{"id":65880,"date":"2004-02-26T00:00:00","date_gmt":"2004-02-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/02\/26\/thinking-the-unthinkable-de-defensa-volume-19-n11-du-25-fevrier-2004\/"},"modified":"2004-02-26T00:00:00","modified_gmt":"2004-02-26T00:00:00","slug":"thinking-the-unthinkable-de-defensa-volume-19-n11-du-25-fevrier-2004","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2004\/02\/26\/thinking-the-unthinkable-de-defensa-volume-19-n11-du-25-fevrier-2004\/","title":{"rendered":"\u201c<em>Thinking the Unthinkable<\/em>\u201d \u2014 <em>de defensa<\/em> Volume 19, n\u00b011 du 25 f\u00e9vrier 2004"},"content":{"rendered":"<p><h4><em>Thinking the Unthinkable<\/em>  <em>de defensa<\/em> Volume 19, n\u00b011 du 25 f\u00e9vrier 2004 <\/h4>\n<p>Nous publions ici le texte de la rubrique <em>Analyse<\/em> du dernier num\u00e9ro du la Lettre d&rsquo;Analyse <em>de defensa<\/em>, du 25 f\u00e9vrier 2004. Ce texte doit, \u00e0 notre sens, faire un compl\u00e9ment int\u00e9ressant de notre r\u00e9cent <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article.php?art_id=1007\" class=\"gen\">texte Faits &#038; Commentaires du 23 f\u00e9vrier 2004<\/a>,  sur un rapport alarmiste du Pentagone sur la crise climatique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn aborde ici la question de la crise climatique dans son champ le plus vaste possible, dans la mesure o\u00f9 les causes profondes de cette crise impliquent n\u00e9cessairement une mise en cause du syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral dans lequel nous vivons depuis plusieurs si\u00e8cles. Il s&rsquo;agit du syst\u00e8me technico-\u00e9conomique bas\u00e9 sur \u00ab <em>l&rsquo;\u00e9conomie de force<\/em> \u00bb (selon l&rsquo;expression d&rsquo;Arnaud Dandieu et de Robert Aron), sur le machinisme, sur le d\u00e9veloppement forcen\u00e9 des technologies.  <\/p>\n<h2 class=\"common-article\">Thinking the Unthinkable<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;abord, rassurer ses lecteurs : nous ne sommes pas de ces gauchistes barbus qui, depuis trois ou quatre d\u00e9cennies, menacent la civilisation occidentale et la belle d\u00e9mocratie que celle-ci nous a l\u00e9gu\u00e9s. (En v\u00e9rit\u00e9, les gauchistes mal ras\u00e9s ne s&rsquo;int\u00e9ressent plus gu\u00e8re, aujourd&rsquo;hui, \u00e0 la crise climatique.) Non, non, cheveux courts, si pas ras\u00e9s, portant souvent cravate, nous sommes, de ce c\u00f4t\u00e9, irr\u00e9prochables. Sir David King aussi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSir David est le conseiller scientifique de Tony Blair. Il \u00e9crit dans le num\u00e9ro du mois de janvier 2004 de <em>Nature<\/em> les phrases suivantes :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  \u00ab <em>In my view, climate change is the most severe problem that we are facing today, more serious even than the threat of terrorism.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  \u00ab <em>The Bush administration was wrong to pull out of the Kyoto protocol, the international effort to limit the emission of greenhouse gases, and wrong to imply the protocol could adversely affect the US economy. As the world&rsquo;s only remaining superpower, the United States is accustomed to leading internationally co-ordinated action. But the US government is failing to take up the challenge of global warming.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  \u00ab <em>The Bush administration&rsquo;s strategy relies largely on market-based incentives and voluntary action &#8230; But the market cannot decide that mitigation is necessary, nor can it establish the basic international framework in which all actors can take their place.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Ajoutons ceci : le quotidien de Londres <em>The Independent<\/em>, soucieux de traduire pour ses lecteurs la substance des \u00e9crits de sir David, les r\u00e9sume effectivement par un titre : \u00ab <em>US climate policy bigger threat to world than terrorism.