{"id":65844,"date":"2004-01-14T00:00:00","date_gmt":"2004-01-14T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/01\/14\/un-nouveau-pape-est-appele-a-regner-etc\/"},"modified":"2004-01-14T00:00:00","modified_gmt":"2004-01-14T00:00:00","slug":"un-nouveau-pape-est-appele-a-regner-etc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/01\/14\/un-nouveau-pape-est-appele-a-regner-etc\/","title":{"rendered":"<strong><em>\u201cUn nouveau pape est appel\u00e9 \u00e0 r\u00e9gner&#8230;\u201d, etc<\/em><\/strong>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Un nouveau pape est appel\u00e9 \u00e0 r\u00e9gner&#8230;, etc<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t14 janvier 2004  Comme on dit au cin\u00e9ma, on conna\u00eet la chanson : Un nouveau pape est appel\u00e9 \u00e0 r\u00e9gner,  Araign\u00e9e ? Quel dr\u00f4le de nom pour un pape &#8230;,  et ainsi de suite, sorte de mouvement perp\u00e9tuel. Ce pastiche de l&rsquo;absurde est ressorti \u00e0 chaque fois qu&rsquo;on approche de la succession d&rsquo;un pape, et c&rsquo;est le cas avec Jean-Paul II,  ou, plut\u00f4t, certains l&rsquo;avancent en fonction de ce qui est suppos\u00e9 \u00eatre son \u00e9tat de sant\u00e9 (mauvais) et on commence \u00e0 parler de son \u00e9ventuel tr\u00e9pas, par cons\u00e9quent de son remplacement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;article de l&rsquo;\u00e9crivain italien Roberto Pazzi, d&rsquo;abord publi\u00e9 en Italie (en italien) puis <a href=\"http:\/\/www.iht.com\/articles\/124657.html\" class=\"gen\">publi\u00e9 dans sa version anglaise par l&rsquo;International Herald Tribune<\/a>, exprime indirectement une tendance importante au Vatican : celle qui veut un retour \u00e0 un pontificat plus classique, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 un Pape italien,  bien que l&rsquo;id\u00e9e soit pr\u00e9sent\u00e9e par Pazzi dans des termes de modernisme (avec un nouveau pape italien, \u00ab [w]<em>e would surely have in bioethical and sexual matters a more modern and less conservative attitude&#8230;<\/em> \u00bb). Le cas est important : parce que le pontificat de Jean-Paul II a \u00e9t\u00e9 lui-m\u00eame d&rsquo;une consid\u00e9rable importance, sur un temps tr\u00e8s long, ce qui rend sa succession si importante ; parce que la question se pose dans des temps extraordinairement incertains et fondamentaux, o\u00f9, justement, le Vatican, et singuli\u00e8rement Jean-Paul II, ont jou\u00e9 un r\u00f4le extr\u00eamement important (prise de position tr\u00e8s active du Vatican contre la guerre en Irak).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAvec respect, avec prudence, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec habilet\u00e9, Pazzi offre une critique appuy\u00e9e de Jean-Paul II. (Il le fait au nom d&rsquo;une certaine connaissance de ces milieux du Vatican et autour, et de liens indiscutables qu&rsquo;il a avec eux ; Pazzi est l&rsquo;auteur de livres, tel que <em>Conclave<\/em>, qui prennent le Vatican pour cadre et la politique de l&rsquo;\u00c9glise pour fond de l&rsquo;intrigue.) Il juge que ce pape polonais fut, souvent, Polonais avant d&rsquo;\u00eatre pape. Il lui reproche implicitement, pour une bonne part, un anticommunisme trop virulent. On pourrait r\u00e9pondre \u00e0 Pazzi que ni les pays de l&rsquo;Est, ni la Russie n&rsquo;ont \u00e0 s&rsquo;en plaindre, tant le r\u00f4le de ce pape dans la chute du communisme, cons\u00e9quence au moins en partie de sa nationalit\u00e9 polonaise et de sa conviction anticommuniste, fut consid\u00e9rable et incontestable. Mais Pazzi, d\u00e9cid\u00e9ment habile et d&rsquo;ailleurs avec des arguments m\u00e9ritant d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9s, se garde bien de se laisser entra\u00eener sur ce terrain-l\u00e0 de la chute du communisme orthodoxe et oppressif.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t\u00ab <em>While retaining one&rsquo;s respect and admiration for the great pope who is John Paul II, one might still ask what it means to have had a Polish bishop of Rome for 25 years. Beyond the many authoritative observations of the Vatican specialists  reporters like Marco Politi of La Repubblica; periodicals like Limes; scholars like Alberto Milloni, to name just a few  it is not only an obvious matter of national pride that makes many of us Italians dream of the election of a fellow countryman. One often gets the distinct impression that the bishop of Rome believes he is still sitting in Krakow and not in the Vatican, and that the weight of the anguished history of Poland lies heavy on his shoulders.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb <em>Indeed, his visceral anticommunism is that of the Pole who has felt his country oppressed by the Soviets. That feeling has often informed choices made by John Paul that might have had a different outcome, ones perhaps more appropriate to Catholics in the parts of the world where they took effect. How otherwise to explain the harsh condemnations of the new catechisms of Central and South America, where the Catholic Church was allied with the Marxists against the abuses of dictatorships and capitalist oligarchies? Valuable for us all is the example of Oscar Romero, the archbishop of San Salvador, who, though he was assassinated like a martyr in his church because he defended the oppressed of his country, was viewed with distrust by the Vatican.