{"id":65716,"date":"2003-08-20T00:00:00","date_gmt":"2003-08-20T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/08\/20\/revolution-par-leglise-rubrique-analyse-de-defensa-volume-18-numero-20-du-10-juillet-2003\/"},"modified":"2003-08-20T00:00:00","modified_gmt":"2003-08-20T00:00:00","slug":"revolution-par-leglise-rubrique-analyse-de-defensa-volume-18-numero-20-du-10-juillet-2003","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/08\/20\/revolution-par-leglise-rubrique-analyse-de-defensa-volume-18-numero-20-du-10-juillet-2003\/","title":{"rendered":"<strong><em>R\u00e9volution par l&rsquo;\u00c9glise<\/em><\/strong> \u2014 Rubrique Analyse, de defensa Volume 18, num\u00e9ro 20 du 10 juillet 2003"},"content":{"rendered":"<p><h3>Rubrique Analyse, de defensa Volume 18, num\u00e9ro 20 du 10 juillet 2003<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tLe r\u00f4le nouveau possible de l&rsquo;\u00c9glise est un sujet qui nous int\u00e9resse particuli\u00e8rement. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une question qui figure parmi les th\u00e8mes essentiels de compr\u00e9hension de notre temps. Ce tte question de l&rsquo;\u00c9glise est particuli\u00e8rement importante :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; A cause des rapports d&rsquo;influence fondamentaux de l&rsquo;\u00c9glise dans la crise de la globalisation (et rapports plut\u00f4t dans un sens de r\u00e9sistance) ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; \u00e0 cause de l&rsquo;attention permanente apport\u00e9e par l&rsquo;\u00c9glise au maintien des traditions comme structures sociales et spirituelles essentielles, \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 les soci\u00e9t\u00e9s ont \u00e0 faire face \u00e0 des attaques d\u00e9structurantes sans pr\u00e9c\u00e9dent ;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; \u00e0 cause des liens politiques particuliers de l&rsquo;\u00c9glise avec des pays qui comptent essentiellement dans la crise d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, et l&rsquo;on pense pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la France et au Mexique.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article\">R\u00e9volution par l&rsquo;\u00c9glise<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Peut-\u00eatre pour la premi\u00e8re fois, les int\u00e9r\u00eats temporels de l&rsquo;\u00c9glise de Rome correspondent \u00e0 ses engagements spirituels et \u00e0 sa fonction de protectrice des d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s. C&rsquo;est un moment de gr\u00e2ce pour l&rsquo;\u00c9glise, qu&rsquo;a tr\u00e8s bien vu, ou senti, le pape Jean-Paul II.<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tJean-Paul II fut, avant et pendant le conflit irakien, l&rsquo;un des plus actifs propagandistes de la cause anti-guerre, et sans aucun doute le plus prestigieux et le plus respectable. Son attitude, largement rendue publique, exprim\u00e9e toujours avec fermet\u00e9 et parfois avec h\u00e9ro\u00efsme, constitua l&rsquo;un des plus graves probl\u00e8mes de conscience de Tony Blair (tr\u00e8s croyant et qu&rsquo;on dit proche de se convertir au catholicisme, comme sa femme). Fin f\u00e9vrier, Blair alla \u00e0 Rome o\u00f9 il fut re\u00e7u en audience par le Saint-P\u00e8re. II tenta vainement de justifier sa politique d&rsquo;un point de vue th\u00e9ologique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa proximit\u00e9 entre le Pape et Chirac fut grande pendant cette crise, ce qui est une autre indication significative. Les deux hommes partag\u00e8rent une r\u00e9elle et profonde conviction de l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 et de l&rsquo;immoralit\u00e9, voire de la stupidit\u00e9 de ce conflit, enfin du danger qu&rsquo;il rec\u00e8le pour l&rsquo;\u00e9volution des relations internationales. Le 25 mars, le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais envoya une lettre au Pape, o\u00f9 il \u00e9crivait notamment : \u00ab <em>Parce qu&rsquo;ils partagent sur l&rsquo;ensemble de ces sujets des points de vue tr\u00e8s largement convergents, le Saint-Si\u00e8ge et la France devront continuer \u00e0 oeuvrer ensemble pour faire pr\u00e9valoir la primaut\u00e9 du droit, la justice et le dialogue entre les peuples.