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a, aujourd&rsquo;hui, du courage \u00e0 r\u00e9pondre en s&rsquo;appuyant sur le simple bon sens aux questions essentielles sur les trag\u00e9dies de notre temps, surtout quand on parvient \u00e0 des jugements aussi radicaux, qui bousculent les hi\u00e9rarchies \u00e9tablies par la force. Il faut saluer aussi bien Sir David que <em>The Independent<\/em>. C&rsquo;est d\u00e9sormais chose faite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous nous saisissons aussit\u00f4t du d\u00e9bat qu&rsquo;ils ont ouvert pour nous et qui n&rsquo;est plus un d\u00e9bat marginal ni un d\u00e9bat pour marginal.<\/p>\n<h3>L&rsquo;homme face \u00e0 la probable catastrophe climatique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPoursuivons notre entreprise d&rsquo;apaisement : non seulement nous ne sommes pas des pouilleux gauchistes barbus, mais pas plus des \u00e9colos plus ou moins naturistes ou travestis. C&rsquo;est dire. Mais nous disons autre chose : il nous semble que le probl\u00e8me soulev\u00e9 par Sir David devrait \u00eatre dans l&rsquo;esprit de chacun. Nous devrions aussi peser ce constat,  constat, en effet, bien plus qu&rsquo;une accusation ou qu&rsquo;une affirmation pol\u00e9mique : \u00ab <em>US climate policy bigger threat to world than terrorism.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour \u00e9carter l&rsquo;accusation de rh\u00e9torique ou d&rsquo;utopisme par opposition aux strictes r\u00e9alit\u00e9s du monde, observons que cette accusation a un fondement imm\u00e9diat. Un rapport r\u00e9cent de l&rsquo;ONU note que l&rsquo;\u00e9volution climatique et ses cons\u00e9quences d\u00e9stabilisatrices tuent 150.000 personnes par an. C&rsquo;est, en un an, beaucoup plus, et de loin, que ce que le terrorisme a tu\u00e9 dans les quarante derni\u00e8res ann\u00e9es. Les affirmations pompeuses et les pleurnicheries diverses autour de l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001 ne changent rien \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9 glac\u00e9e, celle justement dont les adversaires de l&rsquo;alerte climatique reprochent \u00e0 ceux qui s&rsquo;en pr\u00e9occupent de ne pas tenir compte. Nous \u00e9cartons par cons\u00e9quent la querelle faite aux alarmistes du climat de c\u00e9der \u00e0 une menace utopique, sans cons\u00e9quence r\u00e9elle. Le d\u00e9r\u00e8glement du climat tue, il tue beaucoup et il tue vite, dans une mesure qui ridiculise tout ce qu&rsquo;on dit sur un ton de frayeur sur le terrorisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous allons nous attacher \u00e0 un autre aspect, disons \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur. C&rsquo;est celui du point de vue de la civilisation elle-m\u00eame. Ce point de vue n&rsquo;est absolument pas sollicit\u00e9, tant l&rsquo;on a, chaque jour, <em>ad nauseam<\/em>, de la part de ceux qui tiennent le terrorisme pour cette menace si grave, l&rsquo;argument qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la plus grave menace qui existe, qui soit port\u00e9e contre la civilisation occidentale. (C&rsquo;est une chose commune, l&rsquo;on sait bien qu&rsquo;on a aussit\u00f4t parl\u00e9, apr\u00e8s l&rsquo;attaque du 11 septembre, de conflit de civilisations.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, nous d\u00e9veloppons une analyse de la dimension v\u00e9ridique du d\u00e9r\u00e8glement du climat, la cause du terrorisme comme menace contre la civilisation \u00e9tant archi-connue et n&rsquo;ayant que peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat conceptuel. Nous voulons dire que le terrorisme comme menace contre la civilisation est une th\u00e8se purement rh\u00e9torique, et m\u00eame utopique,  nous retournons la critique faite en g\u00e9n\u00e9ral aux alarmistes du climat ; on l&rsquo;accepte ou on la refuse comme telle parce que, dans les faits, \u00e0 part les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par ceux qui luttent contre le terrorisme, le mal caus\u00e9 par le terrorisme est minime, voire n\u00e9gligeable. Le seul mal caus\u00e9 par le terrorisme est la d\u00e9vastation de nos psychologies par la repr\u00e9sentation