{"id":65667,"date":"2003-07-08T00:00:00","date_gmt":"2003-07-08T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/07\/08\/leur-coup-detat-permanent-rubrique-contexte-de-defensa-vol18-n13-du-25-fevrier-2003\/"},"modified":"2003-07-08T00:00:00","modified_gmt":"2003-07-08T00:00:00","slug":"leur-coup-detat-permanent-rubrique-contexte-de-defensa-vol18-n13-du-25-fevrier-2003","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/07\/08\/leur-coup-detat-permanent-rubrique-contexte-de-defensa-vol18-n13-du-25-fevrier-2003\/","title":{"rendered":"<strong><em>Leur \u201ccoup d&rsquo;\u00c9tat permanent\u201d<\/em><\/strong>, \u2014 Rubrique Contexte, de defensa, Vol18, n\u00b013 du 25 f\u00e9vrier 2003"},"content":{"rendered":"<p><h3>Rubrique Contexte, de defensa, Vol18, n\u00b013 du 25 f\u00e9vrier 2003<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tLa crise de Tony Blair bat son plein, au point o\u00f9 un auteur juge que l&rsquo;\u00e9tat de crise permanente est d\u00e9sormais <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/choix.php?comm=&#038;link_id=2747\" class=\"gen\">la fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre du blairisme<\/a>. Il n&#8217;emp\u00eache, la situation est dangereuse. Depuis pr\u00e8s d&rsquo;un an, Blair vit au rythme de la crise irakienne, depuis six mois il ne vit que dans cela, depuis trois mois il est le seul chef de gouvernement au monde \u00e0 s&rsquo;av\u00e9rer en \u00eatre compl\u00e8tement prisonnier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComme en toute chose chez les Britanniques, particuli\u00e8rement comme dans toutes les choses catastrophiques et les revers paralysants, il y a au d\u00e9part la brillante intelligence pratique du Britannique,  pratique, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9barrass\u00e9e de tout scrupule inutile, volontiers cynique, imperturbable dans le mensonge quand le mensonge est pour le bien de ce qu&rsquo;on juge \u00eatre bien (en g\u00e9n\u00e9ral, le pays, <em>right or wrong<\/em>). Blair est donc prisonnier de son intelligence et de son brio pass\u00e9s autant que de l&rsquo;Irak. Il est prisonnier de l&rsquo;impeccable organisation qu&rsquo;il mit en place pour faire passer une pilule imbuvable  : la guerre contre l&rsquo;Irak, sans raison autre que le caprice strat\u00e9gique et analytique de quelques allum\u00e9s washingtoniens. Il est prisonnier et soumis en permanence \u00e0 la question, celle de ses amis politique et celle de ses administr\u00e9s. Blair peut perdre son tr\u00f4ne dans l&rsquo;aventure. Il n&rsquo;aura pas d\u00e9\u00e7u es amateurs de paradoxes m\u00eame s&rsquo;il nous a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9\u00e7u : cet homme compl\u00e8tement contradictoire a \u00e9t\u00e9 autant d\u00e9cevant qu&rsquo;il fut prometteur, pour ainsi avoir g\u00e2ch\u00e9 ce que la fortune politique lui avait donn\u00e9 comme potentialit\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl nous semble appropri\u00e9 de publier aujourd&rsquo;hui sur le site cette rubrique <em>Contexte<\/em> de notre <em>de defensa<\/em> papier du 25 f\u00e9vrier 2003, consacr\u00e9 au syst\u00e8me Blair de manipulation virtualiste.