{"id":65840,"date":"2004-01-08T00:00:00","date_gmt":"2004-01-08T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/01\/08\/situation-et-avenir-de-la-cooperation-transatlantique-des-armements-par-philippe-grasset\/"},"modified":"2004-01-08T00:00:00","modified_gmt":"2004-01-08T00:00:00","slug":"situation-et-avenir-de-la-cooperation-transatlantique-des-armements-par-philippe-grasset","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/01\/08\/situation-et-avenir-de-la-cooperation-transatlantique-des-armements-par-philippe-grasset\/","title":{"rendered":"<strong><em>Situation et avenir de la \u201ccoop\u00e9ration transatlantique des armements\u201d, \u2014 par Philippe Grasset<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h3>Situation et avenir de la coop\u00e9ration transatlantique des armements,  intervention de Philippe Grasset<\/h3>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tCi-dessous, vous trouvez le texte d&rsquo;une intervention de Philippe Grasset, le 17 d\u00e9cembre 2003, \u00e0 Paris, \u00e0 un s\u00e9minaire organis\u00e9 conjointement par la DGA (D\u00e9l\u00e9gation G\u00e9n\u00e9rale \u00e0 l&rsquo;Armement) et l&rsquo;IRIS (Institut des Relations Internationales et Strat\u00e9giques).<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article\">Situation et avenir de la coop\u00e9ration transatlantique des armements<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t1) Dans les relations transatlantiques de la coop\u00e9ration des armements, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un <strong>seul acteur<\/strong>. Depuis l&rsquo;origine de ces relations, l&rsquo;Europe a \u00e9t\u00e9 demanderesse, syst\u00e9matiquement pr\u00eate \u00e0 consid\u00e9rer avec faveur,  sinon ferveur<D> les exigences am\u00e9ricaines, consid\u00e9rant comme une sorte de miracle de pouvoir coop\u00e9rer avec l&rsquo;Am\u00e9rique. Nous sommes conduits, pour comprendre la substance m\u00eame de ces soi-disant relations, \u00e0 nous attacher au seul acteur am\u00e9ricain, et pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 sa situation actuelle. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t2). La situation am\u00e9ricaine est extraordinairement radicalis\u00e9e, quasiment r\u00e9volutionnaire au niveau de sa direction, de son <em>establishment<\/em>. C&rsquo;est \u00e0 cette lumi\u00e8re que nous proposons d&rsquo;appr\u00e9cier la question de la coop\u00e9ration des armements. Nous ferons appel \u00e0 des domaines essentiels, mais en g\u00e9n\u00e9ral ignor\u00e9s pour cette question. Il s&rsquo;agit des domaines politique et psychologique, avec quelques notations historiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t3). Nous observons d&rsquo;abord un ph\u00e9nom\u00e8ne essentiel. Il est r\u00e9sum\u00e9 par ce mot d&rsquo;un fonctionnaire de la Commission europ\u00e9enne, grand connaisseur de Washington et r\u00e9cemment retour d&rsquo;une visite \u00e0 Washington, et expliquant, la mine constern\u00e9e : \u00ab <em>Les Europ\u00e9ens ne se rendent pas compte. C&rsquo;est un autre pays, c&rsquo;est une autre nation. L&rsquo;Am\u00e9rique n&rsquo;est plus la m\u00eame.<\/em> \u00bb Bien s\u00fbr, il voulait dire : plus la m\u00eame apr\u00e8s 9\/11.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t4). Cette persistance,  depuis 9\/11  est extraordinaire. M\u00eame s&rsquo;il est impoli de le dire, nul n&rsquo;ignore que tous les Europ\u00e9ens, de fa\u00e7on plus ou moins dissimul\u00e9e, attendaient qu&rsquo;apr\u00e8s 9\/11 l&rsquo;Am\u00e9rique rev\u00eent aux r\u00e9alit\u00e9s du monde. Seul variait le d\u00e9lai : 2, 3, 6 mois, 9 mois ? Revenir aux r\u00e9alit\u00e9s, cela impliquait, notamment, l&rsquo;abandon de cette id\u00e9e absurde (l\u00e0 aussi, jugement du domaine du non-dit) de la guerre contre la Terreur consid\u00e9r\u00e9e comme une vraie guerre, alors que l&rsquo;ennemi est insaisissable et non identifi\u00e9, alors qu&rsquo;il ne repr\u00e9sente aucune rationalit\u00e9, aucune l\u00e9gitimit\u00e9 juridique n\u00e9cessaire au concept de guerre. (Pour faire la guerre, il faut \u00eatre deux.) Les Am\u00e9ricains n&rsquo;ont <strong>jamais<\/strong> accept\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e de se battre contre le terrorisme, de faire du contre-terrorisme au sens op\u00e9rationnel que nous connaissons. Ils entendent faire la guerre, pas moins, et en v\u00e9rit\u00e9, faire leur guerre. En Irak, ils font leur guerre et si un gu\u00e9rillero tire un chargeur de Kalachnikov dans le dos d&rsquo;un G.I., l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine r\u00e9plique par la d\u00e9monstration de tirs vari\u00e9s de missiles avanc\u00e9s, si possible guid\u00e9s par GPS, contre n&rsquo;importe quoi (c&rsquo;est-\u00e0-dire : n&rsquo;importe quel objectif entre guillemets).