{"id":65747,"date":"2003-09-24T00:00:00","date_gmt":"2003-09-24T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/09\/24\/un-an-plus-tard-rien-na-change-tout-est-different\/"},"modified":"2003-09-24T00:00:00","modified_gmt":"2003-09-24T00:00:00","slug":"un-an-plus-tard-rien-na-change-tout-est-different","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2003\/09\/24\/un-an-plus-tard-rien-na-change-tout-est-different\/","title":{"rendered":"<strong><em>Un an plus tard, rien n&rsquo;a chang\u00e9, tout est diff\u00e9rent<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Un an plus tard, rien n&rsquo;a chang\u00e9, tout est diff\u00e9rent<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t24 septembre 2003  Les titres nous disent une chose \u00e9trange. \u00ab <em> Bush&rsquo;s plea for UN help in Iraq sparks hostile response<\/em> \u00bb, pour <a href=\"http:\/\/news.independent.co.uk\/world\/politics\/story.jsp?story=446445\" class=\"gen\">The Independent<\/a>. Le titre du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/usa\/story\/0,12271,1048521,00.html\" class=\"gen\">Guardian<\/a> est encore plus r\u00e9v\u00e9lateur, pour notre compte : \u00ab <em>Bush isolated as speech to UN falls flat<\/em> \u00bb. C&rsquo;est le mot <em>isolated<\/em> qui nous importe, parce que, notamment, il caract\u00e9rise Bush comme il le caract\u00e9risait il y a un an, devant l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;ONU, lorsque s&rsquo;ouvrait la grande saison qui vit l&rsquo;affrontement au sein du Conseil de S\u00e9curit\u00e9 avant la guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn un sens, rien n&rsquo;a chang\u00e9. Les Am\u00e9ricains sont toujours aussi isol\u00e9s, les Fran\u00e7ais m\u00e8nent toujours la charge, avec un Chirac toujours aussi plein d&rsquo;alacrit\u00e9 lorsqu&rsquo;il enfourche ce th\u00e8me. Cette situation d&rsquo;apparent immobilisme est, paradoxalement, une sorte de r\u00e9volution,  paradoxalement parce que, en principe, la r\u00e9volution est mouvement et qu&rsquo;on dit \u00e0 l&rsquo;instant que rien ne change.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tToutes les pr\u00e9visions sont d\u00e9menties. La guerre contre l&rsquo;Irak allait \u00eatre un catalyseur qui allait d\u00e9clencher des \u00e9v\u00e9nements incontr\u00f4lables, marquant tout le d\u00e9cha\u00eenement de la puissance am\u00e9ricaine. La bataille de l&rsquo;ONU jusqu&rsquo;en mars 2003 \u00e9tait la derni\u00e8re possible, un baroud d&rsquo;honneur pour certains, \u00e0 partir de laquelle les rebelles (lisez : la France) devraient se soumettre ou seraient exp\u00e9di\u00e9s dans les t\u00e9n\u00e8bres glac\u00e9s de l&rsquo;isolement international ordonn\u00e9 par Washington et ses foudres. Rien de tout cela ne s&rsquo;est accompli, comme on le sait bien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa guerre contre l&rsquo;Irak a l&rsquo;\u00e9trange vertu d&rsquo;immobiliser la puissance am\u00e9ricaine dans ses contradictions et ses limites. Elle conduit ceux qui s&rsquo;y oppos\u00e8rent en octobre 2002-mars 2003 comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait du combat ultime contre le d\u00e9ferlement, \u00e0 d\u00e9couvrir que ce combat n&rsquo;\u00e9tait en fait qu&rsquo;un d\u00e9but,  ressuscitant ironiquement le fameux slogan de mai 68. C&rsquo;est une bataille \u00e2pre et intense, et surtout ind\u00e9cise,  c&rsquo;est la surprise,  qui a commenc\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re et qui se poursuit aujourd&rsquo;hui, comme on l&rsquo;a vu \u00e0 la tribune des Nations-Unies.