{"id":65663,"date":"2003-07-04T00:00:00","date_gmt":"2003-07-04T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/07\/04\/trompeuses-nostalgies-rubrique-analyse-de-defensa-volume-18-n17-du-25-mai-2003\/"},"modified":"2003-07-04T00:00:00","modified_gmt":"2003-07-04T00:00:00","slug":"trompeuses-nostalgies-rubrique-analyse-de-defensa-volume-18-n17-du-25-mai-2003","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/07\/04\/trompeuses-nostalgies-rubrique-analyse-de-defensa-volume-18-n17-du-25-mai-2003\/","title":{"rendered":"<strong><em>Trompeuses nostalgies<\/em><\/strong> \u2014 Rubrique Analyse, de defensa Volume 18, n\u00b017 du 25 mai 2003"},"content":{"rendered":"<p><h3>Rubrique Analyse, de defensa Volume 18, n\u00b017 du 25 mai 2003<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tApr\u00e8s la guerre en Irak, une visite malheureuse de Blair \u00e0 Moscou (le 29 avril) et diverses d\u00e9clarations du Premier ministre britannique sur la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;unipolarit\u00e9 dans les relations internationales, voici quelques r\u00e9flexions sur la d\u00e9marche intellectuelle britannique, sous-tendant actuellement la politique d&rsquo;alignement sur les USA. L&rsquo;hypoth\u00e8se est qu&rsquo;on voit l\u00e0 l&rsquo;application classique d&rsquo;une obsession britannique depuis la fin du XIXe si\u00e8cle : la sauvegarde de l&rsquo;Empire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn fait, Blair ne ferait qu&rsquo;appliquer la consigne \u00e9dict\u00e9e en 1877 par Sir Cecil Rhodes (et renouvel\u00e9e par l&rsquo;Anglo-Am\u00e9ricain Churchill en 1941) de sauvegarder l&rsquo;Empire en manipulant les USA dans ses propres ambitions imp\u00e9riales au profit de la puissance britannique. La question o\u00f9 l&rsquo;on aboutit est de savoir qui, exactement, manipule qui.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article\">Trompeuses nostalgies<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Le parcours de Tony Blair doit \u00eatre suivi avec attention. Sa fr\u00e9quentation de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie am\u00e9ricaine, qu&rsquo;il juge n\u00e9cessaire et qu&rsquo;il cherche \u00e0 rendre historiquement juste, nous montre la m\u00e9canique de la perversion de l&rsquo;esprit britannique.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tOn a d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 le catastrophique voyage de Tony Blair \u00e0 Moscou le 29 avril. On s&rsquo;int\u00e9resse par ailleurs (voir notre rubrique <em>de defensa<\/em>) \u00e0 une d\u00e9claration de Tony Blair qui va nous servir dans cette analyse, prise sous un autre angle qui permet un autre \u00e9clairage. (Cette d\u00e9claration \u00e0 Moscou prolonge un discours de Blair la veille, en fait exprime la pens\u00e9e du PM sur la question des relations internationales.) Cette d\u00e9claration est pr\u00e9sent\u00e9e dans deux textes de <em>The Independent<\/em>, du m\u00eame 30 avril :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Premier texte : \u00ab <em>The Prime Minister warned of the real danger to the international community if it did not put behind it divisions caused by the Iraq conflict. I think that it tan be made to work but it requires goodwill and it requires a real vision and acceptance that this strategic partnership is the only alternative to a world which would break up into different poles of power, acting as rivals to one another with every single dispute in the world being played off against these different poles of power. That is a real danger for our world.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Second texte : \u00ab <em>A grim-faced Mr Blair said: I don&rsquo;t think there is any point in trying to gloss over the differences there have been. Renewing his attack on France, he warned that there was a real danger for our world if it broke into different poles of power, acting as rivals. The Prime Minister&rsquo;s repeated criticism of France has further soured ties between London and Paris, which is furious at Mr Blair&rsquo;s suggestion that it wants to break the transatlantic alliance.