utopique que nous nous en faisons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe d\u00e9r\u00e8glement du climat est aujourd&rsquo;hui sans h\u00e9sitation identifi\u00e9 comme le fait de l&rsquo;activit\u00e9 humaine. Nous parlons \u00e0 dessein de d\u00e9r\u00e8glement du climat, plut\u00f4t que de r\u00e9chauffement du climat. L&rsquo;important n&rsquo;est pas que le climat se r\u00e9chauffe puisque, comme on le sait en g\u00e9n\u00e9ral, les variations climatiques vers le chaud et vers le froid ont toujours exist\u00e9. Lors de la canicule de juillet-ao\u00fbt en Europe, des interrogations sur le r\u00e9chauffement du climat ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es par le syst\u00e8me d&rsquo;information qui prot\u00e8ge para\u00eet-il nos libert\u00e9s. Elles ont \u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral marqu\u00e9es, du c\u00f4t\u00e9 des soi-disant scientifiques interrog\u00e9s \u00e0 l&rsquo;occasion, par le mensonge par omission et l&rsquo;hypocrisie,  les pires travers qu&rsquo;on puisse imaginer pour un scientifique. Exemple local, un professeur de climatologie de l&rsquo;universit\u00e9 de Louvain r\u00e9pondant \u00e0 cette question, \u00e0 une \u00e9mission d&rsquo;information de la RTBF, le 10 ao\u00fbt, par la remarque que \u00ab <em>les variations de climat comme le r\u00e9chauffement que nous sommes en train d&rsquo;observer sont une chose normale et naturelle de la vie de l&rsquo;univers<\/em> \u00bb. Un autre alla jusqu&rsquo;\u00e0 affirmer que \u00ab <em>le r\u00e9chauffement du climat que nous observons est une phase normale, que nous avions pr\u00e9vue. Il y en a eu d&rsquo;autres auparavant<\/em> \u00bb. Mensonge pur et simple, qui passa comme une lettre \u00e0 la poste. La grande chaleur amollit le sens critique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTous savent \u00e9videmment, et c&rsquo;est le sens commun, que c&rsquo;est la vitesse du changement du climat qui importe, et que cette vitesse est due \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 humaine. La vitesse implique, par ses contraintes de temps, que l&rsquo;homme a toutes les chances (les malchances) de ne pas pouvoir s&rsquo;adapter \u00e0 ces changements. L&rsquo;esp\u00e8ce humaine perdrait ainsi la seule vertu fondamentale originelle (avant l&rsquo;existence de la pens\u00e9e) qui la distingue du reste : la capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation. Litt\u00e9ralement, nous redeviendrons des animaux, dont la caract\u00e9ristique est la vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux changements du milieu ; qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;animaux pensants n&rsquo;est pas du tout rassurant, lorsqu&rsquo;on voit o\u00f9 nous a conduits la pens\u00e9e dans notre civilisation. Lorsqu&rsquo;ils sont interrog\u00e9s loin des pressions de 1&rsquo;actualit\u00e9, les scientifiques tiennent un autre langage. (Nous citons ici des d\u00e9clarations faites au cours d&rsquo;une table ronde de scientifiques, sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision <em>Odyss\u00e9e<\/em>, le 29 septembre 2003.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  De Jean Jouzel, glaciologue, repr\u00e9sentant la France au Groupement Intergouvernemental de l&rsquo;\u00c9tude du Changement Climatique : \u00ab <em>Si on ne fait rien, on risque d&rsquo;aller vers une catastrophe, si on fait quelque chose on va vers un changement de civilisation.<\/em> \u00bb (Ne rien faire : passer de 7 \u00e0 20 milliards de tonnes de gaz \u00e9mises par an ; faire quelque chose : passer de 7 \u00e0 3 milliards de tonnes.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  De Serge Planton, responsable de la recherche climatique \u00e0 M\u00e9t\u00e9o France : \u00ab <em>Il y a une expression qui a \u00e9t\u00e9 galvaud\u00e9e, qui est le d\u00e9veloppement durable. Il est s\u00fbr que le d\u00e9veloppement de notre plan\u00e8te, avec notre rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie, est fondamentalement non-durable.