{"id":65843,"date":"2004-01-12T00:00:00","date_gmt":"2004-01-12T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/01\/12\/les-pathetiques-origines-de-la-guerre-contre-saddam\/"},"modified":"2004-01-12T00:00:00","modified_gmt":"2004-01-12T00:00:00","slug":"les-pathetiques-origines-de-la-guerre-contre-saddam","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/01\/12\/les-pathetiques-origines-de-la-guerre-contre-saddam\/","title":{"rendered":"<strong><em>Les path\u00e9tiques origines de la guerre contre Saddam<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Les path\u00e9tiques origines de la guerre contre Saddam<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t12 janvier 2004  La surprise est moyenne, d&rsquo;apprendre que l&rsquo;administration US et GW lui-m\u00eame voulaient la chute de Saddam depuis leur arriv\u00e9e au pouvoir, en janvier 2001. Ce sont des r\u00e9v\u00e9lations de Paul O&rsquo;Neill, qui fut secr\u00e9taire au tr\u00e9sor de GW pendant deux ann\u00e9es avant d&rsquo;\u00eatre chass\u00e9 pour opinions inconvenantes (d\u00e9saccord avec la politique de GW).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tO&rsquo;Neill parraine un livre de souvenir, avec l&rsquo;auteur Paul Suskind, qui a \u00e9crit <em>The Price of Loyalty<\/em> retra\u00e7ant l&rsquo;exp\u00e9rience de O&rsquo;Neill dans le gouvernement, \u00e0 partir du t\u00e9moignage de O&rsquo;Neill bien s\u00fbr. Nous avons donc, retrac\u00e9e, le gen\u00e8se de l&rsquo;attaque. Aucune surprise : tout le monde voulait abattre Saddam parce que, c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;argument, c&rsquo;est manifestement un homme mauvais. Restait \u00e0 savoir comment l&rsquo;\u00e9liminer. O&rsquo;Neill a confi\u00e9 certaines des r\u00e9v\u00e9lations et pr\u00e9cisions qu&rsquo;on trouve dans le livre, <a href=\"http:\/\/www.cbsnews.com\/stories\/2004\/01\/09\/60minutes\/main592330.shtml\" class=\"gen\">au journaliste Lesley Stahl, dans un entretien avec la CBS<\/a>. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>From the very beginning, there was a conviction that Saddam Hussein was a bad person and that he needed to go, O&rsquo;Neill tells Stahl. For me, the notion of pre-emption, that the U.S. has the unilateral right to do whatever we decide to do is a really huge leap.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb [Book&rsquo;s author]<em>Suskind says O&rsquo;Neill and other White House insiders he interviewed gave him documents that show that in the first three months of 2001, the administration was looking at military options for removing Saddam Hussein from power and planning for the aftermath of Saddam&rsquo;s downfall  including post-war contingencies such as peacekeeping troops, war crimes tribunals and the future of Iraq&rsquo;s oil. There are memos, Suskind tells Stahl, One of them marked secret&rsquo; says Plan for Post-Saddam Iraq.&rsquo;<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>A Pentagon document, says Suskind, titled Foreign Suitors For Iraqi Oilfield Contracts, outlines areas of oil exploration. It talks about contractors around the world from&#8230;30, 40 countries, and which ones have what intentions on oil in Iraq, Suskind says.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>In the book, O&rsquo;Neill is quoted as saying he was surprised that no one in a National Security Council meeting questioned why Iraq should be invaded. It was all about finding a way to do it. That was the tone of it. The president saying Go find me a way to do this,\u00a0\u00bb&rsquo; says O&rsquo;Neill in the book.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tSurprise moyenne, disons-nous, car il faut avoir une fort grande na\u00efvet\u00e9 pour croire que la vindicte anti-saddamienne de l&rsquo;\u00e9quipe au pouvoir r\u00e9pond \u00e0 une logique mesurable et quantifiable \u00e0 partir de l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001 ; qu&rsquo;elle serait n\u00e9e d&rsquo;actes pr\u00e9cis, de n\u00e9cessit\u00e9s identifi\u00e9es, d&rsquo;appr\u00e9ciations strat\u00e9giques et humanitaires rationnelles. L&rsquo;attaque contre Saddam s&rsquo;apparente \u00e0 une <em>vendetta<\/em>, une obsession d\u00e9foul\u00e9e, un acte-r\u00e9flexe, une expression d&rsquo;une affirmation exacerb\u00e9e de puissance. Tout cela \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;oeuvre bien avant 9\/11 et avant l&rsquo;\u00e9lection de GW Bush, et avait envahi notamment tous les domaines de la droite r\u00e9publicaine (puisque c&rsquo;est elle dont il est question,  les autres n&rsquo;\u00e9tant pas \u00e0 \u00e9pargner pour autant). Les n\u00e9o-conservateurs avaient leurs plans, d&rsquo;autres ne pouvaient pas imaginer autre chose que Saddam pour objectif d&rsquo;une politique ext\u00e9rieure d&rsquo;affirmation de puissance, d&rsquo;autres encore identifiaient Saddam \u00e0 une vindicte personnelle. \u00c9taient \u00e0 l&rsquo;oeuvre les sentiments habituels, et certainement pas les analyses rationnelles, qui marquent un pouvoir en d\u00e9cadence : l&rsquo;arrogance et la vanit\u00e9, la rancune, la construction fantasmatique et l&rsquo;id\u00e9ologie utopique. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&#8217;emp\u00eache, bien s\u00fbr, et pour en revenir aux r\u00e9alit\u00e9s politiques : les r\u00e9v\u00e9lations de Paul O&rsquo;Neill font un peu d\u00e9sordre par rapport aux montages divers construits autour de l&rsquo;attaque 9\/11 et des affirmations diverses concernant les liens de Saddam avec Al Qa\u00efda, les armes de destruction massive, etc. D&rsquo;autre part, tous ces arguments \u00e9gren\u00e9s depuis 9\/11 se sont av\u00e9r\u00e9s faux avec une lumi\u00e8re extraordinaire, sans pour autant priver l&rsquo;administration GW de son aplomb dans ses affirmations strat\u00e9giques et politiques. Dans ce contexte, les r\u00e9v\u00e9lations de O&rsquo;Neill compl\u00e8tent le tableau. Tout juste est-on int\u00e9ress\u00e9 d&rsquo;apprendre qu&rsquo;il existait, d\u00e8s janvier-f\u00e9vrier 2001, un plan secret pour l&rsquo;Irak d&rsquo;apr\u00e8s-Saddam. On aimerait en conna\u00eetre la teneur, pour la confronter avec la situation sur le terrain.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne autre confirmation apport\u00e9e par les r\u00e9v\u00e9lations de O&rsquo;Neill concerne le d\u00e9sordre r\u00e9gnant dans l&rsquo;administration GW, o\u00f9 une telle d\u00e9cision d&rsquo;attaquer l&rsquo;Irak semble n&rsquo;avoir fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune appr\u00e9ciation particuli\u00e8re, d&rsquo;aucune \u00e9valuation. On semble apercevoir une sorte de conciliabule g\u00e9n\u00e9ral o\u00f9 tout le monde s&rsquo;accorde sur le but de la chute de Saddam, sans s&rsquo;attarder au pourquoi et en s&rsquo;inqui\u00e9tant du seul comment. Le d\u00e9sordre est confirm\u00e9 par ailleurs, en m\u00eame temps qu&rsquo;un jugement extr\u00eamement s\u00e9v\u00e8re \u00e0 l&rsquo;encontre de GW lui-m\u00eame, mais aussi de son entourage. Ce point est repris partout, dans ce que <a href=\"http:\/\/news.ft.com\/servlet\/ContentServer?pagename=FT.com\/StoryFT\/FullStory&#038;c=StoryFT&#038;cid=1073280927272&#038;p=1012571727088\" class=\"gen\">le Financial Times qualifie de<\/a> \u00ab <em>remarkable personal attack<\/em> \u00bb :<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t \u00ab <em> President George W. Bush&rsquo;s performance at cabinet meetings resembled that of a blind man in a room full of deaf people, according to Paul O&rsquo;Neill (pictured), who was fired as Treasury secretary in 2002.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>In the CBS Sixty Minutes interview Mr O&rsquo;Neill, the former chief executive of the aluminium company Alcoa, says there was little constructive dialogue between officials and the president.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Speaking about his first meeting with Mr Bush, which lasted about an hour, Mr O&rsquo;Neill says: I went in with a long list of things to talk about and, I thought, to engage [him] on. I was surprised it turned out me talking and the president just listening . . . It was mostly a monologue.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tConfirmation l\u00e0 aussi sur la personnalit\u00e9 de GW : absent, peu int\u00e9ress\u00e9 par les grands probl\u00e8mes inh\u00e9rents \u00e0 sa fonction, d&rsquo;une faible personnalit\u00e9 de dilettante sans envergure, etc. Le tableau est connu. Le malheur est que cet homme immature, qui aurait pu prendre une autre direction dans d&rsquo;autres circonstances, s&rsquo;est trouv\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exaltation patriotarde du 11 septembre qui l&rsquo;a transform\u00e9 en un proph\u00e8te du Bien contre le Mal, c&rsquo;est-\u00e0-dire ajoutant le simplisme apocalyptique de la pr\u00e9dication \u00e0 son immaturit\u00e9 fondamentale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans tous les cas, ces r\u00e9v\u00e9lations \u00e9clairent d&rsquo;une \u00e9trange lumi\u00e8re la sc\u00e8ne de la soi-disant autorit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9poque qui se veut assur\u00e9e de son avenir et de sa puissance, et cet \u00e9clairage parfois avec des mots shakespeariens (on gardera celui-ci de O&rsquo;Neill sur les r\u00e9unions du cabinet, mettant apr\u00e8s tout en accusation bien plus l&rsquo;entourage de GW que GW lui-m\u00eame : \u00ab <em>a blind man in a room full of deaf people<\/em><N.>\u00bb). Les r\u00e9v\u00e9lations de O&rsquo;Neill sont d&rsquo;autant plus r\u00e9v\u00e9latrices qu&rsquo;elles sont accompagn\u00e9es,  autre \u00e9trange signe des temps,  d&rsquo;un commencement de reconnaissance de la futilit\u00e9 de cette aventure, par celui qui a toujours sembl\u00e9 le plus solide esprit de l&rsquo;aventure : Tony Blair qui, aujourd&rsquo;hui, <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/Iraq\/Story\/0,2763,1120996,00.html\" class=\"gen\">commence \u00e0 douter<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les path\u00e9tiques origines de la guerre contre Saddam 12 janvier 2004 La surprise est moyenne, d&rsquo;apprendre que l&rsquo;administration US et GW lui-m\u00eame voulaient la chute de Saddam depuis leur arriv\u00e9e au pouvoir, en janvier 2001. 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