{"id":65675,"date":"2003-07-13T00:00:00","date_gmt":"2003-07-13T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/07\/13\/to-finish-in-a-burlesque-of-an-empire\/"},"modified":"2003-07-13T00:00:00","modified_gmt":"2003-07-13T00:00:00","slug":"to-finish-in-a-burlesque-of-an-empire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/07\/13\/to-finish-in-a-burlesque-of-an-empire\/","title":{"rendered":"\u201c<em>To Finish In a Burlesque of an Empire<\/em>\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2><em>\u00ab\u00a0To Finish In a Burlesque of an Empire\u00a0\u00bb<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>13 juillet 2003 &mdash; Reproduisons cette remarque, qui m\u00e9riterait d&rsquo;\u00eatre immortelle, de Irving M. Stelzer, dans <em>The Weekly Standard Newsletter<\/em> du 11 juillet 2003 :<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em;\">\n<p><p>&laquo; <em>As Tony Blair heads for America to collect his Congressional Gold Medal this week, he must be thinking, \u00ab\u00a0With America for a friend, I surely don&rsquo;t need any enemies.\u00a0\u00bb He gambled that his new friend, George W. Bush, would see loyalty as a two-way street. So far, he has lost his bet.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Rencontre \u00e9tonnante, entre deux hommes triomphants le 9 avril \u00e0 Bagdad, r\u00e9duits aujourd&rsquo;hui \u00e0 une d\u00e9fensive qui prend ici ou l\u00e0 l&rsquo;aspect d&rsquo;une situation aux abois, dans un climat qui oscille entre l&rsquo;abracadabrantesque et le path\u00e9tique du d\u00e9risoire. La cause g\u00e9n\u00e9rale en est la falsification, tout aussi g\u00e9n\u00e9rale, des arguments pour entrer en guerre et, indirectement, le r\u00e9sultat catastrophique du triomphe militaire d&rsquo;avril. Rencontre entre deux hommes qui se proclament tr\u00e8s vieux amis, &mdash; ce qui est vraiment dire n&rsquo;importe quoi, &mdash; pour c\u00e9l\u00e9brer des non moins vieilles <em>special relationships<\/em>. Les deux vieux amis n&rsquo;arr\u00eatent pas de dialoguer avec des coups fourr\u00e9s, mais en g\u00e9n\u00e9ral plut\u00f4t du type <em>one-way street<\/em>, des USA vers le Royaume-Uni. Ils se trouvent tous deux plong\u00e9s dans un bourbier <em>at home<\/em> avec l&rsquo;extraordinaire affaire de l&rsquo;uranium nig\u00e9rien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette fois, encore une fois, les Britanniques semblent avoir pris des r\u00e9solutions, ou, dans tous les cas, ils l&rsquo;affirment. Depuis le d\u00e9but 2002 o&ugrave; il a d\u00e9cid\u00e9 de choisir l&rsquo;alignement \u00e0 fond sur les USA, Blair cultive jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame une attitude britannique souvent rencontr\u00e9e : le m\u00eame attachement aveugle \u00e0 la cause am\u00e9ricaine, l&rsquo;affirmation p\u00e9remptoire que cette politique doit lui valoir des privil\u00e8ges est des amabilit\u00e9s en r\u00e9ciproque de la part des USA ; et, ne voyant rien venir, l&rsquo;affirmation p\u00e9remptoire du m\u00eame Blair que le Royaume-Uni r\u00e9clame fermement la r\u00e9ciproque de la part des &Eacute;tats-Unis, sinon&#8230; Sinon quoi, d&rsquo;ailleurs ? Pas de r\u00e9ponse, ce qu&rsquo;ont tr\u00e8s bien compris, depuis longtemps, les Am\u00e9ricains.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces \u00e9tranges relations, cette non moins \u00e9trange attitude britannique, tout cela est particuli\u00e8rement remarquable pour cette rencontre. Des probl\u00e8mes s\u00e9rieux, pratiques, concrets, s&rsquo;aggravent entre Am\u00e9ricains et Britanniques, toujours selon le m\u00eame sch\u00e9ma, &mdash; les Britanniques touch\u00e9s, demandeurs, maltrait\u00e9s, n&rsquo;obtenant rien, r\u00e9clamant en vain, et par ailleurs faisant leur travail d&rsquo;honn\u00eates seconds en allant au devant de tous les d\u00e9sirs am\u00e9ricains l\u00e0 o&ugrave; ils le peuvent. La situation, dans certains domaines, atteint le