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  D&rsquo;autre part, un scientifique am\u00e9ricain t\u00e9moignant dans un document qui accompagnait cette table ronde donnait ce commentaire : \u00ab <em>Nous allons devoir nous prot\u00e9ger, assurer notre survie.<\/em> \u00bb L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette intervention est qu&rsquo;elle venait d&rsquo;un scientifique partisan de l&rsquo;\u00e9conomie lib\u00e9rale am\u00e9ricaine, adversaire du Protocole de Kyoto et des restrictions anti-pollution, adversaire th\u00e9orique de la vision catastrophiste de l&rsquo;avenir climatique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 effectivement de quoi il est question, dans la bouche des scientifiques hors des pressions du conformisme : catastrophe, bouleversement de la civilisation, survie. Ces gens \u00e0 l&rsquo;esprit mesur\u00e9 emploient des termes et des images apocalyptiques.<\/p>\n<h3>La modernit\u00e9 mise en cause<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tMais la situation a \u00e9volu\u00e9 sous les coups de boutoir des r\u00e9alit\u00e9s (la canicule europ\u00e9enne de 2003 suivant un \u00e9t\u00e9 2002 marqu\u00e9 par des intemp\u00e9ries sans pr\u00e9c\u00e9dent). D\u00e9sormais, ceux qui refusaient les th\u00e9ories alarmistes en les taxant de subversion gauchiste sont conduits \u00e0 accepter la probabilit\u00e9 d&rsquo;un changement climatique sans pr\u00e9c\u00e9dent, d\u00fb \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 humaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPlac\u00e9s devant l&rsquo;\u00e9vidence, ces adversaires de l&rsquo;alarmisme climatique sautent \u00e0 l&rsquo;autre extr\u00eame et deviennent fatalistes et nihilistes. Comme le scientifique am\u00e9ricain cit\u00e9 plus haut, adversaire de l&rsquo;alarmisme climatique qui finit par parler d&rsquo; \u00ab <em>assurer notre survie<\/em> \u00bb, l&rsquo;argumentation devient : oui, c&rsquo;est vrai, le climat change tr\u00e8s vite et cela va avoir sans aucun doute des effets d\u00e9stabilisants graves,  mais c&rsquo;est trop tard, il faudra s&rsquo;y adapter. Elle se d\u00e9veloppe encore, et l&rsquo;on comprend aussit\u00f4t qu&rsquo;elle est \u00e0 la fois am\u00e9ricaine et radicale : il est pr\u00e9f\u00e9rable de ne rien changer dans notre forme de d\u00e9veloppement pour, au moins, d\u00e9velopper ce que nous ma\u00eetrisons et \u00e9viter, en plus des \u00e9preuves que nous r\u00e9serve le changement climatique, la d\u00e9stabilisation psychologique de l&rsquo;autocritique et de l&rsquo;auto-accusation de certains aspects fondamentaux de notre civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tM\u00eame si l&rsquo;on accepte un d\u00e9bat argument\u00e9 avec une plaidoirie nihiliste,  ce qui donnerait la mesure de l&rsquo;abdication de l&rsquo;esprit car qu&rsquo;y a-t-il de plus pervers et de plus d\u00e9cadent que d&rsquo;admettre <em>in fine<\/em> que le nihilisme est quelque chose qui peut raisonnablement argumenter ?  l&rsquo;argument nihiliste n&rsquo;est pas p\u00e9remptoire. La caract\u00e9ristique de la situation extraordinaire vers o\u00f9 nous nous dirigeons est qu&rsquo;elle n&rsquo;a, \u00e0 cause de l&rsquo;intervention humaine, aucun pr\u00e9c\u00e9dent. Jean-Marc Jancovici, ing\u00e9nieur-conseil et auteur de <em>L&rsquo;avenir climatique<\/em> qui fait autorit\u00e9, explique que \u00ab <em>[l]a situation qu&rsquo;on va vivre dans le XXIe si\u00e8cle est in\u00e9dite dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;homme, et c&rsquo;est m\u00eame in\u00e9dit dans l&rsquo;histoire des quelques millions d&rsquo;ann\u00e9es qui viennent de s&rsquo;\u00e9couler<\/em> \u00bb. Aujourd&rsquo;hui, le pass\u00e9 ne peut rien nous apprendre, y compris le pass\u00e9 scientifique qui a appris \u00e0 d\u00e9crypter l&rsquo;\u00e9volution climatique, y compris le pass\u00e9 catastrophique qui nous a appris \u00e0 identifier les formes de catastrophes climatiques qui nous attendraient apr\u00e8s nous en avoir annonc\u00e9, justement, la venue. Ce point r\u00e9duit \u00e0 rien l&rsquo;argument nihiliste. Il signifie :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  que le pire n&rsquo;est pas garanti, et que nous ne savons pas o\u00f9 va nous mener ce bouleversement climatique ; et<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  que l&rsquo;argument nihiliste n&rsquo;est par cons\u00e9quent pas recevable, dans tous les cas sous une forme absolue, que la gravit\u00e9 de la menace ne nous exon\u00e8re absolument pas d&rsquo;une r\u00e9flexion sur notre civilisation, comme si nous \u00e9tions fatalement li\u00e9s au sort fatalement catastrophique de celle-ci,  que du contraire. C&rsquo;est le moment ou jamais d&rsquo;entreprendre une telle r\u00e9flexion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi cette r\u00e9flexion est radicale, elle est aussi tr\u00e8s simple. Le d\u00e9r\u00e8glement des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques dans ce qu&rsquo;il a de r\u00e9ellement dangereux ou de radicalement incertain, c&rsquo;est-\u00e0-dire du point de vue de sa vitesse, est d\u00fb \u00e0 l&rsquo;intervention humaine par le biais de l&rsquo;\u00e9conomie et de la machine qui en est le principal outil. La r\u00e9flexion m\u00e8ne \u00e0 la mise en question des processus et des outils de la civilisation moderniste n\u00e9e autour des XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles,  naissance d&rsquo;abord du point de vue philosophique et des id\u00e9es (XVIIe), ensuite du point de vue \u00e9conomique et des moyens (XVIIIe).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn retrouve dans cette critique un courant de pens\u00e9e d\u00e9j\u00e0 fort riche, o\u00f9 l&rsquo;essentiel du proc\u00e8s du machinisme a \u00e9t\u00e9 fait. Robert Aron et Arnaud Dandieu, ont montr\u00e9, dans le livre qu&rsquo;ils ont publi\u00e9 en 1931 (<em>D\u00e9cadence de la nation fran\u00e7aise<\/em>) l&rsquo;usage faussaire que le machiniste avait fait de Descartes (Aron-Dandieu parlaient de \u00ab <em>Descartes descendu dans la rue<\/em> \u00bb, ou de Descartes revu par le Henry Ford, le moyen qu&rsquo;est l&rsquo;outil de la rationalit\u00e9 cart\u00e9sienne \u00e9tant transform\u00e9 en une fin, d\u00e9marche essentiellement am\u00e9ricaniste). Ils d\u00e9nonc\u00e8rent \u00ab <em>l&rsquo;\u00e9conomie de force<\/em> \u00bb qui en r\u00e9sulta, cette \u00e9conomie qui bouleverse le climat.<\/p>\n<h3>Politique des Anciens  Hypoth\u00e8se<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn se trouve l\u00e0, sans aucun doute, \u00e0 toucher \u00e0 l&rsquo;explication centrale de la violence \u00e0 peine contenue qui accompagne le d\u00e9bat sur la crise climatique. Ce d\u00e9bat met en cause le mod\u00e8le de d\u00e9veloppement \u00e9conomique, c&rsquo;est-\u00e0-dire le machinisme et l&rsquo;intervention de la machine (aujourd&rsquo;hui de la technologie) dans le processus naturel. Conceptuellement, ce d\u00e9bat met en cause le modernisme, voire la nature m\u00eame de la modernit\u00e9 qui est la capacit\u00e9 de l&rsquo;homme \u00e0 intervenir et \u00e0 modifier les conditions de fonctionnement et d&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;univers. (Ce qui importe pour le d\u00e9bat id\u00e9ologique est moins le fait de la nature de l&rsquo;intervention et de la modification des modalit\u00e9s du fonctionnement de l&rsquo;univers, que le fondement moral et intellectuel de cette capacit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Cette capacit\u00e9 est-elle bonne ou mauvaise, est-elle justifi\u00e9e ou pas ? Si elle est bonne et si elle est justifi\u00e9e, elle est absolue, et c&rsquo;est alors la notion de Progr\u00e8s qui est justifi\u00e9e.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour prolonger ce d\u00e9bat ou, plut\u00f4t, chercher \u00e0 lui donner une dimension diff\u00e9rente, nous nous tournons vers le pass\u00e9 et un auteur que nous avons cit\u00e9 dans notre num\u00e9ro pr\u00e9c\u00e9dent (voir la rubrique de <em>defensa<\/em> du Vol19, n\u00b009) : Aldo Schiavone et son livre <em>L&rsquo;Histoire bris\u00e9e<\/em>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une analyse des conditions et des causes de la chute de l&#8217;empire romain. Schiavone livre, apr\u00e8s une introduction particuli\u00e8rement large et \u00e9clairante, une explication plus contenue et plus born\u00e9e dans les limites de l&rsquo;appr\u00e9ciation \u00e9conomique de la question.