrass\u00e9, au propre et au figur\u00e9, la cause am\u00e9ricaine, et avec le soutien enthousiaste de Fisher et des verts promptement mis en ligne. Les Allemands nous ont habitu\u00e9s \u00e0 cela, dans tous les sens.<\/p>\n<h3>La question centrale est celle du peuple (les Allemands) : la politique Schr\u00f6der, forc\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements, est-elle devenue une politique populaire pour laquelle le peuple se manifesterait ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tMais la politique Schr\u00f6der comporte un risque s\u00e9rieux (nous parlons ici du point de vue de ceux qui la critiquent). A force de durer, et alors qu&rsquo;elle est confront\u00e9e \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements qui l&rsquo;exacerbent (la guerre contre l&rsquo;Irak et la crise alentour), elle finit par devenir \u00e0 la fois naturelle et logique. En d&rsquo;autres termes, elle finit par acqu\u00e9rir une certaine l\u00e9gitimit\u00e9. (L\u00e0 encore, nous voil\u00e0 oblig\u00e9s de contredire Perle : si la d\u00e9faite de Schr\u00f6der le 2 f\u00e9vrier, aux \u00e9lections r\u00e9gionales, a \u00e9videmment affaibli sa position, elle n&rsquo;a \u00e9videmment pas contredit sa politique anti-guerre puisque la cause \u00e9vidente de cet \u00e9chec est la situation \u00e9conomique et tout ce qui va avec ; Schr\u00f6der, dans sa position de plus en plus fragile, n&rsquo;a plus gu\u00e8re qu&rsquo;une politique qui lui vaut un soutien publie, comme on peut le voir avec les sondages anti-guerres en Allemagne, c&rsquo;est justement cette politique-l\u00e0, d&rsquo;hostilit\u00e9 \u00e0 la guerre.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, la position anti-guerre (contre la guerre en Irak) est devenue une r\u00e9alit\u00e9 courante et d&rsquo;une force r\u00e9elle en Allemagne. La position de l&rsquo;opinion populaire y est aussi ferme qu&rsquo;en France, ce qui n&rsquo;est pas peu dire. (D&rsquo;ailleurs, aussi ferme que dans toute l&rsquo;Europe de l&rsquo;Ouest et de l&rsquo;Est, selon un sondage massif dont les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 connus le 30 janvier ; avec respectivement 82% et 75% contre une guerre sans une r\u00e9solution explicite de l&rsquo;ONU,  et cela en dit long sur la l\u00e9gitimit\u00e9 de tous ces gouvernements qui soutiennent une guerre washingtonienne, y compris, et m\u00eame de pr\u00e9f\u00e9rence hors du cadre de l&rsquo;ONU). La classe intellectuelle allemande, emmen\u00e9e par Gunter Grass, est quasi-unanimement contre cette guerre. Elle est, aujourd&rsquo;hui, beaucoup plus \u00e0 l&rsquo;aise que dans aucun conflit pr\u00e9c\u00e9dent (Kosovo, Afghanistan) parce qu&rsquo;elle r\u00e9alise une addition de trois sentiments qui lui sont chers : le sentiment d\u00e9mocratique (majorit\u00e9 populaire), le sentiment europ\u00e9en (affirmation de l&rsquo;Europe, discr\u00e8tement anti-US), le sentiment pacifiste (anti-guerre). La population manifeste son entrain anti-guerre, et presque antiam\u00e9ricain (20.000 personnes manifestant \u00e0 Munich, le 7 f\u00e9vrier, pour la venue de Rumsfeld au s\u00e9minaire <em>Werkunde<\/em>)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est possible d&rsquo;envisager un sc\u00e9nario o\u00f9 Schr\u00f6der, devenu trop faible, serait oblig\u00e9 de convoquer des \u00e9lections anticip\u00e9es, ou bien d\u00e9missionnerait, et o\u00f9, dans les deux cas, une opposition d\u00e9mocrate chr\u00e9tienne l&#8217;emporterait et renverserait sa politique ; ou m\u00eame un sc\u00e9nario o\u00f9 Schr\u00f6der changerait de lui-m\u00eame de politique, c\u00e9dant aux pressions des atlantistes. On se trouverait alors devant un cas \u00e9videmment flagrant. Au contraire des autres gouvernements qui soutiennent les USA, qui ont pris soin de ne r\u00e9aliser aucune connexion d\u00e9mocratique sur cette question puisque celle-ci conduirait \u00e0 leur d\u00e9saveu populaire, l&rsquo;Allemagne se trouverait dans le cas o\u00f9 cette connexion serait d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablie. Tous les ingr\u00e9dients sont l\u00e0 pour que ressurgisse une crise int\u00e9rieure allemande de la dimension de celle des euromissiles en 1979-83,  et, cette fois, sans un Mitterrand venant pr\u00eater main forte (son discours au Bundestag en 1982) au gouvernement allemand, mais au contraire avec un gouvernement fran\u00e7ais devenu indiff\u00e9rent, sinon hostile.