{"id":65601,"date":"2003-05-06T00:00:00","date_gmt":"2003-05-06T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/05\/06\/blair-et-cie-plutot-chamberlain-que-churchill-rubrique-de-defensa-vol18-n13-25-mars-2003\/"},"modified":"2003-05-06T00:00:00","modified_gmt":"2003-05-06T00:00:00","slug":"blair-et-cie-plutot-chamberlain-que-churchill-rubrique-de-defensa-vol18-n13-25-mars-2003","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/05\/06\/blair-et-cie-plutot-chamberlain-que-churchill-rubrique-de-defensa-vol18-n13-25-mars-2003\/","title":{"rendered":"<strong><em>Blair et Cie, Plut\u00f4t Chamberlain que Churchill<\/em><\/strong> \u2014 Rubrique de defensa, Vol18, n\u00b013, 25 mars 2003"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Blair et Cie, Plut\u00f4t Chamberlain que Churchill,  Rubrique de defensa, Vol18, n\u00b013, 25 mars 2003<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tOn a <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=729\" class=\"gen\">vu r\u00e9cemment sur ce site<\/a> le grand cas que nous faisons de r\u00e9centes d\u00e9clarations de Tony Blair sur l&rsquo;organisation des relations internationales, son rejet de la multipolarit\u00e9, son embrassement enthousiaste,  ou son enthousiasme contraint pour embrasser c&rsquo;est \u00e0 voir , de l&rsquo;unipolarit\u00e9, impliquant un alignement sur les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette analyse rejoint une premi\u00e8re analyse sur ce th\u00e8me faite dans notre Lettre <em>de defensa<\/em> du 25 mars, \u00e0 partir de d\u00e9clarations assez similaires de Jack Straw, au d\u00e9but mars. La th\u00e8se \u00e0 laquelle nous conduisent ces remarques est simplement d&rsquo;avancer que, plut\u00f4t qu&rsquo;un nouveau Churchill d&rsquo;un danger qui n&rsquo;existe pas, Tony Blair serait le nouveau Chamberlain d&rsquo;une capitulation qu&rsquo;il exp\u00e9rimente chaque jour. Son brio se situe essentiellement dans la fa\u00e7on de camoufler cela derri\u00e8re des th\u00e9ories grandioses et ronflantes sur l&#8217;empire (britannique) reconstitu\u00e9 ou qui pourrait le sembler ;  en plus, l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;\u00e0 force de ce brio, Tony Blair doit finir par y croire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici donc l&rsquo;extrait de notre rubrique <em>de defensa<\/em>, Volume 18, n\u00b013, du 25 mars 2003.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t@SURTITRE = R.I.P., Grande Alliance<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t@TITREDDE = Les cendres de Winston <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t@SOUSTITRE = Sous nos yeux s&rsquo;\u00e9teint, dans un fracas lourd de mensonges m\u00e9diatiques blanchis et essor\u00e9s par le virtualisme, un grand projet de l&rsquo;histoire anglo-saxonne : la Grande Alliance<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa r\u00e9f\u00e9rence de Blair, c&rsquo;est Churchill. C&rsquo;est aussi celle de GW comme celle des <em>neo-Cons<\/em> am\u00e9ricains et des n\u00e9o-imp\u00e9riaux h\u00e9g\u00e9monistes britanniques (la pal\u00e9o-droite du parti <em>tory<\/em>, sous le regard intransigeant de Lady Thatcher). Bref, c&rsquo;est la r\u00e9f\u00e9rence universelle. Tous, ils partent en guerre au nom d&rsquo;un concept mis en forme en 1877 par Cecil Rhodes et appliqu\u00e9 sous une forme d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e en 1941, sous la forme d&rsquo;une Charte de l&rsquo;Atlantique, tr\u00e8s vague, tr\u00e8s fumeuse, pleine d&rsquo;arri\u00e8re-pens\u00e9es et de lecture \u00e0 faire entre les lignes. C&rsquo;est la Grande Alliance, de Churchill bien s\u00fbr. C&rsquo;est la Grande Alliance qu&rsquo;on enterre, dans les sables irakiens, sables