<\/em> \u00bb On ne pouvait mieux dire et l&rsquo;on doit admettre que l&rsquo;alliance <em>de facto<\/em> entre Paris et le Saint-Si\u00e8ge est un facteur tr\u00e8s important, aujourd&rsquo;hui, de la politique internationale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn sait que le vieux Pape, dans ses activit\u00e9s courantes, r\u00e9unit des foules qu&rsquo;aucun homme, quelle que soit la cause qu&rsquo;il repr\u00e9sente, n&rsquo;est capable de r\u00e9unir. Trait\u00e9 de r\u00e9actionnaire de fa\u00e7on routini\u00e8re par les bons esprits postmodernes se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des causes importantes (l&rsquo;avortement), le vieux Pape rassemble des millions de jeunes gens lors de ses d\u00e9placements. Aucun bon esprit postmoderne n&rsquo;est capable d&rsquo;approcher ce ph\u00e9nom\u00e8ne (le rassemblement de jeunes), pourtant r\u00e9solument postmoderne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe n&rsquo;est pas le seul Jean-Paul II qui est en cause. Il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;un pape exceptionnel. Mais Jean-Paul II, \u00e0 la fois par choix et par temp\u00e9rament, correspond \u00e0 merveille \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise au moment o\u00f9 celle-ci se trouve au coeur d&rsquo;une r\u00e9volution,  ou d&rsquo;un moment de gr\u00e2ce, c&rsquo;est selon.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Depuis la Renaissance, l&rsquo;\u00c9glise s&rsquo;est trouv\u00e9e continuellement sur la d\u00e9fensive, souvent en porte-\u00e0-faux ou en contradiction avec elle-m\u00eame<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous n&rsquo;allons pas parler de choses de peu d&rsquo;importance pour notre propos,  la popularit\u00e9 statistique de l&rsquo;\u00c9glise, les statistiques de fr\u00e9quentation, des vocations, etc. L&rsquo;\u00c9glise ne peut se d\u00e9finir en chiffres, ou plut\u00f4t : les chiffres n&rsquo;en donnent qu&rsquo;une image tr\u00e8s partielle, et d\u00e9grad\u00e9e par rapport \u00e0 l&rsquo;ambition du propos. Nous parlons de quelque chose de bien plus important : l&rsquo;influence de l&rsquo;\u00c9glise, son poids, sa position \u00e0 la fois temporelle et spirituelle dans un bouleversement politique et culturel dont le plus proche pr\u00e9c\u00e9dent,  en intensit\u00e9 mais malheureusement pas en qualit\u00e9,  est \u00e9videmment la Renaissance. Bien s\u00fbr, et ceci explique cela, c&rsquo;est \u00e0 partir de l\u00e0 qu&rsquo;il faut conduire notre enqu\u00eate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout au long du Moyen Age jusqu&rsquo;\u00e0 la Renaissance dans sa derni\u00e8re phase (XVIe si\u00e8cle), jusqu&rsquo;\u00e0 la R\u00e9forme, jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9volution scientifique et rationaliste du XVIIe si\u00e8cle, l&rsquo;\u00c9glise \u00e9tait immanente \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 occidentale. Elle \u00e9tait la soci\u00e9t\u00e9, rien de moins. Par cons\u00e9quent, les probl\u00e8mes qu&rsquo;elle rencontrait \u00e9taient des probl\u00e8mes structurels de soci\u00e9t\u00e9, non des probl\u00e8mes politiques. Avec le processus de s\u00e9cularisation, la religion change de substance. Elle devient une force constitutive de la soci\u00e9t\u00e9 parmi d&rsquo;autres forces du m\u00eame type. Ses probl\u00e8mes deviennent politiques, elle n&rsquo;est plus au-dessus de la m\u00eal\u00e9e. Les traits qui ont toujours caract\u00e9ris\u00e9 l&rsquo;\u00c9glise acqui\u00e8rent une signification politique. Le besoin d&rsquo;ordre, la protection des structures existantes, la protection des traditions, signifient tr\u00e8s vite, et de fa\u00e7on n\u00e9cessaire dirait-on, autant d&rsquo;engagements politiques. L&rsquo;engagement avec les forces traditionalistes puis, avec l&rsquo;\u00e9volution des situations politiques, l&rsquo;engagement avec les classes dirigeantes et les forces bourgeoises, puis avec les forces de l&rsquo;argent et avec le capitalisme, voil\u00e0 les \u00e9tapes de l&rsquo;engagement politique de l&rsquo;\u00c9glise. Il n&rsquo;y a jamais eu de choix politiques dans le chef de l&rsquo;\u00c9glise mais ses positions fondamentalement traditionalistes s&rsquo;expriment dans ces engagements politiques, <em>de facto<\/em> dirait-on.