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela, ce risque, aucun politicien allemand ne l&rsquo;ignore ; au reste, on observe que la r\u00e9action la plus violente \u00e0 l&rsquo;intervention de Rumsfeld du 22 janvier sur la soi-disant \u00ab <em>old Europe<\/em> \u00bb, celle qui s&rsquo;affirme encore plus comme anti-am\u00e9ricaniste que comme anti-guerre, vient d&rsquo;un chr\u00e9tien-d\u00e9mocrate bavarois : \u00ab <em>By far the strongest response came from the arch-conservative Bavarian Christian Social Union. Its spokesman on European affairs, Bernd Posselt, accused Mr Rumsfeld of neo-colonialism. He added: The US has to learn that the European Union is a partner and not a protectorate. <\/em> \u00bb (Dans le <em>Guardian<\/em>, le 24 janvier.)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Que viennent faire les Fran\u00e7ais dans cette gal\u00e8re ? Le fait est qu&rsquo;ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 bord  comme ils sont toujours  avant la rencontre, install\u00e9s, au-del\u00e0 du Rubicon, en train d&rsquo;attendre les Allemands<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPour \u00eatre un couple, puisque nous parlons d&rsquo;un \u00ab <em>couple rabiboch\u00e9<\/em> \u00bb il faut \u00eatre deux,  voici les Fran\u00e7ais. L&rsquo;une des fables les plus \u00e9tranges qui court aujourd&rsquo;hui, et dont nous soup\u00e7onnons que les autorit\u00e9s fran\u00e7aises lui facilitent la course \u00e0 certains \u00e9gards, est que les Fran\u00e7ais ont ralli\u00e9 les Allemands, qu&rsquo;ils se seraient gauchis (plus \u00e0 gauche) pour rejoindre les th\u00e8ses allemandes. On a vu ce que valent (ce que nous en pensons, disons) les th\u00e8ses allemandes. Dans toute cette affaire, il n&rsquo;y a pas un gramme de conviction, nulle part, sauf la croyance que Dieu est l\u00e0 chez GW et la conviction que cette guerre est profond\u00e9ment stupide chez un certain nombre de hauts fonctionnaires fran\u00e7ais, et sans doute chez Chirac lui-m\u00eame (ce qui serait une surprise heureuse, de d\u00e9couvrir que ce pr\u00e9sident a une conviction). II n&rsquo;y a aucun engagement politique classique dans ce ballet de positions prises selon des r\u00e9f\u00e9rences indirectes, et il est alors absurde de placer, si l&rsquo;on veut, sur une sorte d&rsquo;\u00e9ventail, des positions interpr\u00e9t\u00e9es politiquement : il y aurait l&rsquo;Allemagne \u00e0 gauche, la France au centre, et les USA-UK \u00e0 droite,  et alors, en faisant cette alliance avec l&rsquo;Allemagne au 40e anniversaire du Trait\u00e9 de l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e, notamment sur la question irakienne, les Fran\u00e7ais se seraient ralli\u00e9s aux Allemands,  ils auraient vir\u00e9 \u00e0 gauche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons par ailleurs (voir dd&#038;e, Vol18, n\u00b008 [rubrique <em>de defensa<\/em>] et 09 [rubrique <em>Analyse<\/em>]) d\u00e9taill\u00e9 notre approche de la position diplomatique fran\u00e7aise, que nous croyons compl\u00e8tement ancr\u00e9e dans des principes diplomatiques d&rsquo;une tr\u00e8s grande force. Nous ne proclamons par la vertu des hommes, mais celle des traditions ; la force de ces traditions est telle qu&rsquo;elle semble parfois rendre les hommes vertueux. Mais c&rsquo;est anecdotique. Reste la position fran\u00e7aise. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBas\u00e9e sur des principes d&rsquo;harmonie des relations, d&rsquo;\u00e9quilibre des puissances, cette position n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec \u00eatre pro- ou anti-guerre. La pi\u00e9taille n\u00e9o-conservatrice am\u00e9ricaine (George F. Will, Krauthammer, le <em>Weekly Standard<\/em>) qui tape \u00e0 boulets rouges sur la couardise des Fran\u00e7ais (des Europ\u00e9ens) se r\u00e9v\u00e8le, sur ce point, d&rsquo;une consternante ignorance. Ces principes d&rsquo;\u00e9quilibre sont mis en avant par les Fran\u00e7ais pour plaider qu&rsquo;ils sont, dans cette affaire, des mod\u00e9r\u00e9s, des hommes du milieu (le mot pris dans le sens d&rsquo;harmonie), capables d&rsquo;\u00e9tablir des compromis entre les positions divergentes, notamment entre Allemands et Am\u00e9ricains. (D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;interpr\u00e9tation des Fran\u00e7ais virant \u00e0 gauche lorsqu&rsquo;ils se rapprochent des Allemands.) Mais cette analyse se r\u00e9duit au charme des \u00e9tiquettes et au clinquant des apparences. En r\u00e9alit\u00e9, avec la position favorable \u00e0 l&rsquo;harmonie et \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre des relations, les Fran\u00e7ais sont \u00e0 un extr\u00eame d&rsquo;un spectre dont l&rsquo;autre extr\u00eame est occup\u00e9 par les Am\u00e9ricains. On ne peut trouver position plus antagoniste de celle des Am\u00e9ricains, que celle des Fran\u00e7ais bien s\u00fbr. Derri\u00e8re leur \u00e9tiquette charmeuse, les Fran\u00e7ais sont les extr\u00e9mistes anti-am\u00e9ricains de la crise ; l\u00e0 o\u00f9 ils pr\u00f4nent l&rsquo;\u00e9quilibre, les Am\u00e9ricains favorisent le d\u00e9s\u00e9quilibre, l\u00e0 o\u00f9 ils mettent en avant l&rsquo;harmonie, les Am\u00e9ricains pratiquent l&rsquo;affirmation pr\u00e9datrice. C&rsquo;est sur ce point que l&rsquo;on peut dire que Richard Perle (voir citation plus haut) a bien vu le v\u00e9ritable adversaire des USA, lorsqu&rsquo;il d\u00e9daigne l&rsquo;Allemagne apr\u00e8s l&rsquo;avoir m\u00e9pris\u00e9e, pour d\u00e9noncer la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien s\u00fbr, la conception fran\u00e7aise a une application europ\u00e9enne imm\u00e9diate : rechercher une Europe autonome, ind\u00e9pendante, parce que celle-ci forcera instantan\u00e9ment \u00e0 la recherche, au niveau sup\u00e9rieur des poids d\u00e9mographique et \u00e9conomique, en attendant d&rsquo;autres, d&rsquo;une situation de plus grand \u00e9quilibre et de plus grande harmonie. La politique europ\u00e9enne de la France est directement dict\u00e9e par les traditions et les conceptions nationales de ce pays.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe rapport franco-allemand depuis le d\u00e9but de la crise du 11 septembre 2001 n&rsquo;a rien \u00e0 voir, selon nous, avec l&rsquo;interpr\u00e9tation \u00e9troitement politique qu&rsquo;on en fait. La position forc\u00e9e de Schr\u00f6der, \u00e0 partir d&rsquo;ao\u00fbt 2002, a \u00e9t\u00e9 une opportunit\u00e9 conjointe pour les 2,  lesquels, jusqu&rsquo;alors, n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement proches.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Pour les Fran\u00e7ais, le rapprochement avec les Allemands pass\u00e9s dans une position anti-guerre renforce leur propre position. Il les d\u00e9douane du p\u00e9ch\u00e9 d&rsquo;opposition extr\u00e9miste (\u00e0 la ligne atlantiste) r\u00e9guli\u00e8rement mis \u00e0 leur d\u00e9bit, il renforce leur argument pour une Europe ind\u00e9pendante en reconstituant le couple -moteur europ\u00e9en. Il donne leur une position de force centrale en Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Pour les Allemands, le rapprochement avec la France est vital parce qu&rsquo;il signifie que l&rsquo;Allemagne \u00e9vite un isolement qu&rsquo;elle pouvait craindre, dans tous les cas qui lui \u00e9tait