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t5). Si l&rsquo;on parle d&rsquo;une incapacit\u00e9 am\u00e9ricaine de reconna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9,  c&rsquo;est-\u00e0-dire la r\u00e9alit\u00e9 du danger terroriste, du comportement terroriste, etc,  ce n&rsquo;est qu&rsquo;une demie v\u00e9rit\u00e9. Il y a <em>d&rsquo;abord une volont\u00e9<\/em> dans ce sens. Cette volont\u00e9 impr\u00e8gne tout, notamment la politique et les mythes qui en d\u00e9pendent, et aussi, bien s\u00fbr, la psychologie. Cette volont\u00e9 est de refuser les r\u00e9alit\u00e9s du terrorisme pour les remplacer par une guerre ultime, \u00e0 caract\u00e8re implicitement apocalyptique, avec sa dimension religieuse alimentant un climat d&rsquo;une fi\u00e9vreuse ferveur. Cette volont\u00e9 est une orientation fondamentale pour la psychologie de la direction am\u00e9ricaine,  certains diraient qu&rsquo;elle s&rsquo;y trouve comme prise au pi\u00e8ge : tout retour \u00e0 la normale est tout simplement <em>exclu<\/em>. L&rsquo;esprit am\u00e9ricain est <em>enferm\u00e9 dans un champ paroxystique<\/em> qui se trouve exacerb\u00e9 sur un mode d\u00e9fensif depuis quelques mois apr\u00e8s les revers de la campagne irakienne,  revers dans la mesure o\u00f9 tout ce qui n&rsquo;est pas le triomphe annonc\u00e9 et programm\u00e9 est effectivement un revers.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t6). Cette perception am\u00e9ricaine est si forte, si puissante, que la perspective apocalyptique devient courante, presque la normalit\u00e9 de la vie courante am\u00e9ricaine. Aujourd&rsquo;hui sont \u00e9voqu\u00e9es ouvertement, par des autorit\u00e9s telles que le g\u00e9n\u00e9ral Tommy Franks, des hypoth\u00e8ses d&rsquo;attaques terroristes contre les USA pendant la campagne pr\u00e9sidentielle, qui devraient mener, selon ce m\u00eame g\u00e9n\u00e9ral Franks, \u00e0 l&rsquo;abrogation de la Constitution et \u00e0 la mise en place aux USA d&rsquo;un gouvernement appuy\u00e9 sur les militaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t7). Cette situation d&rsquo;urgence guerri\u00e8re et de mobilisation apocalyptique influe d\u00e9cisivement sur tous les domaines. Les armements et la soi-disant coop\u00e9ration transatlantique n&rsquo;y \u00e9chappent \u00e9videmment pas. C&rsquo;est dans ce contexte qu&rsquo;il faut imp\u00e9rativement placer l&rsquo;aventure de l&rsquo;amendement Hunter, le Buy American Act, qui est une aventure exemplaire bien plus qu&rsquo;accidentelle. Personne ne l&rsquo;a vu venir. L&rsquo;amendement est apparu comme par le fait d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration spontan\u00e9e dans le budget DoD vot\u00e9 par la Chambre le 21 mai 2003, sans soutien, sans lobby s\u00e9rieux,  et salu\u00e9 par des sourires condescendants une fois qu&rsquo;on l&rsquo;eut d\u00e9couvert, un mois plus tard. Son \u00e9limination tr\u00e8s rapide ne faisait pas de doute. Surprise, il est devenu l&rsquo;objet d&rsquo;une bataille f\u00e9roce d&rsquo;o\u00f9 il est sorti comme <strong>la r\u00e9f\u00e9rence imp\u00e9rative<\/strong>, ce par quoi l&rsquo;on juge d\u00e9sormais la politique am\u00e9ricaine. Dans ce pays bard\u00e9 de r\u00e9glementations et de l\u00e9gislations, il est devenu le d\u00e9bat essentiel. L&rsquo;amendement Hunter est totalement \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;esprit du temps am\u00e9ricain, un peu ce que les Am\u00e9ricains nomment pompeusement une <em>Law of the Land<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t8). L&rsquo;amendement Hunter, sous sa forme un peu att\u00e9nu\u00e9e pour l&rsquo;instant, sous une autre forme dans la prochaine loi fiscale du DoD, est amen\u00e9 \u00e0 durer et \u00e0 devenir <strong>structurel, s&rsquo;il ne l&rsquo;est d\u00e9j\u00e0<\/strong>. Il va devenir la structure m\u00eame de l&rsquo;appr\u00e9ciation am\u00e9ricaine de la coop\u00e9ration (transatlantique) des armements, une sorte de