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tOn conviendra que la critique est indirecte, qu&rsquo;elle a m\u00eame du sens ; elle n&rsquo;en reste pas moins ambigu\u00eb et laisse la porte ouverte \u00e0 des interrogations. Certes, l&rsquo;essentiel du r\u00f4le de Jean-Paul II ces trois ou quatre derni\u00e8res ann\u00e9es a \u00e9t\u00e9 de prendre position indirectement sur la principale question aujourd&rsquo;hui : la pouss\u00e9e d\u00e9vastatrice de la globalisation et, de fa\u00e7on plus directe, plus concr\u00e8te, de l&rsquo;interventionnisme militariste am\u00e9ricain. Sur ce point, qui n&rsquo;est pas rien, Pazzi aurait pu apporter un b\u00e9mol de dimension : on ne peut certes plus reprocher \u00e0 Jean-Paul II d&rsquo;\u00eatre trop Polonais lorsqu&rsquo;on compare sa position sur la question de la politique de Washington, et celle de Varsovie aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOr, c&rsquo;est bien ce point qui, encore plus de n&rsquo;\u00eatre pas rien, fait l&rsquo;essentiel d&rsquo;une politique mondiale et d&rsquo;une inspiration universelle aujourd&rsquo;hui, comme celle que r\u00e9clame Pazzi. Qu&rsquo;on l&rsquo;approuve ou non, on ne peut nier qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui Jean-Paul II a une politique universelle et nullement polonaise, et qu&rsquo;il regroupe sur son nom une partie tr\u00e8s importante, tr\u00e8s fortement majoritaire, de l&rsquo;opinion mondiale. Cela n&rsquo;est pas le fait d&rsquo;un pape nationaliste, voire provincialiste, comme le portrait en est esquiss\u00e9 dans ce texte. Au contraire, Jean-Paul II a \u00e9tabli une nouvelle popularit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9glise, et il l&rsquo;a fait sans la moindre d\u00e9magogie,  on peut dire qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 rejoint par l&rsquo;opinion publique du monde plus qu&rsquo;il ne l&rsquo;a rejointe. C&rsquo;est une popularit\u00e9 plut\u00f4t politique que religieuse, certes, mais Pazzi sera le premier \u00e0 reconna\u00eetre que les deux sont li\u00e9s, lui qui reproche \u00e0 Jean-Paul II de n&rsquo;avoir pas assez soutenu ses th\u00e9ologiens d&rsquo;Am\u00e9rique Latine tr\u00e8s engag\u00e9s politiquement. (Et, certes, on ne peut pas dire non plus que cela soit le c\u00f4t\u00e9 le plus brillant, ni m\u00eame habile du reste, de la politique de Jean-Paul II.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est bon que le futur pape apporte quelques correctifs sur des questions \u00e9thiques et sociologiques. Il n&rsquo;est pas s\u00fbr pourtant que le d\u00e9bat sur la contraception et l&rsquo;avortement soit tranch\u00e9, du point de vue de l&rsquo;\u00c9glise, comme il n&rsquo;est pas s\u00fbr qu&rsquo;une prise de position diff\u00e9rente de celle de Jean-Paul II sur la question aurait stopp\u00e9 la diffusion du SIDA en Afrique (cas cit\u00e9s par Pazzi dans sa critique). Quoi qu&rsquo;il en soit, ces importantes questions ne sont pas l&rsquo;essentiel. L&rsquo;essentiel est \u00e0 l&rsquo;urgence, c&rsquo;est-\u00e0-dire cette politique am\u00e9ricaine dont tout le reste d\u00e9pend, et Jean-Paul II a sur ce point une politique qui est son legs, son h\u00e9ritage. Il est dommage que Pazzi n&rsquo;en dise mot.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est possible qu&rsquo;un pape italien fasse l&rsquo;affaire. L&rsquo;argument historique du pape successeur conceptuel de l&rsquo;universalit\u00e9 des empereurs de Rome est s\u00e9duisant, quoique discutable (et plut\u00f4t conservateur que moderniste, d&rsquo;ailleurs, ce qui n&rsquo;est pas plus mal). L&rsquo;id\u00e9e de cette parent\u00e9 pour les Italiens n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 une r\u00e9ussite absolue (Mussolini se r\u00e9clamait des empereurs de Rome),  mais pourquoi pas ? Il n&#8217;emp\u00eache : si un pape italien fait l&rsquo;affaire, il faudra justement qu&rsquo;il nous montre qu&rsquo;il n&rsquo;est pas Italien, puisque l&rsquo;Italie aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est plut\u00f4t Berlusconi. Il faudra justement qu&rsquo;il s&rsquo;affirme comme le successeur, le l\u00e9gataire enthousiaste de Jean-Paul II pour le principal que nous l\u00e9guerait ce pape : \u00eatre devenu le porte-parole spirituel mais aussi indirectement politique de la deuxi\u00e8me superpuissance du monde : l&rsquo;opinion publique mondiale, qui condamne l&rsquo;activisme d\u00e9stabilisant am\u00e9ricain comme aucun dirigeant politique n&rsquo;ose le faire. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un nouveau pape est appel\u00e9 \u00e0 r\u00e9gner&#8230;, etc 14 janvier 2004 Comme on dit au cin\u00e9ma, on conna\u00eet la chanson : Un nouveau pape est appel\u00e9 \u00e0 r\u00e9gner, Araign\u00e9e ? 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