{"id":65596,"date":"2003-05-02T00:00:00","date_gmt":"2003-05-02T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/05\/02\/qui-va-nous-arreter-qui-peut-nous-arreter-transcription-de-lemission-cia-guerres-secretes\/"},"modified":"2003-05-02T00:00:00","modified_gmt":"2003-05-02T00:00:00","slug":"qui-va-nous-arreter-qui-peut-nous-arreter-transcription-de-lemission-cia-guerres-secretes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/05\/02\/qui-va-nous-arreter-qui-peut-nous-arreter-transcription-de-lemission-cia-guerres-secretes\/","title":{"rendered":"<strong><em>\u00ab Qui va nous arr\u00eater, qui peut nous arr\u00eater ? \u00bb \u2014 Transcription de l&rsquo;\u00e9mission \u201cCIA: guerres secr\u00e8tes\u201d<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">\u00ab Qui va nous arr\u00eater, qui peut nous arr\u00eater ? \u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tLes 12 et 14 avril, les deux cha\u00eenes de la RTBF successivement,  le 16 avril, ARTE diffusaient un document sur la CIA, <em>CIA : Guerres secr\u00e8tes<\/em>. <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=705\" class=\"gen\">Nous avions signal\u00e9 cette \u00e9mission<\/a> et annoncions la publication de la transcription de cette \u00e9mission. Voil\u00e0 qui est fait ci-dessous.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe documentaire est remarquable par son rythme, la profusion des situations, des encha\u00eenements, des constats, qui brossent un tableau saisissant de l&rsquo;\u00e9tat du pouvoir aux USA, de sa vertigineuse d\u00e9cadence, de sa corruption psychologique autant que v\u00e9nale. Nous pensons que la transcription ressuscite cet effet.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn autre aspect qui ressort du document est la sensation de la profondeur extraordinaire de la crise des services de renseignement US, essentiellement la CIA, essentiellement \u00e0 cause du traitement que leur ont fait subir et leur font subir les pr\u00e9sidents Clinton et GW Bush. Cela est un \u00e9l\u00e9ment assez in\u00e9dit : tout le monde sait que la CIA est en crise mais on r\u00e9alise ici qu&rsquo;il s&rsquo;agit peut-\u00eatre d&rsquo;une crise mortelle, passant notamment par la rupture compl\u00e8te, au niveau des activit\u00e9s et au niveau de la confiance, entre la CIA et le pouvoir politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe document a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en 2003 par William Karel, il a \u00e9t\u00e9 produit par Arte et Roche Production. (Fanny Cornil a r\u00e9alis\u00e9 cette transcription.)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article\">CIA: Guerres secr\u00e8tes   Transcription <\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>LES PARTICIPANTS<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ALEXANDER HAIG<\/strong>, Ancien secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat (1981-82)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>CHARLES COGAN<\/strong>, CIA-Directeur du contre-espionnage (1995-98)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DALE WATSON<\/strong>, FBI-Directeur de la lutte anti-terroriste<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DUANE CLARRIDGE<\/strong>, CIA-Directeur du Counterterrorist Center (1986-89)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>FRANK CARLUCCI<\/strong>, Directeur adjoint de la CIA (1978-81)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES SCHLESINGER<\/strong>, Directeur de la CIA (1973)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES WOOLSEY<\/strong>, Directeur de la CIA (1993-96)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JEAN-CHARLES BRISARD<\/strong>, DST<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JIM HOAGLAND<\/strong>, <em>The Washington Post<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong>, Historien<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH WILSON<\/strong>, Ambassadeur en Irak (1990-91)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>MILTON BEARDEN<\/strong>, CIA-Chef de d\u00e9partement<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>OLEG KALOUGINE<\/strong>, Officier du KGB<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>PETER EARNEST<\/strong>, CIA- Officier de terrain, analyste<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>RICHARD HAAS<\/strong>, D\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>RICHARD HOLM<\/strong>, CIA-Chef de d\u00e9partement<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>RICHARD KERR<\/strong>, Sous-directeur de la CIA (1989-92)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong>, CIA-Op\u00e9rations clandestines<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong>, Directeur de la CIA (1991-93)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT MALLEY<\/strong>, Conseiller de Bill Clinton<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong>, CIA-Op\u00e9rations clandestines<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>STANSFIELD TURNER<\/strong>, Directeur de la CIA (1978-81)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM BLUM<\/strong>, Ancien officier au D\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM COHEN<\/strong>, Secr\u00e9taire \u00e0 la D\u00e9fense de Bill Clinton (1997-2001)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM QUANDT<\/strong>, Conseil National de S\u00e9curit\u00e9<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM WEBSTER<\/strong>, Directeur de la CIA (1987-89), Directeur du FBI (1978-87)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>TRANSCRIPTION<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>GEORGE BUSH SR<\/strong> (d\u00e9claration publique) : \u00ab Avec moi, L&rsquo;Am\u00e9rique progressera, et nous continuerons \u00e0 aller de l&rsquo;avant. Vers un r\u00eave sans fin, intarissable, et dans un jaillissement de lumi\u00e8re. Ce sera ma mission et je l&rsquo;accomplirai. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES WOOLSEY<\/strong> : \u00ab L&rsquo;id\u00e9ologie de la totalit\u00e9 du pays pouvait se r\u00e9sumer en quelques mots : pourquoi s&rsquo;en faire, profitons de la vie et gagnons de l&rsquo;argent, les probl\u00e8mes de la plan\u00e8te ont disparu, la Guerre froide est termin\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab D\u00e8s l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Union Sovi\u00e9tique, on a tr\u00e8s vite compris que le monde allait devenir instable, bien plus agit\u00e9 et difficile \u00e0 contr\u00f4ler que pendant la p\u00e9riode relativement structur\u00e9e de la Guerre froide. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Gates, qui \u00e9tait plut\u00f4t dou\u00e9, s&rsquo;est retrouv\u00e9 prisonnier du syst\u00e8me. Selon lui, il n&rsquo;y avait toujours eu qu&rsquo;un seul ennemi, l&rsquo;Union Sovi\u00e9tique. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>OLEG KALOUGINE<\/strong> : \u00ab La CIA, \u00e0 l&rsquo;image des \u00c9tats-Unis et de l&rsquo;Occident, a eu le sentiment d&rsquo;avoir triomph\u00e9. \u00ab On a gagn\u00e9 la Guerre froide ! \u00bb R\u00e9sultat, ils ont cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre vigilants et l&rsquo;ennemi a surgi de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES WOOLSEY<\/strong> : \u00ab Nous combattions depuis plus de 40 ans ce dragon qu&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;Union Sovi\u00e9tique. Nous venions \u00e0 peine de le terrasser que nous nous sommes retrouv\u00e9s au coeur de la jungle o\u00f9 grouillaient toutes sortes de serpents venimeux. Et ces serpents bien plus difficiles \u00e0 affronter que le dragon avaient pour nom Iran, Irak, Cor\u00e9e du Nord, terrorisme, terrorisme islamique. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>RICHARD HAAS<\/strong> : \u00ab Nous \u00e9tions en train de nous faire \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que la Guerre froide \u00e9tait finie, lorsqu&rsquo;\u00e0 ce moment pr\u00e9cis Saddam et l&rsquo;Irak ont envahi le Kowe\u00eft. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH WILSON<\/strong> : \u00ab J&rsquo;\u00e9tais en poste \u00e0 Bagdad \u00e0 ce moment l\u00e0, responsable de l&rsquo;ambassade. On avait d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u plusieurs \u00e9l\u00e9ments nous indiquant que Saddam mena\u00e7ait le Kowe\u00eft. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : Fin juillet 90 la CIA et les services de renseignement alertent le gouvernement Bush. L&rsquo;invasion du Kowe\u00eft par Saddam Hussein est imminente. Les photos prises par satellites indiquent la pr\u00e9sence massive de forces d&rsquo;invasion irakiennes \u00e0 la fronti\u00e8re kowe\u00eftienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Il envoyait ses troupes et toute sa logistique en direction du Kowe\u00eft, faisait transiter des tonnes de carburant. On voyait tout, on avait les satellites, les meilleurs syst\u00e8mes \u00e9lectroniques capables d&rsquo;intercepter les communications. Ce qu&rsquo;il leur a manqu\u00e9 par contre, c&rsquo;\u00e9tait des trac\u00e9s intelligents pour comprendre Saddam. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH WILSON<\/strong> : \u00ab Malgr\u00e9 tous ces signes \u00e9vidents, les mouvements de troupes, les longues files de camions de carburant ou d&rsquo;approvisionnement qu&rsquo;on avait l\u00e0 sous les yeux, les intentions de Saddam demeuraient toujours ambigu\u00ebs. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab La CIA avait suivi le d\u00e9ploiement de leurs forces arm\u00e9es et les pr\u00e9paratifs de l&rsquo;invasion avec beaucoup d&rsquo;attention. On \u00e9tait tr\u00e8s bien renseign\u00e9. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Mais \u00e0 Washington, d\u00e8s qu&rsquo;on appelait la Maison-Blanche pour leur dire que Saddam installait toutes ses forces le long de la fronti\u00e8re ou qu&rsquo;il envoyait de nouveaux bataillons, on nous r\u00e9pondait (et je vous rappelle que la Maison-Blanche \u00e9tait aux mains des R\u00e9publicains) : \u00ab Nous connaissons tous Saddam, il s&rsquo;amuse juste \u00e0 faire peur au Kowe\u00eft, pas plus. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM WEBSTER<\/strong> : \u00ab Ils faisaient confiance aux dirigeants de la r\u00e9gion, les Irakiens, les Jordaniens et les autres qui leur disaient tous : \u00ab Mais non, jamais Saddam n&rsquo;envahira un pays islamique, un pays ami. \u00bb \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab Tous ces chefs d&rsquo;\u00c9tat affirmaient au pr\u00e9sident Bush : \u00ab Il n&rsquo;envahira jamais le Kowe\u00eft. C&rsquo;est juste un coup de bluff pour faire grimper le prix du p\u00e9trole. Moubarak nous l&rsquo;a affirm\u00e9, le roi Hussein de Jordanie aussi et m\u00eame l&rsquo;\u00e9mir du Kowe\u00eft nous a dit la m\u00eame chose. \u00bb \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH WILSON<\/strong> : \u00ab On a suivi les conseils des membres de la ligue arabe qui \u00e9taient nos amis et ils nous ont demand\u00e9 clairement de ne rien faire. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab Et les \u00c9tats-Unis ont pris \u00e7a au pied de la lettre. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH WILSON<\/strong> : \u00ab Si bien que l&rsquo;attaque contre le Kowe\u00eft a vraiment \u00e9t\u00e9 une surprise, et pour tout le monde. Mais \u00e7a ne veut pas dire que nous aurions pu faire beaucoup plus pour l&#8217;emp\u00eacher. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;au cours des derni\u00e8res 18 heures que les signes ont commenc\u00e9 \u00e0 devenir ind\u00e9niables. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM WEBSTER<\/strong> : \u00ab Richard Kurk qui \u00e9tait mon adjoint a pr\u00e9venu les responsables de la cellule de crise 12 heures avant l&rsquo;invasion. Il leur a dit: \u00ab Selon la CIA, Saddam Hussein va envahir le Kowe\u00eft dans les 12 ou 24 heures \u00e0 venir. \u00bb \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>RICHARD KERR<\/strong> : \u00ab Oh! Je ne sais plus si on a pr\u00e9venu William Webster. En tous cas on a pr\u00e9venu le pr\u00e9sident. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Le foss\u00e9 entre ce que Washington refusait d&rsquo;admettre et la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait immense. J&rsquo;\u00e9tais sur place, je voyais les combats mais ils continuaient \u00e0 ne pas y croire. Je hurlais dans mon t\u00e9l\u00e9phone satellite : \u00ab Mais je ne suis pas fou, je vois tout ce qui se passe, le pilonnage a commenc\u00e9, on voit les tanks et tout le reste. \u00bb Et eux continuaient : \u00ab En tous cas, nous, on ne voit rien. \u00bb \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : Et le 2 ao\u00fbt l&rsquo;Irak envahit et occupe le Kowe\u00eft. Personne au Pentagone n&rsquo; a pris au s\u00e9rieux les avertissements des agents de la CIA en place le long de la fronti\u00e8re. On a m\u00eame oubli\u00e9 de pr\u00e9venir le principal int\u00e9ress\u00e9, Robert Gates. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab J&rsquo;\u00e9tais en vacances, nous \u00e9tions au bord de la rivi\u00e8re pr\u00e8s de Washington en famille, quand une parente de ma femme nous a rejoint pour d\u00e9jeuner. Elle m&rsquo;a regard\u00e9 et m&rsquo;a dit : \u00ab Je suis surprise de te voir encore l\u00e0. \u00bb Je lui ai demand\u00e9 de quoi elle parlait et elle m&rsquo;a dit: \u00ab l&rsquo;invasion\u00bb. Je lui ai demand\u00e9 \u00ab mais quelle invasion ?\u00bb. Elle m&rsquo;a r\u00e9pondu: \u00ab L&rsquo;Irak a envahi le Kowe\u00eft. \u00bb \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM QUANDT<\/strong> : \u00ab Ils sont dou\u00e9s \u00e0 CNN pour obtenir des infos. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH WILSON<\/strong> : \u00ab Saddam a envahi le Kowe\u00eft le 2 ao\u00fbt, je l&rsquo;ai rencontr\u00e9 le 6 pendant pr\u00e8s d&rsquo;une heure et demi et il m&rsquo;a propos\u00e9 ce qu&rsquo;on peut appeler un marchandage, en gros ceci : Vous me laissez annexer le Kowe\u00eft et je vous garantis de vous approvisionner en p\u00e9trole ind\u00e9finiment et \u00e0 un prix raisonnable. Je serais alors la puissance dominante de la r\u00e9gion Nord du Golfe. Le face \u00e0 face a \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t glacial, je n&rsquo;avais pas dormi depuis pr\u00e8s de quatre jours. Je lui ai fait une contre-proposition qui se r\u00e9sumait en deux mots : \u00ab \u00e9vacuez le Kowe\u00eft. \u00bb \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>COLIN POWELL<\/strong> (d\u00e9claration publique) : \u00ab Notre strat\u00e9gie contre cette arm\u00e9e sera simple&#8230; Tr\u00e8s simple. D&rsquo;abord les isoler, et ensuite les an\u00e9antir. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : La guerre du Golfe sera br\u00e8ve. Saddam Hussein va voir son arm\u00e9e s&rsquo;effondrer en quelques jours. Reste la question cruciale : faut-il arr\u00eater l&rsquo;op\u00e9ration \u00ab temp\u00eate du d\u00e9sert \u00bb alors que le pouvoir est toujours en place ? La CIA souhaite se voir confier la t\u00e2che d&rsquo;\u00e9liminer Saddam Hussein. Mais le pr\u00e9sident Bush refuse.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab Avant m\u00eame que soit tir\u00e9 le premier coup de feu, nous avions d\u00e9cid\u00e9 qu&rsquo;un renversement de r\u00e9gime ne serait pas l&rsquo;un de nos objectifs. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH WILSON<\/strong> : \u00ab Je ne crois pas que nous aurions \u00e9t\u00e9 en mesure de mettre en place une coalition si renverser Saddam Hussein avait \u00e9t\u00e9 notre but. Je suis m\u00eame certain que tout se serait effondr\u00e9. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab Mais il y avait aussi les probl\u00e8mes pratiques. Saddam n&rsquo;allait pas s&rsquo;asseoir sous sa v\u00e9randa et attendre tranquillement que la 24e division vienne l&rsquo;arr\u00eater. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM WEBSTER<\/strong> : \u00ab Personne n&rsquo;aurait vers\u00e9 la moindre larme si Saddam Hussein avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 en m\u00eame temps que les nombreux soldats qui ont p\u00e9ri dans cette guerre. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JIM HOAGLAND<\/strong> : \u00ab Si par hasard Saddam avait re\u00e7u une balle perdue, dommage ! Mais il y avait des limites tr\u00e8s strictes \u00e0 ce qu&rsquo;ils pouvaient faire pour provoquer la mort d&rsquo;un chef d&rsquo;\u00c9tat \u00e9tranger. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab Chaque soir nous allumions une chandelle en priant pour que Saddam soit dans l&rsquo;un des bunkers que nous bombardions. Tout en sachant tr\u00e8s bien qu&rsquo;il dormait s\u00fbrement dans une \u00e9cole, un h\u00f4pital ou une mosqu\u00e9e, lieux qu&rsquo;il savait que nous n&rsquo;allions pas bombarder. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>MILTON BEARDEN<\/strong> : \u00ab Ils n&rsquo;ont jamais r\u00e9ussi \u00e0 le trouver. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : En janvier 93, Bill Clinton s&rsquo;installe dans le bureau ovale pr\u00e9sidentiel. Il a remport\u00e9 les \u00e9lections contre  George Bush qui ne fera pas un second mandat. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>BILL CLINTON<\/strong> (d\u00e9claration publique) : \u00ab Mes chers compatriotes, je veux construire un pont vers le XXIe si\u00e8cle, afin de demeurer le pays disposant de la d\u00e9fense la plus puissante, pour que notre politique \u00e9trang\u00e8re mette en avant les valeurs de notre pays, et de l&rsquo;ensemble des nations. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : Bill Clinton va tr\u00e8s vite manifester son d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour les services de renseignement. La liste des ratages et des erreurs d&rsquo;appr\u00e9ciation de la CIA et de la Baies des Cochon \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e de Khomeny et des int\u00e9gristes au pouvoir en Iran, de l&rsquo;invasion de l&rsquo;Afghanistan par les Sovi\u00e9tiques \u00e0 l&rsquo;occupation du Kowe\u00eft par l&rsquo;Irak, ou de l&rsquo;effondrement du Mur de Berlin \u00e0 la fin de L&rsquo;Union Sovi\u00e9tique, ont terni l&rsquo;image de l&rsquo;agence. Clinton qui commence \u00e0 trouver la liste un peu longue, renvoie tous les conseillers de la CIA install\u00e9s \u00e0 la Maison-Blanche.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Lorsque Clinton a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu, la CIA a imm\u00e9diatement envoy\u00e9 deux de ses responsables pour le mettre au courant de nos derni\u00e8res op\u00e9rations aux quatre coins du monde. Clinton les a renvoy\u00e9s. Il leur a dit: \u00ab Disparaissez, \u00e7a ne m&rsquo;int\u00e9resse pas. \u00bb Il a refus\u00e9 de les recevoir. C&rsquo;est lamentable mais le pire, c&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 la CIA, \u00e7a s&rsquo;est su tr\u00e8s vite. L&rsquo;homme pour qui nous allions devoir travailler, le pr\u00e9sident, d\u00e9testait ce que nous faisions et refusait m\u00eame de lire nos rapports. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : D\u00e8s son entr\u00e9e \u00e0 la Maison-Blanche, Bill Clinton choisit un parfait inconnu, James Woolsey, pour prendre la direction de la CIA.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES WOOLSEY<\/strong> (d\u00e9claration publique) : \u00ab Il y a des choses que nous allons devoir faire autrement. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES WOOLSEY<\/strong> : \u00ab Je n&rsquo;avais jamais eu le moindre rapport avec la CIA ou l&rsquo;espionnage avant de rejoindre Clinton d\u00e8s le d\u00e9but de sa pr\u00e9sidence. Le pr\u00e9sident m&rsquo;a fait venir mais on a \u00e0 peine parl\u00e9 du r\u00f4le de la CIA. Il pr\u00e9f\u00e9rait bavarder et comparer nos ann\u00e9es de jeunesse dans l&rsquo;Arkansas et l&rsquo;Oklahoma o\u00f9 nous avions grandi tous les deux. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DUANE CLARRIDGE<\/strong> : \u00ab Clinton avait une peur noire des services secrets. Il avait grandi dans les ann\u00e9es 60, une \u00e9poque o\u00f9 tout le monde s&rsquo;amusait \u00e0 taper sur les services de renseignement. \u00c7a lui a sans doute laiss\u00e9 une sorte d&rsquo;aversion pour tout ce qui touchait aux questions d&rsquo;espionnage ou de s\u00e9curit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>RICHARD HOLM<\/strong> : \u00ab Il n&rsquo;a jamais vraiment compris ce que nous faisions et en quoi nous pouvions lui \u00eatre utiles. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT MALLEY<\/strong> : \u00ab D&rsquo;autres pr\u00e9sidents s&rsquo;\u00e9taient passionn\u00e9s pour le monde souterrain que repr\u00e9sentaient les services secrets et les op\u00e9rations clandestines. A mon avis plusieurs facteurs peuvent expliquer les raisons du d\u00e9sint\u00e9r\u00eat du pr\u00e9sident Clinton. En premier lieu, la Guerre froide venait de se terminer et le genre d&rsquo;op\u00e9rations clandestines qu&rsquo;adoraient ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs n&rsquo;avaient plus de raison d&rsquo;\u00eatre. Et puis il fallait bien que la CIA et les services secrets s&rsquo;adaptent \u00e0 cette situation nouvelle. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>RICHARD HOLM<\/strong> : \u00ab Ces d\u00e9cisions et surtout le manque d&rsquo;int\u00e9r\u00eat de soutien dont il a fait preuve, ont contribu\u00e9 \u00e0 nous affaiblir et sont \u00e0 l&rsquo;origine des probl\u00e8mes qui nous attendaient, c&rsquo;est certain. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>CHARLES COGAN<\/strong> : \u00ab Si le directeur de la CIA ne peut jamais rencontrer le pr\u00e9sident, il ne peut plus rien faire puisque la CIA d\u00e9pend de la Maison-Blanche. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES WOOLSEY<\/strong> : \u00ab On s&rsquo;est vu deux fois, en deux an. Si bien qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;automne 1994, lorsque ce petit avion Cessna s&rsquo;est \u00e9cras\u00e9 sur la pelouse de la Maison-Blanche, la blague qui faisait mourir de rire l&rsquo;\u00e9quipe de Clinton \u00e9tait la suivante : \u00ab Tiens, c&rsquo;est s\u00fbrement encore Woolsey qui essaie d&rsquo;obtenir un rendez-vous avec le pr\u00e9sident. \u00bb Bon, cette plaisanterie ne m&rsquo;a pas vraiment fait rire \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, mais avec le temps je me suis rendu compte qu&rsquo;elle d\u00e9crivait plut\u00f4t bien ce que je vivais. Le pr\u00e9sident n&rsquo;avait aucune envie de m&rsquo;\u00e9couter et tout ce qui touchait aux services secrets ne l&rsquo;int\u00e9ressait pas. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JIM HOAGLAND<\/strong> : \u00ab Clinton ne rencontrait jamais Woolsey, ou presque. Il n&rsquo;\u00e9coutait ni ses conseils ni ceux de la CIA. \u00c7a ne l&rsquo;int\u00e9ressait pas, il s&rsquo;int\u00e9ressait \u00e0 autre chose. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Clinton voulait conna\u00eetre les potins, savoir par exemple avec qui couchait le pr\u00e9sident Fran\u00e7ais. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>RICHARD HOLM<\/strong> : \u00ab Il s&rsquo;int\u00e9ressait d&rsquo;avantage aux liaisons extra conjugales qu&rsquo;\u00e0 ce que nous faisions. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Monika Lewinski a vu Clinton plus souvent que Woolsey. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Parce que Woolsey avait toujours tort, ses informations \u00e9taient toujours fausses, Clinton a cess\u00e9 de lire les rapports secrets de la CIA. Il lui disait : \u00ab Le New York Times est mieux inform\u00e9 que vous, demandez \u00e0 Woolsey ce qu&rsquo;il en pense. \u00bb \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES WOOLSEY<\/strong> : \u00ab Je ne pense pas avoir \u00e9chou\u00e9. J&rsquo;ai juste eu du mal \u00e0 \u00e9tablir une relation de travail normale avec le pr\u00e9sident. S&rsquo;il avait voulu, il en aurait eu plusieurs fois l&rsquo;occasion; j&rsquo;ai pass\u00e9 mon temps \u00e0 demander un rendez-vous, je pense avoir \u00e9t\u00e9 honn\u00eate. J&rsquo;\u00e9tais un peu na\u00eff. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Woolsey a surtout manqu\u00e9 d&rsquo;autorit\u00e9. Il n&rsquo;a eu ni la personnalit\u00e9 ni la force de caract\u00e8re qu&rsquo;il fallait et encore moins la perception de notre travail qui lui aurait permis d&rsquo;aller voir Clinton et de lui dire : \u00ab \u00c9coutez, des \u00e9v\u00e9nements dramatiques se profilent \u00e0 l&rsquo;horizon et si vous les ignorez vous pouvez dire adieu \u00e0 la place qui pourrait \u00eatre la v\u00f4tre dans l&rsquo;histoire. \u00bb Si Woolsey a \u00e9t\u00e9 m\u00e9pris\u00e9, il en est le seul responsable. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES WOOLSEY<\/strong> : \u00ab J&rsquo;avais l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;\u00e9ternel messager porteur de mauvaises nouvelles, le rabat-joie de service. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : Le 26 f\u00e9vrier 1993, un mois \u00e0 peine apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e de Bill Clinton \u00e0 la Maison-Blanche, l&rsquo;explosion d&rsquo;une camionnette pi\u00e9g\u00e9e gar\u00e9e dans le parking du World Trade Center \u00e0 New York fait six morts et un millier de bless\u00e9s. Pour la premi\u00e8re fois de leur histoire, les \u00c9tats-Unis sont attaqu\u00e9s par des terroristes sur leur propre territoire. La CIA et le FBI se rejettent la responsabilit\u00e9 des d\u00e9faillances des services de renseignement. Le FBI n&rsquo;est pas concern\u00e9 si l&rsquo;op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 mise au point \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger qui est le domaine r\u00e9serv\u00e9 de la CIA. De son c\u00f4t\u00e9, la CIA rappelle qu&rsquo;il lui est interdit d&rsquo;enqu\u00eater ou d&rsquo;op\u00e9rer sur le territoire des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ALEXANDER HAIG<\/strong> : \u00ab On aurait d\u00fb prendre \u00e7a comme une mise en garde, c&rsquo;est \u00e9vident. Quinze mille Am\u00e9ricains ont failli mourir dans cette premi\u00e8re attaque contre un des b\u00e2timents du World Trade Center. Seul le mauvais emplacement de la charge explosive les a sauv\u00e9s. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Ce premier attentat \u00e9tait un r\u00e9el avertissement et on en a pas tenu compte. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab La guerre avait commenc\u00e9 depuis des ann\u00e9es mais personne ne voulait l&rsquo;admettre. La premi\u00e8re attaque contre le World Trade Center \u00e9tait un appel \u00e0 la vigilance mais personne n&rsquo;y a pr\u00eat\u00e9 attention. Les extr\u00e9mistes musulmans recrutaient \u00e0 Washington depuis les ann\u00e9es 70. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM COHEN<\/strong> : \u00ab Nous avons \u00e9t\u00e9 na\u00effs en ce qui concerne la d\u00e9termination de ces groupes \u00e0 nous agresser mortellement. Nous aurions d\u00fb nous montrer beaucoup plus vigilants que nous ne l&rsquo;avons \u00e9t\u00e9. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Apr\u00e8s le premier attentat contre le World Trade Center, ils ont saisi une pi\u00e8ce enti\u00e8re de documents en arabe concernant l&rsquo;attentat mais ils n&rsquo;ont traduit aucun de ces papiers. Il n&rsquo;y avait qu&rsquo;une seule personne qui parlait arabe au bureau du FBI \u00e0 New York. De toutes fa\u00e7ons, lui ne voulait pas le faire et il n&rsquo;avait pas d&rsquo;argent pour faire \u00e7a \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. Il n&rsquo;avait pas envie de perdre son temps \u00e0 traduire des documents. Il s&rsquo;estimait trop important pour faire \u00e7a. Deuxi\u00e8mement, il n&rsquo;avait pas de quoi payer quelqu&rsquo;un dans le priver pour le faire traduire. Troisi\u00e8mement, il ne consid\u00e9rait pas ces documents d&rsquo;un grand int\u00e9r\u00eat. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM BLUM<\/strong> : \u00ab Le FBI a une tactique, la m\u00eame depuis des ann\u00e9es. Ils aiment bien surveiller, suivre des suspects pendant un long moment. Car plus ils les observent longtemps, plus ils en apprennent sur ce qu&rsquo;ils pr\u00e9parent et plus ils ont de chances d&rsquo;arr\u00eater le maximum de gens. Alors ils pr\u00e9f\u00e8rent attendre, attendre, attendre encore et en ce qui concerne l&rsquo;attentat du World Trade Center en 93, ils ont sans doute attendu trop longtemps. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Parce que le FBI ne comprend rien et juge tout d\u00e9but d&rsquo;information peu cr\u00e9dible ; ce qui me para\u00eet d\u00e9lirant, absolument stup\u00e9fiant. Mais je ne dis pas \u00e7a pour blanchir la CIA qui a compl\u00e8tement rat\u00e9 ses tentatives d&rsquo;infiltration des r\u00e9seaux terroristes \u00e0 travers le monde. Mais dans l&rsquo;affaire du World Trade Center, le FBI a tout fichu en l&rsquo;air pour une seule raison : ce sont des bureaucrates et parce que c&rsquo;est une bureaucratie \u00e0 la fois na\u00efve et arrogante, ils n&rsquo;ont rien pris au s\u00e9rieux. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : Mais c&rsquo;est surtout l&rsquo;affaire Ames qui va accentuer la guerre que se livrent depuis des ann\u00e9es la CIA et le FBI. Aldridge Ames, directeur du service de contre-espionnage de la CIA, est soup\u00e7onn\u00e9 d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 une taupe des services secrets sovi\u00e9tiques depuis 85. Ames serait responsable de l&rsquo;\u00e9limination de 130 agents travaillant pour la CIA et de la mort de 10 autres ex\u00e9cut\u00e9s par le KGB.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Aldridge Ames \u00e9tait un rat\u00e9, il n&rsquo;aurait jamais d\u00fb occuper ce poste ni m\u00eame jamais y acc\u00e9der. Ils auraient d\u00fb l&rsquo;arr\u00eater plus t\u00f4t. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Aldridge Ames \u00e9tait connu pour \u00eatre un agent d&rsquo;une rare incomp\u00e9tence et un alcoolique qui avait d\u00e9pass\u00e9 toutes les normes connues en mati\u00e8re d&rsquo;alcoolisme. Et les services secrets ont trinqu\u00e9 avec lui. Ames \u00e9tait un alcoolique qui travaillait dans une agence d&rsquo;alcooliques. Ils l&rsquo;avaient mis \u00e0 la t\u00eate du service de contre-espionnage sovi\u00e9tique. Un rat\u00e9, un incomp\u00e9tent et un ivrogne \u00e9tait responsable du contre-espionnage sovi\u00e9tique. Inutile apr\u00e8s \u00e7a de rechercher les origines de la mort des services secrets. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : La s\u00e9curit\u00e9 interne de la CIA effectue une premi\u00e8re enqu\u00eate sans succ\u00e8s et l&rsquo;affaire est class\u00e9e sans suite. Le gouvernement am\u00e9ricain, pour qui cette affaire d&rsquo;espionnage est la plus grave de l&rsquo;histoire des \u00c9tats-Unis, d\u00e9cide alors de confier l&rsquo;enqu\u00eate au FBI qui reprend le dossier et d\u00e9masque Aldridge Ames quelques mois plus tard. C&rsquo;est un camouflet pour la CIA et une victoire \u00e9clatante pour le FBI.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES WOOLSEY<\/strong> : \u00ab Nous n&rsquo;avons rien pu trouver et nous ne travaillions pas vraiment en collaboration \u00e9troite avec le FBI. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM WEBSTER<\/strong> : \u00ab Ils n&rsquo;arrivaient strictement \u00e0 rien, examinant les m\u00eames vieux papiers sans aboutir nulle part. Ils avaient besoin de faire faire un pas suppl\u00e9mentaire \u00e0 l&rsquo;enqu\u00eate. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>RICHARD HOLM<\/strong> : \u00ab Et le FBI qui est le seul \u00e0 avoir le droit d&rsquo;enqu\u00eater sur les citoyens am\u00e9ricains \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pays a alors repris le dossier. Et ils ont fini par le coincer. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Et le FBI s&rsquo;est install\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la CIA et cette sale affaire de contre-espionnage a fait de nous tous des suspects en puissance. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab Il est certain que les rapports entre la CIA et le FBI \u00e9taient devenus \u00e9pouvantables, vraiment horribles. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Ils ont pris pour pr\u00e9texte l&rsquo;affaire Ames et ont d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;il y avait des centaines de taupes russes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la CIA et qu&rsquo;ils allaient toutes les d\u00e9busquer. Et ils ont investi la CIA. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>MILTON BEARDEN<\/strong> : \u00ab La CIA en a gravement souffert, gravement ; des d\u00e9g\u00e2ts irr\u00e9versibles. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Je pense que l&rsquo;arrestation de Ames a sonn\u00e9 le glas, la mort de la CIA, de la CIA telle que j e l&rsquo;avais connue. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>MILTON BEARDEN<\/strong> : \u00ab A un moment o\u00f9 les gens disaient : \u00ab Mais qui a encore besoin de la CIA ? \u00bb, on \u00e9tait en 1994, la Guerre froide \u00e9tait termin\u00e9e et personne n&rsquo;avait jamais entendu parler de Ben Laden. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : En 1995, l&rsquo;enqu\u00eate sur l&rsquo;attentat du World Trade Center conduit \u00e0 l&rsquo;organisation Al Qa\u00efda et \u00e0 Oussama Ben Laden, un Saoudien n\u00e9 \u00e0 Riad. Surnomm\u00e9 le \u00ab banquier de la guerre sainte \u00bb, on estime sa fortune \u00e0 deux $milliards. Le <em>Washington Post<\/em> rappelle les liens tr\u00e8s \u00e9troits qui unissent toujours la famille royale d&rsquo;Arabie Saoudite \u00e0 Ben Laden et raconte comment il a \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9, entra\u00een\u00e9 et arm\u00e9 par la CIA pendant la guerre d&rsquo;Afghanistan. A l&rsquo;\u00e9poque, il b\u00e9n\u00e9ficiait du soutien total des Am\u00e9ricains et de l&rsquo;Arabie Saoudite qui avaient offert \u00e0 Ben Laden tous les moyens de ses ambitions.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Pendant de longues ann\u00e9es les Am\u00e9ricains ne se sont absolument pas rendus compte que la famille royale d&rsquo;Arabie Saoudite finan\u00e7ait le terrorisme en \u00e9change d&rsquo;une certaine stabilit\u00e9 int\u00e9rieure. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Mais lorsque Clinton a quitt\u00e9 la pr\u00e9sidence, il savait que de l&rsquo;argent \u00e9tait vers\u00e9 \u00e0 Ben Laden par la famille royale, il en avait les preuves. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Les deux partis, d\u00e9mocrate et r\u00e9publicain, ont d\u00e9cid\u00e9 de tol\u00e9rer un terrorisme d&rsquo;\u00c9tat financ\u00e9 par un \u00e9tat parce que les Saoudiens poss\u00e9daient le p\u00e9trole. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab C&rsquo;est uniquement pour cette raison qu&rsquo;on ferme les yeux, qu&rsquo;on refuse d&rsquo;enqu\u00eater sur l&rsquo;Arabie Saoudite et qu&rsquo;on ne leur pose aucune question concernant les droits de l&rsquo;homme. Ils continuent \u00e0 lapider les femmes accus\u00e9es d&rsquo;adult\u00e8re. Vous avez entendu quelqu&rsquo;un protester ici ? \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Ce que nous avons d\u00e9clench\u00e9, en appliquant cette politique de soutien \u00e0 un r\u00e9gime extr\u00eamement r\u00e9pressif et en leur donnant tout l&rsquo;argent n\u00e9cessaire pour rendre exsangues les forces vitales de l&rsquo;Arabie Saoudite, n&rsquo;a servi en r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 alimenter la r\u00e9volution islamique. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Je pense qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une erreur g\u00e9ostrat\u00e9gique de premier plan. Nous nous sommes permis d&rsquo;oublier tout sens moral et de devenir stupides pour du p\u00e9trole. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Parce que si vous prenez le risque de provoquer une r\u00e9volution en Arabie Saoudite, la production de p\u00e9trole baisse de 25%, le baril monte \u00e0 150$, et les \u00c9tats-Unis s&rsquo;effondrent. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Nous sommes l\u00e2ches face \u00e0 la famille royale parce que nous sommes terrifi\u00e9s \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;ils puissent nous couper le p\u00e9trole. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : Les responsables politiques, les pr\u00e9sidents successifs ferment les yeux sur cette p\u00e9tro-monarchie qui applique \u00e0 la lettre la loi du Coran mais a r\u00e9gl\u00e9 pour les \u00c9tats-Unis les 55 $millions qu&rsquo;a co\u00fbt\u00e9 la guerre du Golfe. Les puissants groupes p\u00e9troliers am\u00e9ricains se partagent les faveurs royales et un g\u00e2teau de 150 $milliards par an. Plusieurs membres du conseil d&rsquo;administration de la Saudi Aramco Company sont Am\u00e9ricains.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Et la plupart des responsables de la politique \u00e9trang\u00e8re des \u00c9tats-Unis sont d\u00e9pendants financi\u00e8rement de la famille royale. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Il faut juste nous faire \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que leur sort est li\u00e9 \u00e0 celui des compagnies p\u00e9troli\u00e8res am\u00e9ricaines, qu&rsquo;ils re\u00e7oivent directement de l&rsquo;argent liquide ou sous forme d&rsquo;actions. Il est par exemple impossible de remettre en cause la position qu&rsquo;occupe Exxon aujourd&rsquo;hui en Arabie Saoudite. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Ils ach\u00e8tent les politiciens puis leur fournissent des informations afin que toutes les d\u00e9cisions soient prises en faveur de compagnies qui pillent le pays. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Les diplomates, lorsqu&rsquo;ils quittent leurs fonctions et prennent leur retraite, partent travailler pour l&rsquo;Arabie Saoudite ou un autre pays du Golfe. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ALEXANDER HAIG<\/strong> : \u00ab Et si en fin de carri\u00e8re ils choisissent de rejoindre les groupes p\u00e9troliers, il devrait leur \u00eatre interdit \u00e0 mon avis de partir en poste au Moyen-Orient. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Si vous \u00eates un politicien connu et complaisant avec l&rsquo;Arabie Saoudite, vous pouvez vous envoler pour Riad et toucher un $million pour faire une conf\u00e9rence. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Quand Clinton dit quelque chose de sympathique sur l&rsquo;Arabie Saoudite, n&rsquo;oubliez pas qu&rsquo;il est pay\u00e9 pour y donner des conf\u00e9rences. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab C&rsquo;est comme \u00e7a que \u00e7a fonctionne. Ceux qui quittent la Maison-Blanche partent travailler pour des banques saoudiennes comme conseillers. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Le poids de l&rsquo;argent des entreprises, de l&rsquo;argent du p\u00e9trole sur la politique \u00e9trang\u00e8re am\u00e9ricaine est \u00e9norme. C&rsquo;est le coeur de tout \u00e7a. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Les lobbies du p\u00e9trole, et je sais que c&rsquo;est difficile \u00e0 admettre, sont beaucoup plus puissants que la CIA. Il y a une hi\u00e9rarchie ici \u00e0 Washington. Si le p\u00e9trole est l\u00e0 (en levant sa main au niveau des yeux), la CIA est l\u00e0 (en baissant l&rsquo;autre main au niveau de son bassin), bien en dessous. Vous avez ensuite le Minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res puis les groupes de pression des compagnies et ensuite les conseillers, le p\u00e9trole, la Maison-Blanche, et enfin le Congr\u00e8s (en remontant graduellement vers le haut). \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : C&rsquo;est tout \u00e0 fait par hasard que Robert Baer d\u00e9couvre au sein m\u00eame de la Maison-Blanche comment les lobbies du p\u00e9trole aident Bill Clinton \u00e0 financer sa campagne pour sa r\u00e9\u00e9lection \u00e0 la pr\u00e9sidence des \u00c9tats-Unis. Il y croise Roger Tamraz, directeur de plusieurs compagnies p\u00e9troli\u00e8res qui est invit\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 un barbecue avec le pr\u00e9sident pour la modique somme de 300 mille $ qui ira alimenter les caisses du parti d\u00e9mocrate.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab J `ai vu ce Libanais qui sortait ses liasses de billets. Ils lui ont montr\u00e9 la liste des services. Un t\u00eate \u00e0 t\u00eate avec le pr\u00e9sident, une nuit dans la chambre Lincoln, un vol dans l&rsquo;avion pr\u00e9sidentiel Air Force One, m\u00eame des boutons de manchette. Tout \u00e9tait \u00e0 vendre, i1 y avait une liste avec les prix, un vrai catalogue, j&rsquo;ai cru qu&rsquo;ils mentaient. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Avant m\u00eame la fin de son premier mandat, il a tr\u00e8s vite compris quel \u00e9tait le poids du p\u00e9trole, et celui de Wall Street. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab La seule chose que je me reproche c&rsquo;est d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 assez stupide pour ne pas avoir compris plus t\u00f4t comment fonctionnait le syst\u00e8me. J&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 envoyer des rapports sur le financement de la campagne. Comme il est interdit \u00e0 la CIA d&rsquo;espionner des Am\u00e9ricains, alors imaginez lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit du pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis. Je transmettais des informations sur le pr\u00e9sident \u00e0 mon directeur, ils \u00e9taient tout simplement horrifi\u00e9s. Mais j&rsquo;\u00e9tais pay\u00e9 par la CIA pour dire la v\u00e9rit\u00e9 et je n&rsquo;allais pas arr\u00eater. Je me fous compl\u00e8tement de la politique, ce que je racontais \u00e9tait vrai. J&rsquo;ai franchi le Rubicon lorsque j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9diger des rapports sur le pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis. \u00c7a ne s&rsquo;\u00e9tait jamais fait \u00e0 la CIA ! Mais j&rsquo;ai continu\u00e9 en en \u00e9tant conscient. J&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;aller devant le Congr\u00e8s pour leur raconter ce qu&rsquo;il se passait, sans savoir comment tout \u00e7a fonctionnait. Mais il fallait que j&rsquo;en parle avant \u00e0 quelqu&rsquo;un, \u00e0 un ami qui travaillait au Congr\u00e8s et qui, entre parenth\u00e8ses, a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 plus tard mort dans une chambre de motel, la t\u00eate explos\u00e9e, un fusil \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Mais on en parlera une autre fois. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : Baer d\u00e9cide de mettre les pieds dans le plat et d&rsquo;aller t\u00e9moigner devant le Congr\u00e8s pour d\u00e9crire le poids des lobbies dans la vie politique am\u00e9ricaine et l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle et les m\u00e9thodes assez peu orthodoxes employ\u00e9es par l&rsquo;entourage de Bill Clinton. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Le jour m\u00eame o\u00f9 je suis aller t\u00e9moigner sur le financement de la campagne devant le Grand Jury, mon appartement a \u00e9t\u00e9 visit\u00e9 par des cambrioleurs mais rien n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 vol\u00e9. Les membres du Grand Jury n&rsquo;ont m\u00eame pas voulu aborder la question du financement de la campagne. Rien, pas un mot. Et \u00e0 chaque fois que j&rsquo;essayais de dire quelque chose sur la mani\u00e8re dont fonctionnait le syst\u00e8me, le procureur me coupait la parole en me mena\u00e7ant d&rsquo;un air condescendant. Il a demand\u00e9 une interruption de s\u00e9ance et m&rsquo;a fait venir pour me dire en t\u00eate \u00e0 t\u00eate : \u00ab Si vous revenez encore une fois, une seule sur le financement de la campagne \u00e9lectorale, le tribunal va vous expulser et nous allons vous envoyer en prison. \u00bb. Le syst\u00e8me \u00e9tait devenu fou, compl\u00e8tement d\u00e9ment. D\u00e8s qu&rsquo;ils ont compris qu&rsquo;ils n&rsquo;arriveraient pas \u00e0 me faire taire, ils ont d\u00e9plac\u00e9 l&rsquo;enqu\u00eate sur moi. C&rsquo;\u00e9tait de la pure intimidation digne d&rsquo;un \u00e9tat policier et dans les locaux m\u00eame de la CIA. Ensuite, l&rsquo;expert m\u00e9dical est arriv\u00e9 et m&rsquo;a dit :\u00ab Vous avez besoin d&rsquo;un examen psychiatrique. \u00bb Je lui ai r\u00e9pondu: \u00ab Allez vous faire foutre, il n&rsquo;en est pas question. Je ne passerai jamais l&rsquo;examen psychiatrique. \u00bb On se serait cru sous Staline. Ils vous font passer un examen, vous confient \u00e0 un psychiatre qui travaille sous leur contr\u00f4le et peuvent faire de vous tout ce qu&rsquo;ils veulent. Ils peuvent vous interner \u00e0 Sainte Elisabeth, l&rsquo;asile psychiatrique de Washington, vous licencier, vous renvoyer chez vous, d\u00e9cider n&rsquo;importe quoi. Je leur ai dit: \u00ab Ok, on laisse tomber. \u00bb. Je savais que je n&rsquo;avais rien \u00e0 me reprocher, j&rsquo;avais d\u00e9couvert de l&rsquo;ext\u00e9rieur comment tout le syst\u00e8me fonctionnait et j&rsquo;ai brusquement compris que le moment \u00e9tait venu de partir. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : Robert Baer d\u00e9missionne et se voit d\u00e9cerner la prestigieuse m\u00e9daille qui couronne une carri\u00e8re exemplaire au service de la CIA.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Si la loi l&rsquo;avait permis, la CIA aurait fait sauter ma maison avec moi \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : La CIA a localis\u00e9 Ben Laden qui s&rsquo;est install\u00e9 au Soudan. Mais Bill Clinton ne veut pas, en pleine campagne \u00e9lectorale abroger l&rsquo;ordre pr\u00e9sidentiel G\u00e9rald Ford qui, depuis 20 ans, interdit tout assassinat. En f\u00e9vrier 96, il finit par signer un ordre de mission top secret autorisant la CIA \u00e0 utiliser tous les moyens n\u00e9cessaires pour an\u00e9antir le r\u00e9seau Al Qa\u00efda et Ben Laden.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Sinc\u00e8rement, s&rsquo;ils avaient pu assassiner Ben Laden, ils l&rsquo;auraient fait. Clinton avait sign\u00e9 l&rsquo;ordre: \u00ab Tuez-le ! \u00bb. Mais ils ne l&rsquo;ont pas trouv\u00e9. Clinton voulait Oussama Ben Laden mort, mais la CIA ne l&rsquo;a jamais trouv\u00e9. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : En mars 96, un mois plus tard, le gouvernement de Khartoum, sous la pression de l&rsquo;ONU, d\u00e9cide d&rsquo;expulser Oussama Ben Laden et son arm\u00e9e secr\u00e8te forte de 10 000 hommes. Ils proposent aux Saoudiens de leur remettre Ben Laden mais la famille royale refuse. Les Soudanais se tournent alors vers Bill Clinton et lui font la m\u00eame offre.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>MILTON BEARDEN<\/strong> : \u00ab Les \u00c9tats-Unis et le gouvernement saoudien ont pr\u00e9venu les Soudanais. Ils leur ont dit: \u00ab Ben Laden nous pose un probl\u00e8me \u00bb. Et les Soudanais qui tenaient beaucoup \u00e0 am\u00e9liorer leurs relations avec l&rsquo;Arabie Saoudite et les \u00c9tats-Unis, ont demand\u00e9 : \u00ab D&rsquo;accord, qu&rsquo;est ce que vous voulez, qu&rsquo;on vous l&rsquo;envoie ? \u00bb Et les Saoudiens ont r\u00e9pondu: \u00ab Nous ne voulons pas de lui. \u00bb Ils ne voulaient pas que Ben Laden revienne chez eux. Ils voulaient juste qu&rsquo;il disparaisse. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Les Soudanais ont propos\u00e9 de remettre Ben Laden \u00e0 L&rsquo;Arabie Saoudite pour qu&rsquo;ils le mettent en prison. Ils ne pouvaient l&rsquo;expulser d&rsquo;un pays musulman que vers un autre pays musulman. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il se serait retrouv\u00e9 en prison en f\u00e9vrier 96. Les Soudanais essayaient d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de se racheter aupr\u00e8s des \u00c9tats-Unis. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>MILTON BEARDEN<\/strong> : \u00ab Les Soudanais ont alors dit au gouvernement am\u00e9ricain: \u00ab On va vous le donner. \u00bb Mais les Am\u00e9ricains ont r\u00e9pondu: \u00ab Surtout pas, on ne peut pas l&rsquo;inculper, on ne peut l&rsquo;accuser d&rsquo;aucun crime, on ne peut pas le prendre. \u00bb \u00c7a s&rsquo;est pass\u00e9 exactement comme \u00e7a. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DALE WATSON<\/strong> : \u00ab Il aurait fallu avoir des accusations pr\u00e9cises, un motif d&rsquo;inculpation, une plainte ou un mandat d&rsquo;arr\u00eat; et je me souviens qu&rsquo;en 96 nous ne disposions d&rsquo;aucune preuve pour pouvoir le ramener aux \u00c9tats-Unis afin de le poursuivre en justice. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Et les \u00c9tats-Unis n&rsquo;ont exercer aucune pression sur l&rsquo;Arabie Saoudite pour qu&rsquo;elle prenne Ben Laden. Je sais exactement o\u00f9 et quand les rencontres ont eu lieu. Ils ont m\u00eame pr\u00e9cis\u00e9 : \u00ab Si prendre Ben Laden vous pose des probl\u00e8mes, ne le faites pas. \u00bb Je suis parfaitement au courant de la correspondance \u00e9chang\u00e9e \u00e0 ce moment-l\u00e0. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>MILTON BEARDEN<\/strong> : \u00ab Et les Soudanais l&rsquo;ont jet\u00e9 dehors, il est parti en Afghanistan et on conna\u00eet tous la suite de l&rsquo;histoire. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : Le gouvernement am\u00e9ricain d\u00e9cide de renforcer la cellule de contre-terrorisme, de lui donner un nouvel \u00e9lan en faisant fusionner des \u00e9l\u00e9ments du FBI et de la CIA, les deux agences ennemies, au sein d&rsquo;un m\u00eame service. On propose \u00e0 Dale Watson, charg\u00e9 du terrorisme au FBI, de rejoindre les rangs de la CIA.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>DALE WATSON<\/strong> : \u00ab Quand j&rsquo;ai demand\u00e9 en quoi consistait le travail, il m&rsquo;a dit: \u00abNous avons besoin de quelqu&rsquo;un pour rejoindre la CIA. \u00bb J&rsquo;ai alors r\u00e9pondu: \u00ab Je tiens \u00e0 vous signaler que je ne connais pas ces gens-l\u00e0, que je ne les aime pas et que je ne veux pas aller l\u00e0-bas. \u00bb Mais il a insist\u00e9 : \u00ab Vous irez quand m\u00eame \u00bb. On m&rsquo;a en quelque sorte forcer a y aller. Nous avons m\u00eame plaisant\u00e9 sur ce que nous avions qualifi\u00e9 plus tard de \u00ab programme d&rsquo;\u00e9change d&rsquo;otages \u00bb. Des agents du FBI \u00e9taient forc\u00e9s d&rsquo;aller \u00e0 la CIA ; et, au m\u00eame moment, deux types de la CIA avaient \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9s et s&rsquo;\u00e9taient entendus dire : \u00ab L&rsquo;un de vous deux va partir au FBI. \u00bb Ils avaient r\u00e9pondu, et je sais que c&rsquo;est vrai: \u00ab Nous n&rsquo;aimons pas ces gens, nous ne les connaissons pas, nous ne voulons pas aller l\u00e0-bas. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Parce que le FBI est nul en contre-espionnage. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Sa mission la plus importante consistait \u00e0 d\u00e9truire la CIA. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DUANE CLARRIDGE<\/strong> : \u00ab Ils prennent les agents et les officiers de la CIA pour des tire-au-flanc, pour des babouins ou je ne sais quoi. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DALE WATSON<\/strong> : \u00ab Et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;a d\u00e9but\u00e9 la coop\u00e9ration entre la CIA, le FBI et le contre-terrorisme. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : En ao\u00fbt 98, deux attentats contre les ambassades am\u00e9ricaines de Tanzanie et du Kenya font 224 morts dont 12 am\u00e9ricains et plusieurs centaines de bless\u00e9s. Ben Laden est devenu l&rsquo;ennemi public num\u00e9ro 1 et sa t\u00eate est mise \u00e0 prix. Malgr\u00e9 un budget annuel de plusieurs milliards de $, la CIA n&rsquo;a su pr\u00e9voir aucun de ces attentats et encore moins celui qui, en octobre 2000, un mois avant les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, a lieu au Y\u00e9men. 17 marins am\u00e9ricains sont tu\u00e9s et 26 bless\u00e9s dans l&rsquo;attentat suicide contre l&rsquo;USS Cole dans le port d&rsquo; Aden.