Patriot Act pour ce domaine. Les parlementaires bien \u00e9lev\u00e9s et \u00e0 bonne r\u00e9putation, c&rsquo;est-\u00e0-dire qui savent situer Bruxelles sur une carte, les Warner, les Biden, les Lugar, auront pour t\u00e2che de rendre l&rsquo;habillage convenable, sans plus. Ils ne cacheront pas pour autant que l&rsquo;amendement Hunter constitue d\u00e9sormais un domaine <strong>fondamental<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t9). En ces temps troubl\u00e9s, les Am\u00e9ricains se r\u00e9f\u00e8rent effectivement \u00e0 des valeurs fondamentales. La technologie en est une, et principale, avec une dimension mythique essentielle. L&rsquo;Am\u00e9rique a toujours vu dans la technologie la r\u00e9alisation d&rsquo;une qualit\u00e9 fondamentale de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, de l&rsquo;esprit am\u00e9ricain. Il n&rsquo;est pas de domaine o\u00f9 la technologie se manifeste plus, de fa\u00e7on plus int\u00e9gr\u00e9e et spectaculaire, que dans celui des armements. C&rsquo;est dans ce domaine que les technologies avanc\u00e9es deviennent <em>des technologies de souverainet\u00e9<\/em>. Par cons\u00e9quent, le d\u00e9bat suscit\u00e9 par les technologies, et particuli\u00e8rement le d\u00e9bat autour de la question de leur protection (l&rsquo;amendement Hunter), concerne <em>la souverainet\u00e9 de la nation, et, dans le cas US, d&rsquo;une nation qui n&rsquo;a gu\u00e8re d&rsquo;autres attributs de souverainet\u00e9<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t10). Voici une r\u00e9f\u00e9rence rapide au pass\u00e9 pour fixer l&rsquo;importance des technologies dans le destin am\u00e9ricain et insister sur le fait qu&rsquo;il s&rsquo;agit <strong>des technologies et non<\/strong> des armements. Les armements ne sont dans ce cas que les plates-formes, les \u00e9crins de d\u00e9monstration des technologies affirmant la souverainet\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t11). Ce retour sur le pass\u00e9 concerne effectivement le fameux complexe militaro-industriel. Sa sp\u00e9cificit\u00e9 n&rsquo;est nullement dans sa puissance mais dans son origine r\u00e9elle. Au d\u00e9part, il n&rsquo;a pas de rapports directs avec l&rsquo;armement. Fondamentalement, il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9ponse \u00e0 la Grande D\u00e9pression concurrente du <em>New Deal<\/em> de FDR, jug\u00e9e comme une d\u00e9viation socialisante. C&rsquo;est une r\u00e9ponse am\u00e9ricaniste, de la droite am\u00e9ricaine, du <em>business<\/em>, de la communaut\u00e9 scientifique, des id\u00e9ologues am\u00e9ricanistes. Elle s&rsquo;organise en 1935-36, en Californie, et si elle se greffe sur l&rsquo;industrie a\u00e9ronautique, c&rsquo;est parce que cette industrie est en pleine expansion et qu&rsquo;elle int\u00e9grera le mieux les technologies dont la modernit\u00e9 va rendre sa puissance \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique et la sortir de la Grande D\u00e9pression. Les armements, c&rsquo;est-\u00e0-dire le gouvernement, ne prendront leur place qu&rsquo;\u00e0 partir de 1940-41. En 1935-36, le Complexe est fond\u00e9 pour sauver, gr\u00e2ce \u00e0 la technologie, la Nation malade de la Grande D\u00e9pression. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t12). Voil\u00e0 <strong>l&rsquo;essentiel<\/strong> : les technologies comme affirmation de la puissance et de la souverainet\u00e9 de la Nation, et comme affirmation de sa puret\u00e9 id\u00e9ologique et culturelle. C&rsquo;est la v\u00e9ritable signification qu&rsquo;on doit donner de l&rsquo;amendement Hunter. Dans ces temps de grande alarme, \u00e9quivalente en gravit\u00e9 \u00e0 la Grande D\u00e9pression, cette protection est fondamentale parce qu&rsquo;elle <strong>concerne la substance<\/strong> de la Nation aujourd&rsquo;hui menac\u00e9e. On ne transigera pas. Les autres (les non-Am\u00e9ricains) paieront le prix qu&rsquo;il faut.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t13). Cela sera d&rsquo;autant plus le cas, r\u00e9p\u00e9tons-le, qu&rsquo;il s&rsquo;agit plus de d\u00e9fendre les technologies que les armements. Dans les conceptions am\u00e9ricaines, si l&rsquo;on peut concevoir \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame une coop\u00e9ration (\u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine) pour les armements, la technologie est par contre quelque chose d&rsquo;exclusif \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique. Il sera donc d&rsquo;autant plus facile d&rsquo;\u00e9carter tout soup\u00e7on de r\u00e9elle coop\u00e9ration qu&rsquo;on se trouve dans un domaine qui en est <strong>son antinomie<\/strong>. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t14). La soi-disant coop\u00e9ration va se traduire par des rapports classiques d&rsquo;achats et de ventes sans compromission d&rsquo;aucun engagement du c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain. Les programmes de coop\u00e9ration seront des programmes US hyper-centralis\u00e9s auxquels on tentera d&rsquo;adjoindre des partenaires non-US au cas par cas, en bilat\u00e9ral m\u00eame si le cadre est pr\u00e9sent\u00e9 sous l&rsquo;\u00e9tiquette joyeuse de multilat\u00e9ral. Les transferts seront r\u00e9duits aux acqu\u00eats, et encore. Ceux qui insisteront pour la coop\u00e9ration se verront enferm\u00e9s dans une voie menant \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricanisation, comme BAE aujourd&rsquo;hui, rachetant des soci\u00e9t\u00e9s US sans avoir rien \u00e0 dire sur leur orientation strat\u00e9gique et d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 qualifi\u00e9 par le ministre britannique de la d\u00e9fense Geoffrey Hoon, le 15 janvier 2003, de <em>no longer British<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t15). La conclusion sera paradoxalement <strong>optimiste<\/strong> parce qu&rsquo;elle est \u00e9nonc\u00e9e d&rsquo;un point de vue europ\u00e9en. Les directions politiques europ\u00e9ennes sont en g\u00e9n\u00e9ral (il y a des exceptions) d&rsquo;une telle m\u00e9diocrit\u00e9 et d&rsquo;une telle corruption psychologique qu&rsquo;elles n&rsquo;ont aucune volont\u00e9 politique. Elles se laissent totalement conduire par les \u00e9v\u00e9nements. Ce sera le cas \u00e0 nouveau : m\u00eame les plus z\u00e9l\u00e9s atlantistes se heurtent de plus en plus au cadenas am\u00e9ricain, au pont-levis am\u00e9ricain brutalement lev\u00e9 et personne n&rsquo;a l&rsquo;habilet\u00e9 n\u00e9cessaire pour sauver les relations transatlantiques. Parall\u00e8lement, le d\u00e9veloppement de la politique europ\u00e9enne de s\u00e9curit\u00e9, lui aussi fatalit\u00e9 in\u00e9luctable d\u00e9passant le pouvoir de contr\u00f4le de nos directions (notamment pour son orientation autonome), pousse en fonction de l&rsquo;attitude am\u00e9ricaine \u00e0 un renforcement des capacit\u00e9s existantes dans le cadre europ\u00e9en. D&rsquo;un point de vue tr\u00e8s pratique, on notera l&rsquo;apparition spontan\u00e9e, en-dehors des structures institutionnelles europ\u00e9ennes en pleine crise, de formules efficaces : au niveau politico-militaire, la formule de la nation-cadre qui m\u00e8ne une op\u00e9ration, dont la r\u00e9ussite de l&rsquo;op\u00e9ration Artemis au Congo en juin-septembre 2003 d\u00e9montre la valeur ; au niveau des armements, le programme UCAV lanc\u00e9 par la France en juin 2003 et regroupant d&rsquo;autres Europ\u00e9ens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t16). Ainsi pourra-t-on observer pour en terminer que, paradoxalement, la coop\u00e9ration transatlantique de l&rsquo;armement est indirectement le seul outil s\u00e9rieux d&rsquo;une <strong>consolidation europ\u00e9enne autonome des armements<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Situation et avenir de la coop\u00e9ration transatlantique des armements, intervention de Philippe Grasset Ci-dessous, vous trouvez le texte d&rsquo;une intervention de Philippe Grasset, le 17 d\u00e9cembre 2003, \u00e0 Paris, \u00e0 un s\u00e9minaire organis\u00e9 conjointement par la DGA (D\u00e9l\u00e9gation G\u00e9n\u00e9rale \u00e0 l&rsquo;Armement) et l&rsquo;IRIS (Institut des Relations Internationales et Strat\u00e9giques). Situation et avenir de la coop\u00e9ration&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[3],"tags":[826],"class_list":["post-65840","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-hunter"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65840","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65840"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65840\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65840"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65840"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65840"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}