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn engagement politique fondamental de l&rsquo;\u00c9glise est la lutte contre les forces s\u00e9cularistes les plus extr\u00e9mistes ou per\u00e7ues comme telles,  sorte de lutte pour la survie, si l&rsquo;on veut. L&rsquo;\u00c9glise lutte de toutes ses forces contre les forces socialistes puis communistes, et, en g\u00e9n\u00e9ral, contre les forces r\u00e9volutionnaires qui vont dans ce sens,  \u00e0 commencer par sa lutte contre les r\u00e9volutionnaires de la R\u00e9volution fran\u00e7aise (malgr\u00e9 quelques ambigu\u00eft\u00e9s). Mais cet aspect du probl\u00e8me prend tout son sens avec la lutte contre le communisme install\u00e9 au pouvoir \u00e0 Moscou, dans la mesure o\u00f9 cette lutte s&rsquo;est impos\u00e9e comme la t\u00e2che principale, et parfois exclusive de l&rsquo;\u00c9glise tout au long du XX\u00e8me si\u00e8cle. Dans cette bataille anticommuniste, l&rsquo;\u00c9glise a constitu\u00e9 une force extraordinaire et une force d\u00e9cisive dans plusieurs occasions essentielles. Nous acceptons sans la moindre h\u00e9sitation l&rsquo;id\u00e9e que c&rsquo;est le voyage de Jean-Paul II en Pologne, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970, bien plus que la pression US (SDI, guerre des \u00e9toiles de Reagan, etc) et ant\u00e9rieurement \u00e0 celle-ci de fa\u00e7on d\u00e9cisive, qui acc\u00e9l\u00e9ra le processus irr\u00e9versible de d\u00e9sagr\u00e9gation du communisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe survol de la position de l&rsquo;\u00c9glise dans le monde s\u00e9cularis\u00e9 n\u00e9 avec la Renaissance est donc vite fait. L&rsquo;\u00c9glise est du c\u00f4t\u00e9 des forces traditionalistes parce que l\u00e0 est sa logique fondamentale. On l&rsquo;\u00e9tiquette r\u00e9actionnaire, conservatrice, complice du capitalisme, gardienne de l&rsquo;ordre moral et ainsi de suite, mais elle n&rsquo;est rien de tout cela ; elle est traditionaliste parce que la tradition est la garantie de la structuration des soci\u00e9t\u00e9s selon sa vision du monde encore plus que son int\u00e9r\u00eat. Ce qui doit s&rsquo;imposer \u00e0 ce point du raisonnement est bien que l&rsquo;\u00c9glise, forc\u00e9e d&rsquo;adopter des positions politiques, ne fait des choix qu&rsquo;en fonction de sa vision du monde : r\u00e9actionnaire, conservatrice, ce sont des attitudes tactiques correspondantes \u00e0 chaque temps. Le fondamental, c&rsquo;est la d\u00e9fense des traditions, c&rsquo;est-\u00e0-dire la d\u00e9fense des structures existantes. Cette attitude est le r\u00e9sultat du magist\u00e8re social qu&rsquo;elle exer\u00e7a au Moyen \u00c2ge plus que de ses conceptions originelles. Le traditionalisme de<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tl&rsquo;\u00c9glise est le produit de son exp\u00e9rience des structures sociales du monde occidental, bien plus que de son exp\u00e9rience de r\u00e9volutionnaire messianique de l&#8217;empire romain en d\u00e9composition.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela nous conduit en 1989-91, dans l&rsquo;esprit autant que dans la chronologie. 1989-91 marque, pour l&rsquo;\u00c9glise, la fin de la lutte anticommuniste. C&rsquo;est un tournant d&rsquo;une importance extr\u00eame, peut-\u00eatre le plus important de son histoire depuis la Renaissance (la R\u00e9forme) o\u00f9 l&rsquo;\u00c9glise est devenue acteur d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 en voie de s\u00e9cularisation. Comme on l&rsquo;a vu, la lutte anticommuniste a constitu\u00e9 l&rsquo;aile marchante, militante de la hi\u00e9rarchie de l&rsquo;\u00c9glise pendant des d\u00e9cennies. Parall\u00e8lement, cette bataille enfermait l&rsquo;\u00c9glise dans des sch\u00e9matismes d\u00e9j\u00e0 exprim\u00e9s dans les \u00e9poques pr\u00e9c\u00e9dentes, mais cette fois avec une force \u00e0 mesure de l&rsquo;intensit\u00e9 de la bataille. Plus qu&rsquo;en aucune autre occasion, l&rsquo;\u00c9glise \u00e9tait de droite et per\u00e7ue, \u00e0 tort ou \u00e0 raison (il y a beaucoup \u00e0 d\u00e9battre), comme l&rsquo;ennemie du prol\u00e9tariat dont la cause \u00e9tait soutenue par les communistes,  c&rsquo;est-\u00e0-dire, ennemie des pauvres et des opprim\u00e9s, dans le sch\u00e9matisme manich\u00e9en de l&rsquo;\u00e9poque. Cela