promis apr\u00e8s la prise de position anti-guerre de Schr\u00f6der cet \u00e9t\u00e9. Il n&rsquo;y a rien dont les Allemands aient plus peur que cette menace de boycott et de marginalisation dans la communaut\u00e9 internationale. Le rapprochement fran\u00e7ais les a sauv\u00e9s de cela et leur a restitu\u00e9 la dimension europ\u00e9enne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tChacun des partenaires y trouve son compte. Chacun, pour autant, ne doit pas se faire d&rsquo;illusion, et les fastes de la c\u00e9l\u00e9bration du Trait\u00e9 de l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e \u00e9taient un peu d\u00e9pass\u00e9s, et certainement un peu forc\u00e9s dans la r\u00e9alit\u00e9 de la substance des retrouvailles. Ces retrouvailles n&rsquo;ont aucun rapport avec la qualit\u00e9, mais pas davantage avec les illusions \u00e0 cet \u00e9gard, de la p\u00e9riode qui fut sanctifi\u00e9e par le Trait\u00e9,  i.e., l&rsquo;amiti\u00e9 entre de Gaulle et Adenauer entre 1958 et 1963. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement doit \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 hors de toute sentimentalit\u00e9 d&rsquo;une part, hors de toute ambition exag\u00e9r\u00e9e d&rsquo;autre part.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; C&rsquo;est un arrangement de circonstance, qui en a la fragilit\u00e9 et la relativit\u00e9. Il n&#8217;emp\u00eache, la puissance des \u00e9v\u00e9nements lui donne une certaine solidit\u00e9 qui a constitu\u00e9 certainement un \u00e9l\u00e9ment politique europ\u00e9en nouveau et de poids. Cette orientation durera selon les \u00e9v\u00e9nements, et selon eux essentiellement ; les hommes eux-m\u00eames, qui n&rsquo;ont rien de commun avec de Gaulle et Adenauer, n&rsquo;auront que peu d&rsquo;influence sur eux. On ne dira pas pour autant que ce n&rsquo;est rien, les \u00e9v\u00e9nements ayant aujourd&rsquo;hui une puissance consid\u00e9rable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Des deux, sans aucun doute, c&rsquo;est la France qui a le plus d&rsquo;avantages \u00e0 glaner.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Allemagne sauve les meubles alors que la France a un moyen de faire progresser une politique europ\u00e9enne de grande mesure, une politique europ\u00e9enne qui pourrait au bout du compte r\u00e9pondre \u00e0 de grandes ambitions. (L&rsquo;on aurait le paradoxe d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements tr\u00e8s puissants face \u00e0 des leaders sans ambitions, amenant ces leaders \u00e0 d\u00e9velopper opportun\u00e9ment ces grandes ambitions pour s&rsquo;adapter aux \u00e9v\u00e9nements. Ce serait une sorte de ces \u00e9v\u00e9nements nous d\u00e9passent et nous emportent, feignons d&rsquo;en \u00eatre les organisateurs. L\u00e0 encore, seule la France peut pr\u00e9tendre \u00e0 ce tour de passe-passe parce que seule la France a des principes et une diplomatie qui reposent sur l&rsquo;id\u00e9e essentielle de la recherche fondamentale de l&rsquo;ind\u00e9pendance ; chose qui vaut au niveau national, qui vaut \u00e9galement au niveau europ\u00e9en.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce couple rabiboch\u00e9, il n&rsquo;y a pas de projets communs ni d&rsquo;ambitions partag\u00e9es. II n&rsquo;y a que des effets indirects \u00e0 glaner, mais certains peuvent \u00eatre d&rsquo;une importance consid\u00e9rable. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, effectivement, les deux partenaires sont dans des positions in\u00e9gales, ce qui explique les avantages probables pour l&rsquo;un, et le fait de beaucoup moins d&rsquo;avantages probables pour l&rsquo;autre. Les Allemands sont en position d\u00e9fensive et n&rsquo;ont d&rsquo;int\u00e9r\u00eat r\u00e9el, au d\u00e9part, que pour la question irakienne (et la brouille avec les Am\u00e9ricains que celle-ci leur occasionne). Cette position ne leur permet gu\u00e8re de mettre en place des projets int\u00e9ressants dans d&rsquo;autres domaines, o\u00f9 ils pourraient trouver leurs avantages.