virtuels ou pas, et avec elle les grands desseins de domination anglo-saxonne qui hantent les esprits des pal\u00e9o-imp\u00e9rialistes britanniques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn 1877, donc, Sir Cecil Rhodes constitua une soci\u00e9t\u00e9 semi-secr\u00e8te d&rsquo;influence form\u00e9e de membres de l&rsquo;\u00e9lite conservatrice britannique (exemple : le r\u00e9dacteur en chef du <em>Times<\/em> membre permanent de plein droit). L&rsquo;un de ses buts affirm\u00e9s, quasiment statutaire, \u00e9tait \u00ab <em>the ultimate recovery of the United States of America as an integral part of British Empire<\/em> \u00bb. C&rsquo;est un peu ambitieux,  mais l&rsquo;id\u00e9e resta en se transformant : manipuler les USA pour prot\u00e9ger la puissance de l&rsquo;Empire britannique, puis du Royaume-Uni lui-m\u00eame lorsque l&rsquo;Empire eut disparu (tiens,   en grande partie sous l&rsquo;impulsion am\u00e9ricaine ; l&rsquo;esprit <em>tory<\/em> n&rsquo;y a jamais vu la moindre contradiction). Churchill fut le h\u00e9raut de cette soi-disant strat\u00e9gie, qu&rsquo;il justifiait par la perspective d&rsquo;une domination anglo-saxonne du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa Guerre froide fit bon usage de ce montage. La pr\u00e9sence d&rsquo;un danger commun per\u00e7u comme \u00e9tant d&rsquo;une extraordinaire puissance impliquait que les n\u00e9cessit\u00e9s et les subtilit\u00e9s de la souverainet\u00e9 nationale fussent moins pressantes qu&rsquo;en temps normal. Le Royaume-Uni profita de cette p\u00e9riode, cultivant l&rsquo;illusion de la puissance annexe presque \u00e0 l&rsquo;\u00e9gal de la puissance souveraine, et de la souverainet\u00e9 limit\u00e9e exerc\u00e9e comme une souverainet\u00e9 pleine et enti\u00e8re. Le contraste avec le choix fran\u00e7ais \u00e9tait complet, \u00e0 l&rsquo;image des deux tirant la le\u00e7on inverse de la crise de Suez en 1956, o\u00f9 ils avaient d\u00fb reculer de conserve devant l&rsquo;ultimatum US : les Britanniques rentreraient dans le rang pour n&rsquo;\u00eatre plus jamais mis \u00e0 l&rsquo;index des Am\u00e9ricains, les Fran\u00e7ais tiendraient leur rang (leur ind\u00e9pendance nationale) plus ferme que jamais, jusqu&rsquo;\u00e0 devenir une puissance nucl\u00e9aire autonome pour ne pas plier devant l&rsquo;index am\u00e9ricain. On retrouve ces positions aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;analogie avec Suez est souvent \u00e9voqu\u00e9e pour cette crise irakienne, principalement pour caract\u00e9riser telle ou telle hypoth\u00e8se \u00e0 propos du sort de Blair (sera-t-il emport\u00e9 par cette guerre impopulaire, comme Anthony Eden en 1956 ?). Mais il y a une analogie bien plus int\u00e9ressante \u00e0 faire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Une analogie contradictoire : Eden partait en guerre contre la volont\u00e9 US, Blair est en guerre par la volont\u00e9 US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Une interrogation analogique : les USA vont-ils recourir \u00e0 la menace contre leurs alli\u00e9s, comme en 1956 ?<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Le r\u00e9sultat de la Grande Alliance, est-ce ceci : un Royaume-Uni suspendu aux d\u00e9cisions US et aux vapeurs de violette de l&rsquo;illusion imp\u00e9riale ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise actuelle est, pour Tony Blair, l&rsquo;ach\u00e8vement de l&rsquo;exercice de grand \u00e9cart qu&rsquo;on a souvent signal\u00e9 dans ces colonnes. La terrible hargne anti-fran\u00e7aise des Britanniques, pleine de fureur et de d\u00e9pit, mesure la d\u00e9ception que l&rsquo;exercice soit devenu si dommageable aux divers attributs britanniques. La France a priv\u00e9 Blair de l&rsquo;onction d&rsquo;une deuxi\u00e8me r\u00e9solution ONU, ce qui l&rsquo;aurait gard\u00e9 compl\u00e8tement du c\u00f4t\u00e9 int\u00e9rieur ; les Britanniques ont du mal \u00e0 croire que les Fran\u00e7ais ont agi selon le respect des principes, ce qui prouve que les Britanniques, malgr\u00e9 le cousinage et dix si\u00e8cles de guerres, ont toujours tout \u00e0 apprendre des Fran\u00e7ais.