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  D&rsquo;abord, Schiavone constate que l&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;Empire romain, lorsqu&rsquo;elle a atteint son plus grand d\u00e9veloppement, s&rsquo;est appuy\u00e9e essentiellement sur le ph\u00e9nom\u00e8ne de l&rsquo;esclavage, jusqu&rsquo;\u00e0 des situations extr\u00eamement significatives en nombre d&rsquo;esclaves. Le d\u00e9bat, pour lui, \u00e9carte l&rsquo;aspect moral pour s&rsquo;en tenir \u00e0 des consid\u00e9rations d&rsquo;\u00e9conomiste : une \u00e9conomie appuy\u00e9e sur l&rsquo;esclavage est-elle rentable, est-elle productive ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, son constat est conjoncturellement positif et structurellement n\u00e9gatif. L&rsquo;esclavage utilis\u00e9 sur un mode, disons industriel peut s&rsquo;av\u00e9rer rentable et comp\u00e9titif, malgr\u00e9 les contraintes apport\u00e9es <em>de facto<\/em> aux capacit\u00e9s de cr\u00e9ation et d&rsquo;initiative humaines. Mais, au bout du compte, il est n\u00e9gatif parce qu&rsquo;il interdit structurellement des am\u00e9liorations d\u00e9cisives, voire des orientations nouvelles, r\u00e9formistes ou r\u00e9volutionnaires. Mais, surtout, l&rsquo;esclavage, par le statut impos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;esclave, est un frein, voire un abandon sinon une interdiction du d\u00e9veloppement du machinisme. L&rsquo;esclave est, par d\u00e9finition \u00e9conomique, une machine. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;est le nud de la th\u00e8se de Schiavone.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  L&rsquo;esclave n&rsquo;est pas l&rsquo;alternative \u00e0, par exemple, la machine qu&rsquo;on ne peut fabriquer ; il est le substitut \u00e0 la machine qu&rsquo;on ne veut pas fabriquer. \u00ab <em>Ce ne fut pas l&rsquo;esclavage qui coupa les ailes au machinisme antique. La d\u00e9connexion entre production et machines remontait \u00e0 des conditions plus lointaines et \u00e0 une gen\u00e8se ind\u00e9pendante de l&rsquo;expansion du travail servile.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Schiavone nous montre par ailleurs que les Romains, et les Grecs avant eux, qui avaient si magnifiquement d\u00e9velopp\u00e9 les sciences et les arts de l&rsquo;esprit, de la parole, etc., refus\u00e8rent de faire de m\u00eame pour la machine et la technologie. Certains accidents (Archim\u00e8de d\u00e9veloppant des concepts technologiques d&rsquo;armes pour vaincre la flotte romaine) montrent qu&rsquo;ils pouvaient le faire, qu&rsquo;ils refus\u00e8rent, et c&rsquo;est ce refus qui conduisit \u00e0 choisir l&rsquo;esclavage comme alternative.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Enfin, il nous donne son explication : la volont\u00e9 des Anciens de ne pas interf\u00e9rer dans la logique et la m\u00e9canique de la nature, ce qui \u00e9tait le cas irr\u00e9m\u00e9diable avec le machinisme et la technologie. \u00ab <em>La solution de l&rsquo;\u00e9nigme (songeons, l\u00e0 encore, \u00e0 H\u00e9raclite) \u00e9tait pour l&rsquo;homme la seule formule qui permettait d&rsquo;en approcher la v\u00e9rit\u00e9. On pouvait seconder la nature pour qu&rsquo;elle donn\u00e2t ses fruits; il fallait respecter le syst\u00e8me de r\u00e8gles d\u00e9duit de l&rsquo;observation de ses rythmes et de ses apparences anthropomorphiques (se comporter selon la nature et jamais contre elle); on pouvait en traverser l&rsquo;\u00e9corce gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;acuit\u00e9 de l&rsquo;intelligence, et en d\u00e9couvrir la partie cach\u00e9e de la  sc\u00e8ne; mais non esp\u00e9rer la vaincre et la contr\u00f4ler&#8230;<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe \u00e0 quoi nous conduit Schiavone (sans proposer lui-m\u00eame l&rsquo;id\u00e9e puisqu&rsquo;il est