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article\">Leur coup d&rsquo;\u00c9tat permanent<\/h2>\n<h3>La fraude comme fa\u00e7on de fonder une politique, un oeil ext\u00e9rieur aussi rapide qu&rsquo;Internet pour relever la fraude : comment le coup d&rsquo;\u00c9tat permanent de l&rsquo;id\u00e9ologie de la communication se retourne contre ceux qui l&rsquo;ont fait<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tOn rappelle quelques \u00e9v\u00e9nements de quelques jours, entre fin janvier et d\u00e9but f\u00e9vrier (on trouve plus de d\u00e9tails sur l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement envisag\u00e9 dans notre rubrique <em>Journal<\/em>) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le 30 janvier, l&rsquo;\u00e9quipe du Premier ministre britannique, dirig\u00e9e par le d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre Alastair Campbell, publie un rapport impressionnant sur diverses turpitudes de l&rsquo;Irak par rapport \u00e0 la r\u00e9solution 1441.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le 5 f\u00e9vrier, \u00e0 l&rsquo;ONU, Powell cite ce rapport britannique parmi ses &quot;preuves&quot; (\u00ab <em>a fine paper<\/em> \u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le 7 f\u00e9vrier, le groupe CASI diffuse sur Internet une longue analyse montrant que ce rapport plagie sur plus de 16 pages, mot pour mot, deux documents priv\u00e9s, publi\u00e9s il y a 10 et 5 ans.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Les 8 et 9, divers \u00e9ditoriaux, jugements, etc, condamnent avec s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 l&rsquo;\u00e9quipe Blair.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn trois, quatre jours, le cr\u00e9dit du Premier ministre britannique se trouve gravement entam\u00e9 par cette affaire. Cela fait partie d&rsquo;un ensemble d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qui ont contribu\u00e9 et contribuent \u00e0 rendre de plus en plus fragiles la position de Tony Blair et, au-del\u00e0, le parti belliciste anglo-saxon (UK + USA) et la perspective de la guerre contre l&rsquo;Irak. \u00ab <em>Cette affaire<\/em>, observe une source britannique, <em>a rendu l&rsquo;\u00e9quipe de Campbell extr\u00eamement prudente et l&rsquo;a frein\u00e9e dans son action, et elle a aggrav\u00e9 les rapports du gouvernement et des services de renseignement dans une mesure jamais vue auparavant.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn pourrait presque parler d&rsquo;un choc psychologique que certains pourraient \u00eatre amen\u00e9s \u00e0 juger d\u00e9cisif si, dans le futur imm\u00e9diat, certains \u00e9v\u00e9nements se produisaient (on pense \u00e0 la d\u00e9mission de Tony Blair, qu&rsquo;on \u00e9voque). Le faux a \u00e9t\u00e9 ressenti comme un abus de confiance proche d&rsquo;\u00eatre intol\u00e9rable, surtout par les journalistes et commentateurs. Peut-\u00eatre s&rsquo;agit-il d&rsquo;une crise de confiance majeure qui s&rsquo;est nou\u00e9e \u00e0 cette occasion, entre le pouvoir et les \u00e9lites, notamment m\u00e9diatiques, qui l&rsquo;accompagnent. On verra.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour notre part, nous voudrions observer cette crise dans la crise d&rsquo;un point de vue sp\u00e9cifique, qui est celui des nouvelles conditions du pouvoir introduites par la communication,  celles qui lui sont favorables et celles qui lui sont d\u00e9favorables.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Le travail d&rsquo;information est devenu une entreprise de traitement m\u00e9canique bas\u00e9e sur des r\u00e8gles de marketing,  non seulement la v\u00e9rit\u00e9, mais m\u00eame la politique ne comptent plus<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on caract\u00e9ristique, le travail de l&rsquo;information (la gestion) est assur\u00e9 dans le Coalition Information Center (CIC), pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00ab <em>une unit\u00e9 du Foreign Office mise en place par Mr. Campbell<\/em> \u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, le CIC