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Bien s\u00fbr, les Fran\u00e7ais ont agi selon le respect des principes, imaginer autre chose n&rsquo;a pas le moindre sens et c&rsquo;est croire \u00e0 sa propre propagande, \u00e0 ses propres mensonges. Aucun homme politique fran\u00e7ais n&rsquo;aurait tenu une telle politique, si audacieuse, si ferme, dans une \u00e9poque de d\u00e9bilit\u00e9 si compl\u00e8te o\u00f9 les politiciens fran\u00e7ais sont tremp\u00e9s plus qu&rsquo;\u00e0 leur tour, s&rsquo;il n&rsquo;y avait ce respect rationnel et imp\u00e9ratif pour les principes. Les Anglo-Saxons ont multipli\u00e9 les erreurs de calcul \u00e0 cause de cela, ce petit point, qu&rsquo;ils auraient pourtant d\u00fb comprendre \u00e0 la fr\u00e9quentation de De Gaulle et des gaullistes pendant la guerre. D&rsquo;autre part, autre erreur supr\u00eame qui montre la faiblesse et l&rsquo;angoisse int\u00e9rieure des Anglo-Saxons, d&rsquo;avoir cru que ce respect des principes est une question de vertu et que, pour cela, les hommes politiques fran\u00e7ais ne s&rsquo;y tiendraient pas. Chez les Fran\u00e7ais, le respect des principes n&rsquo;est pas une question de vertu, c&rsquo;est une question de raison, et les Britanniques n&rsquo;ont toujours pas compris que si le plus grand \u00e9crivain fran\u00e7ais, pourtant anglophile, traite le plus grand diplomate fran\u00e7ais d&rsquo;image m\u00eame du Vice, les deux sont tout autant n\u00e9cessaires \u00e0 la France,  question de mesure, qui caract\u00e9rise mieux Chateaubriand et Talleyrand que le d\u00e9bat sur le vice et la vertu.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette incompr\u00e9hension britannique des Fran\u00e7ais, notamment et essentiellement dans cette crise, est aussi l&rsquo;effet direct des illusions britanniques,  celle de Blair et de son grand \u00e9cart quand il s&rsquo;av\u00e8re n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une r\u00e9fection de fa\u00e7ade, sous l&rsquo;ivresse du r\u00eave imp\u00e9rial, d&rsquo;une servilit\u00e9 transform\u00e9e en fanfaronnade. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;extr\u00eame de cette logique britannique de la servilit\u00e9 habill\u00e9e des refrains chamarr\u00e9s de l&rsquo;ivresse imp\u00e9riale se trouve dans un Andrew Anderson qui ne m\u00e9dite pas moins qu&rsquo;un \u00ab <em>regime change<\/em> \u00bb \u00e0 Paris, \u00e0-la-Saddam. Tout cela, \u00e9crit presque au fil de la plume, avec une arrogance tranquille de club londonien, et qu&rsquo;il faut citer <em>texto<\/em>, en \u00e9coutant le soupir d\u00e9sabus\u00e9 de celui qui porte le \u00ab <em>white man&rsquo;s burden<\/em> \u00bb (cette fois au profit des indig\u00e8nes du continent, qu&rsquo;il sauvera malgr\u00e9 eux) : \u00ab <em>Awaiting regime change in Paris, the UK will have to content itself with convincing America that not all Europeans are Frenchmen, and that there will eventually be new diplomatic opportunities for EU\/US co-operation.