fut au point o\u00f9, comme on s&rsquo;en rappelle bien, toute tentative de rapprochement avec les forces populaires, qu&rsquo;elles se fassent avec ou contre l&rsquo;assentiment de la hi\u00e9rarchie, \u00e9tait d\u00e9nonc\u00e9e comme la perversion supr\u00eame d&rsquo;une \u00c9glise en train de se marxiser. II y avait les pr\u00eatres rouges, les th\u00e9ologiens rouges, etc. Le point n&rsquo;est pas ici d&rsquo;approuver ou de d\u00e9sapprouver ces jugements, mais de constater leur existence, et, par cons\u00e9quent, les verrouillages qu&rsquo;ils entra\u00eenaient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t1989-91 a chang\u00e9 tout cela. La chute du communisme a agi comme une v\u00e9ritable lib\u00e9ration pour l&rsquo;\u00c9glise, \u00e0 un point qu&rsquo;on commence \u00e0 peine \u00e0 mesurer. Cette lib\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;autant plus forte et compl\u00e8te qu&rsquo;elle intervint au moment o\u00f9 le capitalisme lib\u00e9ral, avec les USA, c&rsquo;est-\u00e0-dire le camp m\u00eame de l&rsquo;\u00c9glise, se livrait \u00e0 des exc\u00e8s sociaux et \u00e9conomiques qui commen\u00e7aient \u00e0 inqui\u00e9ter l&rsquo;\u00c9glise, dans tous les cas \u00e0 la mettre mal \u00e0 l&rsquo;aise ; qui commenc\u00e8rent surtout, c&rsquo;est l&rsquo;essentiel, \u00e0 lui faire r\u00e9aliser certaines r\u00e9alit\u00e9s fondamentales jusqu&rsquo;alors \u00e9cart\u00e9es par les n\u00e9cessit\u00e9s de la bataille.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>L&rsquo;\u00e9tonnante intuition d&rsquo;un vieillard traditionaliste  : comment Jean-Paul II a engag\u00e9 l&rsquo;\u00c9glise sur la voie, non d&rsquo;une r\u00e9forme interne, mais d&rsquo;une r\u00e9forme de sa vision du monde <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tJusqu&rsquo;\u00e0 Jean-Paul II, lorsqu&rsquo;on parlait d&rsquo;un pape r\u00e9formiste ou d&rsquo;un pape avanc\u00e9, une d\u00e9finition compl\u00e8te et sans nuances d\u00e9filait, concernant un personnage \u00e0 tendances progressistes, pas loin d&rsquo;\u00eatre soup\u00e7onn\u00e9 de trahir l&rsquo;\u00c9glise install\u00e9e comme axe socio-spirituel de l&rsquo;Occident. De la m\u00eame fa\u00e7on disait-on d&rsquo;un pape traditionaliste qu&rsquo;il \u00e9tait d\u00e9fenseur des valeurs conservatrices, voire r\u00e9actionnaires. Jean-Paul II a chang\u00e9 cela. Le vieux pape est \u00e0 la fois d\u00e9fenseur de l&rsquo;avortement et avocat des peuples opprim\u00e9s ou laiss\u00e9s pour compte contre les grands pr\u00e9dateurs capitalistes. Il r\u00e9pond \u00e0 la fois \u00e0 la d\u00e9finition d&rsquo;un pape r\u00e9formiste et \u00e0 celle d&rsquo;un pape traditionaliste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEst-ce de la clairvoyance ? Est-ce de l&rsquo;habilet\u00e9 ? Parlons dans tous les cas de bon sens et, surtout, d&rsquo;une exceptionnelle compr\u00e9hension de son temps, \u00e0 un point o\u00f9 l&rsquo;on pourrait parler d&rsquo;intuition. On comprendra alors cette exceptionnelle aisance due \u00e0 la simplicit\u00e9 de l&rsquo;homme, car jamais il n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 aussi facile, voire \u00e9vident, de concilier des tendances qui paraissaient jusqu&rsquo;alors inconciliables. Le constat qu&rsquo;ont fait ces derni\u00e8res ann\u00e9es Jean-Paul II et l&rsquo;\u00c9glise, c&rsquo;est le constat de plusieurs prolongements absolument r\u00e9volutionnaires :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La globalisation est le premier choc essentiel. D&rsquo;abord, c&rsquo;est un mouvement qui s&rsquo;av\u00e8re directement concurrent d&rsquo;une des conceptions coutumi\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise, selon laquelle elle est elle-m\u00eame une force globale, internationale, supranationale. L&rsquo;\u00c9glise s&rsquo;en d\u00e9fie donc d&rsquo;instinct, par esprit de concurrence. Elle y est d&rsquo;autant plus inclin\u00e9e qu&rsquo;il s&rsquo;av\u00e8re rapidement que cette globalisation dont elle se garde est l&rsquo;ennemie des traditions, des structures en place, ennemie de l&rsquo;ordre en un mot ; d&rsquo;autre part, elle est ennemie de la petite \u00e9conomie qu&rsquo;elle est conduite \u00e0 d\u00e9structurer, des petites gens qu&rsquo;elle est conduite \u00e0 traiter comme autant de num\u00e9ros, de pi\u00e8ces sans importance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La divine surprise de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement pr\u00e9c\u00e9dent, c&rsquo;est bien que cette globalisation r\u00e9ussit \u00e0 unifier ceux qui, jusqu&rsquo;ici, figuraient comme d&rsquo;irr\u00e9conciliables ennemis : la tradition et l&rsquo;ordre d&rsquo;une part, les pauvres et les opprim\u00e9s d&rsquo;autre part.