grotesque. Il est sans doute probable qu&rsquo;un gouvernement conservateur, pourtant traditionnellement tr\u00e8s pro-am\u00e9ricain (en principe, plus que le <em>Labour<\/em>, mais que valent les principes aujourd&rsquo;hui ?), ne donnerait certainement pas plus aux Am\u00e9ricains que ne fait Blair, qu&rsquo;il donnerait sans doute moins et qu&rsquo;il obtiendrait un tout petit peu plus en retour. Blair est compl\u00e8tement prisonnier de sa dialectique, de son montage philosophico-politique, dans une position o&ugrave; il ne cesse de maximaliser son opinion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>[Cela vaut pour les rapports avec les USA comme pour le reste, si bien qu&rsquo;on peut parler pour Tony Blair \u00e0 la fois d&rsquo;un isolement politique des r\u00e9alit\u00e9s, &mdash; ce qui est vrai de la structure de son propre pouvoir &mdash; et d&rsquo;une \u00e9volution parano\u00efaque de sa psychologie. Ainsi en est-il de sa derni\u00e8re initiative, d\u00e9voil\u00e9e ce week-end \u00e0 Londres pour la tenue d&rsquo;un sommet de l&rsquo;Internationale Socialiste. Blair a fait circuler <a href=\"http:\/\/news.independent.co.uk\/uk\/politics\/story.jsp?story=424035\">un document<\/a> o&ugrave; il propose que les d\u00e9mocraties s&rsquo;arrogent de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et permanente un droit d&rsquo;intervention unilat\u00e9rale partout. (Ce document vient de Downing Street, il n&rsquo;est pas pass\u00e9 par le Foreign Office, d\u00e9monstration de l&rsquo;isolationnisme de Blair.) Blair veut \u00e9tendre au monde entier le \u00ab\u00a0mod\u00e8le irakien\u00a0\u00bb, ce qui revient, finalement, \u00e0 une doctrine \u00ab\u00a0<em>neocon<\/em> +\u00a0\u00bb, \u00e0 rendre jaloux Wolfowitz, Kristol et toute la bande. En attendant, l&rsquo;id\u00e9e a mis en fureur Schr\u00f6der, qui se trouvait \u00e0 Londres. &Eacute;tait-ce bien utile ? Il est assez \u00e9trange, voire bizarre, qu&rsquo;on tire de la derni\u00e8re guerre irakienne dans les prolongements o&ugrave; on la voit l&rsquo;enseignement qu&rsquo;il faut \u00e9tendre ce mod\u00e8le tous azimuts, avec droit d&rsquo;intervention \u00e0 tout et \u00e0 n&rsquo;importe quoi, sans doute pour aller \u00e0 la chasse aux armes de destruction massive ou \u00e0 l&rsquo;uranium achet\u00e9 au Niger. Bref, la question est ailleurs : Blair est-il encore parmi nous ? La r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9sente-t-elle encore quelque int\u00e9r\u00eat pour lui ? (Voir aussi le d\u00e9veloppement que nous proposons <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=794\">\u00e0 partir d&rsquo;une analyse parue dans de defensa,<\/a> concernant le r\u00f4le de la nostalgie imp\u00e9riale dans le comportement de Blair, autre forme de schizophr\u00e9nie.)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Tony Blair is appealing to the heads of Western governments to agree a new world order that would justify the war in Iraq even if Saddam Hussein&rsquo;s elusive weapons of mass destruction are never found. It would also give Western powers the authority to attack any other sovereign country whose ruler is judged to be inflicting unnecessary suffering on his own people.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>A Downing Street document, circulated among foreign heads of state who are in London for a summit, has provoked a fierce row between Mr Blair and the German Chancellor, Gerhard Schr\u00f6der.