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab L&rsquo;administration Clinton a choisi de consid\u00e9rer \u00e7a comme des attaques mineures qui ne n\u00e9cessitaient pas de r\u00e9actions majeures. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>PETER EARNEST<\/strong> : \u00ab Ces choses se passaient l\u00e0-bas, \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, pas ici, pas dans notre pays. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Il y avait donc une politique lamentable qui consistait \u00e0 dire : \u00ab D&rsquo;accord, vous pouvez tuer des Am\u00e9ricains, mais n&rsquo;en tuez pas trop et faites-le \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DUANE CLARRIDGE<\/strong> : \u00ab J&rsquo;esp\u00e8re que l&rsquo;histoire r\u00e9v\u00e9lera un jour l&rsquo;incapacit\u00e9 du gouvernement Clinton \u00e0 vraiment s&rsquo;attaquer aux probl\u00e8mes du terrorisme et du contre-terrorisme. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : Aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2000,   George Bush Junior, gouverneur du Texas, va, contre toute attente, remporter de justesse la course \u00e0 la Maison-Blanche. Huit ans apr\u00e8s son p\u00e8re, il acc\u00e8de au pouvoir. Son rival, le vice-pr\u00e9sident Gore, s&rsquo;est inclin\u00e9 devant le choix des urnes pour ne pas jeter le discr\u00e9dit sur le syst\u00e8me \u00e9lectoral am\u00e9ricain.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM QUANDT<\/strong> : \u00ab Bush rejette tout ce qui est complexe, toutes les nuances et il a fini par convaincre les gens d&rsquo;ici et d&rsquo;autres \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger qu&rsquo;il est mal renseigner. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>STANSFIELD TURNER<\/strong> : \u00ab Je ne crois pas qu&rsquo;il ait assez l&rsquo;exp\u00e9rience n\u00e9cessaire en politique \u00e9trang\u00e8re pour assumer cette charge tout seul ni qu&rsquo;il en ait la capacit\u00e9 intellectuelle. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM QUANDT<\/strong> : \u00ab Son inexp\u00e9rience, et je dirais son manque de s\u00e9rieux face \u00e0 la complexit\u00e9 de la politique \u00e9trang\u00e8re le poussent \u00e0 tout simplifier. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Quand vous avez pour pr\u00e9sident un \u00e9tudiant m\u00e9diocre et qui ne conna\u00eet pas grand chose aux probl\u00e8mes de la plan\u00e8te, vous avez toutes les chances de courir au d\u00e9sastre. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tGEORGE W. BUSH (d\u00e9claration publique) : \u00ab Et j e voudrais remercier papa, l&rsquo;homme le plus honn\u00eate que j&rsquo;aie jamais rencontr\u00e9. Tout au long de ma vie, j&rsquo;ai eu du mal \u00e0 croire qu&rsquo;un homme si doux puisse \u00eatre aussi fort. Papa, je suis fier d&rsquo;\u00eatre ton fils. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off :   George Bush p\u00e8re, avant de devenir directeur de la CIA puis pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis, avait cr\u00e9\u00e9 en 1960, la Zapata Company, une soci\u00e9t\u00e9 p\u00e9troli\u00e8re minuscule mais qui avait obtenu le droit d&rsquo;exploiter des zones de forage au Kowe\u00eft. La fortune de   George Bush p\u00e8re \u00e9tait faite. Son fils avait suivi ses conseils et fond\u00e9 en 79 sa propre compagnie p\u00e9troli\u00e8re au Texas, l&rsquo;Arbusto Energy dont la gestion fut catastrophique et qui fut sauv\u00e9e de la faillite par Selim Ben Laden, le demi-fr\u00e8re d&rsquo;Oussama, qui racheta au prix fort une grande partie des actions. La famille Ben Laden \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 propri\u00e9taire de l&rsquo;a\u00e9roport de Houston au Texas. Avant d&rsquo;\u00eatre \u00e9lu gouverneur,   George Bush Junior recevait du groupe p\u00e9trolier Arken Energy 120 mille dollars par an au titre de consultant. Le quart de la compagnie appartenait \u00e0 des Saoudiens et l&rsquo;avocat de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait le cabinet James Baker, l&rsquo;ancien secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat de Bush p\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab \u00c9coutez,   George Bush, Bush p\u00e8re, l&rsquo;ancien pr\u00e9sident, a dit clairement que notre int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique \u00e9tait de faire la guerre contre Saddam. Qu&rsquo;est-ce que cela veut signifier ? Le seul int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique que nous avons dans le Golfe est le p\u00e9trole. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES SCHLESINGER<\/strong> : \u00ab Le secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat Baker l&rsquo;a dit, \u00e7a tient en un seul mot : p\u00e9trole. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : George W. Bush a fini par faire fortune en vendant la totalit\u00e9 de ses actions pour 1 $milliard. Deux mois plus tard, l&rsquo;Irak envahissait le Kowe\u00eft. L&rsquo;enqu\u00eate ouverte pour rechercher s&rsquo;il y avait eu d\u00e9lit d&rsquo;initi\u00e9 de la part de son p\u00e8re, alors pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis s&rsquo;\u00e9tait sold\u00e9e par un non-lieu.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Vous avez le pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis, son p\u00e8re, l&rsquo;ancien pr\u00e9sident et le vice-pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis qui tous ont fait fortune en faisant des affaires dans le milieu du p\u00e9trole uniquement gr\u00e2ce \u00e0 leurs relations avec la famille royale. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Les gens ne savent pas que le gouvernement auquel ils font confiance pour endiguer le crime est en fait \u00e9troitement associ\u00e9 aux criminels. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Je peux vous assurer qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait jamais eu de n\u00e9gociations avec les Talibans si Enron ne l&rsquo;avait pas exig\u00e9 et s&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas largement financ\u00e9 la campagne de Bush. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab En d\u00e9couvrant la fa\u00e7on dont ce gouvernement se comporte, je finis par regretter le p\u00e9riode <strong>CLINTON<\/strong>. Ces gens sont fous. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab La famille Bush entretient de solides relations avec des criminels. Dick Cheney  aussi a des liens avec des criminels, c&rsquo;est une v\u00e9ritable mafia. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : En 1989,   George Bush Junior si\u00e9geait au conseil de direction du groupe Carlyle, poste qu&rsquo;il conservera jusqu&rsquo;en 94 sans jamais d\u00e9clarer ses revenus. Cette gigantesque entreprise travaille surtout avec le secteur de la d\u00e9fense : missiles, avions, chars. 16 $milliards d&rsquo;actifs.   George Bush p\u00e8re est toujours un des piliers de Carlyle. Le conseil d&rsquo;administration est constitu\u00e9 d&rsquo;un r\u00e9seau d&rsquo;hommes de pouvoir de premier plan capables d&rsquo;influer sur tous les d\u00e9cideurs politiques. Chacun des partenaires d\u00e9tient un capital de 200 $millions. Le groupe Carlyle est dirig\u00e9 par Frank Carlucci, ancien directeur adjoint de la CIA et ministre de la d\u00e9fense de Reagan. Au lendemain de son \u00e9lection,   George Bush Junior signait avec le groupe Carlyle un contrat d&rsquo;armement de 12 $milliards portant sur un nouveau syst\u00e8me d&rsquo;artillerie contre l&rsquo;avis de tous les experts du Pentagone qui le jugeaient totalement inadapt\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Le groupe Carlyle a probablement un acc\u00e8s directe \u00e0 tout ce que la CIA sait sur le reste du monde. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Pas de comptes \u00e0 rendre, pas d&rsquo;actionnaires ; \u00e7a sert de couverture \u00e0 un service de renseignement tr\u00e8s efficace. Quand vous \u00eates en face de Carlucci, vous \u00eates au coeur du gouvernement am\u00e9ricain. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Carlucci peut appeler qui il veut \u00e0 la CIA et lui parler d&rsquo;\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Sa femme Marsha travaillait dans un grand cabinet de comptables. Son travail consistait \u00e0 dissimuler le budget secret de la CIA \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du budget du D\u00e9partement de la d\u00e9fense. Tout se passait en famille. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>FRANK CARLUCCI<\/strong> : \u00ab Il y a de nombreuses accusations concernant notre soi-disant entreprise politique mais personne ne peut citer le moindre exemple de pression politique dans lequel nous serions impliqu\u00e9s, ni une quelconque occasion o\u00f9 nous aurions tenter d&rsquo;user de notre influence. Nous ne cherchons pas \u00e0 exercer d&rsquo;influence politique ; nous achetons et vendons des entreprises, c&rsquo;est de cette fa\u00e7on que nous gagnons notre argent. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Ils proc\u00e8dent \u00e0 des op\u00e9rations secr\u00e8tes, ils blanchissent de l&rsquo;argent sale par l&rsquo;interm\u00e9diaire du groupe Carlyle. George Bush est associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;affaire, m\u00eame Colin Powell en fait partie. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>FRANK CARLUCCI<\/strong> : \u00ab James Baker, John Major, Arthur Lewit, oui, ce sont tous des personnalit\u00e9s connues de premier plan. Mais ces gens sont dou\u00e9s pour les affaires et ils font donc des affaires. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Et je trouve qu&rsquo;il serait int\u00e9ressant que le public regarde d&rsquo;un peu plus pr\u00e8s d&rsquo;o\u00f9 vient leur argent. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JEAN-CHARLES BRISARD<\/strong> : \u00ab Le groupe Carlyle est tr\u00e8s implant\u00e9 en Arabie Saoudite, bien s\u00fbr et on estime que la famille Ben Laden, par exemple, et les investisseurs dans les fonds Carlyle \u00e0 Londres ont des liens tr\u00e8s forts et \u00e7a a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;une des courroies de transmission sans doute de cette relation privil\u00e9gi\u00e9e qui a pu se nouer entre les \u00c9tats-Unis et l&rsquo;Arabie Saoudite, en particulier avec la famille Bush. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>FRANK CARLUCCI<\/strong> : \u00ab Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un tr\u00e8s modeste investissement, un ou deux $millions, je crois. Nous avons r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 nos fonds et nous avons bien s\u00fbr cess\u00e9 de faire des affaires avec Ben Laden, \u00e9videmment. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : D\u00e8s son entr\u00e9e \u00e0 la Maison-Blanche, George W. Bush est alert\u00e9 par la CIA. Ben Laden menace maintenant directement les \u00c9tats-Unis. Deux mois plus tard, en mars 2001, une commission gouvernementale publie un rapport de 150 pages qui se termine par ces mots : \u00ab Un assaut direct contre les citoyens am\u00e9ricains sur le sol am\u00e9ricain causant la mort et la destruction parait vraisemblable. Face \u00e0 cette menace, notre nation n&rsquo;a aucune structure gouvernementale coh\u00e9rente. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab Nous \u00e9tions plusieurs \u00e0 dire depuis le milieu des ann\u00e9es 90 que des terroristes allaient tr\u00e8s vraisemblablement utiliser des armes de destruction massive sur le sol des \u00c9tats-Unis et qu&rsquo;il fallait nous y pr\u00e9parer. Plusieurs commissions avaient soulign\u00e9 qu&rsquo;une attaque terroriste de grande envergure effroyable allait se produire. C&rsquo;\u00e9tait pratiquement in\u00e9vitable. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>STANSFIELD TURNER<\/strong> : \u00ab La CIA hurlait: \u00ab Les \u00c9tats-Unis vont \u00eatre attaqu\u00e9s sur leur territoire. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>PETER EARNEST<\/strong> : \u00ab On recevait une \u00e9norme quantit\u00e9 d&rsquo;informations sur les menaces terroristes, sur les plans des terroristes, sur le fait que quelque chose allait se passer, quelque chose de tr\u00e8s important. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab Apr\u00e8s tout, et sans parler de l&rsquo;attentat contre le World Trade Center en 93, on pensait qu&rsquo;il allait y avoir d&rsquo;autres attaques \u00e0 New York. Il y a eu ce complot qui consistait \u00e0 faire tomber 12 avions de ligne en 95, un autre au m\u00eame moment qui pr\u00e9voyait de faire s&rsquo;\u00e9craser un avion sur le si\u00e8ge de la CIA et l&rsquo;attaque pr\u00e9vue contre l&rsquo;a\u00e9roport de Los Angeles \u00e0 la veille de l&rsquo;an 2000. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>PETER EARNEST<\/strong> : \u00ab Il y avait eu ce plan qui consistait \u00e0 s&rsquo;attaquer au si\u00e8ge de la CIA \u00e0 Langley et bien s\u00fbr toutes ces menaces lanc\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement contre la Maison-Blanche et le Capitole. Quelqu&rsquo;un va arriver au volant d&rsquo;un v\u00e9hicule et tenter une action. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DALE WATSON<\/strong> : \u00ab Nous \u00e9tions absolument persuad\u00e9s que l&rsquo;Am\u00e9rique allait \u00eatre attaqu\u00e9e, nous mesurions la gravit\u00e9 de la situation et nous nous sommes pr\u00e9par\u00e9s contre cela. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT GATES<\/strong> : \u00ab Malheureusement, tous les politiciens qui nous approuvaient d&rsquo;un air entendu, n&rsquo;ont rien fait. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES WOOLSEY<\/strong> : \u00ab Tout le pays \u00e9tait en fait en l\u00e9thargie. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : Malgr\u00e9 les menaces de plus en plus pr\u00e9cises, le combat que se livrent la CIA et le FBI ne cesse pas. Les rivalit\u00e9s et la r\u00e9tention d&rsquo;informations continuent. Le chef du FBI pr\u00e9vient ses agents : \u00ab On ne partage aucune information avec la CIA. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>STANSFIELD TURNER<\/strong> : \u00ab Apparemment, plusieurs erreurs ont \u00e9t\u00e9 commises, comme le manque d&rsquo;\u00e9change d&rsquo;informations entre les services et le reste. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM WEBSTER<\/strong> : \u00ab Il ne s&rsquo;agissait pas de garder les informations secr\u00e8tes, nous n&rsquo;avions pas les moyens n\u00e9cessaires pour les transmettre \u00e0 la CIA. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Ils ne communiquent pas entre eux, leurs ordinateurs ne sont pas reli\u00e9s les uns aux autres, leurs agents ne s&rsquo;entra\u00eenent pas ensemble, ils refusent de travailler ensemble. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM QUANDT<\/strong> : \u00ab Lorsqu&rsquo;ils recueillent des renseignements, chaque service a tendance \u00e0 les garder pour soi. Ils ne se font jamais confiance. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM COHEN<\/strong> : \u00ab Il ne s&rsquo;agit pas de se battre, chaque agence a une mission diff\u00e9rente, une mentalit\u00e9 diff\u00e9rente. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DUANE CLARRIDGE<\/strong> : \u00ab C&rsquo;\u00e9tait la guerre, mais une guerre qui s&rsquo;est \u00e9tendue \u00e0 tout le domaine du contre-espionnage. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : En f\u00e9vrier 2001, Isra\u00ebl avertit la CIA : des terroristes vont pirater un ou des avions de ligne et s&rsquo;en servir comme arme. Le roi Abdallah de Jordanie, le pr\u00e9sident Moubarak puis le chancelier Gerardt Schr\u00f6der transmettent au Pentagone la m\u00eame information : une attaque aura lieu prochainement sur le sol am\u00e9ricain dans laquelle des avions seraient impliqu\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>JAMES WOOLSEY<\/strong> : \u00ab Depuis des ann\u00e9es les extr\u00e9mistes islamiques s&rsquo;entra\u00eenaient \u00e0 d\u00e9tourner un avion de ligne sur un vieil appareil clou\u00e9 au sol que nous pouvions observer sur nos photos satellites. Ils s&rsquo;entra\u00eenaient par petits groupes de quatre ou cinq \u00e0 prendre le contr\u00f4le de l&rsquo;avion en utilisant de tous petits couteaux. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab En 98 j&rsquo;ai envoy\u00e9 \u00e0 la CIA un e-mail sur Raledchek Mohamed \u00e0 propos des d\u00e9tournements d&rsquo;avions et des faux noms qu&rsquo;il utilisait lorsqu&rsquo;il voyageait en Europe. Je n&rsquo;ai jamais eu de r\u00e9ponse. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>PETER EARNEST<\/strong> : \u00ab Plusieurs personnes originaires de pays arabes prenaient des cours de pilotage mais avouaient qu&rsquo;apprendre \u00e0 atterrir ne les int\u00e9ressait pas. Des d\u00e9tails qui auraient m\u00e9rit\u00e9 un suppl\u00e9ment d&rsquo;enqu\u00eate. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DUANE CLARRIDGE<\/strong> : \u00ab Vous pouvez imaginer un type cens\u00e9 apprendre \u00e0 piloter un avion et disant \u00e0 son instructeur : \u00ab Je voudrais juste savoir comment on fait pour tourner \u00e0 gauche et \u00e0 droite. \u00bb Franchement ! \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab On a re\u00e7u plusieurs indices qui n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 examin\u00e9s s\u00e9rieusement. Un jeune homme a d\u00e9barqu\u00e9 dans le bureau du FBI \u00e0 New Ark dans le New Jersey, un an avant le 11 septembre, et a pr\u00e9venu le FBI. Il avait eu connaissance d&rsquo;un projet, des avions allaient \u00eatre utilis\u00e9s pour percuter le World Trade Center. Le FBI n&rsquo;a pu v\u00e9rifier aucun \u00e9l\u00e9ment de cette histoire mais au lieu de la prendre au s\u00e9rieux, d&rsquo;essayer de comprendre ce qu&rsquo;ils ignoraient, de d\u00e9couvrir ce que la CIA ne voulait pas leur dire, ils n&rsquo;en ont pas tenu compte. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM BLUM<\/strong> : \u00ab Ils ont d\u00fb penser que ces pirates de l&rsquo;air envisageaient un banal d\u00e9tournement d&rsquo;avions avec prise d&rsquo;otages et revendications. Ils ne savaient probablement pas qu&rsquo;ils pr\u00e9voyaient d&rsquo;utiliser l&rsquo;avion comme une bombe, un missile. Ils ont donc pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 attendre et attendre encore jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il soit trop tard. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab C&rsquo;est exactement comme pour les informations sur Zaccaria Moussawi. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t <strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Le 24 ao\u00fbt, les services secrets fran\u00e7ais, la DST, ont remis un document au repr\u00e9sentant du FBI \u00e0 Paris qui prouvait que Moussawi avait des liens avec A1 Qa\u00efda. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JEAN-CHARLES BRISARD<\/strong> : \u00ab Les informations transmises, on le sait aujourd&rsquo;hui, \u00e9taient quand m\u00eame relativement pr\u00e9cises et notamment sur le fait que Moussawi s&rsquo;\u00e9tait entra\u00een\u00e9 en Afghanistan, dans tel camp, contr\u00f4l\u00e9 par Ben Laden. On savait \u00e9galement qu&rsquo;il avait des relations en Europe avec des dirigeants ou des membres d&rsquo;A1 Qa\u00efda, qu&rsquo;on avait nomm\u00e9s, qu&rsquo;on avait d\u00e9sign\u00e9s aux \u00c9tats-Unis. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Vous pouvez croire que ce document n&rsquo;est jamais parvenu aux agents du FBI de Minneapolis o\u00f9 Moussawi se trouvait. Ils ont non seulement emp\u00eacher les informations recueillies de remonter \u00e0 la direction du FBI, mais la direction elle-m\u00eame refusait de leur transmettre leurs propres informations. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DUANE CLARRIDGE<\/strong> : \u00ab Le responsable du FBI \u00e0 Minneapolis est une sorte de prince, un petit roi, un baron. Il ne fait parvenir au si\u00e8ge de Washington que ce qu&rsquo;il veut bien transmettre. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JEAN-CHARLES BRISARD<\/strong> : \u00ab Le FBI a jug\u00e9 \u00e0 un moment ou un autre que les \u00e9l\u00e9ments transmis par les Fran\u00e7ais sur Moussawi \u00e9taient insuffisants pour diligenter des enqu\u00eates suppl\u00e9mentaires et notamment les \u00e9coutes t\u00e9l\u00e9phoniques. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Les Fran\u00e7ais ont fait passer l&rsquo;information aux \u00c9tats-Unis mais les Am\u00e9ricains ont r\u00e9pondu: \u00ab C&rsquo;est sans int\u00e9r\u00eat. \u00bb Il n&rsquo;ont pas mis son t\u00e9l\u00e9phone sur \u00e9coute ni fouiller dans son ordinateur. Ils n&rsquo;\u00e9coutent jamais.