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Il ressort des deux derniers \u00e9v\u00e9nements que l&rsquo;\u00c9glise doit d\u00e9sormais songer \u00e0 rompre sa Grande Alliance du temps de l&rsquo;anticommunisme. Le capitalisme US, avec son irr\u00e9sistible tendance \u00e0 la globalisation, est d\u00e9sormais un concurrent qui pourrait devenir un adversaire. Mais plus encore (plus fondamental) : on d\u00e9couvre que ce capitalisme est l&rsquo;ennemi des traditions, \u00e0 la mani\u00e8re du modernisme (et non le progressisme) qui n&rsquo;a jamais cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre le grand ennemi de l&rsquo;\u00c9glise. (Ce capitalisme est d&rsquo;origine protestante, c&rsquo;est-\u00e0-dire r\u00e9formiste ; il est n\u00e9 et se nourrit des USA, qui s&rsquo;estime eux-m\u00eames \u00eatre la modernit\u00e9 m\u00eame.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Cette rupture est moins risqu\u00e9e politiquement qu&rsquo;on pourrait croire au premier abord. Le parti des pauvres et des opprim\u00e9s (des anti-globalisation, si l&rsquo;on veut), ce ne sont pas que les pauvres et les opprim\u00e9s. Il y a toute une gamme d&rsquo;oppositions, exacerb\u00e9es par le dernier grand \u00e9v\u00e9nement,  l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001 sur les USA et la nouvelle politique agressive des USA. On retrouve dans la m\u00eame ligne de la nouvelle opposition des organisations et des nations dont les tendances profondes se rapprochent du courant d\u00e9crit ici, malgr\u00e9 les \u00e9tiquettes officielles. Ainsi,  et l&rsquo;on verra plus loin les implications de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement,  la France et le Mexique sont deux grands alli\u00e9s objectifsde l&rsquo;\u00c9glise et du Vatican, et peut-\u00eatre plus qu&rsquo;objectifs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa r\u00e9ussite de Jean-Paul II, c&rsquo;est bien d&rsquo;avoir saisi l&rsquo;occasion unique pour l&rsquo;\u00c9glise de r\u00e9concilier sa vision du monde (la tradition et la structure) et ses engagements r\u00e9volutionnaires originels (les pauvres et les opprim\u00e9s), avec une situation tactique qui lui conservait influence et rang diplomatique en se trouvant aux c\u00f4t\u00e9s de puissances politiques qui trouvent elles-m\u00eames leurs avantages \u00e0 cette position. D&rsquo;une part c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9vidence, d&rsquo;autre part c&rsquo;est d&rsquo;une audace qui rompt les conformismes,  c&rsquo;est bien du bon sens.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>L&rsquo;\u00c9glise aujourd&rsquo;hui : tentative d&rsquo;analyse d&rsquo;une position politico-diplomatique et d&rsquo;une opportunit\u00e9 doctrinale,  avec l&rsquo;aide de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre (r\u00f4le de la France et r\u00f4le du Mexique)<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, l&rsquo;\u00c9glise se trouve dans une position compl\u00e8tement paradoxale. Elle est au coeur <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\td&rsquo;un monde compl\u00e8tement s\u00e9cularis\u00e9, en Europe beaucoup plus qu&rsquo;ailleurs, et d&rsquo;un monde d\u00e9sacralis\u00e9 ; elle est au coeur, en plus, d&rsquo;un monde qui ne cesse officiellement de r\u00e9affirmer sa foi dans le Progr\u00e8s, la Science, toutes ces choses identifi\u00e9es comme antinomiques \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise. En m\u00eame temps, dans ce monde et m\u00eame au coeur de ce monde, et sans que l&rsquo;\u00c9glise songe m\u00eame \u00e0 le sugg\u00e9rer, les analyses critiques, sociologiques, psychologiques de cette situation, de plus en plus per\u00e7ue comme une crise de civilisation bien s\u00fbr, vont pour l&rsquo;essentiel dans le sens d&rsquo;un regret