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette bataille concerne, non pas le terrorisme mais l&rsquo;organisation du monde et la puissance am\u00e9ricaine, et, au-del\u00e0, la stabilit\u00e9 du r\u00e9gime am\u00e9ricain. Elle se concentre autour,  pour ou contre,  les pr\u00e9tentions am\u00e9ricaines \u00e0 \u00eatre \u00e0 la fois centre du monde, l&rsquo;organisateur des relations dans le monde, l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monisme sur ce monde et la force de d\u00e9structuration des syst\u00e8mes en place. L&rsquo;enjeu est consid\u00e9rable, sans pr\u00e9c\u00e9dent par la fa\u00e7on dont il rassemble toutes les crises courantes et potentielles du monde. Il se divise principalement en deux th\u00e8mes :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; La structure du monde et l&rsquo;orientation de sa civilisation dominante. Entre la globalisation pr\u00e9datrice et sans frein, et les forces s&rsquo;opposant \u00e0 elle (sans qu&rsquo;on sache, ni elles-m\u00eames d&rsquo;ailleurs, ce qu&rsquo;elles opposent), c&rsquo;est une bataille intense qui ne pourra plus se conclure par un armistice ou un <em>modus vivendi<\/em>. La guerre en Irak fait partie de cette bataille dans la mesure o\u00f9 elle continue \u00e0 opposer, non pas sur le terrain mais sur la gestion des choses, ceux qu&rsquo;on voit traditionnellement comme des alli\u00e9s. On a parfaitement retrouv\u00e9 cette opposition \u00e0 l&rsquo;ONU, qui devient le terrain central de l&rsquo;expression de cet affrontement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&bull; L&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;Am\u00e9rique, son \u00e9volution, le caract\u00e8re critique de sa situation int\u00e9rieure dans la mesure o\u00f9 les projets r\u00e9volutionnaires et d\u00e9structurants de son administration n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 transcrits dans la r\u00e9alit\u00e9. Il est caract\u00e9ristique qu&rsquo;un commentateur comme l&rsquo;historien George Davis Hanson, historien favori des extr\u00e9mistes n\u00e9o-conservateurs US, <a href=\"http:\/\/www.nationalreview.com\/hanson\/hanson091903.asp\" class=\"gen\">signe une chronique<\/a> o\u00f9 il fait \u00e0 la fois le pan\u00e9gyrique de la puissance US,  on le jugera exag\u00e9r\u00e9, c&rsquo;est le moins, mais Hanson est dans son r\u00f4le,  et l&rsquo;\u00e9cho d&rsquo;une tr\u00e8s profonde inqui\u00e9tude qui parcourt aujourd&rsquo;hui toute la direction US, sur l&rsquo;\u00e9quilibre m\u00eame de cette nation. \u00c9coutez Hanson, l&rsquo;homme qui, d&rsquo;habitude, chante jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ivresse la puissance et la brutalit\u00e9 de la force US :<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em> Our real challenge is not the conduct of the war, not the money, not even the occasionally depressing news from Iraq. After all, if the problem is manpower, there are tens of thousands of idle Iraqis. If the problem is money, Iraq will shortly be a very wealthy oil-exporting country. If the problem is know-how, no one better than the United States understands how to establish a free market, democratic society.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>No, it is more a psychosocial malaise, a crisis of confidence that is beginning to creep back into the national mood a mere two years after September 11, fueled by election politics. Too many of us have forgotten that we are in a global war, and that victory demands tenacity, sacrifice, and adherence to unpopular beliefs and values.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tLa solitude de George W. Bush hier \u00e0 l&rsquo;ONU, qui n&rsquo;avait rien de path\u00e9tique ni d&rsquo;\u00e9mouvant mais tout pour illustrer l&rsquo;indiff\u00e9rence du monde et l&rsquo;ent\u00eatement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=873\" class=\"gen\">d&rsquo;une psychologie immature<\/a>, est un grand \u00e9v\u00e9nement m\u00eame s&rsquo;il illustre en apparence ce qui pourrait appara\u00eetre comme de l&rsquo;immobilisme. Cet immobilisme montre que la mati\u00e8re (le reste du monde) r\u00e9siste et que la puissance d\u00e9cha\u00een\u00e9e de l&rsquo;Am\u00e9rique a rencontr\u00e9 des limites qui ouvrent des ab\u00eemes tels qu&rsquo;elle (l&rsquo;Am\u00e9rique) est parfois, de plus en plus, prise de vertiges. (Nous aussi, d&rsquo;ailleurs, tant l&rsquo;enjeu est immense.)<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un an plus tard, rien n&rsquo;a chang\u00e9, tout est diff\u00e9rent 24 septembre 2003 Les titres nous disent une chose \u00e9trange. \u00ab Bush&rsquo;s plea for UN help in Iraq sparks hostile response \u00bb, pour The Independent. 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