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres termes, dans ces derniers jours avant la guerre, la direction inspiratrice du Royaume-Uni s&rsquo;est enfonc\u00e9e dans les vapeurs imp\u00e9riales, ces vapeurs d&rsquo;op\u00e9rette. On comprend pourquoi,  puisqu&rsquo;il ne s&rsquo;agit rien moins que de justifier une guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t@TITREDDE = On est le Chamberlain qu&rsquo;on peut<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t@SOUSTITRE = Quelques phrases de Jack Straw, dites dans la fi\u00e8vre de jours incertains et pressants, \u00e9clairent la r\u00e9alit\u00e9 de la situation du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe 4 mars, le secr\u00e9taire au Foreign Office Jack Straw d\u00e9posa devant la Commission des affaires \u00e9trang\u00e8res des Communes. Il fit une intervention passionn\u00e9e, pressante, o\u00f9 l&rsquo;on peut relever pr\u00e9cis\u00e9ment ceci : \u00ab <em>What I say to France and Germany and all my other EU colleagues is take tare because just as America helps to define and influence our politics, so what we do in Europe helps to define and influence American politics. And we will reap a whirlwind if we push the Americans into a unilateralist position in which they are the centre of this unipolar world.<\/em> \u00bb. Le 10 mars, dans une chronique du site WSWS.org, Julie Hyland qualifiait d&rsquo;\u00ab <em>extraordinaire<\/em> \u00bb cette d\u00e9claration de Jack Straw, et elle pr\u00e9cisait aussit\u00f4t que ce qualificatif \u00e9tait m\u00e9rit\u00e9, \u00ab <em>dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;essentiel de la propagande du gouvernement britannique contre les anti-guerre est de les accuser d&rsquo;apaisement en se r\u00e9f\u00e9rant aux accords de Munich<\/em> \u00bb. Il s&rsquo;agit en effet de montrer, comme l&rsquo;\u00e9vidence de la d\u00e9claration de Straw nous le dit, que s&rsquo;il y a un Munichois dans cette affaire, ou, pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, un Chamberlain, c&rsquo;est le Britannique et nullement le Fran\u00e7ais et l&rsquo;Allemand. Le conseil pressant que donne Straw est bien celui d&rsquo;un Chamberlain : c\u00e9dez aux Am\u00e9ricains sinon leur col\u00e8re va \u00eatre terrible. Plus question des arguments sur les armes de Saddam, les liens de Saddam avec AI Qa\u00efda et ainsi de suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a l\u00e0-dedans, dans cette interpr\u00e9tation qu&rsquo;on donne de l&rsquo;intervention de Straw, l&rsquo;effet du pi\u00e8ge o\u00f9 la rh\u00e9torique virtualiste entra\u00eene le gouvernement britannique, priv\u00e9 de tout argument acceptable pour justifier la guerre \u00e0 laquelle il entend participer. L&rsquo;analogie Munich\/Chamberlain, ressortie \u00e0 chaque crise, n&rsquo;est acceptable que dans la mesure o\u00f9 elle porte sur des rapports de force \u00e9quivalents. Dans la forme initiale o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e, cette analogie qui porte sur le travestissement de Saddam en nouvel Hitler et sur l&rsquo;Irak en nouveau Troisi\u00e8me <em>Reich<\/em>, est d&rsquo;une faiblesse caricaturale qui finit par d\u00e9truire la th\u00e8se qu&rsquo;elle est cens\u00e9e renforcer. Il reste qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e et que, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, elle sollicite une interpr\u00e9tation,  si celle de Saddam-Hitler n&rsquo;est pas bonne, \u00e0 quelle situation se rapporte-t-elle ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe gouvernement Blair est si compl\u00e8tement pi\u00e9g\u00e9, si press\u00e9 de toutes parts, qu&rsquo;il en arrive \u00e0 dire la v\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est effectivement le cas avec Straw : sa d\u00e9claration renvoie effectivement \u00e0 une crainte britannique tr\u00e8s r\u00e9elle, et elle constitue m\u00eame un appel \u00e0 l&rsquo;aide et un rappel des r\u00e9alit\u00e9s : si Blair s&rsquo;est engag\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s des USA, c&rsquo;est d&rsquo;abord pour tenter de