<\/em> &raquo;]<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Lors de la rencontre GW-Blair, plusieurs th\u00e8mes tr\u00e8s divers seront abord\u00e9s. On en retient deux, qui nous int\u00e9ressent particuli\u00e8rement, que nous jugeons d&rsquo;autant plus int\u00e9ressants qu&rsquo;ils sont tr\u00e8s concrets et qu&rsquo;ils concernent les deux domaines o&ugrave; les <em>special relationships<\/em> sont les plus assid&ucirc;ment suivies depuis plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La question des rapports entre les services de renseignement. La question n&rsquo;est pas officiellement \u00e0 l&rsquo;ordre du jour mais il y a des indications selon lesquelles elle sera \u00e9voqu\u00e9e. La situation actuelle est mise en \u00e9vidence par la pol\u00e9mique de la \u00ab\u00a0preuve\u00a0\u00bb de plus en plus appr\u00e9ci\u00e9e comme fausse, de l&rsquo;achat suppos\u00e9 d&rsquo;uranium au Niger, par l&rsquo;Irak. On laisse de c\u00f4t\u00e9 le fond de la pol\u00e9mique pour s&rsquo;en tenir \u00e0 ce qu&rsquo;elle r\u00e9v\u00e8le des rapports entre les services de renseignement US et UK, suppos\u00e9s excellents, intimes, \u00e0 un point tel qu&rsquo;on distinguerait parfois difficilement la CIA du MI6. Cela est (devrait \u00eatre) d&rsquo;autant plus vrai que la guerre contre l&rsquo;Irak a (devrait avoir) encore renforc\u00e9 cette collaboration. Mais tous les incidents de ces derniers jours et derni\u00e8res semaines montrent le contraire, dans une mesure compl\u00e8tement extraordinaire. La nuit derni\u00e8re, le minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res a pris sur lui de rendre publique une lettre du ministre Jack Straw qui fait des r\u00e9v\u00e9lations \u00e9tonnantes, &mdash; d&rsquo;autant plus \u00e9tonnantes qu&rsquo;elles accentuent la pression sur Tony Blair autant qu&rsquo;elles mettent en \u00e9vidence la r\u00e9alit\u00e9 catastrophique des rapports USA-UK, derri\u00e8re une apparence convenue de merveilleuse entente. (D&rsquo;o&ugrave; une sp\u00e9culation : la lettre est-elle \u00e9galement une attaque indirecte contre Blair et sa politique compl\u00e8tement isolationniste, comme notamment son plan de carte blanche interventionniste laiss\u00e9 aux d\u00e9mocraties, vis-\u00e0-vis de la bureaucratie du Foreign Office ?)<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo; <em>Britain and America suffered a complete breakdown in relations over vital evidence against Saddam Hussein and weapons of mass destruction, refusing to share information and keeping each other in the dark over key elements of the case against the Iraqi dictator. In a remarkable letter released last night, the Foreign Secretary, Jack Straw, reveals a catalogue of disputes between the two countries, lending more ammunition to critics of the war and exerting fresh pressure on the Prime Minister.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The letter to the Foreign Affairs Committee, which investigated the case for war against Iraq, reveals that Britain ignored a request from the CIA to remove claims that Saddam was trying to buy nuclear material from Niger, despite concerns that the allegations were bogus. It also details a government decision to block information going to the CIA because it was too sensitive.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>As diplomatic relations between America and Britain become increasingly strained over Iraq&rsquo;s WMD, Straw said that the Government had separate evidence of the Niger link, which it has not shared with the US.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>The revelations come just four days before Tony Blair travels to America for his toughest visit there since he came to power in 1997. As well as WMD, the Prime Minister will also raise Britain&rsquo;s &lsquo;serious concerns&rsquo; over the treatment of British citizens held at Guantanamo Bay.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>Straw&rsquo;s letter reveals:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>* That evidence given to the CIA by the former US ambassador to Gabon, Joseph Wilson &mdash; that Niger officials had denied any link &mdash; was never shared with the British.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>* That Foreign Office officials were left to read reports of Wilson&rsquo;s findings in the press only days before they were raised as part of the committee&rsquo;s inquiry into the war.