est directement rattach\u00e9 aux services du Premier ministre, et sa filiation avec le Foreign Office n&rsquo;est plus que de pure forme. Alastair Campbell avait quitt\u00e9 Tony Blair un peu avant le 11 septembre (Campbell, ce ma\u00eetre de la propagande optimiste et conqu\u00e9rante sur les entreprises du Premier ministre et le destin du monde, est un personnage plut\u00f4t d&rsquo;allure renfrogn\u00e9e, voire sinistre, qui a \u00e9t\u00e9 victime d&rsquo;une d\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re) ; il a \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 d&rsquo;urgence apr\u00e8s le 11 septembre, lorsque la crise s&rsquo;est install\u00e9e dans la gravit\u00e9 et la dur\u00e9e. II a pris en main la manipulation de l&rsquo;information pour Tony Blair. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il prend en charge le CIC. En fait, son intervention ressemble, par certains aspects, \u00e0 celle qu&rsquo;il fit \u00e0 l&rsquo;OTAN, en mai 1999, lorsqu&rsquo;on jugea que les services d&rsquo;information de l&rsquo;OTAN (Jamie Shea et le reste) ne donnaient pas satisfaction. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCampbell constitue son \u00e9quipe avec des personnes issues du milieu du marketing et de la publicit\u00e9, dont certains assez peu exp\u00e9riment\u00e9s. II semble que ce soit un membre de cette \u00e9quipe \u00ab <em>jeune et inexp\u00e9riment\u00e9<\/em> \u00bb (d&rsquo;apr\u00e8s le <em>Daily Telegraph<\/em>) qui soit l&rsquo;auteur du document et, par cons\u00e9quent, de la faute commise (plagiat d&rsquo;un texte de th\u00e8se d&rsquo;un \u00e9tudiant am\u00e9ricain et d&rsquo;un article de <em>Jane&rsquo;s Intelligence Review<\/em>). Mais cette explication, qu&rsquo;elle soit ou non conforme \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, n&rsquo;a qu&rsquo;une importance relative. L&rsquo;essentiel est bien que ces sp\u00e9cialistes ne le sont en fait pas du tout dans les mati\u00e8res trait\u00e9es, les questions de s\u00e9curit\u00e9, les questions de politique de d\u00e9fense, la question irakienne, etc ; ils sont sp\u00e9cialistes des fa\u00e7ons de travailler un texte, de l&rsquo;effet que telle ou telle orientation peut produire, de l&rsquo;effet \u00e0 attendre d&rsquo;une phrase, etc. II a \u00e9t\u00e9 ainsi expliqu\u00e9 que le choix de textes tr\u00e8s vieux (10 ans et 5 ans) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9 par \u00ab <em>l&rsquo;espoir que cette ant\u00e9riorit\u00e9 assez longue emp\u00eacherait la reconnaissance de ces anciens textes repris par le rapport<\/em> \u00bb ; on comprend la technique, m\u00eame si, aujourd&rsquo;hui, on peut \u00eatre fond\u00e9 \u00e0 la juger na\u00efve. II est assez curieux que ces sp\u00e9cialistes des questions de communication ne pensent pas qu&rsquo;on peut effectivement, aujourd&rsquo;hui, ais\u00e9ment retrouver un texte vieux de 5 ou 10 ans gr\u00e2ce aux moteurs de recherche disponibles sur Internet.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe travail du CIC de Campbell n&rsquo;a rien \u00e0 voir, ni avec la question irakienne, ni avec la question des armements, ni avec les menaces des armes de destruction massive, etc. Vu l&rsquo;importance du CIC dans la strat\u00e9gie de Tony Blair, on peut comprendre qu&rsquo;effectivement le fonctionnement de cette sorte de mini-gouvernement qu&rsquo;est devenu le 10, Downing Street (cette concentration illustre bien l&rsquo;isolement de Blair au sein de son gouvernement) ne r\u00e9ponde plus qu&rsquo;\u00e0 des r\u00e8gles de marketing et de communication, sans r\u00e9el souci de la substance, et que ces