freiner la course \u00e0 la guerre de ce pays. Et alors, cette tactique compr\u00e9hensible au d\u00e9part, quand il appara\u00eet qu&rsquo;elle ne donne gu\u00e8re de r\u00e9sultat, quand les Britanniques recommandent toujours plus de concessions (une r\u00e9solution \u00e0 l&rsquo;ONU autorisant la guerre), devient effectivement une politique munichoise, et Blair, un Chamberlain-II plut\u00f4t qu&rsquo;un Churchill <em>Mark<\/em>-II. C&rsquo;est alors qu&rsquo;on d\u00e9couvre avec horreur que, dans cette analogie, la puissance am\u00e9ricaine tient le r\u00f4le de la puissance du IIIe <em>Reich<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Pour la premi\u00e8re fois s&rsquo;ouvre la r\u00e9flexion th\u00e9orique sur le fait de savoir si des rapports de tension exprim\u00e9s par la force peuvent un jour appara\u00eetre entre alli\u00e9s transatlantiques<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tRevenons \u00e0 notre champ psychologique, dont nos lecteurs mesurent que nous l&rsquo;affectionnons particuli\u00e8rement. C&rsquo;est le champ favori o\u00f9 s&rsquo;\u00e9bat le virtualisme, qui est cette doctrine id\u00e9ologique de conformation des psychologies (\u00e0 la diff\u00e9rence des id\u00e9ologies classiques qui cherchent \u00e0 conformer les id\u00e9es). Observons le m\u00e9canisme de l&rsquo;id\u00e9ologie virtualiste :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Dans le cadre colossal de litt\u00e9ratures rituelles et de d\u00e9nonciations obsessionnelles de l&rsquo;hitl\u00e9risme, la cat\u00e9gorisation en Hitler est devenue le mot de passe id\u00e9al. Traitez votre adversaire de Hitler, il ne peut pas s&rsquo;en relever. Le virtualisme, qui a le cuir \u00e9pais, a compris cela, car le folklore de l&rsquo;insulte autour de Hitler est l&rsquo;une des d\u00e9marches les plus \u00e9paisses de notre temps a-historique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; On sait que le virtualisme s&rsquo;en donne \u00e0 coeur joie dans les guerres postmodernes. Pourquoi ? Parce qu&rsquo;aucune n&rsquo;est vraiment justifi\u00e9e ni vitale, du point de vue des moyens d\u00e9ploy\u00e9s et en fonction des intentions cach\u00e9es. La consigne virtualiste est donc de qualifier l&rsquo;ennemi de Hitler, car tout devient alors justifi\u00e9. Ce fut donc le cas de Saddam et de Milosevic, de Saddam \u00e0 nouveau.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le reste de la litt\u00e9rature vient avec, notamment Munichois\/Chamberlain. Qui h\u00e9site \u00e0 cogner \u00e0 50 contre 1 l&rsquo;avorton d\u00e9guis\u00e9 en Hitler est qualifi\u00e9 de Munichois\/Chamberlain, soit couard, trouillard, pleutre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn comprend vite combien l&rsquo;obsc\u00e8ne vacuit\u00e9 de ces propos les dessert rapidement, jusqu&rsquo;\u00e0 les r\u00e9duire \u00e0 rien. Reste que la psychologie est marqu\u00e9e par ces images, sans en \u00eatre prisonni\u00e8re. C&rsquo;est le cas qui s&rsquo;impose avec le cas de l&rsquo;intervention de Jack Straw, avec l&rsquo;interpr\u00e9tation <em>a contrario<\/em> qu&rsquo;on en donne (le Chamberlain, c&rsquo;est lui), avec les cons\u00e9quences s\u00e9mantiques et dialectiques d\u00e9stabilisantes qui en d\u00e9coulent : si Straw parle en Chamberlain, son Hitler c&rsquo;est la puissance am\u00e9ricaine elle-m\u00eame. L&rsquo;interpr\u00e9tation est d&rsquo;autant plus acceptable que, pendant longtemps depuis un an et demi, et \u00e9pisodiquement encore, les Britanniques laissent entendre qu&rsquo;ils sont embarqu\u00e9s sur la m\u00eame gal\u00e8re que les Am\u00e9ricains pour pouvoir les contr\u00f4ler, les freiner, voire les bloquer (on peut r\u00eaver) ; ce n&rsquo;est pas faire de