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous tentons d&rsquo;analyser les conceptions derri\u00e8re ces d\u00e9clarations de Tony Blair. Nous jugeons ces d\u00e9clarations tr\u00e8s significatives, sinon tr\u00e8s importantes, mais significatives et importantes de fa\u00e7on inconsciente, sans la moindre pr\u00e9m\u00e9ditation pour la dimension d\u00e9velopp\u00e9e ici. La d\u00e9claration Blair est autant un pr\u00e9texte qu&rsquo;une base de d\u00e9part de notre r\u00e9flexion. Nous d\u00e9veloppons notre analyse en partie sous forme hypoth\u00e9tique, mais d&rsquo;une hypoth\u00e8se que nous croyons fortement confirm\u00e9e par le d\u00e9bat, les p\u00e9rip\u00e9ties, les psychologies des acteurs principaux, tout cela \u00e0 Londres depuis le 11 septembre 2001.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>L&rsquo;arri\u00e8re-pens\u00e9e imp\u00e9riale est fondamentale dans le discours de Blair et dans la logique qui le soutient<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous allons rapidement d\u00e9tailler les principaux \u00e9l\u00e9ments que nous conservons des citations faites plus haut.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Tony Blair tient la puissance h\u00e9g\u00e9monique am\u00e9ricaine comme un fait in\u00e9luctable, contre lequel il est d\u00e9raisonnable de s&rsquo;insurger, voire m\u00eame de tenter de le freiner (c&rsquo;est-\u00e0-dire de r\u00e9sister).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Il juge que cette puissance est la seule capable d&rsquo;assurer l&rsquo;ordre du monde, donc qu&rsquo;il est encore plus d\u00e9raisonnable d&rsquo;entraver sa marche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Enfin, il juge que l&rsquo;\u00e9tablissement, ou la tentative d&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un (ou de plusieurs) autre(s) p\u00f4le(s) de puissance, serait non seulement d\u00e9raisonnable, mais \u00ab <em>a real danger for our world<\/em> \u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a une logique derri\u00e8re ces appr\u00e9ciations, qui ne peuvent \u00eatre prises comme de simples parcelles d&rsquo;un discours d&rsquo;adaptation temporaire \u00e0 une situation. Cette logique renvoie \u00e0 une v\u00e9ritable conscience de la sup\u00e9riorit\u00e9 anglo-saxonne, id\u00e9e qui affleure souvent chez Blair, appuy\u00e9e par un messianisme religieux tr\u00e8s fort chez le Premier ministre (Blair est jug\u00e9 comme le Premier ministre britannique le plus religieux depuis Gladstone), enfin \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que la pouss\u00e9e imp\u00e9rialiste anglo-saxonne (plut\u00f4t qu&rsquo;am\u00e9ricaine) actuelle est de type lib\u00e9ral et progressiste. Ces id\u00e9es forment un pan essentiel des conceptions de Blair et de certains dirigeants ou milieux d&rsquo;influence au Royaume-Uni ; cette tendance transcende les limites partisanes et se retrouve chez certains travaillistes comme chez certains conservateurs. A c\u00f4t\u00e9 de ces conceptions anglo-saxonnes et imp\u00e9rialistes \u00e9clair\u00e9es, Blair a des conceptions r\u00e9ellement europ\u00e9ennes. Il consid\u00e8re qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;effet destructeur entre ces deux axes de pens\u00e9e, que le premier n&rsquo;influe pas sur le second sinon de fa\u00e7on b\u00e9n\u00e9fique,  c&rsquo;est-\u00e0-dire que l&rsquo;Europe serait d&rsquo;autant plus favoris\u00e9e si elle b\u00e9n\u00e9ficiait de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie et de l&rsquo;influence anglo-saxonne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe cas ne peut \u00eatre enferm\u00e9 dans le simplisme ou l&rsquo;anath\u00e8me. Blair ne peut \u00eatre tenu, comme une Thatcher, comme un n\u00e9o-imp\u00e9rialiste britannique, irr\u00e9m\u00e9diablement retranch\u00e9 dans un pro-am\u00e9ricanisme exclusif. Le cas Blair est donc d&rsquo;autant plus int\u00e9ressant, et il m\u00e9rite l&rsquo;\u00e9tude. Sa dimension europ\u00e9enne n&rsquo;est pas feinte, et il existe des circonstances o\u00f9 elle pourrait devenir majoritaire dans ses conceptions (ce fut le cas <em>in fine<\/em> lors de l&rsquo;\u00e9pisode de Saint-Malo). Pour l&rsquo;instant, il nous semble incontestable que la conception h\u00e9g\u00e9monique et anglo-saxonne domine. C&rsquo;est ce que nous allons tenter d&rsquo;expliquer et de comprendre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a d&rsquo;abord l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;on