grandissant de cette d\u00e9sacralisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes analyses rencontrent des pr\u00e9occupations venues de plus en plus naturellement au grand public, notamment \u00e0 la jeunesse,  et, pour cela, on peut effectivement parler d&rsquo;une \u00e9poque qui est une crise. Il en r\u00e9sulte que l&rsquo;\u00c9glise qui reste dans une position de repli au sens strict des pratiques religieuses et des manifestations de la foi, appara\u00eet de plus en plus, dans le d\u00e9bat de la soci\u00e9t\u00e9 civile, comme un interlocuteur important, voire privil\u00e9gi\u00e9, dans tous les cas une r\u00e9f\u00e9rence de plus en plus respectable. Le pape recueille le fruit de cette nouvelle fa\u00e7on de l&rsquo;\u00c9glise d&rsquo;\u00eatre implicitement au centre du d\u00e9bat social, et m\u00eame au centre du d\u00e9bat de civilisation. Il voyage et rassemble des foules immenses.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu niveau politique actif ensuite, au niveau du pouvoir temporel, la situation est extraordinairement caract\u00e9ristique d&rsquo;un immense changement, dans tous les cas du point de vue de l&rsquo;\u00c9glise. Ce changement peut \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9 par deux pays qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 nomm\u00e9s, qui sont dans cette occurrence qui est la grande crise de la civilisation, des alli\u00e9s au moins objectifs, et sans doute plus que cela, de l&rsquo;\u00c9glise. Ces deux pays repr\u00e9sentent une diversit\u00e9 de possibilit\u00e9s, de puissances, d&rsquo;influences, qui font de chacun un chef de file naturel d&rsquo;une forme de la m\u00eame conception, qui est la conception nouvelle envisag\u00e9e pour l&rsquo;organisation du monde, qui est si avantageuse pour l&rsquo;\u00c9glise. On va identifier ces deux formes de la m\u00eame conception par le biais d&rsquo;une rapide analyse de la situation et de la position de ces deux pays.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; Le Mexique est le premier de ces deux pays. Pays puissant \u00e0 la limite du Tiers-Monde, et chef de file traditionnel d&rsquo;un courant d&rsquo;affirmation autonome tiers-mondiste, malgr\u00e9 sa position accol\u00e9e aux USA. Au contraire, cette position accol\u00e9e lui donne un acc\u00e8s au modernisme industriel en m\u00eame temps qu&rsquo;une image de pays n\u00e9cessairement en butte aux pressions imp\u00e9riales am\u00e9ricaines. Il y a un m\u00e9lange de modernisme exacerb\u00e9 et de protection naturelle de tr\u00e8s vieilles traditions qui fait du Mexique un pays compl\u00e8tement de son temps, et l&rsquo;un des plus capables, \u00e0 la fois, de peser sur les USA et de les comprendre assez pour s&rsquo;en d\u00e9fier de fa\u00e7on fondamentale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEncore, bien s\u00fbr, n&rsquo;a-t-on rien dit de l&rsquo;essentiel : le Mexique est le seul pays au monde avec un pouvoir d&rsquo;influence direct sur la vie int\u00e9rieure des \u00c9tats-Unis, pouvoir qui peut aller jusqu&rsquo;\u00e0 des possibilit\u00e9s radicales. Dans le courant du mois de juin, la communaut\u00e9 latino-am\u00e9ricaine est officiellement devenue la premi\u00e8re minorit\u00e9 des USA, d\u00e9passant les Noirs. Cette minorit\u00e9 compte jusqu&rsquo;\u00e0 80% de Mexicains ou d&rsquo;Am\u00e9ricains d&rsquo;origine mexicaine, dont la nouvelle politique du pr\u00e9sident Fox (double nationalit\u00e9, droit de vote au Mexique en tant que r\u00e9sident \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, etc) les rapproche de leur pays d&rsquo;origine, par ailleurs g\u00e9ographiquement voisin. L&rsquo;aspect mexicain et national est renforc\u00e9 par l&rsquo;\u00e9norme flux de l&rsquo;\u00e9migration, l\u00e9gale et ill\u00e9gale, qui s&rsquo;av\u00e8re elle aussi en augmentation constante. Le flux migratoire est tel qu&rsquo;il ne pourra pas ne pas \u00eatre \u00e9voqu\u00e9 un jour ou l&rsquo;autre (il devait l&rsquo;\u00eatre mais 9\/11 et la nouvelle politique US ont emp\u00each\u00e9 cela), et il le sera de plus en plus avec un Mexique m\u00e9fiant, voire tr\u00e8s critique de la nouvelle politique am\u00e9ricaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette situation du Mexique et de la communaut\u00e9 