l&rsquo;<em>apeasment<\/em> \u00e0-la-Chamberlain mais c&rsquo;est s&rsquo;y condamner si la manoeuvre \u00e9choue ; dans tous les cas, c&rsquo;est implicitement accepter l&rsquo;id\u00e9e que le danger est bien du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;\u00e9norme puissance am\u00e9ricaine et c&rsquo;est alors accepter le sch\u00e9ma sacril\u00e8ge qu&rsquo;on a vu ci-dessus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe que nous voulons dire est que l&#8217;emploi syst\u00e9matique de l&rsquo;image grossi\u00e8re, sous pr\u00e9texte d&rsquo;un moralisme de midinette qui est l&rsquo;arme favorite du virtualisme et du monde de la communication install\u00e9s aux commandes de la politique, finit par \u00e9puiser la psychologie, comme fait en g\u00e9n\u00e9ral l&#8217;emploi du mensonge. (Le poids du mensonge est \u00e9puisant pour la psychologie, parce qu&rsquo;il s&rsquo;apparente \u00e0 une pathologie, qui est celle du refus de la r\u00e9alit\u00e9, parano\u00efa ou n\u00e9vrose en g\u00e9n\u00e9ral.) Mais en m\u00eame temps, elle pr\u00e9pare une audace de l&rsquo;esprit tr\u00e8s dangereuse (pour le virtualisme) lorsque l&rsquo;esprit est d\u00e9cha\u00een\u00e9 de ces mensonges. On rel\u00e8ve souvent cela, aujourd&rsquo;hui, dans des s\u00e9minaires comme notre monde d&rsquo;experts est coutumier. Vous avez les interventions convenues, avec le bavardage insipide sur la solidarit\u00e9, les valeurs communes, transatlantiques \u00e9videmment ; avec une assistance qui approuve machinalement, dodeline de la t\u00eate, prend quelques notes sous forme de gribouillis (sorte de minimum syndical du z\u00e8le convenu), en fait somnole paisiblement et finit par applaudir en simulant la gratitude. Puis vient un orateur qui s&rsquo;envole dans la simple description de la r\u00e9alit\u00e9, d\u00e9crit la puissance d\u00e9cha\u00een\u00e9e (US, certes) que nous devons subir, prend le parti du bon sens et aussit\u00f4t un frisson d&rsquo;excitation joyeuse \u00e9broue la salle. La v\u00e9rit\u00e9, au fond, est rafra\u00eechissante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe fait est que, aujourd&rsquo;hui, ce d\u00e9cha\u00eenement de l&rsquo;esprit se fait \u00e0 l&rsquo;ombre des images que nous imposent par ailleurs le virtualisme, et ces images, dans un mouvement naturel, lui sont retourn\u00e9es. Aussit\u00f4t, la conceptualisation et le jugement qui en naissent ont la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de ceux qui, dans l&rsquo;exemple ci-dessus, accompagnent l&rsquo;intervention de Jack Straw.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t@TITREDDE = Exercice pratique<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t@SOUSTITRE = Les Britanniques ont donc trouv\u00e9 la formule : \u00eatre un clone de l&rsquo;Am\u00e9rique de Richard Perle ? (\u00catre l&rsquo;Ath\u00e8nes de cette Rome, disait McMillan.) Voyons voir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous savons certes qui nous dispense les visions grandioses d&rsquo;un Royaume-Uni reconstitu\u00e9, en tenant le pauvre Blair par la peau du cou. (Irwin W Stelzer, digne Britannique contribuant au <em>Weekly Standard<\/em>, ne lui envoie pas dire : \u00ab <em>Tony Blair wanted to Great Britain to be the bridge between America and the European Union. Now he&rsquo;ll have to choose between the two.