pourrait r\u00e9sumer selon la formule de 1&#8217;empire par substitution. Cela forme le fondement d&rsquo;une politique britannique depuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle, dans des milieux qu&rsquo;on pourrait qualifier de n\u00e9o-imp\u00e9rialistes,  m\u00eame si les premiers n\u00e9o apparaissent alors que l&rsquo;imp\u00e9rialisme (l&rsquo;Empire) britannique originel existe toujours. Nous avons r\u00e9cemment rappel\u00e9 cette chronologie (Volume 18, n\u00b013, rubrique <em>de defensa<\/em>), et nous en citons un passage pour rappeler bri\u00e8vement le cas :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>En 1877, Sir Cecil Rhodes constitua une soci\u00e9t\u00e9 semi-secr\u00e8te d&rsquo;influence form\u00e9e de membres de l&rsquo;\u00e9lite conservatrice britannique.<\/em> &#61531;&#8230;] <em>L&rsquo;un de ses buts affirm\u00e9s, quasiment statutaire, \u00e9tait the ultimate recovery of tire United States of America as an integral part o f British Empire. C&rsquo;est un peu ambitieux  mais l&rsquo;id\u00e9e resta en se transformant : manipuler les USA pour prot\u00e9ger la puissance de l&rsquo;Empire britannique, puis du Royaume-Uni lui-m\u00eame lorsque l&rsquo;Empire eut disparu (tiens,  en grande partie sous l&rsquo;impulsion am\u00e9ricaine ; l&rsquo;esprit tory n&rsquo;y a jamais vu la moindre contradiction). Churchill fut le h\u00e9raut de cette soi-disant strat\u00e9gie, qu&rsquo;il justifiait par la perspective d&rsquo;une domination anglo-saxonne du monde.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNon seulement cette id\u00e9e persiste aujourd&rsquo;hui mais elle s&rsquo;est radicalis\u00e9e en se transformant. L&rsquo;envol\u00e9e soi-disant imp\u00e9riale des \u00c9tats-Unis devient une envol\u00e9e anglo-saxonne, celle-ci devient quasiment britannique. (Cela dans des milieux pal\u00e9o-conservateurs et n\u00e9o-imp\u00e9rialistes britanniques.) Voil\u00e0 l&#8217;empire par substitution.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Au XIXe si\u00e8cle, irresponsabilit\u00e9 britannique vis-\u00e0-vis de la situation continentale se conjugue \u00e0 l&rsquo;aveuglement fran\u00e7ais et permet la naissance d&rsquo;un g\u00e9ant : le <em>Reich<\/em> de Guillaume II<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSir Cecil Rhodes est-il content ? Il r\u00e9clamait la r\u00e9int\u00e9gration des USA dans l&rsquo;Empire, et non pas que les USA devinssent un empire de substitution. De r\u00e9int\u00e9gration \u00e0 substitution, il y a une \u00e9volution consid\u00e9rable, jusqu&rsquo;\u00e0 proposer le contraire : dans un premier cas, les USA redeviennent anglais, dans le second l&#8217;empire am\u00e9ricain est proclam\u00e9 britannique sans autre argument que la fi\u00e9vreuse conviction de cousins d\u00e9favoris\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut montrer comment cette \u00e9volution de substitution s&rsquo;est faite. Il nous semble extraordinaire qu&rsquo;une certaine partie de l&rsquo;\u00e9lite britannique en vienne \u00e0 prendre comme une sorte de r\u00e9surrection de l&#8217;empire britannique ce qui se passe aujourd&rsquo;hui du c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain, et que, par cons\u00e9quent,  car il y a \u00e9videmment un rapport de cause \u00e0 effet, Tony Blair en vienne implicitement \u00e0 applaudir, dans tous les cas \u00e0 accepter le monde unipolaire que repr\u00e9sente manifestement l&rsquo;Am\u00e9rique en train de soumettre le monde. Il nous para\u00eet int\u00e9ressant de suivre l&rsquo;\u00e9volution de la pens\u00e9e britannique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&#8217;empire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tII existait, au XIXe si\u00e8cle, une v\u00e9ritable pens\u00e9e qu&rsquo;on qualifierait \u00e0 la fois d&rsquo;exclusiviste et d&rsquo;isolationniste, de l&#8217;empire britannique. Le Royaume-Uni \u00e9tait per\u00e7u par ses propres historiens et sujets comme \u00e9tant dans une situation de splendide isolement. L&rsquo;immense empire britannique n&rsquo;assurait pourtant pas au Royaume-Uni une position imp\u00e9riale (de domination) sur ce qui continuait \u00e0 \u00eatre le centre de la puissance du monde (l&rsquo;Europe),  sans parler des \u00c9tats-Unis, qui se