r\u00e8gles de marketing et de communication soient celles que suit le CIC. Historiquement, Blair a d\u00e9cid\u00e9 (\u00e0 un moment donn\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;est peut-\u00eatre m\u00eame plus int\u00e9ressant de d\u00e9terminer) qu&rsquo;il suivrait les USA dans cette aventure  et, d\u00e8s lors, la r\u00e9alit\u00e9 ne joue plus de r\u00f4le, m\u00eame si, apparemment, c&rsquo;est \u00e0 partir de la r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;on aurait choisi un tel engagement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi, le scandale du rapport plagi\u00e9 nous donne-t-il un coup d&rsquo;oeil privil\u00e9gi\u00e9 sur la fa\u00e7on dont fonctionne l&rsquo;\u00e9quipe Blair (c&rsquo;est-\u00e0-dire, l&rsquo;\u00e9quipe du 10, Downing Street). Ce gouvernement dans le gouvernement menant une affaire politique bien r\u00e9elle de la plus haute importance, n&rsquo;est fondamentalement int\u00e9ress\u00e9 par aucune r\u00e9f\u00e9rence ni pour la politique, ni pour la r\u00e9alit\u00e9. De fa\u00e7on assez caract\u00e9ristique, enfin, la structure du pouvoir britannique dans ce cas, se rapproche assez de celle de l&rsquo;administration US, avec des petites \u00e9quipes repli\u00e9es sur elles-m\u00eames, utilisant des services officiels sans les consulter ni les informer sur les orientations politiques et ainsi de suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Devant le coup d&rsquo;\u00c9tat permanent du monde de la communication sur le pouvoir politique, la riposte emploie des moyens in\u00e9dits que lui donne la r\u00e9volution des communications <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPour prendre une formulation dramatique qui n&rsquo;est pas fausse, on dira que ce que nous venbns de d\u00e9crire, cette machinerie mise en place au coeur du pouvoir de Tony Blair, est une sorte de coup d&rsquo;\u00c9tat permanent (pour ce cas, la formulation du titre du livre de Mitterrand convient) du monde de la communication, de cette \u00e9quipe de communication, r\u00e9alis\u00e9 aux d\u00e9pens d&rsquo;un pouvoir politique qui a abdiqu\u00e9 toute pr\u00e9tention \u00e0 \u00eatre ce qu&rsquo;il devrait \u00eatre. La chose est accomplie de fa\u00e7on compl\u00e8te, sans plus rien laisser \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, au point o\u00f9 l&rsquo;on en vient \u00e0 n\u00e9gliger les pr\u00e9cautions \u00e9l\u00e9mentaires : le contenu d&rsquo;un rapport, ce qui devrait \u00eatre la r\u00e9alit\u00e9 aux yeux des autres (des lecteurs, dans ce cas), est confi\u00e9 \u00e0 un sous-fifre sans exp\u00e9rience. Ainsi sa plus grande pr\u00e9occupation n&rsquo;est-elle pas le cr\u00e9dit qu&rsquo;on peut accorder au montage qu&rsquo;il fait, disons la qualit\u00e9 du faux, mais bien des consid\u00e9rations annexes,  la principale ayant \u00e9t\u00e9, dans ce cas, de plagier des documents assez vieux pour qu&rsquo;on ne risque pas trop de se souvenir de l&rsquo;\u00e9poque du temps du plagiat ; en un sens, si le jeune homme charg\u00e9 du faux avait trouv\u00e9 une analyse de la duplicit\u00e9 de Saddam, ou faisant fonction de, datant de la bataille de Hastings, il l&rsquo;aurait choisie, \u00e0 peu pr\u00e8s s\u00fbr qu&rsquo;aucun journaliste londonien ne se souvient du Saddam du temps de la bataille de Hastings.