<\/em> \u00bb). L&rsquo;Angleterre est prisonni\u00e8re, pour sa pens\u00e9e politique, d&rsquo;un groupe d&rsquo;esprits exalt\u00e9s, plumitifs du groupe Rupert Murdoch et une phalange de Lords et d&rsquo;historiens thatch\u00e9riens, r\u00eavant de refaire l&rsquo;Empire \u00e0 la fa\u00e7on de Cecil Rhodes. Pour eux, il va de soi que l&rsquo;Angleterre accompagne l&rsquo;Am\u00e9rique, la seconde,  mais la pilote en r\u00e9alit\u00e9. Si l&rsquo;Angleterre a le respect de son cousin am\u00e9ricain et n&rsquo;entend pas trop marquer sa sup\u00e9riorit\u00e9 manoeuvri\u00e8re, en r\u00e9alit\u00e9 elle reste cette puissance imp\u00e9rative qu&rsquo;elle ne cessa jamais d&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMalgr\u00e9 la lassitude qui nous envahit, voyons la r\u00e9alit\u00e9. En effet, cette cohabitation USA-UK que proposent les ultra pal\u00e9o-imp\u00e9rialistes britanniques doit n\u00e9cessairement se faire, elle doit reposer sur des choses concr\u00e8tes. Elle doit se nourrir \u00e0 une coop\u00e9ration fructueuse, qui doit alimenter les deux puissances-soeurs, pour enfin se d\u00e9barrasser des liens europ\u00e9ens dont cette tendance britannique estime qu&rsquo;ils pervertissent la vertu britannique. (Pour rappel, la th\u00e8se ne fait pas l&rsquo;unanimit\u00e9. Citons, pour m\u00e9moire, George Montbiot dans le <em>Guardian<\/em> du 11 mars : \u00ab <em>Why do the conservatives who go berserk when the European Union tries to change the content of our chocolate bars look the other way when the US seeks to reduce us to a vassal state? Why do the liberal interventionists who fear that Saddam Hussein might one day deploy a weapon of mass destruction refuse to see that George Bush is threatening to do just this against an ever-growing number of states ?<\/em> \u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes domaines de la puissance o\u00f9, si la th\u00e9orie des pal\u00e9o-imp\u00e9rialistes est fond\u00e9e, UK devrait se trouver confort\u00e9e par son intime fusion avec les USA, sont notamment. ceux-ci :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La puissance nucl\u00e9aire, certes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La puissance technologique d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, ce qu&rsquo;on d\u00e9signe comme la base technologique, qui donne \u00e0 une puissance sa capacit\u00e9 moderne d&rsquo;affirmer son poids tant \u00e9conomique que militaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Au moment o\u00f9 Jack Straw d\u00e9non\u00e7ait la position de la France dans la crise, le MoD choisissait une deuxi\u00e8me fois Thal\u00e8s contre BAE<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa circonstance est caract\u00e9ristique. Le jour (12 mars) o\u00f9 Jack Straw d\u00e9non\u00e7ait avec violence la position de la France dans la crise irakienne, le minist\u00e8re de la d\u00e9fense (MoD) choisissait Thal\u00e8s de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 BAE dans un nouveau contrat massif (\u00a32 milliards pour l&rsquo;\u00e9quipement du soldat de l&rsquo;avenir, programme FIST). Venant apr\u00e8s le partage entre Thal\u00e8s et BAE du contrat de porte-avions (et le choix de la proposition fran\u00e7aise), cette d\u00e9cision marque la tr\u00e8s mauvaise qualit\u00e9 des rapports entre le MoD et BAE, la volont\u00e9 du MoD de se m\u00e9nager un autre choix que BAE, mais surtout, pour ce qui nous int\u00e9resse, le doute qui est apparu fondamentalement sur les capacit\u00e9s technologiques de BAE, largement am\u00e9ricanis\u00e9 dans le sens de la pr\u00e9pond\u00e9rance des profits et de la prolif\u00e9ration de la bureaucratie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPeu importent les d\u00e9tails. Depuis cinq ans, BAE est devenu un pur produit industriel et technologique d&rsquo;une coop\u00e9ration int\u00e9gr\u00e9e entre USA et UK, comme le r\u00eavent les pal\u00e9o-imp\u00e9rialistes britanniques. Le r\u00e9sultat, on le trouve dans le simple fait qu&rsquo;il y a 5 ans, BAE envisageait de racheter Boeing et qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est Boeing qui envisage de racheter BAE. Entre temps, BAE a perdu sa comp\u00e9titivit\u00e9, s&rsquo;est alourdi d&rsquo;une bureaucratie envahissante, a perdu certains domaines technologiques essentiels,  et, surtout, BAE a perdu tout espoir d&rsquo;autonomie, d&rsquo;ind\u00e9pendance technologique. Aujourd&rsquo;hui, Thal\u00e8s est un fournisseur plus s\u00e9rieux que BAE.