au contraire un partisan de la modernit\u00e9 et de la technologie), c&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e que les Anciens ont repouss\u00e9 la possibilit\u00e9 du machinisme par respect de l&rsquo;\u00e9quilibre du monde, au risque du blocage de leur \u00e9conomie. Leur respect n&rsquo;en est-il pas, alors, plus admirable, s&rsquo;il s&rsquo;av\u00e8re qu&rsquo;il s&rsquo;appuie sur l&rsquo;intuition que l&rsquo;intrusion du machinisme dans l&rsquo;\u00e9quilibre du monde pourrait receler des cons\u00e9quences catastrophiques, dans le chef de la rupture de cet \u00e9quilibre et des catastrophes qui pourraient en r\u00e9sulter,  exactement comme nous l&rsquo;exp\u00e9rimentons aujourd&rsquo;hui ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn observe que cette m\u00eame id\u00e9e de l&rsquo;action \u00e0 terme catastrophique des techniques (ou technologies, ou machinisme) existe, indirectement, chez Arnold Toynbee. L&rsquo;id\u00e9e est que cette puissance constitue un frein peut-\u00eatre tragique dans ses cons\u00e9quences au d\u00e9veloppement d&rsquo;autres civilisations. Cela constitue, chez Toynbee, une critique indirecte mais puissante de la civilisation occidentale. Cela renforce l&rsquo;hypoth\u00e8se que la m\u00e9fiance, au moins, du machinisme ressort d&rsquo;une sagesse imm\u00e9moriale qui propose l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;intervention contrainte dans l&rsquo;ordre du monde implique un risque apocalyptique. Schiavone, qui est partisan des technologies, r\u00e9pond que le d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9conomie romaine vers l&rsquo;esclavagisme est effectivement une perversion. Mais ne se trouve-t-on pas devant une perversion accidentelle contre une perversion structurelle ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise climatique, qui est en soi (consid\u00e9r\u00e9e objectivement) une menace terrifiante, est aussi, dans un autre domaine, une voie immanquable pour mettre en \u00e9vidence combien notre civilisation suit une logique destructrice et apocalyptique, et combien cette logique est li\u00e9e au concept de modernit\u00e9. Nous voil\u00e0 en plein dans notre d\u00e9bat id\u00e9ologique actuel. Ainsi pourrions-nous passer sans heurt, dans ce cas, de la crise du terrorisme \u00e0 la crise climatique. L&rsquo;objet est accessoire (m\u00eame s&rsquo;il est apocalyptique comme dans le cas du climat), le th\u00e8me \u00e9tant fondamental et retrouvant l&rsquo;affrontement central de la civilisation occidentale.<\/p>\n<h3>Continuit\u00e9 d&rsquo;affrontement entre guerre contre la terreur et crise climatique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre perception est qu&rsquo;il y a, encore en bonne partie dissimul\u00e9, un fort courant de confluence politique et, surtout, id\u00e9ologique, et, au-del\u00e0, un fort courant d&rsquo;appr\u00e9ciation spiritualiste dans la confrontation des conceptions autour de la crise climatique. Cette crise a une dimension id\u00e9ologique, bien entendu, une dimension de civilisation sans aucun doute, une dimension sacr\u00e9e dans ses rapports avec le religieux sans doute. (Cette \u00e9volution se fait en m\u00eame temps que l&rsquo;effacement progressif des \u00e9cologistes de ce champ d&rsquo;arguments, au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;ils se replient sur les dimensions r\u00e9gionales et citoyennes des cons\u00e9quences de la crise.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl ne fait aucun doute que la question de la crise climatique est pr\u00e9sente dans l&rsquo;esprit des n\u00e9o-conservateurs et, derri\u00e8re eux, dans l&rsquo;esprit des fondamentalistes chr\u00e9tiens autour de GW Bush. La dialectique utilis\u00e9e dans les cas les plus extr\u00eames \u00e0 propos de la crise climatique et de sa dimension apocalyptique est tr\u00e8s proche de celle qu&rsquo;on utilise pour la guerre contre la terreur, si bien qu&rsquo;il n&rsquo;appara\u00eet finalement nullement sollicit\u00e9 de rapprocher les deux. La diff\u00e9rence entre les deux est que la crise climatique est