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est l\u00e0 que les choses se colorent d&rsquo;une ironie consid\u00e9rable. Le monde de la communication, dans son ivresse de conqu\u00eate, a cr\u00e9\u00e9 un outil qui devait tous nous conqu\u00e9rir : Internet. En nous donnant acc\u00e8s \u00e0 toute la connaissance possible \u00e0 la vitesse de la lumi\u00e8re, Internet devait nous rendre vuln\u00e9rables \u00e0 l&rsquo;infini aux entreprises de l&rsquo;id\u00e9ologie de la communication. Effectivement, les choses deviennent ironiques parce que le contraire se produit : gr\u00e2ce \u00e0 Internet, ce sont toutes tes entreprises de l&rsquo;id\u00e9ologie de la communication qui sont \u00e0 notre port\u00e9e. En quelques heures, un emp\u00eacheur de tourner en rond (un professeur de Cambridge) lit le rapport, trouve que cela lui rappelle quelque chose, en tire l&rsquo;une ou l&rsquo;autre phrase, les balance sur tel et tel moteurs de recherche, voit enfin r\u00e9appara\u00eetre les documents plagi\u00e9s. Le tour est jou\u00e9, \u00e0 la vitesse de la lumi\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe plus extraordinaire dans le coup d&rsquo;\u00c9tat permanent de l&rsquo;id\u00e9ologie de la communication, c&rsquo;est qu&rsquo;il est potentiellement mis \u00e0 nu dans l&rsquo;instant o\u00f9 il se manifeste, au moindre \u00e9cart, \u00e0 la moindre sottise qui vient \u00e0 titiller un internaute ou l&rsquo;autre,  et l&rsquo;on sait d\u00e9sormais que l&rsquo;un et l&rsquo;autre, \u00e9cart et sottise, sont monnaie courante. Effectivement, ce coup d&rsquo;\u00c9tat agit sur la forme, sur la fa\u00e7on (comme dit une couturi\u00e8re) si l&rsquo;on veut, et il ne pr\u00eate aucune attention au contenu. Il n\u00e9glige compl\u00e8tement le domaine intellectuel, se laisse compl\u00e8tement \u00e0 d\u00e9couvert, se laisse emprisonner dans une infinie vuln\u00e9rabilit\u00e9. C&rsquo;est que, dans ses rapports avec le pouvoir politique, ce pouvoir politique se d\u00e9chargeant de tout, y compris de la pens\u00e9e, sur lui, le monde de la communication a cru qu&rsquo;on ne lui demandait qu&rsquo;une approche technique du probl\u00e8me technique \u00e0 r\u00e9soudre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe r\u00e9sultat paradoxal est qu&rsquo;on se fait prendre parfois (l&rsquo;affaire du rapport), et qu&rsquo;en plus, on se montre d&rsquo;une extraordinaire inefficacit\u00e9. En effet, en ne s&rsquo;occupant que de la forme, on s&rsquo;est priv\u00e9 de tous les moyens pour ce qui concerne le fond, bien entendu,  alors que c&rsquo;est le fond qui fait l&rsquo;efficacit\u00e9 de ces pi\u00e8ces.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est bien s\u00fbr ce qui se passe dans cette monumentale affaire irakienne depuis 14 mois : que tous ces gens n&rsquo;aient pas r\u00e9ussi \u00e0 nous fabriquer quelque preuve irr\u00e9futable de la culpabilit\u00e9 de Saddam, avec tous les moyens dont ils disposent, des flots d&rsquo;argent sans compter, des bureaucraties par pl\u00e9thores, une absence de scrupule sid\u00e9rante, tout cela nous fait mesurer les limites d&rsquo;un exercice qui ne s&rsquo;int\u00e9resse qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;effet. On en convient donc aussit\u00f4t : ce qui caract\u00e9rise ces gens de la communication pratiquant leur coup d&rsquo;\u00c9tat permanent, c&rsquo;est moins leur totalitarisme, bien qu&rsquo;il soit bien r\u00e9el au reste, que leur stupidit\u00e9 sans bornes pour l&rsquo;appliquer.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rubrique Contexte, de defensa, Vol18, n\u00b013 du 25 f\u00e9vrier 2003 La crise de Tony Blair bat son plein, au point o\u00f9 un auteur juge que l&rsquo;\u00e9tat de crise permanente est d\u00e9sormais la fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre du blairisme. Il n&#8217;emp\u00eache, la situation est dangereuse. 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