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo; <em>* That when the CIA, having seen a draft of the September dossier on Iraq&rsquo;s WMD, demanded that the Niger claim be removed, it was ignored because the agency did not back it up with \u00ab\u00a0any explanation\u00a0\u00bb.<\/em> &raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>&bull; Les relations technologiques entre les deux pays, c&rsquo;est-\u00e0-dire entre les USA et UK (dans ce sens). Un article du New York <em>Times<\/em>\/<em>Financial Times<\/em> (que nous a <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum.php\">aimablement signal\u00e9, ce jour, un de nos lecteurs<\/a>) fait le point <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/financialtimes\/business\/FT1057562345223.html?pagewanted=print&#038;position\">sur cette question,<\/a> &mdash; ou, plut\u00f4t, transmet quelques \u00ab\u00a0messages\u00a0\u00bb britanniques, plus stup\u00e9fiants les uns que les autres. Derri\u00e8re l&rsquo;apparence incomparable de professionnalisme et de s\u00e9rieux, la na\u00efvet\u00e9 britannique lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit des Am\u00e9ricains et de la technologie ne laissent de surprendre. Les Britanniques veulent que les Am\u00e9ricains autorisent des transferts importants de technologies US vers UK, et ils entendent obtenir l&rsquo;accord de GW. En toile de fond, il y a la probable fusion de BAE avec Lockheed Martin dans les mois \u00e0 venir, que Blair semble d\u00e9sormais accepter. Un Blair consentant est compl\u00e8tement manipul\u00e9 par BAE dans cette affaire, parce que les actionnaires de BAE veulent l&rsquo;am\u00e9ricanisation du groupe pour obtenir les march\u00e9s importants du Pentagone. Bien s&ucirc;r, BAE deviendra non-UK et les Britanniques restant \u00e0 Londres n&rsquo;auront pas plus de technologies pour autant. L\u00e0 encore, les Britanniques jouent une partie <em>lose-lose<\/em> (le contraire de <em>win-win<\/em>), comme dans tous leurs march\u00e9s avec les Am\u00e9ricains. (Nous allons publier un texte sp\u00e9cifique sur cette question, \u00e0 partir de l&rsquo;article mentionn\u00e9 ci-dessus.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La rencontre Bush-Blair est la rencontre d&rsquo;une ambition anglo-saxonne (ambition imp\u00e9riale) devenue un \u00e9norme facteur de d\u00e9stabilisation des deux pouvoirs anglo-am\u00e9ricains. Tony Blair y figure comme un homme devenu le pantin de ses illusions, et enferm\u00e9 dans un cercle \u00e9troit qui alimente effectivement ce qu&rsquo;il reste de ses illusions. Quant \u00e0 Bush, c&rsquo;est Bush ; de m\u00eame que cet homme sans envergure ni honneur <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=804\">fait porter \u00e0 la CIA le chapeau de ses mensonges sur le Niger en sacrifiant la dignit\u00e9 de la fonction pr\u00e9sidentielle<\/a>, il fera porter \u00e0 Blair l&rsquo;une ou l&rsquo;autre casserole quand il appara&icirc;tra qu&rsquo;on peut s&rsquo;en d\u00e9barrasser en les jetant dans l&rsquo;arri\u00e8re-cour britannique. Il nous reste \u00e0 suivre le naufrage de cette \u00e9trange association, le tout \u00e9tant justement caract\u00e9ris\u00e9 par ce titre fameux que William Pfaff avait donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;une de ses chroniques, en 1992 (8 mars 1992), en commentaire de la diffusion publique de l&rsquo;esquisse du plan de domination mondiale de Wolfowitz, alors dans l&rsquo;\u00e9quipe du secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Cheney : &laquo; <em>To Finish in a Burlesque of an Empire<\/em> &raquo;. Cela vaut bien la peine de se mettre \u00e0 deux pour arriver \u00e0 un tel r\u00e9sultat.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0To Finish In a Burlesque of an Empire\u00a0\u00bb 13 juillet 2003 &mdash; Reproduisons cette remarque, qui m\u00e9riterait d&rsquo;\u00eatre immortelle, de Irving M. 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