d\u00e9veloppaient de leur c\u00f4t\u00e9, et en parfait antagonisme avec le Royaume-Uni (guerre en 1812, opposition \u00e0 diverses occasions, prise de position de Londres en faveur de la conf\u00e9d\u00e9ration en 1861, fr\u00f4lant les hostilit\u00e9s avec le Nord). L&rsquo;Empire britannique n&rsquo;assurait nullement un empire sur le monde, mais plut\u00f4t un empire sur les voies de communication navale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe r\u00f4le des Britanniques en Europe fut, \u00e0 diverses reprises au XIXe si\u00e8cle, bien en de\u00e7\u00e0 des responsabilit\u00e9s que leur pr\u00e9tendue puissance aurait d\u00fb leur imposer. Tocqueville rapporte avec une irritation non dissimul\u00e9e, dans ses <em>Souvenirs<\/em>, pour les ann\u00e9es 1848-49 o\u00f9 il fut ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res, le comportement irresponsable des Britanniques dans une crise impliquant l&rsquo;Autriche-Hongrie, l&rsquo;Italie et la Russie. La France avait jug\u00e9 de son devoir vis-\u00e0-vis de l&rsquo;\u00e9quilibre collectif des puissances d&rsquo;y prendre le r\u00f4le central de bons offices. Elle esp\u00e9rait avoir le soutien du Royaume-Uni, dans la m\u00eame position de neutralit\u00e9 ; elle n&rsquo;obtint que des protestations d&rsquo;engagement moral aupr\u00e8s de la partie jug\u00e9e opprim\u00e9e (l&rsquo;Italie) dans cette crise. Plus tard, alors que la Prusse attaquait et battait l&rsquo;Autriche-Hongrie puis la France, puis ensuite, devenue empire allemand, r\u00e9gnait en ma\u00eetre en Europe, provoquant un d\u00e9sordre et un d\u00e9s\u00e9quilibre qui conduiraient \u00e0 la Grande Guerre, le Royaume-Uni s&rsquo;abstint de la moindre intervention alors qu&rsquo;une juste appr\u00e9ciation et une appr\u00e9ciation responsable de sa puissance lui en auraient fait obligation. (Cette politique irresponsable britannique s&rsquo;\u00e9tait conjugu\u00e9e un temps \u00e0 la politique aveugle de Napol\u00e9on III implicitement soutenue par la gauche fran\u00e7aise (curieuse conjonction) pour laisser faire la Prusse en 1849, en 1863 et en 1866, jusqu&rsquo;\u00e0 Sadowa.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn 1914, ce fut diff\u00e9rent. Les Britanniques durent intervenir pour \u00e9viter le d\u00e9veloppement d&rsquo;un g\u00e9ant continental, un nouveau Napol\u00e9on Ier. On voit n\u00e9anmoins la trace, m\u00eame \u00e0 cette \u00e9poque, apr\u00e8s des ann\u00e9es de mont\u00e9e vers la situation de conflit, de la position exclusiviste et isolationniste signal\u00e9e plus haut : si l&rsquo;arm\u00e9e britannique se montra au d\u00e9but du conflit tr\u00e8s mal pr\u00e9par\u00e9e, c&rsquo;est parce que tout effort d&rsquo;adapter \u00e0 la guerre continentale une arm\u00e9e presque exclusivement orient\u00e9e vers les colonies se f\u00fbt heurt\u00e9, dans l&rsquo;imm\u00e9diat avant-guerre, \u00e0 une opposition politique f\u00e9roce.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn comprend que la philosophie et le caract\u00e8re n\u00e9s des conceptions exclusivistes et isolationnistes, et qui entretiennent dans un sens tr\u00e8s particulier l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit imp\u00e9rial anglais, sont une repr\u00e9sentation plus qu&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9. Ils purent se d\u00e9velopper sans mal parce qu&rsquo;un \u00e9quilibre existait au niveau continental, auquel d&rsquo;ailleurs le Royaume-Uni participait indirectement, par sa simple existence et l&rsquo;existence de sa puissance. Quand cet \u00e9quilibre commen\u00e7a \u00e0 vaciller sous les coups de la mont\u00e9e en puissance de l&#8217;empire allemand, \u00e0 partir de 1871 et surtout \u00e0 partir des ann\u00e9es 1890 et du d\u00e9part de Bismarck, le Royaume-Uni dut s&rsquo;engager sur le continent. Il le fit avec son partenaire naturel \u00e0 cet \u00e9gard, la France, essentiellement gr\u00e2ce \u00e0 un homme, le Prince de Galles devenu Edouard VII. L&rsquo;Entente Cordiale de 1903 impliquait qu&rsquo;on enterr\u00e2t les querelles coloniales franco-britanniques qui all\u00e8rent jusqu&rsquo;au risque de guerre (crise de Fachoda de 1901), au profit de l&rsquo;alliance continentale,  et cela nous donne une bonne approche, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, de