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu contraire, les Fran\u00e7ais sont en pleine possession de leurs moyens, en pleine affirmation de leur position imm\u00e9moriale (ind\u00e9pendance, autonomie, etc). Ils peuvent m\u00eame avancer que ces questions doivent \u00eatre r\u00e9gl\u00e9es directement en relation avec une \u00e9volution s\u00e9rieuse des rapports de l&rsquo;Europe avec les USA. Le paradoxe est que les Allemands se sont rapproch\u00e9s des Fran\u00e7ais pour \u00e9viter des d\u00e9g\u00e2ts trop graves dans leurs relations avec les USA, alors que les Fran\u00e7ais pourraient les amener \u00e0 ent\u00e9riner une \u00e9volution europ\u00e9enne r\u00e9elle, mettant directement en question les rapports de l&rsquo;Europe avec les USA. Ils faut dire,  ils (les Fran\u00e7ais) sont bien aid\u00e9s par le maximalisme am\u00e9ricain.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Cet accident est d\u00fb \u00e0 la guerre en Irak, ou \u00e0 la menace de guerre en Irak,  mais ses effets r\u00e9els, importants, s&rsquo;il y en a, se feront sentir essentiellement au niveau europ\u00e9en, par rapport \u00e0 la relation USA-Europe<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIllusions \u00e9cart\u00e9es, on constatera que le rabibochage franco-allemand est d&rsquo;abord un accident d\u00fb \u00e0 la guerre en Irak (au projet de guerre en Irak). Vis-\u00e0-vis de ce conflit, il gardera le caract\u00e8re accidentel, et l&rsquo;on peut m\u00eame aller jusqu&rsquo;\u00e0 envisager des cas o\u00f9 les deux partenaires se s\u00e9pareraient sur cette question irakienne. La position allemande \u00e0 cet \u00e9gard,  contrairement \u00e0 la vision conformiste qui l&rsquo;appr\u00e9cie comme la plus dure des deux,  est loin d&rsquo;\u00eatre s\u00fbre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;essentiel est bien ce qui sera retir\u00e9 du rabibochage au niveau europ\u00e9en. Sur ce point, c&rsquo;est \u00e0 la France d&rsquo;agir, elle en a les moyens et elle a le champ pour cela, \u00e0 cause des circonstances. Se lamenter sur la division de l&rsquo;Europe \u00e0 l&rsquo;occasion de cette crise n&rsquo;a pas de sens ; mieux vaut une division, impliquant qu&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 au moins est tr\u00e8s europ\u00e9en, qu&rsquo;une absence de l&rsquo;Europe comme ce fut le cas g\u00e9n\u00e9ral jusqu&rsquo;alors. (Encore, les grandes manifestations du 15 f\u00e9vrier pr\u00e9sagent des \u00e9volutions ; d\u00e9j\u00e0, les Italiens nuancent leur position dans un sens moins pro-am\u00e9ricain, le pro-am\u00e9ricanisme espagnol ne tient qu&rsquo;\u00e0 Aznar qui va partir et, au Royaume-Uni, on sait la fragilit\u00e9 de la position de Blair, qui est, lui aussi, le seul architecte s\u00e9rieux de l&rsquo;alliance avec GW Bush).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa circonstance est d&rsquo;autant plus int\u00e9ressante que tous ces \u00e9v\u00e9nements europ\u00e9ens, et le rabibochage franco-allemand parmi eux, ont lieu directement en fonction des liens entre l&rsquo;Europe et les USA, dont la probl\u00e9matique est ainsi nettement pos\u00e9e (et Rumsfeld se charge de nous mettre les points sur les i \u00e0 cet \u00e9gard). De ce point de vue, au contraire du reste, la circonstance 2002-2003 rejoint et m\u00eame d\u00e9passe en intensit\u00e9 la circonstance (et les ambitions) des ann\u00e9es 1958-63.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rubrique Analyse, de defensa, Volume 18, N\u00b011 du 25 f\u00e9vrier 2003 Un couple rabiboch\u00e9 Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que ce couple franco-allemand reform\u00e9 dans la h\u00e2te et l&rsquo;improvisation? Les sarcasmes n&rsquo;ont pas manqu\u00e9. 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