\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Tout le monde se lamente, \u00ab C&rsquo;est la faute du FBI, c&rsquo;est la faute de la CIA \u00bb. Mais quand vous avez toute l&rsquo;\u00e9quipe du pr\u00e9sident qui vous dit : \u00ab \u00c9vitez de creuser un peu trop, on ne veut pas savoir ce qu&rsquo;il y a en dessous, on ne veut pas d&rsquo;ennuis, on ne veut pas en entendre parler, les Saoudiens sont nos amis. \u00bb, qu&rsquo;est ce que vous voulez que les agents des services de renseignement fassent ? \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DUANE CLARRIDGE<\/strong> : \u00ab L&rsquo;erreur majeure, la vraie erreur a \u00e9t\u00e9 de ne pas avoir autoris\u00e9 la CIA \u00e0 pouvoir aller enqu\u00eater \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;Arabie Saoudite. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab On nous a dit : \u00ab Les Saoudiens sont nos amis et on n&rsquo;espionne pas ses amis. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Le roi avait fait passer le message : \u00ab Je ne veux pas savoir. \u00bb Je parle du roi George W. Bush ou du conseiller du roi, Dick Cheney. Mais en v\u00e9rit\u00e9 ils n&rsquo;ont pas laiss\u00e9 nos services de renseignement faire leur travail. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Peut-\u00eatre, je dis bien peut-\u00eatre, que s&rsquo;ils avaient laiss\u00e9 la CIA faire son boulot correctement, nous aurions pu emp\u00eacher le 11 septembre. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tVoix-off : \u00ab <strong>ROBERT BAER<\/strong>, 5 ans apr\u00e8s avoir claqu\u00e9 la porte de la CIA, d\u00e9cide \u00e0 titre personnel de reprendre contact avec les groupes qu&rsquo;il infiltrait et recueillir des informations sur l&rsquo;op\u00e9ration qui se pr\u00e9pare.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab J&rsquo;\u00e9tais devenu proche d&rsquo;un groupe de dissidents dans le Golfe qui \u00e9tait au courant de ces plans. Quand j&rsquo;ai d\u00e9missionn\u00e9, et non pas pris ma retraite, -e suis parti \u00e0 Beyrouth et une fois sur place, ces gens m&rsquo;ont averti : \u00ab Raledchek Mohamed se pr\u00e9pare \u00e0 d\u00e9tourner les avions. \u00bb C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;ancienne cellule de Rams\u00e9 Youcef qui avait d\u00e9j\u00e0 fait sauter le World Trade Center. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>STANSFIELD TURNER<\/strong> : \u00ab D\u00e8s le mois d&rsquo;ao\u00fbt 2001, il pr\u00e9vient le pr\u00e9sident : \u00ab Nous allons avoir une attaque terroriste \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des \u00c9tats-Unis. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT BAER<\/strong> : \u00ab Je savais que la CIA ne m&rsquo;\u00e9couterait pas, ils avaient d\u00e9cid\u00e9 que rien ne se passerait. C&rsquo;est comme \u00e7a qu&rsquo;ils fonctionnent, ce sont des bureaucrates, ils refusent d&rsquo;\u00e9couter quelqu&rsquo;un qui vient de l&rsquo;ext\u00e9rieur. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Nous aurions d\u00fb examiner s\u00e9rieusement tous ces documents et comprendre qu&rsquo;ils recommenceraient mais cette fois avec un plan de plus grande envergure. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>RICHARD KERR<\/strong> : \u00ab Que ce soit la faute du FBI ou celle de la CIA, vous pouvez accuser qui vous voulez. Ce qui est s\u00fbr, c&rsquo;est que rien n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 fait correctement dans ce centre. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Vous savez, donner tous les moyens \u00e0 des incapables, c&rsquo;est comme verser de l&rsquo;huile sur le feu. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est pass\u00e9.\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DUANE CLARRIDGE<\/strong> : \u00ab Tout le monde en parle comme d&rsquo;une op\u00e9ration extraordinaire : \u00ab Mon Dieu, ces gens sont des g\u00e9nies, une telle complexit\u00e9 ! \u00bb C&rsquo;est compl\u00e8tement absurde. \u00c7a a \u00e9t\u00e9 fait par une poign\u00e9e de fous. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>RICHARD HOLM<\/strong> : \u00ab Mais nous ne pouvions pas imaginer qu&rsquo;ils en seraient capables, qu&rsquo;autant de gens \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 se suicider, \u00e0 mettre sur pieds une telle structure. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>DUANE CLARRIDGE<\/strong> : \u00ab Nous sommes compl\u00e8tement pass\u00e9s \u00e0 c\u00f4t\u00e9. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoix-off : 11 septembre 2001, George W. Bush, qui vient de prendre 5 semaines de vacance dans son ranche au Texas, fait son jogging matinal en Floride. Son fr\u00e8re, gouverneur de l&rsquo;\u00c9tat, l&rsquo;a invit\u00e9 \u00e0 commencer ici sa croisade pour l&rsquo;\u00e9ducation; le pr\u00e9sident plaisante avec les journalistes. Dans une heure, il va visiter une \u00e9cole \u00e0 Sarasota. A 8h47, alors que le pr\u00e9sident plaisante avec les enfants, son conseiller re\u00e7oit un appel.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Post-scriptum<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab On a jamais r\u00e9ussi \u00e0 retrouver Ben Laden. Toutes ces d\u00e9clarations ridicules du pr\u00e9sident du genre : \u00ab Amenez-le moi mort ou vif \u00bb, c&rsquo;\u00e9tait digne d&rsquo;un cow-boy du Texas. Nos militaires n&rsquo;en avaient pas les moyens, en particulier \u00e0 cause de la nullit\u00e9 des services secrets am\u00e9ricains. Nous n&rsquo;avons jamais \u00e9t\u00e9 efficaces sur le terrain. Saddam Hussein va donc payer parce que Ben Laden nous a \u00e9chapp\u00e9. On ne s&rsquo;en serait jamais pris \u00e0 lui si tout n&rsquo;avait pas rat\u00e9. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM QUANDT<\/strong> : \u00ab Il n&rsquo;y a aucun lien entre les deux et le gouvernement le sait. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tGEORGE W. BUSH (d\u00e9claration publique) : \u00ab Le il septembre 2001, le peuple am\u00e9ricain a vu ce que des terroristes pouvaient faire en utilisant quatre avions comme armes de combat. Nous n&rsquo;allons pas attendre, et voir si des terroristes, ou des \u00e9tats terroristes, sont capables d&rsquo;utiliser des armes chimiques, biologiques ou nucl\u00e9aires. Saddam Hussein va essayer de jouer une derni\u00e8re manche, se lancer dans une nouvelle s\u00e9rie de mensonges, de d\u00e9mentis, tenter un jeu de dupe de derni\u00e8re heure, mais la partie est termin\u00e9e. \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM QUANDT<\/strong> : \u00ab Bush parle de guerre contre le terrorisme, de l&rsquo;axe du mal ou de Saddam Hussein comme d&rsquo;un nouvel Hitler. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>JOSEPH TRENTO<\/strong> : \u00ab Bush r\u00e9p\u00e8te partout : \u00ab Il est l&rsquo;incarnation du mal, c&rsquo;est le mal, il faut nous d\u00e9barrasser de lui. \u00bb Et pourtant dans les ann\u00e9es 80, il \u00e9tait l&rsquo;un de nos meilleurs amis. Le pr\u00e9sident Reagan lui envoyait m\u00eame son m\u00e9decin personnel \u00e0 Bagdad pour le soigner de ses maux de dos. Et d&rsquo;un seul coup il n&rsquo;est plus notre ami. Qui allons nous mettre \u00e0 sa place ? \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM QUANDT<\/strong> : \u00ab Nous d\u00e9couvrons un autre visage de   George Bush o\u00f9 son inexp\u00e9rience devient plus \u00e9vidente. Cette pr\u00e9cipitation \u00e0 s&rsquo;engager dans une guerre avec l&rsquo;Irak n&rsquo;a rien de rationnel. Le pr\u00e9sident change sans arr\u00eat d&rsquo;explication. Un jour il invoque la menace des armes nucl\u00e9aires, le lendemain il parie de menace terroriste, le jour suivant il s&rsquo;agit de d\u00e9fendre les Nations-Unies, et le jour d&rsquo;apr\u00e8s il affirme que l&rsquo;Irak va nous attaquer si nous n&rsquo;agissons pas. Je pense qu&rsquo;il est, je dirais, manipul\u00e9 par certains de ses conseillers. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>ROBERT STEELE<\/strong> : \u00ab Il est aux mains d&rsquo;un groupe d&rsquo;extr\u00eame droite. Ce groupe est d&rsquo;ailleurs si extr\u00e9miste qu&rsquo;il met d\u00e9sormais en avant ses propres analyses et les substitue \u00e0 celles de la CIA. Ces gens le nourrissent au sens propre du terme ; ils lui font avaler ce qu&rsquo;ils veulent au lieu de lui fournir les informations dont il a besoin en tant que pr\u00e9sident. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM QUANDT<\/strong> : \u00ab Il pense que si les \u00c9tats-Unis renversent le r\u00e9gime de Saddam pour le remplacer par un r\u00e9gime ami, et s&rsquo;installent plus ou moins officiellement en Irak o\u00f9 les r\u00e9serves de p\u00e9trole sont gigantesques, les Am\u00e9ricains disposeront alors d&rsquo;un deuxi\u00e8me alli\u00e9 puissant. Il y aura Isra\u00ebl d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, et l&rsquo;Irak de l&rsquo;autre. Un Irak plac\u00e9 sous contr\u00f4le am\u00e9ricain permettrait de surveiller l&rsquo;Iran et surtout de faire perdre de son importance \u00e0 l&rsquo;Arabie Saoudite. Vous pourriez aussi ajouter la Turquie \u00e0 la liste des pays amis. Isra\u00ebl, la Turquie et l&rsquo;Irak, devenus proam\u00e9ricains. Et une fois cet objectif accompli, ils diront : \u00ab Qui a encore besoin du reste du Moyen-Orient, qui a encore besoin des Saoudiens ? Ils n&rsquo;ont plus aucune importance. \u00bb \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>MILTON BEARDEN<\/strong> : \u00ab Est-ce que nous allons occuper l&rsquo;Irak pendant 30 ans; est-ce que nous allons devenir un pays du Moyen-Orient, peut-\u00eatre un nouveau membre de l&rsquo;OPEP \u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>WILLIAM QUANDT<\/strong> : \u00ab Je pense qu&rsquo;il y a un risque pour qu&rsquo;il nous entra\u00eene sur un terrain terriblement dangereux sans avoir pris la peine d&rsquo;expliquer en quoi il est n\u00e9cessaire pour les \u00c9tats-Unis d&rsquo;entrer en guerre aujourd&rsquo;hui. Qui va nous arr\u00eater, qui peut nous arr\u00eater ? \u00bb<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Qui va nous arr\u00eater, qui peut nous arr\u00eater ? \u00bb Les 12 et 14 avril, les deux cha\u00eenes de la RTBF successivement, le 16 avril, ARTE diffusaient un document sur la CIA, CIA : Guerres secr\u00e8tes. Nous avions signal\u00e9 cette \u00e9mission et annoncions la publication de la transcription de cette \u00e9mission. 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