la situation g\u00e9n\u00e9rale, pas loin de la situation actuelle : en m\u00eame temps et avec le m\u00eame pays (la France), le Royaume-Uni est proche de la guerre s&rsquo;il choisit la perspective imp\u00e9riale, et dans l&rsquo;alliance la plus serr\u00e9e, presque fraternelle, s&rsquo;il choisit la dimension continentale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn mettant de c\u00f4t\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 de la situation politique que fut l&rsquo;existence simultan\u00e9e des deux perspectives la question se pose de la possibilit\u00e9 du choix politique, de savoir si, effectivement, le Royaume-Uni peut choisir, c&rsquo;est-\u00e0-dire nier une perspective pour se replier exclusivement sur l&rsquo;autre. Le bon sens nous dit que c&rsquo;est possible, mais pas dans le sens que voulurent et veulent les imp\u00e9rialistes et les n\u00e9o-imp\u00e9rialistes. On peut toujours abandonner la perspective imp\u00e9riale selon le destin de l&#8217;empire mais il nous para\u00eet bien utopique de vouloir abandonner la perspective continentale (ou, pour rafra\u00eechir au go\u00fbt du jour, la perspective europ\u00e9enne). L&rsquo;utopie ne suffit pas \u00e0 r\u00e9duire les r\u00e9alit\u00e9s de la proximit\u00e9, qu&rsquo;elle soit g\u00e9ographique, culturelle et \u00e9conomique. Blair a bien compris cela et, pour d\u00e9finir justement le personnage, on doit lui faire cr\u00e9dit de cette complexit\u00e9 : cohabitent en lui la perspective imp\u00e9riale (n\u00e9o-imp\u00e9riale) et la perspective continentale (europ\u00e9enne).<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Le travail de m\u00e9moire des historiens est-il devenu un travail de manipulation de la m\u00e9moire ? Le cas des historiens anglo-saxons<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tUne tendance historique s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es au Royaume-Uni, sans doute \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980, sous l&rsquo;impulsion du climat politique thatch\u00e9rien, tr\u00e8s exalt\u00e9 et n\u00e9o-imp\u00e9rial (la crise des Malouines, avec le succ\u00e8s britannique qui l&rsquo;a couronn\u00e9e, a jou\u00e9 un r\u00f4le psychologique important,  ce succ\u00e8s est apparu comme une resuc\u00e9e modernis\u00e9e de la p\u00e9riode imp\u00e9riale apr\u00e8s les ann\u00e9es de retraite et de capitulation des travaillistes).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne \u00e9cole n\u00e9o-imp\u00e9riale s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e. Assez paradoxalement, elle s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e <em>a contrario<\/em>, plus en r\u00e9duisant la perspective continentale qu&rsquo;en exaltant la perspective imp\u00e9riale. C&rsquo;est la cause de son efficacit\u00e9, dans la mesure o\u00f9 elle para\u00eet \u00eatre r\u00e9aliste par rapport aux \u00e9v\u00e9nements courants. Son enseignement est moins de tenter de faire revivre l&rsquo;utopie imp\u00e9riale, ce qui la discr\u00e9diterait, que de faire un proc\u00e8s historique syst\u00e9matique \u00e0 la dimension continentale (europ\u00e9enne), alimentant alors l&rsquo;opposition \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e \/l&rsquo;int\u00e9gration du Royaume-Uni dans l&rsquo;Europe. (Il faut noter que, parall\u00e8lement, une autre \u00e9cole, diam\u00e9tralement oppos\u00e9e, s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e, repr\u00e9sent\u00e9e notamment par John Charmley ; elle repousse la perspective n\u00e9o-imp\u00e9riale en s&rsquo;\u00e9levant contre l&rsquo;alliance am\u00e9ricaine et fait indirectement une plaidoirie pour la dimension continentale, ou europ\u00e9enne.) L&rsquo;\u00e9cole n\u00e9o-imp\u00e9riale s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e selon deux voies, qui portent autant sur le contenu que sur la m\u00e9thode, et autour d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement, la Premi\u00e8re Guerre mondiale. II doit \u00eatre entendu \u00e0 cet \u00e9gard que la logique de cette recherche; qui est de r\u00e9duire et de discr\u00e9diter l&rsquo;engagement continental de 1914, r\u00e8gle le reste : elle valorise implicitement la dimension imp\u00e9riale et r\u00e9duit \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement tr\u00e8s contingent l&rsquo;engagement continental de 1939, dans la mesure o\u00f9 elle laisse entendre des conditions compl\u00e8tement diff\u00e9rentes pour la Premi\u00e8re Guerre mondiale et, par cons\u00e9quent, la mise en cause fondamentale du m\u00e9canisme menant \u00e0 la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; D&rsquo;une part, il existe une \u00e9tude s\u00e9rieuse pour d\u00e9montrer qu&rsquo;il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du Royaume-Uni de ne pas prendre part \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale. C&rsquo;est la th\u00e8se de Niall Ferguson, qui poursuit en avan\u00e7ant l&rsquo;hypoth\u00e8se que la France aurait \u00e9t\u00e9 battue, que l&rsquo;Allemagne aurait domin\u00e9 le continent, mais sous la forme d&rsquo;un <em>benevolent empire<\/em> (terme employ\u00e9 aujourd&rsquo;hui par les n\u00e9o-imp\u00e9rialistes anglo-saxons pour les USA, terme de plus en plus discutable on l&rsquo;admet). L&rsquo;hypoth\u00e8se de cette Europe allemande laissant les mers et la perspective imp\u00e9riale au Royaume-Uni implique l&rsquo;absence de Deuxi\u00e8me Guerre et, certes, l&rsquo;absence de l&rsquo;\u00e9mergence du national-socialisme. (Cette th\u00e8se implique une appr\u00e9ciation tr\u00e8s mod\u00e9r\u00e9e de l&#8217;empire allemand de 1914 et du pangermanisme. Au contraire, des auteurs tels que Modris Ekstein avec <em>Le sacre du printemps<\/em> voient une filiation directe et implacable entre le pan-expansionnisme germanique de 1890-1914 et le nazisme de 1933 : c&rsquo;est r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant la th\u00e8se de Ferguson puisque, dans ce cas, ce n&rsquo;est pas la d\u00e9faite de 1918 qui est la g\u00e9nitrice fondamentale du radicalisme nazi, mais l&rsquo;extr\u00e9misme implicite du pangermanisme qui, en cas de victoire allemande, se serait exprim\u00e9 par un autre biais,  par exemple celui de l&rsquo;exaltation de la victoire.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; D&rsquo;autre part, il existe une \u00e9volution m\u00e9thodologique avec la promotion au rang d&rsquo;historiens g\u00e9n\u00e9raux, sinon de philosophes de l&rsquo;histoire, des historiens militaires. Le cas de Sir John Keegan est le plus \u00e9vident (aux USA, on trouve Victor Davis Hanson). (Cette promotion r\u00e9pond compl\u00e8tement \u00e0 l&rsquo;esprit du temps, o\u00f9 la puissance militaire et l&rsquo;activisme militaire tiennent lieu de politique \u00e9trang\u00e8re.) Le r\u00e9sultat de ce ph\u00e9nom\u00e8ne est que le conflit de 1914-18 s&rsquo;est repli\u00e9 sur sa dimension militaire et sociologique. La Grande Guerre \u00e9tant appr\u00e9ci\u00e9e comme un \u00e9v\u00e9nement absurde \u00e0 cause de son caract\u00e8re monstrueux de boucherie, l&rsquo;essentiel \u00e0 comprendre du conflit devient ses effets sur le soldat et sur 1&rsquo;art militaire. La cons\u00e9quence politique est de gommer le principal \u00e9v\u00e9nement politique de la guerre pour le Royaume-Uni : la perspective europ\u00e9enne au travers de l&rsquo;alliance avec la France. (Cet \u00e9tat d&rsquo;esprit impr\u00e8gne aujourd&rsquo;hui la culture britannique courante. Par exemple, un documentaire de la BBC de 1996 sur la biographie du mar\u00e9chal Haig, chef du corps exp\u00e9ditionnaire anglais de 1916 \u00e0 1918, parvient \u00e0 ne faire mention des Fran\u00e7ais qu&rsquo;\u00e0 deux reprises, et de fa\u00e7on compl\u00e8tement accidentelle.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans les deux cas, on comprend que l&rsquo;enseignement dispens\u00e9 par cette historiographie pour la situation politique pr\u00e9sente est la condamnation de toute alliance continentale,  c&rsquo;est-\u00e0-dire avec la France. C&rsquo;est en rupture compl\u00e8te avec des historiens de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du si\u00e8cle, des Liddell Hart ou des Duff Cooper, pour lesquels l&rsquo;appr\u00e9ciation de la Premi\u00e8re Guerre reposait sur le pivot essentiel de l&rsquo;alliance franco-britannique. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette \u00e9volution de l&rsquo;historiographie est-elle une tendance culturelle significative et \u00e0 prendre en compte pour l&rsquo;avenir ? La r\u00e9ponse est difficile, d&rsquo;autant qu&rsquo;elle ne repr\u00e9sente pas, au d\u00e9part, une tendance politique (et culturelle, justement) majoritaire dans le pays. Mais elle a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s fortement mise en \u00e9vidence par un <em>establishment<\/em> m\u00e9diatique tr\u00e8s am\u00e9ricanis\u00e9, voire am\u00e9ricain pur et simple. Son influence en a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cupl\u00e9e et s&rsquo;est ajout\u00e9e \u00e0 la radicalisation de l&rsquo;\u00e9volution politique, surtout en corr\u00e9lation avec les \u00e9v\u00e9nements ext\u00e9rieurs (surtout depuis le 11 septembre 2001). La tendance pro-am\u00e9ricaine s&rsquo;en est trouv\u00e9e renforc\u00e9e sur son aile n\u00e9o-imp\u00e9rialiste et en a acquis une certaine l\u00e9gitimit\u00e9. Qu&rsquo;on puisse en contester son fondement ne change rien \u00e0 son existence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe r\u00e9sultat en a \u00e9t\u00e9 une \u00e9volution des conceptions politiques, notamment illustr\u00e9e par les interventions de Blair mentionn\u00e9es au d\u00e9but de cette analyse. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, 1&rsquo;habillage a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ussie puisque le r\u00e9sultat est qu&rsquo;il semble s&rsquo;agir moins d&rsquo;une prise de position \u00a0\u00bbpartisane\u00a0\u00bb (choix de l&rsquo;option pro-am\u00e9ricaine contre l&rsquo;option europ\u00e9enne) que de l&rsquo;affirmation de la prise en compte d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9opolitique au nom, implicitement mais tr\u00e8s puissamment, de la r\u00e9f\u00e9rence historique qu&rsquo;on a mise en \u00e9vidence.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Une tentative ultime : de ressusciter l&rsquo;Empire par n\u00e9cessit\u00e9 unipolaire et par l&rsquo;activisme imp\u00e9rial am\u00e9ricain interpos\u00e9s<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tA cette lumi\u00e8re historique, ce que nous dit Blair lorsque nous nous attachons \u00e0 l&rsquo;aspect purement britannique de son discours, est qu&rsquo;il existe \u00e0 nouveau une r\u00e9alit\u00e9 unipolaire et qu&rsquo;il importe que le Royaume-Uni en saisisse l&rsquo;opportunit\u00e9. On se doute que nous \u00e9crivons \u00e0 dessein \u00e0 nouveau. L&rsquo;interpr\u00e9tation historique qu&rsquo;on a vue, en combattant et r\u00e9duisant de fa\u00e7on fondamentale l&rsquo;option continentale, donc en minimisant l&rsquo;importance de la puissance continentale, induit implicitement l&rsquo;id\u00e9e que l&#8217;empire britannique fut l&rsquo;essentiel de son \u00e9poque, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il fut \u00e9galement un moment historique unipolaire. L&rsquo;id\u00e9e est elle-m\u00eame accr\u00e9dit\u00e9e, grossi\u00e8rement mais massivement, par les r\u00e9f\u00e9rences anglo-saxonnes (britanniques et am\u00e9ricaines) qui sont faites aujourd&rsquo;hui pour mesurer les ambitions imp\u00e9riales am\u00e9ricaines ; deux r\u00e9f\u00e9rences seulement sont avanc\u00e9es, qui sont l&#8217;empire romain et l&#8217;empire britannique, ce qui fait b\u00e9n\u00e9ficier l&rsquo;ensemble de la r\u00e9f\u00e9rence la plus haute, qui est \u00e9videmment la r\u00e9f\u00e9rence romaine, qui est \u00e9videmment unipolaire,  et tous trois le sont alors \u00e9galement, Rome, Londres et Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette repr\u00e9sentation compl\u00e8tement excentr\u00e9e de l&rsquo;histoire des XIXe-XXe si\u00e8cles (excentr\u00e9e au profit du Royaume-Uni, des voies de communication maritime, de l&rsquo;Empire, et aux d\u00e9pens du v\u00e9ritable centre de puissance, l&rsquo;Europe), Blair peut raisonnablement laisser penser \u00e0 ceux qui interpr\u00e8tent sa pens\u00e9e qu&rsquo;il ressuscite effectivement l&rsquo;Empire selon la formule de l&#8217;empire par substitution, tout comme il laisse \u00e0 penser qu&rsquo;il pense \u00e0 l&rsquo;Europe puisque c&rsquo;est \u00e0 elle qu&rsquo;il lance un appel en lui conseillant fi\u00e9vreusement de se soumettre \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9 unipolaire de notre temps historique. Ainsi Blair (Europ\u00e9en se raccommoderait-il avec Blair l&rsquo;atlantiste en r\u00e9ussissant son fameux grand \u00e9cart ; et, au lieu d&rsquo;un Royaume-Uni menac\u00e9 d&rsquo;absorption par l&rsquo;Europe, nous aurions une Europe absorb\u00e9e par le Royaume-Uni.