bien entendu s\u00e9rieuse, au contraire de la guerre contre la terreur. Cette diff\u00e9rence devrait faciliter un transfert de l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre. Nous croyons que ce transfert va se faire de plus en plus vite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn a d\u00e9j\u00e0 vu (voir notre rubrique <em>Contexte<\/em>, Vol19 n\u00b002) que des n\u00e9o-conservateurs am\u00e9ricains r\u00e9agissaient d\u00e9sormais \u00e0 ces questions en les assimilant \u00e0 la bataille des modernistes, dont ils seraient, contre les traditionalistes. Nous citions un de ces n\u00e9o-conservateurs disant \u00e0 un interlocuteur portugais qui lui parlait des incendies de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2003 dans son pays, dus \u00e0 la canicule et souvent per\u00e7us comme une cons\u00e9quence de la crise climatique : \u00ab <em>C&rsquo;est un bien pour un mal. Cela contribue \u00e0 la disparition de cat\u00e9gories r\u00e9trogrades de la population. Ces gens vont se reclasser dans les villes, devenir plus modernes, plus sophistiqu\u00e9s.<\/em> [&#8230;] <em>Vous voyez bien que nous avons raison de nous opposer au Protocole de Kyoto. L&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;environnement doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant un facteur non n\u00e9gligeable d&rsquo;avancement de notre doctrine.<\/em> \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe radicalisme de la guerre contre la terreur est de m\u00eame racine, de m\u00eame essence apocalyptique que le radicalisme montr\u00e9 par des adversaires de l&rsquo;alarmisme climatique qui en acceptent d\u00e9sormais la perspective et tendent \u00e0 la noircir irr\u00e9m\u00e9diablement. Ce radicalisme est, dans le plus extr\u00eame de sa logique, compl\u00e8tement nihiliste par l&rsquo;acceptation de la destruction des structures qu&rsquo;il admet, sinon recommande. Plus que des modernes contre les anciens (\u00e0 moins de changer la signification des mots), nous avons des fondamentalistes mystiques cherchant la d\u00e9structuration de la civilisation et du climat comme ouverture \u00e0 l&rsquo;apocalypse conduisant \u00e0 l&rsquo;installation d&rsquo;une civilisation correspondant \u00e0 leur conception du Royaume de Dieu. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tContre eux, la r\u00e9sistance doit trouver une assise mystique, sacr\u00e9e si l&rsquo;on veut, pour pouvoir monter une opposition acceptable. Ce sera, en un sens, l&rsquo;ach\u00e8vement de la transformation de la guerre, avec le mysticisme structur\u00e9 et gendarm\u00e9 des religions remplac\u00e9 par le mysticisme des engagements. Il se posera alors aux religions, mais aussi aux nations ou groupes de nations, la question fondamentale de choisir un camp ou l&rsquo;autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe rapprochement entre guerre contre la terreur et crise climatique, avec dilution de la premi\u00e8re dans l&rsquo;affrontement que va susciter la seconde permet de proposer l&rsquo;hypoth\u00e8se que la guerre contre la terreur va cesser d&rsquo;\u00eatre une construction de plus dans une continuit\u00e9 (la fabrication des Ennemis successifs pour conserver la coh\u00e9sion de la soi-disant nation am\u00e9ricaine, et, au-del\u00e0, pour conserver son sens au modernisme). Elle deviendrait le pr\u00e9lude \u00e0 un affrontement majeur au sein de la civilisation occidentale, r\u00e9sumant toutes les tensions existant dans cette civilisation depuis la chute de Rome, avec acc\u00e9l\u00e9ration d\u00e9cisive depuis la Renaissance. Cet affrontement ne suivra pas n\u00e9cessairement les r\u00e9alit\u00e9s de la crise climatique mais s&rsquo;appuiera sur sa signification conceptuelle par rapport aux engagements de civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Thinking the Unthinkable de defensa Volume 19, n\u00b011 du 25 f\u00e9vrier 2004 Nous publions ici le texte de la rubrique Analyse du dernier num\u00e9ro du la Lettre d&rsquo;Analyse de defensa, du 25 f\u00e9vrier 2004. 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