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe dilemme britannique se d\u00e9cline dans cette aventure-BAE qui tourne court, d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 de rang mondial, passant de l&rsquo;ambition d&rsquo;\u00eatre le n\u00b01 de la technologie des armements en Europe, \u00e0 la fatalit\u00e9 de devenir un sous-traitant de luxe des Am\u00e9ricains. Pour le reste, pour ce qui concerne le domaine technologique fondamental des avions de combat, qui fixe bien la situation technologique, BAE et les Britanniques sont confront\u00e9s d&rsquo;une part \u00e0 un programme EFA <em>Eurofighter<\/em> \u00e0 la d\u00e9rive, d&rsquo;autre part \u00e0 un programme JSF o\u00f9 ils connaissent les pires difficult\u00e9s en mati\u00e8re de transfert de technologies (voir <em>dd&#038;e<\/em>, Vol18, n\u00b014, rubrique <em>Journal<\/em>), un programme accumulant d\u00e9sormais les incertitudes et les interrogations (la derni\u00e8re, la d\u00e9couverte que le JSF p\u00e8se 3 tonnes de plus que son poids pr\u00e9vu de 12 tonnes ; si cette question n&rsquo;est pas r\u00e9solue, c&rsquo;est la version ADAC\/V, celle que veulent les Britanniques, qui est menac\u00e9e, et le programme enti\u00e8rement d\u00e9stabilis\u00e9). Cet exemple concerne la situation technologique britannique, on sait qu&rsquo;elle est encore plus marqu\u00e9e, pour la question de l&rsquo;absence d&rsquo;autonomie, avec le cas des forces nucl\u00e9aires. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQu&rsquo;importe, encore. Nous voulons, avec ces exemples, pousser une logique \u00e0 son extr\u00eame, comme dans le cas du nucl\u00e9aire fran\u00e7ais \u00e9voqu\u00e9 plus haut. Nous voulons montrer que cette voie de la suj\u00e9tion britannique, pr\u00e9sent\u00e9e par une faction activiste comme la voie du triomphe et de la puissance, d\u00e9bouche sur des situations si d\u00e9licates que le risque est grand qu&rsquo;elles pr\u00e9cipitent la crise dans les domaines respectifs. Avec la soci\u00e9t\u00e9 britanniques secou\u00e9e par des tensions extr\u00eames, une rupture si compl\u00e8te entre l&rsquo;\u00e9lite et le peuple britannique, ce pays d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 en danger d&rsquo;\u00eatre ingouvernable se verrait menac\u00e9 d&rsquo;une telle d\u00e9stabilisation qu&rsquo;au terme c&rsquo;est le d\u00e9sordre qui finalement menacerait.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Blair et Cie, Plut\u00f4t Chamberlain que Churchill, Rubrique de defensa, Vol18, n\u00b013, 25 mars 2003 On a vu r\u00e9cemment sur ce site le grand cas que nous faisons de r\u00e9centes d\u00e9clarations de Tony Blair sur l&rsquo;organisation des relations internationales, son rejet de la multipolarit\u00e9, son embrassement enthousiaste, ou son enthousiasme contraint pour embrasser c&rsquo;est \u00e0&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-65601","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-de-defensa"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65601","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65601"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65601\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65601"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65601"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65601"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}