mexicano-am\u00e9ricaine est caract\u00e9ris\u00e9e par ailleurs par une pratique intense de la religion catholique, devenue aujourd&rsquo;hui une religion tr\u00e8s pros\u00e9lyte aux USA gr\u00e2ce aux Mexicains. Le Vatican re\u00e7oit son soutien principal&rsquo; de sa communaut\u00e9 hispanique et l&rsquo;\u00e9lection du futur pape pourrait bien \u00eatre influenc\u00e9e par ce fait. Dans le Mexique, on trouve r\u00e9unie cette convergence d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments jusqu&rsquo;alors contradictoires pour l&rsquo;\u00c9glise, avec l&rsquo;\u00c9glise tenant une place essentielle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La France a, naturellement, des liens particuliers avec l&rsquo;\u00c9glise qui marquent son histoire. Elle les a conserv\u00e9s malgr\u00e9 la R\u00e9volution et la R\u00e9publique, et l&rsquo;on peut dire que la Ve R\u00e9publique les a restaur\u00e9s de fa\u00e7on acceptable et significative. Cette sp\u00e9cificit\u00e9 des liens est une constante historique entre la Grande Nation catholique et le Vatican. Mais cette constante s&rsquo;exprime diversement au niveau politique,  parfois pas du tout, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;hostilit\u00e9 dans les cas extr\u00eames, parfois de fa\u00e7on marqu\u00e9e mais jamais avec le moindre lien de suj\u00e9tion. Aujourd&rsquo;hui, la France et le Vatican ont une proximit\u00e9 politique comme ils ont rarement eu, et s&rsquo;exprimant en toute ind\u00e9pendance r\u00e9ciproque.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa France a, <em>grosso modo<\/em>, une vision quasiment \u00e9quivalente de celle du Vatican de la situation internationale. Comme le Vatican, elle d\u00e9veloppe les plus grands doutes sur le processus de globalisation m\u00eame si elle doit y participer de toutes les fa\u00e7ons pour continuer \u00e0 figurer \u00e0 son rang. Comme le Vatican, elle a, depuis de Gaulle et au-del\u00e0, une politique devenue traditionnelle d&rsquo;ouverture au tiers-monde, selon l&rsquo;id\u00e9e que les relations Nord-Sud, la question de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9, la crise de l&rsquo;environnement, les extr\u00e9mismes comme l&rsquo;islamisme fondamentaliste, seraient des probl\u00e8mes bien plus faciles \u00e0 r\u00e9soudre si les pays du Sud pouvaient mieux affirmer leur autonomie et d\u00e9velopper leurs capacit\u00e9s. Enfin, sur le nouveau probl\u00e8me que pose l&rsquo;activisme am\u00e9ricain, il y a \u00e9galement une certaine similitude de vues. (De m\u00eame, on trouve autant de similitudes et de proximit\u00e9 entre la France et le Mexique, comme cela s&rsquo;est exprim\u00e9 avant et pendant la guerre contre l&rsquo;Irak.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA partir de cette situation, notamment de la similitude de vues avec la France et en poursuivant celle-ci, on peut observer un autre domaine qui doit permettre \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise de jouer un r\u00f4le important. A nouveau, on rencontre le paradoxe d\u00e9j\u00e0 identifi\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa situation diplomatique fondamentale actuelle est caract\u00e9ris\u00e9e effectivement par un paradoxe consid\u00e9rable. La puissance dominante, l&rsquo;Am\u00e9rique, est traditionnellement per\u00e7ue, comme une puissance conservatrice, stabilisatrice, une puissance favorisant un ordre dans les relations internationales, bref une puissance avec des caract\u00e8res imp\u00e9riaux bien avant qu&rsquo;on ne d\u00e9batte ouvertement \u00e0 propos d&rsquo;une vocation imp\u00e9riale soi-disant nouvelle de l&rsquo;Am\u00e9rique. Cette vision est en passe d&rsquo;\u00eatre radicalement d\u00e9mentie. La fonction stabilisatrice de la puissance am\u00e9ricaine s&rsquo;est rapidement d\u00e9grad\u00e9e dans les ann\u00e9es 1990, notamment avec la politique de globalisation impos\u00e9e de fa\u00e7on agressive. Depuis le 11 septembre 2001, cette fois dans l&rsquo;affirmation m\u00eame de la politique, cette fonction a \u00e9t\u00e9 pulv\u00e9ris\u00e9e. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Am\u00e9rique se pr\u00e9sente ouvertement, et m\u00eame agressivement, comme une puissance d\u00e9stabilisatrice. Cette perception concerne en m\u00eame temps le capitalisme et le lib\u00e9ralisme anglo-saxon.