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela n&rsquo;est pas s\u00e9rieux, dira-t-on ? Mais Blair a dit ce qu&rsquo;il a dit et il ne nous a jamais dit qu&rsquo;il r\u00e9pudiait l&rsquo;Europe, et nous savons bien par ailleurs qu&rsquo;il a une vision n\u00e9o-imp\u00e9rialiste du monde, ce qui, pour un Britannique, ne signifie qu&rsquo;une chose, une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;Empire. Il y a effectivement dans cette vision d&rsquo;une structure unipolaire du monde, outre l&rsquo;analyse alarmiste et d\u00e9fensive que nous \u00e9voquons dans notre rubrique <em>de defensa<\/em>, l&rsquo;hypoth\u00e8se volontariste et n\u00e9o-imp\u00e9rialiste qui rend gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;exceptionnelle capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation de l&rsquo;esprit britannique, voire \u00e0 sa capacit\u00e9 de r\u00eaverie utopiste tout simplement,  c&rsquo;est bien ce qu&rsquo;il faut pour \u00e9voquer implicitement une renaissance de l&rsquo;Empire par empire am\u00e9ricain interpos\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe reste va de soi,  le reste, c&rsquo;est-\u00e0-dire ce fait qu&rsquo;implicitement ces \u00e9tranges r\u00eaveries imp\u00e9riales ont servi d&rsquo;arri\u00e8re-plan fort inspirateur du c\u00f4t\u00e9 exalt\u00e9 de la politique britannique depuis le 11 septembre 2001. Cela va de soi lorsqu&rsquo;on a \u00e0 l&rsquo;esprit la fa\u00e7on dont le cabinet britannique fonctionne depuis que cette crise s&rsquo;est install\u00e9e. La ministre d\u00e9missionnaire Clara Short (le 11 mai) nous a d\u00e9crit de fa\u00e7on pr\u00e9cise la fa\u00e7on dont la politique de crise du Royaume-Uni \u00e9tait men\u00e9e par le cabinet de Tony Blair, sans aucune consultation ni information des ministres concern\u00e9s. Cette situation a \u00e9t\u00e9 largement confirm\u00e9e par un article d&rsquo;un autre ministre d\u00e9missionnaire, Robin Cook, qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu&rsquo;il existait un rapport circonstanci\u00e9 sur cette situation, encore plus s\u00e9v\u00e8re quoique moins spectaculaire que les \u00e9clats de Clara Short. Cette derni\u00e8re nous a encore assur\u00e9 que l&rsquo;obsession politique de Tony Blair n&rsquo;\u00e9tait rien moins que de \u00ab <em>s&rsquo;assurer une place dans lhistoire<\/em> \u00bb, ce qui est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;obsession courante de politiciens r\u00e9duits \u00e0 la fonction d&rsquo;habiles tacticiens et au r\u00f4le de pantins de leurs services de communication, et qui \u00e9prouvent, \u00e9videmment, la nostalgie de l&rsquo;acte cr\u00e9ateur de la grande politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela est conforme \u00e0 leur doctrine du virtualisme. Nous partageons l&rsquo;avis de Blair selon lequel il existe aujourd&rsquo;hui \u00ab <em>a real danger for our world<\/em> \u00bb, sauf que ce n&rsquo;est pas le m\u00eame danger, que c&rsquo;est peut-\u00eatre m\u00eame l&rsquo;inverse. Mais parlons-nous du m\u00eame monde ?<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rubrique Analyse, de defensa Volume 18, n\u00b017 du 25 mai 2003 Apr\u00e8s la guerre en Irak, une visite malheureuse de Blair \u00e0 Moscou (le 29 avril) et diverses d\u00e9clarations du Premier ministre britannique sur la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;unipolarit\u00e9 dans les relations internationales, voici quelques r\u00e9flexions sur la d\u00e9marche intellectuelle britannique, sous-tendant actuellement la politique d&rsquo;alignement&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[705,707,708,706],"class_list":["post-65663","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-de-defensa","tag-blair","tag-churchill","tag-empire","tag-rhodes"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65663","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65663"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65663\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65663"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65663"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65663"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}