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est face \u00e0 cette situation que l&rsquo;\u00c9glise doit se d\u00e9finir, elle, comme une force stabilisatrice, ce qui s&rsquo;accorde compl\u00e8tement avec sa mission de d\u00e9fense des traditions. Elle rencontre compl\u00e8tement la France, dont la vocation stabilisatrice s&rsquo;est affirm\u00e9e durant la crise irakienne, et elle rencontre m\u00eame l&rsquo;Europe, dont l\u00e0 vocation naturelle est elle aussi dans ce sens. Le paradoxe aujourd&rsquo;hui est que l&rsquo;unipolarit\u00e9 est devenue compl\u00e8tement d\u00e9stabilisatrice, voire r\u00e9volutionnaire, \u00e0 l&rsquo;image des \u00c9tats-Unis, tandis que la multipolarit\u00e9 recherche la stabilit\u00e9 dans la diversit\u00e9. Dans ces courants paradoxaux par rapport aux anciennes conceptions, on voit que le courant stabilisateur de la multipolarit\u00e9 est le m\u00eame qui recherche un \u00e9quilibre des relations entre pays pauvres et riches, qui recherche la sauvegarde des traditions ou la recherche de l&rsquo;installation de nouvelles traditions. C&rsquo;est un courant qui tend d&rsquo;abord \u00e0 s&rsquo;adresser au d\u00e9sarroi de notre civilisation pour essayer d&rsquo;en comprendre les causes.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h3>Comment l&rsquo;\u00c9glise va-t-elle capitaliser cette situation, si elle la capitalise ? En restant l&rsquo;\u00c9glise, en \u00e9tant plut\u00f4t le Vatican, ou en \u00e9tant une nouvelle \u00c9glise ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSi l&rsquo;on admet cette situation g\u00e9n\u00e9rale compl\u00e8tement boulevers\u00e9e comme \u00e9tant un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;une importance consid\u00e9rable et \u00e9ventuellement durable,  et c&rsquo;est certainement notre analyse,  la question se pose de savoir ce que va en faire l&rsquo;\u00c9glise. En d&rsquo;autres termes : rester l&rsquo;\u00c9glise ou \u00eatre un peu plus le Vatican ? Ou encore, comme nous le sugg\u00e9rons, devenir une nouvelle \u00c9glise ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn voit que la position centrale et particuli\u00e8rement favorable de l&rsquo;\u00c9glise n&rsquo;est pas une position uniquement spirituelle et\/ou th\u00e9ologique, m\u00eame si elle l&rsquo;est en bonne partie. Sa proximit\u00e9 de forces temporelles bien identifi\u00e9es (\u00e0 commencer par la France et le Mexique), sa position par rapport \u00e0 des batailles temporelles \u00e9galement pr\u00e9cises (la globalisation ici, la guerre contre l&rsquo;Irak l\u00e0), en font n\u00e9cessairement un acteur temporel des relations internationales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est une situation totalement in\u00e9dite parce que l&rsquo;\u00c9glise ignore, par la force des choses, comment transformer cette position politique pr\u00e9pond\u00e9rante en ce qui est le renforcement qu&rsquo;elle recherche habituellement (les conversions, les vocations, la fr\u00e9quentation, etc, tout ce qui caract\u00e9rise une religion). Il y a l\u00e0 un champ compl\u00e8tement nouveau. Les millions de jeunes gens qui viennent \u00e9couter Jean-Paul II ne sont pas des convertis en puissance parce que le temps n&rsquo;est plus vraiment \u00e0 la recherche de la conversion. Mais alors que sont-ils ? \u00c9videmment, nous sommes dans une interrogation qui va au coeur du d\u00e9sarroi de notre civilisation, qui est d&rsquo;ordre compl\u00e8tement spirituel, qui indique qu&rsquo;au-del\u00e0 des opportunit\u00e9s et des paradoxes, l&rsquo;\u00c9glise devrait aussi envisager de se transformer pour r\u00e9pondre \u00e0 cette immense crise qui nous secoue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre crise est bien celle de la modernit\u00e9. Ceux qui furent accus\u00e9s de n&rsquo;\u00eatre pas modernes sont en premi\u00e8re ligne et c&rsquo;est d&rsquo;eux que l&rsquo;on attend une action assez d\u00e9cisive pour \u00eatre alternative.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rubrique Analyse, de defensa Volume 18, num\u00e9ro 20 du 10 juillet 2003 Le r\u00f4le nouveau possible de l&rsquo;\u00c9glise est un sujet qui nous int\u00e9resse particuli\u00e8rement. 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